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Full text of "Les crimes de sept membres des anciens Comités de salut public et de sureté générale, ou, Dénonciation formelle a la Convention nationale, contre Billaud-Varennes, Barere, Collot-d'Herbois, Vadier, Vouland, Amar et David : suivie de pièces justificatives, indication d'autres pièces originales existantes dans les Comités, preuves et témoins indiqués à l'appui des faits /"

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LES CRIMES 

DE SEPT MEMBRES 

DES ANCIENS COMITES 
DE SALUT PUBLIC 

E T 

DE SÛRETÉ GÉNÉRALE^ 

OU DÉNONCIATION FORMELLE 

A LA CONVENTION NATIONALE; 

CONTRE 

BlLLAUp - VARENNES , BARERE, COLLOT - d’HERBOIS, 
VADIER, VOULAND, AMAR et DAVID, 

Suivie de pièces justificatives , indication d’autres pièces originales 
existantes dans les Comités , preuves et témoins indiqués à l’appui 
des faits ; 

Par Laurent LECOINTRE, Député du département 
de Seine et Oise. 

Prix : trois livres pour le Public. 

Se trouve chez Mar et, Libraite, Cour des Fontaines , 
Maison Egalité , et chez les Marchands de nouveautés. 


Je signe chaque imprimé, parce que s’agissant d’une dénonciation 
grave et importante , je dois me mettre en garde co'iitre toutes 
eontrefactigns, 



Note Préliminaire. 


L'ami de la vérité ne se lasse point des 
obstacles qu’il éprouve , en se dévouant à 
son triomphe ; il sait que tôt-ou-tard le 
tcms la fait parqître au grand jour. Mais 
tant d’hommes s efforcent à l’obscurcir , par^ 
ce qu’ils la craignent , tant d'autres n’osent 
la fixer, parce qu'ils ont la vug foible ; et 
cepèndant sa lumière est un garant si sacré 
des droits du peuple , que celui qui aime le 
peuple et la vérité, ne sauroit employer trop 
de moyens pour les faire briller. On ne doit 
donc pas être surpris que je reproduise, avec 
tme nouvelle force, ma précédente dénoncia- 
tion contre les anciens appuis du Triumvirat : 
on ne doit pas s‘’étonner non plus que j’ai fixé 
un prix de compensation sur les exemplaires 
de ce dernier ouvrage. Les dépenses typogra- 
phiques auroient été trop onéreuses pour 
moi , si je les euffe supportées seul. La vérité 
a des privilèges ; mais on sait qffelle ne jouit 
pas de ^^eij\ption dc^. frais de la prcffe. 



SÉANCE du ' ideîanS’"’- 

de la Repullique une^ et indivisible. 

■ Citoyens, 

Par votre décret du i5 Fructidor , vous avez dé- 
claré Fausse et calomnieuse la dénonciation contenue 
en vdngt ~ six articles , que je vous ai Faite -contre 
sept membres de cette Assemblée : 

Billaud - Varennes , Bahere , et Gollot-d’Her- 
BOis , membres de l’ancien cornité de salut public ; 

Vadier . VoüLAND , Amar, et David , membres 
de l’ancien comité de sûreté générale. 

Les motiFs énoncés en tête de votre décret sont 
conçus en ces termes : 

La Convention , après avoir entendu les inculpa- 
tions présentées par Lecointre (de Versailles), consi- 
dérant que les pièces qu’il avoit annoncées être à 
l’appui , n’existent pas ; et que es deux ou’il a pro- 
duites , Tune est d’un anonyme , et l’autre d’un bornmc 
suspect , et toutes deux insignifiantes , déclare fausses 
et calomnieuses lesdites inculpations^ et passe à l’or- 
dre du. jour. 

Ce même jour vous avez décrété , le matin , en 
mon absence , sur la proposition de Bréard , que les 
faits articulés par moi contre les sept membres . leurs 
défenses , ainsi que les pièces , scroient imprimés. 
J’ai rempli ce devoir avec d’autant plus d’empresse- 
ment, que de nouvelles pièces, que de puissantes 
preuves , me sont parvenues, à l’appui des grandes 
vérités que je vous avois dites sur ces citoyens. 

Permettre qu’un décret flétrissant pour mot , contraire' 
aux principes de sagesse que professe la Convention , éga- 
lement contraire à la vérité , pèse plus long-temps sur ma 
tête, ce seroitme tfahir moi-même, trahir la représentation 
nationale et le peuple Français , qui nous entend , et 
qui attend de vous un grand acte de justice. 



Citoyens , je ne vous ai point dénoncé ces grands 
coupables, Iffs ii ,12 -.t 13 fructidor, sans de mûreS 
ré fl exions ; je ne me pitsenie point aujouid’hui à celte 
tribune sans de plus g-andes encore. Les crimes de 
ces hommes que vous aviez cliargés du bonheur de 
la France , cii centralisant dans leurs mains tous les 
pouvoirs, fexccution de toutes les loix , le droit mé- 
tiic de prendre tous arrêtés provisoires que les circons- 
tances exigeroient , à la charge ( conformément au dé- 
cret de leur instituiion , eu date du b avril v, sL. ) 

de vous faire, chaque semaine, un rapport par écrit 
de toutes leurs operations et de la situation de la Ré- 
publique. Les cîimes dont se sont souillés ces hom- 
mes sont trop grands pour rester impunis. La, France 
entière les accuse ; l’opinion publique est depuis long- 
temps prononcée coiur’eax. Leur conduite dans la 
place dont vous, les avez honorés , celle qu’ils ont 
tenue depuis la chûte du tyran , aux Jacobins , dans 
les places publiques , dans leurs conveniiculcs , vous 
donnent la mesure de leurs premiers crimes. 

Je demande donc , conformement à la loi du 8 
.brumaire , f i ) que vous décjcticz dès à présent le renvoi 
à vos trois comités de salut public , sûreté generale » 
et législation, réunis, la dénonciation Jortnelle que je 
vous réitère avec pièces anciennes et nouvelles a fap^ 
" pui , contre ces sept reptésentans. Je remets en con- 
. séquence trois exemplaires de l imjirimé qui les con- 
tient , afin qu’ensuitc , et sur le rapport qui vous en 
sera lait, vous rapportiez le décret surpris à votre 
îeligion contre moi , et que vous décrétiez qu'il y a 
lieu à examen contre les dénoncés. 


(1) Art. ler.^.-Toufe dénonciation contre un représentant du peuple, 
sera portée ou renv()yée devant les comités de salut public, de sû- 
reté générale , de législation réunis , et elle lui sera communiquée 
avant qu’il puisse en être rendu compte à la Convention nationale. 

2. Si les trois' comités pensent qu’il doit être donné suite à la dé- 
nonciation , iis déclareront à la Convention nationale , qu’il y a liée à 
examen. 

Cette déclaration ne sera point motivée. 


Laurent LECOINTRE, 

D É P U T É 

DU DÉPARTEMENT DE SEINE ET OISE, 

A LA CONVENTION NATIONALE, 

AU PEUPLE FRANÇAIS, 

A L’ EUROPE ENTIERE. 

Le ï J Vendémiaire , l’an 3 de la Re'publique une & indivisible. 

La Convention nationale a voulu, par son décret du 
i3 fructidor dernier , que les faits que j’ai articuEs contre 
7 de ses membres , Bdlaud Vareunes , Collor - d’Herbois , 
Barréie , memb.es du comité de Salut public^; Vadicr , 
Voulland , Amar et David , mtrobre» du comité de Sureré 
générale, fu-seni impiimés , ains’. que les défenses de ces 
sept membres ^ les p'éces à Tappui desfaits ; et , parune 
suite conséquente', le décret rendu dans cette séance. 

iin soriaiu de cette séance , j’ai été au comité de 
sûreté générale , accompagne de Legendre , l’un des mem- 
cres de ce com te , pour y rerr.ettte mes pièces , mon 
mémoire , et tout ce que je croyois devoir ecîairer , sur 
les faits que j’ai allégués. 

GnupiÜeau ( de Fontenay i , me d r , que le comité 
Ei’étaiit pas autorisé à recevoir ces p/cces., il ne les rc- 
cevroit pas : je les ai emportées chez moi. 

Ayant inutilement attendu deux décades , qu’elles me 
fussent demandées , en exécution du décret, et personne 
ne s’étant présenté , j’ai cru que , nonobstant le décret 
qui ordonne l’impression , decret rendu en mon absen- 
ce ( 1 ); decret qui n’a point été rapporté , ainsi que le 


( I ) J’étois venu chez moi chercher les pièces demt la lecture œ’é- 
teit demandée. 



2 

prcsidcot de ce jour , Merlin f de Thîonvîlle ) m'en *• 
assort ; touics le» feuilles publiques faisant mention du 
décret , 'et non de sou rapport ), j’ai cru , dis-je , qu’é- 
tant la partie piincipale dans cette affaire , je ne devois 
point faire imprimer au nom de la Convention. En consé- 
quence , et suivant mon usage , depuis que je siège en 
qualité de représentant . soi t dans la première législatu- 
re , soit dans la Convention , j'ai décidé de faire imprimer 
3 oies frais , airtsi que je l’ai fait pour mon discours à 
l’égard de Njrbonne , et autres intitulés Èclaircissemens ; 
et- ISfarbonne qui . par une de ces foiblesses qui n’hono- 
rent pas le cœur humain , trouva au sem même de i’As- 
serablee de^t défenseurs , qui s’honorèreni , ou crurent 
s’honnrer d’être son avocat ; foiblesse qui a laissé échap- 
per un minière traître et dilapidateur , qui a emporté 
nos trésors avec lui cliez nos ennemis ( 2 ). 

a 

( 2 ) Je crois cle'-’oir rappeller en passant, que, par le discou's pro- 
noncé à la S'^ance dn 7 avril 1792, au sujet de Narbonne, quoique 
i’aie prouvé à l’assemblée législative, à la France à l’Europe entière, 
que ce ISarbonne éroit t n diiapidareur , un prévaricateur , un traître ; 
cependant il a trouvé des défenseurs. Aux trois quarts de la lecture d« 
naon discours , on me fit descendre de la tribune; on rejetta l’impres- 
sion deuiandée par quelques patriotes Après bien des débats , y’n/fi 
le renvoi du tout aux. comités de F examen dts comptes, mîtitaire et f.nan’- 
ces rùiùs \ et quai ahendant leur rapport , Fexministre ser- it tenu 
éFkibiter Fans. ( Procès-verbal de la séance du 7 avril 1792 , pages 
1 19 et 1 20. 

En mon ab.sence', le 21 du même mois , (quinze jours après, ) 
J’iieureux Narbonne , sur sa lettre a l’assemblée nationale , convertie 
en. motion par Guacet , appuyée des Srissot , Condorcet &.c. a obtenu 
le décret siûvarxt ; » l’A .^emblée nationale, après avoir décrété Pur- 
»> çence . décrète qve M. Narbonne peut aller reprendre son poste à 
» l’armée; sauf sa responiabiité qui Fy suivra 

En vain j’ai réclamé , j’ai impiimé! Narbonne partit unejheure après 
que ce décret fut rendu ; il a gagné la frontière, et est passé chea 
l’ennemi, avec nos trésors , comme je Pavois prédit 

En vam j’*avoi.s dévoilé ce ministre chéri , avec lequel plusieurs mem- 
bres de l’A'semhlce partatreoient les faveurs de la cour. 

En vain j’aveis- cia iremeri’: prouvé ses dilapidations, en faisant sortir 
du trésor national nombre de millions en numéraire, pour acheter , 
en Angleterre , de; armes que nous n’avons jamais eues. 

En vain, j’r.vois prouvé ses prévarications , en passant , dans son 
cabine , des marclic-s immenses à ses amis, à des prix exceffifs, su- 
périeurs aux ‘.ôu missions remises dans les bureaux , payables en riume-'^ 
mire, nonob'-tant les loix qui vouloient la plus grande publicité dans 
les adjudications et au rabais, des fournitures militaires à faire. 

En vain j’avois prouvé ses trahisons par ^l’anéanti.' sement de nos 
manufactures d’armes ; les vexations qu’il faisoit éprouver aux chefs 
de ces manufactures , aux négocians de ce ^enre , et par ,1’envoi qu’il 
faisüit de nos plus habiles chefs d’arteliers i en Angleterv'’ , ayant à 
leur tête le conspirateur Givry; et avoir par-là transporté chez nos 
ennemis no-, modèles et notre industrie. 

En vain je disôis à l’Assemblée , moi , messieurs , qui connois la 
cour , moG, qui sais que dans ce séjour de corruption les promesses 
et le» tï^his»n8 tnarchent toujqurs ensemble , qut gémissant plus d’une 


C'est par une suite de ccite même Foiblesse , que l'oii 
paroissoit s’honorer d’avoir pour ceux qui jouissoient 
d’une grande puissance , qu’on a laissé échapper Une 
multitude de conspirateurs ; qu’on a laissé passer ces 
décrets désastreux, qui ont «plongé la France dans le 
deuil ,* qu’on a fait passer, sans impression ni ajourne- 
ment préalable , la loi sanguinaire du 22 prairial , qui a 
fait égorger tant de patriotes purs , et qui a enfanté tous 
les crimes ; qu’on a enchaîné l’opinion de la raasse de 
la Convention qu’on a pernns qu’tl s’élevât au milieu 
d’elle , dans le sein même de ses couiiiés, des tyrans qui 
ont opprimé le peuple, anéanii pendant "près d’un aa 
l’energie de la Converition , et livré la France aux mal-, 
beurs que nous nous occupons de réparer aujourd’hui. 

Eh bien ! c’est rexpérience du paissé, la crainte d’un 
avenir plus redoutable, et le scrupuleux attachement à 
mon devoir, qui m’oot engagé d’articuler les faits que 
j’ li soumis à la sagesse et aux lumiéies des délibération» 
de la Convention. 


fois de l’enthousiasme que M, Narbonne venoit k chaque instant ra- 
nimer , m’entourai en silence des preuves accablantes que j’ai rassem- 
blées contre lui. .J’ai toujours yfrfnde'ment comparé la conduite de M, 
Narbonne avec ses dis'',ours , et je n’ai vu dans ses protestations affec- 
tées d’obéissance , de zèle et de civisme , qu’une imposture perpétuelle. 

En vain , pour faire rapporter ce décret de départ pour les fron- 
tières , )’ai dit à l’afsemblée législative. : *> Comment avez vous pu 
»> laisser partir un homme chargé de la prévention et des soup- 
»* çons de presque tout l’empire; lui que la voix publique accuse ^ 
» et dont le génie souple saura préfarer les plus funestes événe- 
»> mens; lui dont la coftÉÎuire coupable, mais aujourd’hui justifiée par 
» votre d 'cret , atteste ou votre inSQuciance ou vo're versatilité >♦. 

Croyez-vous que Narbonne abandonne son planl Non , messieurs ; 
je vous rends responsables de tous les ma^'evrs qui pourront naître ds 
son départ. J’ai été la voix qui crie dans le désert. 

•Je mai pas été plus heureux dans mes dénonciations contre La- 
jarre , Servan , et le dernier ministre , Bouchotte . plus coupable, 
peut-être , que Narbonne ; mais -j’ai rempli mon devoir; je n’ai point 
partagé leurs crimes. Eli bien 1 le jour où Narbonne émigroir sur 
le territoire autrichien, on me di.soit, comme auj ourd’hui : i\ suf- 
hr pas, Lecointre , de dire de grandes vérités, il faut être plus ha^ 
iUe à choisir le monunt favorable , et ce qu’on appelle l’heure du 
Berge/, comme si, dans une République , cHct un peuple qui n’a ex- 
terminé ses rois que parce que ces rjrans ne vouloient entendre la 
vérité qu’à travers des ménagemens politiques ; comrne si , dans une 
.assemblée des représentans de la nation , la plus puissante du globe, 
il falloir encore employer les ressorts d’une éloquence trop sou- 
vent perfide pour faire entendre la vérité ; suf-tout lorsque notre 
raison, nos lumières, notre ame , nos sentimens , tout ce qui' existe 
en nous , capable de voir , de connoîrre et de sentir , nous dit ; et 
quHl favancQ est vrai, et n’a besoin pour être goûté , que de déve 
loppemens : ne point y suppléer c’est trahir la patrie. 

Loin de vous , citoyens, loin de moi, ces actes de foible.'se, ou 
BOUS sommes indignes du nom de Républicain. Fasse le ciel que jem® 
V«n>pe ; maiis qe çraiM aujeur d’hui le tnêioje dénouem^t* 



Ces faits ëtoient précédés d’un discours préliminaire % 
mais prévenu, le 12 matin , que je serois interrompu 
au milieu de sa lecture , j’ai pris le parti de le sup* 
primer , et de présenter seulement les faits q.ui m'a- 
voient frappé , dégagé de toute réflexion. Persuadé , 
qu’avant de prononcer 'sur une affaire de cette- impor- 
tance , la Gonveniion renverroit à une comm ssion , 
ad hoc , ou à un comité , pour examiner , recevoir les 
pièces , les dires et défenses des parties , à charge ou 
à décharge , pour ensidie vous en être fait rapport , et 
y être statué par la Convention definitivement. Devois- 
je penser autrcr^ient , moi qui ai toujours vu, qu’une 
sinrpîe pélilioa étoit renvoyée à un comité *, et que , pour 
un objet de qu' Ique im por'ance , on créoit une com- 
nd'siori. ( ii»»uarw n-^ nt celle créée le 18 août lygS , pour 
les seules affaires de la Belgique. ( i ) 

Je n’avo'.s pas lieu de m’attendre , moi qui n’ai 
aucun talerit pour improviser à la tribune, que je serois 
obligé de discot-r atiicle par article. La Convention 
en a décidé autrement, j’ai' exécute le décret. Aujour- 
d’hui je crois devoir laTc précéder de quelques expli- 
cations l’irapression de ce qui s’est passé , et des moyens 
que ma mémoire et mon peu de talens m’ont retusé 
de faire valoir à la tribune. 

Un récit simple , Idiele et exact de ce qui s’est passé , 
la citation des differentes pièces à l'appui , Tindication 
de la souice d’où elles soitent *, telle est la méthode 
que je suivrai ; de sorte que ce se^a un journ *1 histori- 
que , avec de courtes et rares refl-.xions , tirées de U 
nature des faits , en écartant touics personnalités , et 
tout ce qui seroit étranger au sujet. Le journal des dé- 
fjats et des discrets sera particuliéremeUr l’écrit dont 
je ferai u.age ; c’est celui qui paioîi tenir de plus près 
à la Convention. Cbaque article» q/te j’en .citerai ^ sera 
i^pidiqué par le mois , le numéro et ia p^ge* H en sera 
de même auteurs dont je m’appuyerai ; et si, 

comme le crois , été l’intention de la Conven- 
tion nationale , en décrétant l’impression , de faire 


( O Le décret de création est conçu en ces termes ; » Sur la pétition 
(în citoyen Ruelle , relativement aux dilapidations commises dans 1» 
Belgique , un membre propose la création d’une commission de six 
m:'mbres, chargée d’examiner toutes les affaires relatives à la Belgique-, 
et de proposer à la Convention le rapport et les moyens politiques et 
administratifs, non— seulem ent pour réparer les dilapidations commises 
mais prévenir celles qui pourroient avoir encore lieu, en cas qne les 
armées de la République y rentrassent. Cette proposition est décrétéé,, 
et le bureau proposera demain une liste de candidats, pour la formation 
de cette commission. 


éclater la vérité , j’aurai’ rempli ma tâche, et je ne 
regretterai pas l’emploi de mes indemnités , qui se trou- 
veront absorbées par les frais de l’impression. 

Je déclare , que mon intention a été de faire con- 
noîire ce que j’ai regardé et regarde encore comme 
une vérité , dont le développement est utile à da révo- 
lution et à son histoire. 

Fidèle à mes principes j’ai cru que , lorsque nous 
sommes persuadés qu’une opinion est bonne , aucune 
considération ne doit nous arrêter. Guidé par ces vues , 
j’entre en matière, et vais retracer, d’une main ferme 
et exacte , les séances des ii , ï 2 et i 3 fructidor. 

Je dois rappeller ici la loyauté que j’ai mise dans 
cette affaire , en prévenant d’abord la société des 
Jacobins , le 9 fructidor , lorsqu’une heure après avoir 
reçu Barère dans son sein , cette société le rejeita sans 
l’entendre. C’est à cette occasion , qu’ayant inutilement 
proposé à la société d’inviter Barère à se rendre à sa 
tribune pour s’expliquer, je rappelai le principe , que 
tout citoyen inculpé doit être entendu; autrement, que le 
despotisme reproché alloit renaître ; que moi , en par- 
ticulier , je n'avoU pas besoin d'hêtre persuadé de la jus- 
tice qu’il y auroit à rayer Barère , puisque le i i j’arti- 
culerois , à la tribune de la Convention nationale , 
contre lui et six autres membres de la Convcniion , 
des faits de la plus haute gravité ; qu’en user autre- 
ment , enfin , c’étoit avoir abbattu une tyrannie pour 
retomber sous une autre. Ma motion, quoiqu’appuyée , 
échoua. 

Le II (iVje me présentai, en effet, à la tribune 
de la Convention nationale , où je m’exprimai en ces 
termes : 

ClT^OYENS C‘oLLÊGUES, 

Je demande que la parole me soit accordée, demain 
à deux heures , pour donner à la Convention nationale 
lecture de faits précis contre sept de nos collègues , 
dont trois membres du comité de salut public , et quatre 
de celui de sûreté générale. 

Je demande cette heure , afin qu’ils soient prévenus 
et présens , conformément à vos loix et à mes prin- 
cipes. ' 

Et comme le soupçon ne doit planer que sur ceux 
dont je me propose de dévoiler la conduite , je les 


(i ) Voyez le joarnaî des débatS; 707 ; folio i 6 y.seance du ir. 



6 

jtamme en ce moment ; Billaud - Varennes , Colîot- 
d’Herbois, Barère , Vadier , Vouland , Araar et David. 

Garder le silence sur la conduite de ses collègues» 
ce seroit s’en rendre le complice. 

Ouelquc pénible-, quelque douloureuse que cette 
tâche soit à mon cœur , j’ai résolu de la remplir. 

C’est à vous , Citoyens Collègues , qu’il appartiendra 
de prononcer. 

Legendre demanda que je me présentasse le lende- 
m du ( I ) ; qu’alüvs La Convention décideroit si elle 
doit ou non m’accorder la parole. 

Bourdon ( de l'Ois^ ) s’opposa à la motion de Le- 
gendre , ft demanda que je sois entendu le lendemain , 
pour recevoir les justes éloges de la Convention , ou 
la juste punition de ma mnhanc-fté ou de ma calomnie* 

La Convention décréta que je seiois entendu. 

La sensation que fit ma demande de parole pour le 
lendemain , agita les citoyens contre lesquels je devois 
parler , et ceux qu’un même intérêt attache à leurs 
personnes. Je fus informé le matin 12, qu’au quart ou 
au milieu de mon discours préparatoire , je serois in- 
terrompu de mnniere que je ne pourrois continuer ; 
que la disenssion seroit ttllcmcnt entravée , que je ne 
parviendrois jamais à lire Les chefs d’articulatiôn de 
faits , qui faisoient mon objet principal. 

Dans ces circonstances, je résolus de supprimer le 
discours prcparsioirc , et à ne poser que les faits , isolés 
de toutes réflexions , et sur-tout de toutes les intrigues 
qui leur avoient donné lieu , les avoient perpétués , 
induits la Convention en erreur , et l’avoient rsduit en 
un état tel qu’elle ne pouvoit d’elle-mêmc , et sans le 
concours de scs comités , au mains sans des circons- 
tances extraordinaires . essayer à abbattre la tyFannie , 
sans le danger le plus imminent de lui donner une 
nouvelle force. 

Aujourd’hui que les pièces ont été lues et discutées » 
que le décret a ordonné l’impression de la défense de 
Ceux de mes collègues contre lesquels il a été arti- 
culé des faits , ensemble l’impression des pièces , je 
crois devoir rétablir celle qui ctoit l’une des fonda- 
mentales de mon ouvrage , mais dont , par prudence » 
je me suis dispensé de faire la lecture. 

Certe pièce sera donc la première dans l’ordre d® 
Fimpressioa. 


C X^ îe; tournai dfis numcEO 707 ,, folio; tÊs,.. 




7 


Citoyens Collègues, 

Le tejnps des mcna^ernens est passé avec l’objet de 
la terreur ; plus de foiblesse , ou la patrie est perdue : 
il faut réparer les crime? ; il faut en prévenir de nouveaux. 

Le peuple Français veut la République : oui , il la 
veut , et il la veut fondée sur des loix sévères , mais 
justes; il les veut révolutionnaires ces loix , c’esf-à-dire , 
promptes dans leur exécution , dégagées des formes , 
des îenteùrs qui font échapper le conspirateur, et qui ' 
tuent rinnoceut ; ruais il ne les veut pas mturirièrcs , 
oppressives , arbitraires et tyranniques ,* il veut êtic gou- 
verné par la justice, et rien que la justice. 

Pénétrés de ce principe , que les hommes naissent 
et doivent vivre libres et égaux , nous ne pouv^rts 
nous dissimuler que le but d’un gouvernement doit 
être de maintenir ces droits naturels , imprescriptibles 
et inaliénables. 

La force d’un Etat git dans le f?:onvernement , je 
l’avoue avec tous. Mais si ceux à qui vous .avez cor fié 
les rênes du nôtre , avec des pouv oirs jdus t>r»i\er''els 
qu’aucun souverain , aucun deï'f)Ote , aucun tyran , 
«''ait jamais eu; si ces hornmefi ont conspiré, ont tralii , 
pour asservir le peuple Français , l’égorger et v(>vs avdir ; 
s’ils sorgt parvenus n faire dégénérer la rlus belle et la 
plus sublime des révolutions en un système hnoteux dé 
mach'a vélisme et d’hypocrisie ; si les meilleures lo»x , 
dans les mains de ces gouvernant déloyaux . rdonr été 
•que des moyens pour opprimer le foible , de persécuter 
le vertueux , et de fouler aux pieds les drob° les plus 
sacrés de la société et de l’humanité ; si la meme loi 
a Servi d^’égide à tous leurs crimes, et a été un instru- 
ment on un prétexte de pro'îcripHon contre les meil- 
leurs citoyens ; si les mandataires corrompTig de ceS 
mêmes gouvernans , dans les départemens , ont trahi 
et assassine le peuple avec adresse, Q»ie dh * je ^ avec 
impudence . et ont toujours été déclarés irmocens , 
tandis que le citoyen qui a eu l’énergie de se livrer au 
plus léger mouvement d’indignation , ou de se permetire 
seulement une plainte trop vive , a été traité* comme 
crirninel. Si la fortune publique et particulière n’a '’té 
que la proie de lèurs brigands protés;é.‘? ; si les places 
n’ont été que l'objet d’un infâme trafic ; si les êtres 
les plus vicieux ont reçu , pour récompense de leurs 
atroces calomnies . les places les plus distinguées ; si 
ces hommes ont changé le règfAC de la liberté ta une 



s 

îongije et cruelle proscription, exercée au nom de la 
justice Cf de Toidre public; si les hommes de prob'té, 
d’énergie et de courage , l’ont été , sacrifiés ; si chaque 
jour a été marqué par de nouvelles l©ix de proscrip- 
tion et de sang , pour égorger formellement et soh m- 
nellement toutes les ch'tsses de citoyens ; si en vous 
les prcseniant à décréter , ils ne vous ont permis , en 
aucun cas, la plus légère discussion ; s'ils s« soni ré- 
serve le droit, exclusivement à eux seuls, de modifier 
à leur gré rasperité, la cruauté , la barbarie même de 
ces loix , a-Hn que l'ndieux en rejaillît sur vous seuls, 
et les faveurs sur eux , pour ai gmenter le iiembre de 
leurs créatures; s’ils ne vous ont présenté que <lcs ma- 
gistrats altérés de sang ; s’ils leur ont insinue que leur 
principal devoir étoii de le répandre , sans distinction ,* 
s’ils leur ont désigné les victimes ; s’ils leur ont délivre 
des listes; s'ils ont fait intimer aux jurés, aux juges, 
que leur volonté éroit que ceux qui étoient en juge- 
ment, fussent condamnés ; si, dans les jnge< ou jurés, 
'ils ont fait menacer de leur vengeance ceux qui, par 
leur probité , ont montré quelque résistance a tant d’ini- 
quités homicides ; s’ils ont tait , par suite de leur sys- 
tème , refuser à l’innocent opprime de faire entendre 
des témoins à décharge, lors même que ces témoins 
étoient présens ou à portée d’être entendus ; si tous 
les genres de déni de justice ont été, par leurs, ordres , 
appliques aux accusés ; s’ils ont décerné des honneurs , 
des places , des distinctions , à ceux qui ont fait couler 
le sang à plus grands flots; s’ils ont persécuté, provo- 
qué les sufiplices et la mort, ou lancé des anathèmes 
contre ceux qui l’ont épargné ; si habiles autant cjue 
perfides, pour vouloir vous associer , en quelque sorte , 
à leurs crimes , et en obtenir l’impunité , ils vous ont 
fait rendre ou raufier , par .des décrets , les excès de 
cruautés auxqueb ils s’étoient livrés ; si ces institutions 
qu’ils nous ont donné, plus dignes de cannibales que 
de Français, ont eu lieu par ceux là mêmes que vous 
aviez mis à la 1ère du gouvernement , et qui s’y sont 
criminellement perpétués ; si tout ce que je viens de 
vous retracer n’eit qu’une foible esquisse de leurs cri- 
mes , qwi vous sont aussi connus qu'à tiiui ; îi enfin.... 
mais je ne finirois pas. 

Suffira-t-il d’avoir puni le chef et quelques-uns de 
ses complices ? Non , vous ne le croyez pas. 

Mais , me direz - vous, la réaction actuelle n’en pro- 
duira-t'clle pas une nouvelle? N’est -il pas à craindre 
que les citoyens , en voyant tant de scènes se succéder 





les unes aux autres^ ne disent, dans leur douleur pro- 
fonde : Est-ce bien i’empire de la justice que Ton veut 
qui domine ? N est-ce pas plu-îôi uii parti , une‘iaction , 
qui veut succéder à une autie ? A quels signes , par 
quels moyens pourrons - nous le reconnoître ? C’est eu 
vous prononçant bien pour un gouvernement |juste , 
que vous tranquilliserez le peuple. 

iwi , je réponds à sa demande ,• je m’attache à lui faire 
connoître ses amis , et à démasquer' ses ennemis 

Les hommes , Giioyent , qui aiment qui .^esirent , qui 
veulent sincèrement le bonneur du Peuple Français , sont 
ceux qui vous disent que , pour gouverner , il faut des 
lois sages , saines et chines ; qu’elles soient en pciii nom- 
hiC ; car, la multiplicité en occasionne riguotance et 
l’inexécution : qu’elles soient générales et appl.qu es à 
toute l’étendue de la République , Jans distinction de lieu 
ni d’individu : qu’elles souffrent peu ou point d’excep- 
tiOns ; que ces exceptions ne soient jamais couli- es à 
une compagirie de gouvernement quelconque . ni à un 
comité exclusivement ; mais toujours a la Coïiverition 
seule , qui décidera sur un rapport motivé. 

Ceux là seuls sont les amis du peuple , qui veulent le 
délivrer du joug qui le charge et l’opprime , et substi- 
tuer à la tyrannie d’où nous sortons , le lègne de la 
'liberté , par des lois fortes , ^ages et justes ; ci lies - là 
seules emportent avec elles la nécessité de l’obéissance : 
ceux-là sont les amis du peuple , qui veulent qu’on puisse 
censurer les actes de ces mê'mes huis , eu démontrer les 
vices en continuant de les exécuter : ils veulent que , 
par la liberté qu’a chaque citdyen d’émettre son opinion 
sur chacun des articles d’une loi , 1 opinion publique 
manifeste son désir d’en voir l’abrogation , et dispose 
par- la , l’autorité à la réaliser : ils veulent que les Repre- 
sentans du peiinlc ne puissent jamais mettre leur volonté 
particulière en opposition à la volonté générale : Ils veu- 
lent que l’opinion public^ue retentisse sans cesse autour 
d’eux , pour balancer la puissance de l’intérêt personnel 
et des passions individuelles , en leur rappellayit le but 
ou l’objet de leur mission , et par quels principes iis 
doivent se clinger : ils veulent la hberte de la 
celle des opmions , ( seuls heins à i’arnb t<o 
uer les législateurs à la règle uni.:;ue 
ils veulent que les mandataires du 
fonctionnaires publics , nç puissent 
' avec l’autorité publique ; qu’ils 
croire dépositaires de cette 
^au gré de leur vanité , de U 




1 O 

dite ; qu’iîs ne mettent jamais leurs personnes à la place 
de la nation : iis vculeai que lorsqu’un foiiCtionnaire 
public fait quelque bien , ce ne soit pas une grâce , 
mais une justice ; s’il f^it le mal , qu’il ne préiende pas 
qu’il en a le droit , mais qu’il soit dénoncé et puni 
cxcmpla rcmcnt : ils veulent que ces niêines mandatai es et 
I fonctionnaires ne soient pas les dominateurs ui les de* 

peuples ; mais Icuts chargés d’afFaires. lis veulent aussi qu’il 
sou poué respect au fonctionnaire , et obéissarsce à la loi ^ 
dont il est l’organe, dans l’cxercice de scs foncitons; mau'» que 
hors de cei exercice . il ne soit que i’cgal de ses concitoyens. 

C’est à ces traits , particulièrement , que vous distm- 
guerez les amis et dèfenseufs de la liberté , d’avec les 
ennemis du peuple , que nous poursuivons aujouïd’iiui , 
que nous poursuivrons sans relâche , et que vous allez 
reconnoître. 

Pour perpétuer leur pouvoir tyrannique , ces hommes 
pervers et de sang , calomnient sans cesse la nature 
humaine ; toujours ils parlent d’aristocratie , de Put , de 
Cobonrg , de trahisons , pour vous étourdir sur leurs 
perfidies et leurs marchinations : ils veulent continuer 
d’avilir le peuple , en faisant toujours marcher la loi 
au milieu des armes et des bourreaux ; parce que ces 
lois qu’ds nous Ont données , ne sont que le fruit delturs 
volontés particulières opposéesà cc.lleS de la société entière. 

L’obéissance passive , et pour ainsi dire servile , que 
le peuple , la Convention nationale elle - meme leur a 
accordée, semble ne pas leur suffire ; ils exigent un 
morue silence : ils veulent ravir aux hommes jusqu’aux 
moyens de perfectionner leur raison et d’asseoir leur 
bonheur sur des bases de Sagesse et de justice : ils 
feignent encore aujourd’hui de redouter la liberté des 
opinions , qui est une conséquence de celle de la presse; 
parce que cette liberté compromettroit nécessairement 
leur ambition , leur cupidité , et lèveroit le masque qui 
couvre leur ineptie. 

La tyrannie de ce» individus a banni toute tranquil- 
lité et toute harmonie sociale ; l’esclavage , la misère 
et la taciturnité de l’opprobre sont devenus , sous leur 
gouvernement , le partage de tous les bons patriotes ; 
et CCS traîtres intriguent encore ; oui , ils intriguent au 
milieu de nous, pour conserver leur pouvoir, propager 
la tyrannie ; et aacantir , s’il est possible , l’énergie du 
peuple Françi's , en le divisant et l’amenant au point 
de s’entr’égorger. Oji’ils tremblent les traîfres î car le 
peuple et la Convention Viaiion.ile sont debout, et ils* 
seront pris dans leurs propres filets. 





1 ï 

Ouï , Citoyens collègues, pour éclairer votre religion, 
pour démasquer davantage ces traîtres , il faut que le 
peuple Français , l’Univers enner sachent quelles sont 
les circonstances qin ont précède , accompagné et suivi 
la chute du tyran et d’une partie de ses complices: 
comment ceux que je potîrsnis aujourd’hui , ont échap- 
pes au juste châtiment qu’ils ont mérité : il faut que 
vous entendiez le récit de ces faits , afin qu’ils soient 
transmis à la postérité , qui . f c.lair' C par ic' flambeau 
de la vérité , jugera ces hommes beaucoup plus sévè- 
lemenr que nous. 

La Conveniion nationale avoit investi des plus grands 
pouvoirs, en deinier,ses comités de Salut 

public Cl de Sûreté générale ; ces comités dévoient être 
ïenouvellcs tous les mois, 

La nomination du comité de Sûreté générale , a été 
faite sur la simple présentation d’une liste , par Kobes- 
pieire , d’odieuse mémoire : les membres des autres co- 
mités ont été nommés d’apiès les mêmes erremens. \ 
A peine les comités de Sûreté générale , et de 5alut 
public , ont-iL été en exercice , que les vexations les plus 
inouies ont été exécutés contie les citoyens , sans dis- 
tinction. Les coxTijrés de Surveillance , soir des Section» 
de Paris , soit des districts ou dfpartemens , qui ont 
justifié de leur zèle par le plus grand nombre d’acres 
arbitrairts ou de barbarie , ont trouvé des défenseurs , 
des protecteurs même , dans ces comités ; plus ils ont 
prouvé de vioîaucn des loix de la jusrice, de l’huma- 
nité et de la nature , plus ih ont affecté d’anticiper ou 
meme de mépriser 1?» lois qui dévoient les régir -, plus , 
dis je , iis ont trouvé d’appui de ces comités qui le» 
autorisoient même à toutes sortes de violations. 

'Les vexations de ces comités ont été portées à un tel 
excès , même au bout d’un mois de leur institution , 
que notre collègue Boucher Saint Sauveur, alors prési- 
dent de celui de sûreté générale , après avoir employé 
auprès de scs coliègiie» , t^uî ce que Tsmour de la justice , 
en exécution des loix , peut suggérer, s’est vu forcé de- 
se retirer. Je me référé , pour cette anecdote, à ce qu’il 
a fait imprimer et j'ublicr pour justifier des motifs de 
sa dérrsission ; entr’autres choses , il vous a dit i îî qu’in- 
digne de voir persécuter les patriotes ; plus indigné 
encore de voir que leurs oppresseurs trouvoier.t des 
»» défenseurs dans le comité de sûreté générale; ne pou- 
vant soutenir plus longtems le -spectacle déchirant des 
femmes et des enfaâ» éplorés , qui réciamoieat la U- 



1 2 

J» befté de leur mari ou de leur père , sacrifiés à des 
99 haines particulières-, voyant qu’il ne pouvoitrien, qu’il 
3J luttoit en vain pour leur faire rendre justice ; qu’il oc 
9> pouvoit faire réprimer aucune vexation; que c’étoit en 
99 vain qu’il s’éievoit contre cès actes d’oppression et de 
99 tyrannie ; il se relira 

Notre autre collègue GufFroy , secrétaire général de ce 
même comité , quitta aussi par les mêmes principes : les 
vertus de ces deux collègues vous sont connues , et ne 
seront point contredites , même par ce comité. 

Ce fut alors que l’entrée aux séances de ce comité fut 
fermée ; je ne dis pa- à tous les citoyens ; je dis à tous 
les membres de la Convention , qui . au nom de leurs 
départemens, se présentoietu pour éclairer la religion de 
ce comité , et faire obtenir justice aux patriotes. Ces 
vérités vous sont connues, et il n’est aucun de vous, 
qui n’ait éprouvé la dureté de ces hommes inhumains ; 
les seuls délateurs furent accueillis , quelle que fut leur 
moralité. Quoique leurs délations fassent ridicules, invrai- 
semblables, sans même aucun indice probant; il suffisoit 
qu’elles poriassent sur un citoyen riche, honnête, ayant 
des talens , des lumières ou de la vertu , elles avQÎent 
leur ellct. 

Ce fut alors qu’une nuée de commis , d’agens , exé- 
cuteurs , noyés de débauches , chargés de crimes, peu- 
plant les bureaux , furent chargés des missions , et d’ar- 
racher à ses foyèrs indistinctement le ci-devant noble , 
prêtre . le notaire , le banquier , le négociant , le citoyen 
réputé riche , le gros laboureur , tous citoyens , enfin , 
mon rant un peu driiergie ; il suffisoit d’avoir l’une de ces 
dénoriiinatiüns , pour être incarcéré , pillé , égorgé , 
quelque vertu , quelqu’araour et quelque attachement 
qu’on eût eu d’ailleurs pour la révolution : des pouvoirs 
in hlanc furent délivres à ces monstres. Ce comité . 
crffin , devint l’anir» de tous les crimes, sous prétexte 
de découviir les conspirateurs. Ce comité , réuni aux 
meneurs de celui de salut public , conspira à son aise 
contre la Convention, le peuole français et la libellé 
géfièrale : pour y pài venir sû ement , ils vous hrenî 
rapporter toutes les loix qui fis gê oient , ou leurs 
agens , dans l’exécution des ordres arbitraires : ils es- 
sayerrut leurs ponVoirs contre les membres mêmes de 
Î! Convention nationale . en les faisant incarcérer pro- 
visoirement . sauf, ensuite, et loiqu’ils trouN croient à 
propos de faire on de ne point faire de rapport , selon, 
leurs inî'uêts ; et s’;is en faisotent un , tel quel , les 
deux comités réunis arrivaient jiu milieu de vous , pré- 


i3 

cédés de la terreur , et vous proposoîent de condamneï 
ou d'absoudre , sur le champ , ceux - là même que U 
veille ils avoient ou condamnés ou absous contre le cri 
de . leur conscience ,* le rapport , Tacie d’accusation 
n’ayant été ni communiqué aux accusés , ni imprime 
et distribué, personne ne pouvoit discuter; et si quel- 
qu’un d’entre vous vouloit élever la voix , on le décla-^ 
loit complice des prévenus ; le rapporteur , soutenu des 
comités , disoit .* les aesusés s'expliqueront au tribunal révo- 
lutionnaire \ qüôiqujls sussent bien que ce tribunal san- 
guinaire , guidé par eux , a’rrachoit la parole à l’accusé , 
refusoit d’entendre les témoins à décharge , chargeoit 
d’injures les malheureuses victimes dévouées à sa fureur. 
Eh ! citoyens collègues , ils vous diront peut-être que 
ces crimes sont ceux du tribunal ; mais il faut vous 
le dire , ce tribunal n’agisscit que d’après les ordres 
précis de vos comités; et , ce qu’il y a de plus odieux , 
peut-être , c’est qu’ils vous faisoient ordonner ou 
sanctionner par, décret une partie de ces horreurs , 
en vous faisant des rapports raensorigers , contraires aux 
pièces. Et ne croyez pas , citoyens collègues , que les 
faits dont je vous trace ici le tableau , soient hasardés 
ou exagérés. Non , ils seront prouvés par des témoins 
sûrs , que je vous indiquerai dans la dénonciation dont 
je vous donnerai lecture à la fin de mon discours. Ces 
faits seront avoués par ceux - là mêmes qui sont les 
principaux coupables ; des pièces matérielles viendront 
au secours des dépositions. 

Après neuf 'mois entiers d’abus tyranniques d’un 
pouvoir aussi éten^^'u ; après vous avoir paralysé , avoir 
ôté au peuple français son énergie , rempli les cœurs 
de terreur, comprimé les courages , le comité de Salut 
public , c’est - à - dire , les meneurs , regardant celui de 
Sûreté générale comme son ouvrage , voulant l’anéantir, 
s’empara de ses pouvoirs , en instituant de sa propre 
autorité , dans son sein , un comité de police générale , 
avec pouvoir d’incarcérer , tradube au tribunal révo- 
luionnaire , élargir , faire condamner ou absoudre tels 
citoyens qu’il lui plaisoit , quel que fût sou état. 

Ce fut alors que le comité de Sûreté générale 
ouvrit les yeux, et sentit, pour la preæièic Ibis, 
peut être qu’en s’associant aux nimes des meneuh du 
comité de Salut public , il n’avoit servi que de 'irt'arche- 
pied à sa grandeur , et qu’au premier jour il le brise- 
roit comme un instrument inuijle : il chercha dès lors 
à se rapprocher de ses collègues de la Conveiuiôn ; 
roccasion se présenta avantageuse pour le ui e avec 


/ 


succès, tes meneurs du comité de* Salut public, pour 
consommer leurs forfaits , s’emparer de la République , 
la gouverner exclusivement . achever de répandre la 
terreur et d’anéantir, s’il étoit possible , la représenta- 
tion nationale , cîûrcnt qu’il étoit lems de réalsser l’af- 
freux projet de perdre tout ce qu’il y avoit de membres 
de ia Convention , qui avoient montré de 1 énergie ; 
en conséquence , pour essayer l’opinion , une liste de 
douze membres proscuts fut annoncée ; le tsom de ceux 
qu’on disoit la composer varioit selon les, vûes et l’am,- 
bition du comité ; avec le tems , lu liste s’accrut en 
nombre, elle fût portée à d'tpf hujt , enfin à trente rc'étoit, 
disoit-on , d* s scélérats , dont il falioit se défaire : l’opi- 
n'on des jacobins , égarée , secpnda ces vues ambi- 
tieuses. On se disoit , d’abord à l’oreille , les 
noms des victimes désignées : ensuite tout liaut : la. 
crainte s’empaia de nombte de membres de la Con- 
vention , au point que soixante ne coueboient plus chez 
eux ; d’autres , saisis de frayeur, furent réduits à garder 
le lit. Les meneurs triomphoient : chaque fois qu'ils trou- 
voient occasion de parler , soit à la tribune de la Con- 
vention soit à celle des jacobins , dos victimes dési- 
gnées , ils le faisoient avec une indécence cruelle , 
injurieuse même pour la Convention nationale. Une 
chose seule s'opposoit à ia rapidité de leur marche , 
pour faire arrêter ces trente députes , et les perdre ; 
il falioit le consentement du comité de sûreté générale , 
sans cela point d’arrestation provisoire , donc point de 
succès; Car, on ne pouvoit tuer ces trtntc. membres que 
dans l’obscurité , et non pas lorsqu’ils auroicot la liberté 
de se défendre en face de leurs adveisaires. 

Ici , et je me plais à le due , le comité de Sûreté 
générale refusa de prendre aucun arrête , contre la re- 
préseniatioa nasiooale ; îl en ht part à plusieurs ; Moyse- 
Bayle me le dit à moi-même : dès iors , ou parut oublier 
une partie de scs anciens excès ; la crainte <1e nouveaux, 
de plus grands , peut-être ; le loin de sa propre con- 
servation , attachée à la sigua.suie de six membres de 
ce comité', eu faisoit l’impericuSe loi : chacun compris 
aisément que son salut , peut êive celui de U Républi- 
que , étoit attaché à cette désunion; on la frimenra, 
dans l’ejpoir qu’on moment favorable aménetoir un heu- 
reux dénouement. El certainçmedt , citoyens collègues , 
si tant d« crimes , qui ont couvert la surface de 
France , pouvoieni être oubliés , je me taiiois , au moins 
pour la partie de ceux qui regardent le comité de Sûreté 
générale ,* car , je suis persuadé que l’instant de 



sa mésmteîîïgence avec Us menturs de celui de Salut 
pùbUc . qui a sauvé la Képublique ; en cfFet , s’il eût signé 
l’airesiatiou des trente merobres , et qu’elle se fût çfiec- 
tuce ; que l’acte d’accusation cui etc accueilli par un de- 
crct;si !jemc tais , je vous livre a vos rtflexioos. 

La résistance iinta les meneurs du comité de Salut pu- 
blic ; ils rcioiuretît d'attaqi^er ouvertement r ils déclarèrent 
hautement , aux jacobins , qu’on se contcnieroit de la 
mort de quaue ou six sccieratî, qui déshonoroieni la 
Convention. Pour ajouter à ce nombre , ils attaquèrent 
Fouchc de Nantes et Dubois-Crancé , les firent chasser de 
cette société : ils se promettoicnl la réussite la plus 
complette ; mais les plus adroits de ces deux couaites , 
pensant que , st Tunion n’étoit pas rétablie entr’eux , ill 
pouffoient échouer, il fut propose une réconciliation. 

Les hommes probes de la Convention craignirent quo 
ce ne fût le traite d’Octave , d’Antoine et de Lcpidc , ci 
chacun ab.mdcnneroit , à la vengeance de l’autre , ce qu’il 
avoit de plus cher. Le projet de reunionfut agréé , les invita- 
tions furent faites *, le chef de ces ambineux ( Kobespierre ), 
et qui 6c crût alors assez fort pour dominer la Conven- 
tion ^ les écraser tous , résista longtemt aux invitation» 
réitérées. 

Pendant ce tems , un chef non naoios perfide . mai» 
plus adroit , Billaud Varenne , conçût l’espoir d’cxécuiet 
le dessein qu’ji iramoit depuis longtems, de se substituer 
à ia place du tyran , que tantôt il fîattoîl , tantôt il dé- 
primoit ; il se promit, eu conséquence . de sc conduire 
selon les circonstances ; c’est pourquoi jl ne traveisa 
point le projet de réconciliation. 

L’orgueilleux Robespieirc paroîi enfin à cette séance? 
il parie de lui même en termes magnifiques ; il blâme 
toutes les opérations des comités ; il parle de conspi- 
rations , de députés scélérats à punir , et de se débarrasser 
par de prompts jugeraens de tous les f ictieux ; il consentît 
à rendre au comité de Sûreté générale , l’éiendue de ses. 
droits , et de restreindre a^x citoyens employés par le^ 
comité à* 5alut public , l’cfiet de son bureau de Police 
générale , il fit des reproches à ce comité de sa négligence 
à faire punir les conspirateurs , à élargir les patriotes. 

Saint-just prend la parole , fait l’éloge le plus pom^ 
peux de Robespierre : selon lui, c’est la vertu person- 
U'fiée ; il est persécuté par une faction qui veut s’arro- 
ger exclusivement l’action du gouvemetneiu ; il parle de 
Ci nécessité de rétablir l’harmonie entre tons. On se quitte; 
la paix paroît faite ; ( peut-il en exister entre des ambi- 
tieux?! personrie ne la youloit ; aussi fut elle de courte 
durée. 



i6 

Les membres du comité de Sureré générale assurent à 
leurs coîlégues , que la réconciliation qui a eu l eu enu’eux 
et les meneurs du comité de Salu; public , ne doit point 
les inquiéter ; que la représençaiion natiotiale ne sera 
point attaquée : qu’ils ne doniicroni jamais de signatures 
qui compromettent la libcite et la vie de ses membres. 

A la tribune de la Convention , on vous annonce que 
les bruits qui s’etoient répandus, sur la m -sintt lli _jencc 
qui regnoit entre les deux, comités éioient sans fonde- 
ment , que la plu* grande harmonie y légnoit 1 out 
parut calme pendatii quelques jouis mais h s mtneurs , 
de part et d’autre , les employèrent à dresser ieuis bat- 
teries , pour se perdre mutuellemcni , et s’arroger exclu- 
sivement le djoit oc dtnmncr la République ; aucun de 
CCS doubles conspirateurs ne vous parla dCü dangers de 
la patrie -, aucune mesu'e ne fut prise peur les préve- 
nir ou y remédier ; tous laissoient la Convention natio- 
nale abandonnée à elle même , afin de recueillir plus ai- 
sément et plus sûrement le fruit de la victoire qu’ils ob- 
tiendroient sui leurs i vaux ; c’est en cet état que la 
séance du 8 therm doi ouveae par le discours de 

l’infame Robesp erre , qui a dessille les yeux des moins 
clairvoyans ; et cepen dant ju qu’alors aucun membie de 
ces comités ne vous avoit pailé des menées de ces conspi- 
rateurs ; quoique ,*( pour me servir des expressions mê- 
mes de Billaud - Vaiennes , à la scance du 9,) il y eût 
dcj'J iongtems que les combés avoient mille indicée , mille 
pîeuves de la cowspii aiion fo'Uiee contr ia K.'j u viique. 

C’est alors, ei seutenu ut alors , qu’eiuraîucs eux mêmes 
p»ar l’impulsion genciah' de la Convention . ils ont con- 
couru à confondre ei abbaire le tyran , ce jour la , et le 
lendemain 9. Mais avant . et singuliè; emenr le 8 au soir, 
et dans la nuit du 9 , n’ont ils pas tiah' leurs devoirs , 
en ne faisant point arrêter Henriot , Fleuriot , Peyan ^ 
Lavalette , et tant d’autres qui leur fûr< nt désignés par 
moi même verbalement dans la soirée du 8 , et par 
écrit le 9 à une l.cure et demie du matin ; ainsi que 
par CamboH , organe de Préron , notie coiiégut dans la 
même nuit du 9? f'ouiquoi ces Kienauemens dans des 
momens si critiques ? Pr urquoi , dans la matinée même 
dut g , Barère promit-d à Coutbon de le dcfcndie , s’il 
ét©it attaqué? Pouiquoi , en meme tems que ces doubles 
conspirateurs paiois-oient combattre avec vous le tyran 
et ses complices à la tr'bune'; conapltces que vous avez 
vous-mêmes désignes ; poiuquoi , dis-jc , aucune piécau- 
lion de grande police n’eîOît tUe prise , pour assurer 
rexécuuon de vos décrets f Pourquoi aucun chef a’éioite 



¥7 


il .averti., î|i-auctine. force dispesée contre cô8‘ traîtres, ^ 
sur-tout , lorsque ces deux comités , qui aveierit pas,sé 
|a nuit enseai:Ul«^, avoient interdit Tentréc de leur scaace 
a tous leurs collègues ? Avoicwt-ils conspiré pour , oit 
contre la patrie ^ Pourquoi , lorsque le tyran et ses coixjt 
l^lices ont btisé leurs fers , out ils ét< iriomphans a, la 
rnunicipalité , et ,que rien ne s’y est opposé ? Pourquoi 
aueune auiorité consinuée , aucune section , aucun chef 
de force armes * ^cun bataillon , aucune cornpa.gnie , 
n’étoient-ils prévenus du danger de la patrie , pendant ^ 
heures que^ la crise a dure? Si le peuple eût été aussi 


insouciant que votre comité de Salut public , je vous Iq 


demande , Citoyens collègues , que devenoit la chosQ 
publique ? Disons vrai , les meneurs de ce comité vouloitnt 
le désordre , afin que le peuple et la Convenii®n natio-* 
fiale , fussent forcés de se jetter dans leurs bras. 

Aussi , a la séance du 8 ihermidor , lofs,que Fréron 
fit la motion de faire recouvrer à la Convention sa di- 
^ni té avec la Jiberté , en supprimant les pouvoirs ac- 
cordés aux comités de salut public et de sûreté géné- 
rale , de faire incarcérer , sans décret préalable 


tel 


Membre qu ilè voudroient , vous vîtes avec la plus vive 


indignation l^liaud-Yarennes s’opposer à cette motion-, 

t «Cl ri 1 /^TriO »• 1/ac 11 »I %1 f j 


et employer les ressorts de l’cloquence^la plus vi«/iwMkC 7 
et la pltïS astucieuse , pour en empêcher Peifet ,* mais 
dans ce moment les esprits étoient encore dans un 
tel état de compression, qu’il le fit avec succès , et 
que personne n osa s élever contre îe système domina^ 
tcur de ce nouveau tyran, qui, enflé de ce succès , 
osa , le lendemaiiï , sur le murmure sourd qui se fai-, 
soit entendre contre lui , s’écrier avec arrogance coatrei 
la Convention , et proférer ces paroles dignes de lui 
Eh quoi ! f entends des ^ murmures , je crois !La.^.ÇohveQ^ 
îioa a réprimé cette insolence,, à la vérité 4 orgueil 
de Billaud , blessé , ne lui a pas permis de reprendre 
la parole, depuis cet instant ; iU’est cantenté de mettW 
9CS émissaires en ayant. 

N avez-vous pas vu Barêre k la séan^ 

lors^que des membres purs ,‘^etdes plus ’éwgîque^ 
de la Conveptipn,, oût 4.en,apdé «qu’enfia le ...ueuplÂ; 
r français fat régi par des loix justes, vous dirc|, avei;- 
le ton de, j’jronic , qu’il nranm 's» bien .• Oui fCÏtûyens , 
ojk vous demande la jmtice r ce pas l'k jHstiçe 

fins t ocrâtes ? Barere, ^ , j’en jGoayieas ;• 

Mais tout, n,e, vous, dicte-f-il p^s çyqe B^rçre, croygit en- 
ses: c© - assoe'iqs .^©uvoient re|ehii; fa 
t\|^saa,ce qu’autanc qu ellè 


B 




jîtToi> arHtr^îfe , çt i>on foifidé® mr î«« bajef'^acrécf 

Jf . 

j^iïf là , a trÎQinphà ; maii ç*4 

fti èl^?pÇ, (4’cri^ge qi d’iwcerritud.C' Dçp*ii* 


‘e0>P? 

p'^:>9t pJi] 


ççjS l^oviniies ç|i|« ^',1 dç»î<.)«cc devait vqus; 

iQurpc qui s’«ton iais^èc surpicn- 
drc par ie^is ariiftçfs , «'eii pu ajour^iê^î, dissipée , ou 
i^lairéjii r^yepqç pritiçipçs éterq^ls de la justice, 
ejle Uisfç ai}joprd’hi4| Qpêrer ua\:iqqiUe(iieat le bkn. 
pîB?*Z'Vpp9 ççpeiidaMi ce s«ii»aï«?fl, 

L’asçaut qpt jd liyre ep ç(f mouienL à cçs hoxrmes 
qoj^ijaqe pluf qu^hfier. atxîis du peuple, devîcn- 

Hp Mti vjrànd exepiplc, ^)OUr tpicer .ceux d’eptre pous 
à M3 grand ppqvpirHi'3 d^i'^guç , d ette cucqu»^ 
pecis , f t de ?e cpufprwer aux kuH* 
jp pas^C 5iix faits qv* çQpsiiiuent coupables les mcr 

pc.u;^ 4» cpadié dç 5a)pt public. r 

Qjipjque dç ' ^e« (aks soient potoiremept 

ro..uvra|e dq tppiifà tif sôççtç générale i il n'eu est pas 
njoin^ Vrai , qne c<? ^priikà çioit "eikpnept dopiinc par 
l^îut/e , que ce pentrêtre pne ipjui^ticç de ne pas 

d^sripguef la pç^pç dppt'jc crois les uns et Us autre» 
^ïsceptiblçf, * 

J’afd^înte donc^cpq^ç fidUud Varennçs , ColIot-d’Her- 
buus Cl B;trèr^ , du çondtif ilo'^^^dur public; 

Vadii$jr, ^rnar , Voplancl et O^yid . membres du comité 
'<îç sûreté gépér^lp , Iç^ faiti suivant, que je divise en 
vioçt‘>iît 9«liclt;8, 

ï<». D'avoir pomprîtrié , par la' terreur, tous les ci- 
toysp? U Hipubkqite , en signant et faisant mettre 
à «xççqtion dçs ordres arbltr^iies d'emprisounemens , 
«an* qwjk y cpptre un grand nombre d’entr’eux , 
atituûe dénonciation , aucun motif de susj.icir n , rnicune 
vr^nyo dç- dekts éboncc-s dans Ijf loi du ij Scp.imbrç 

*T?|- ' 

•'y*. Ç)''^ŸOtT étendn Ç9’ système d’oppression et de ter-, 
Tcur just^ues sur les nnepàbres de la Convç) tion qatio- 
Tiaje V. en^ àoufBint çt appuyapt , ,par un silence aflFecrê , 
le'-'bruit que lé coijaijé de *alu< public avoit une its'c 
die .îOÇ^rntrvS de la Cotivcnp’pn nationt lè , desi-" 

gnés pour ftff ’înç^rcérés 1 et ensuite vlçdincs 

3?f Dé' n’âvpiir jamars proposé le reiriplaccmcnt dcj* 
TOÇÛïbiçs qui r?i<inquoicqt dans Iç roifiiie "de saint pu-' 
feliç , et de 'sciera perp^tjfés exclustveïpent dans rexer- 
fi^e'^df leprs R)nctidnf , par U compression en ils re- 
niaient I 3 Conventipa; B^^rç'-, ra-ppobenr , ne m^nr- 
^nant jamai« » après rauntmee q^udquês \ictoijf$> 



ou fiictès. de pTppetcr '^ipérativeïsjçnt la comîanarîoa 
des pouvoirs des comi»^s, 

D ^ivoir de cojiccrt ayee R(jbesi icfre , anéanti 
la liVcrié d«# opLtnjja. <ims le sciu ii)èn;iç <lc la Coo- 
vtMtn»» |>erraei.îan4 h discussion d'au-, 

cunes vdei Uik proposées nar le colite de salut public, 
5 ®. O’rfvoir provoqua le rîi^part de toutes b^s loiit 
favorables à la bbené , et fépiesiive^ des actes aibj- 
irairei qui s e atermoient au nom de ces couuiés , avec’ 
autant d'injuifice que d’inijutnaniié. 

6*". Oe s ’éîfc cxüourês d'une > fc.pltç d’agens , le^ uns 
pe dus d- reputaiio.n , et les autres couverts CTlme^';' 
ce ieuf avoir donne des pouyoirs en biauc : de u avoir, 
réori^aé aucunes de leurs vexations, et de ks avoir au 
c.oatraire soutenues* ^ 

. 7^: et îaUsé $aas réponse un nonibre 

triiiui de plaintes et ménioites , qui leur tfvoieui tté 
a.diefisés confie l«urs agens opprcs.^euu ; d'irvoir pris 
leur diffeose , oo:aujîi.ie«t celle de Hvï<în , Senard et 
autres; d’avoir , à la tribune de la CoMyeniion 

nationale, laïf kpr rlo|^ç , fait lapporter des décfeij 
jUit^ioeoi lancés cpprr’ewx ^ et d'avoir parla byrç à U. 
vengeance de ces faapyst.res les ciioyeiii qui avoieüc ei^ 
îe coi/nage de ie.s dénoncer, 

S'^. D'üvofr rouvert ]ÿ France <ie prisons, de mille 
bastulefi ; d’avoir ,rsm|}li de deuil h Hé|5ublique eopére , . 
par I bîcarriration injuste, et piéoie sans mo;jb , de, 
ping tae Cêni mille citoyeu.s , les uns injirmes , les autres 
octogéDaites , d’autres enfin pè.es de lamillçV, et même' 
des défenseurs de la patrie, 

9®. D'dvoir iiidqit en erreur leur.?, colîvguvs * cfi ré^ 
pansant le bruit, dep^uis que la loi cruelle du fÇ^.rair 
nala été reruluc , que cette loi avoir cié l’ouvrage du. 
^ui Kobcfjpietre , qu,i ne I avoit coTumuniquée qu’à 
Ccujhon , tandis qu jls avôient été avertis . wê(ve avant- 
<)ueiie passai, p;ir des «i.-inbres <iil iribu-'.ai tévoî«- 
110,1., aire , | Fouquier . fol, 14 et t 5 . ) des .aconyéMieui 
graves qui en, résuheroient. ^ 

10^, De s’être Opposés , lors de la 
cette loi , à 1 jmpres.sîon çt à l’aiournen 
^avoient été demandes ^ les uns de l’avoir soutenue lb|'- 
ternçnt , les autres d’avoir fait erpire , par leur présence 
q^ü elle éioit l’ouvrage et le fruk des réaexions médj- 
tecs entre les deux coraites , au nom desquels elle lut 
présentée, Ce qui prouve encore plus clairement 
la.^yoi du 2 8 rouyragç du conmé 

<,C5t ua arrêté de çe comité, en di^tt 4^ 





fisîs à extcution dans üti département , renfermatît tex- 
tüellewcat les dispontions décrétées j^ar la loi sacgui-* 
paire du 22 Prairial, 

11°. D’avoir, dans l’affaire d’Hébert, Vincent et, au- 
tres , arrêté l’effet d’un mandat d’arrêt lancé contre Pacbe , ‘ 
qui devoit être nommé giand-jugc pdtr celte faction; 
d’avoir intimé à Fouquier , accusateur publ c , l'ordre 
non seulciwent de ne pas mettre à exécution le mandat 
'd’arrêt . raals mê^ea de ne pas permettre qu’d soit parlé- 
ftle Pathe ; d’où il est résulte que la parole a ét in- 
terdite aux témoins qui @nt v@ulu parler de F»ehc , et' 
niêrï^c aux accusés , lorsqu’ils ont demandé qu’il parût, 
12'^. D’avoir, dans les mêmes vues d’i^iusticc , cl afin 
de sauver les coupabUs , empê» hé qu’il ue soit décerné 
des maqjiats d’arrêt contre le général Hanrior , Mathiew , 
son aide de camp , Lubin , juge au tribunal du premier 
arrondibseraent , et Gobaut, substitut de l’accusateur du 
tribunal criminel de Paris , tous impliqués dans l’affaire 
d’Hébert , et qui depuis ont été guillotines comme- 
conspirateurs , et cela , quoiqu’il j »ût contr’gux des 
charges graves , qui furent communiquées par écrit au 
comité de salut public , ©ù elles sont restées ; en con- 
séque’sice , la parole a été également refusée aux accusés 
comme aux témoins , lorsqu’ils ont voulu parler de 
ces individus. ^ 

i 3 o. De n'avoÎT pas donné connoîsjance à la Con- 
ventioo nationale de la lettre écrite par Fouquier , le 
i 5 GertHiRal ,• lettre dam laquelle' il exposoit à la Con- 
vention , que les aecu&és demandaient à faire entendre 
seize députés , dont les dépositions prouveroient la faus- 
seté des<> faits qu'on leur, imputoi» ; et qu’ils en appel- 
loiênt au peuple, en cas de refus,- et d’avoir substitué 
à ccéte lettre un rapport mensonger, duquel les comi- 
tés ont fait résulter que lés acculés s’étoiei&t mis en 
rébe*lli©n contre la loi ; c« qui a déterminé le decret 
qui déclare, que tout prévenu de conspitation qui 
résistera ou insultera à la justice du tribunal , sera mis 
^ors des débats , et jugé sur-le-champ. 

14®. D’avoir , ( Amar et Vouland ) en apportant e«x-^ 
mêm'es le décret, et en le remettant à Fouquier, dit: 
Voilà de quoi vous mettre à votre aise , e't mettre à la 
raison ces mutins-là. 

. 1-5 ^ D'avoir , lorsqu’il s’est agi d’affaires importantes , 
permis et même ordcftrné un choix de jurés , hors 
les Sections qui étoieùt en • tour , afin de prendre ccu:C 
qui'étoiewt connus pour les plus dociles. 

r6,^ D’avoir , ( Amar , Vouiîaad , David et Vadicr , 



^ ^ , . ^ ^ ... ^ ^ 

lorsiîque’ces Jurés* étoient la chamlj^ë dçs cîéliliîératîbnS 
'ei que le bruit sc rcj«an'.ioit éiaus lc‘^ Tribbnarj qlie îa 
îiKtjôrité des voix é oit pour l’absolution efes ’açcusés ) 
'passe par là Buvette , dans une petité chanib^c voisine 
“de celle des jurés ,* et d’avoir «ngagé Heronan à les 
determiner par toutes sortes dt voies , à condamner à 
mort ce que celui-ci , en entrant dans là chambré 
du conseil , a exécuté , en parlant contre les accusés , 
et en excitant ceux des jurés qui avoieftt Vèté pour 
la mort à menacer les auttes du ressentiment des 
comités. ' i 

i"}^. D’avoir, plusieurs fois, ordonné la mise en 
jugement de cinquante à soiîtanie personnes en même 
teras , pour des délis d fférens. 

iS*^. D’avoir «drdoané à l’accusateur public de faire 
juger dans' les 24 .heures , les prévenus de' la conspi- 
ration dite des prisons ; desorte que cent cînquarïfé- 
cînq personnes dénommées dans l’acte d’accusation 
^u 18 Mt’S'iidor , dévoient être jugtes et périr le 
înême jour; mais là crainte de l’opinion publique 
ayant fait nsîae’ quelques rtîQéxions , il fut décidé qu’on, 
les ;»iettroii en trois fois. , 

19®. D’avoir souffert qüe' les mêmes témoins entre- 
tenus , nourris dan» les prisons , et connus vulgairement 
soàs le nom de moutons , déposassent à charge cbntre 
'tbvr^ les prévenus 5* et l’on distin^uoit parmi ces témoins,, 
‘Fcfiérfts - ''^Sauvc‘éœuF , ex-iioblc et Lcymerîe , S^crè- 
*iàire pal tîciilier 

' ‘ 2üV D'avoir d'mfenti forBielîement lés dénonciations 
faites à^h Gonv.cîft*iGn‘, con te jo'sepli le Bon', repre- 
sepj.ant ; d’avoir lait un rapport inhdcle sûr sa coriddité , 
FÎ’ddvoir ‘déguisé- ses cruauté? sous là denofléiatioH de 
îbrmes acefbes. ' “ ■ 

î>s^ n'a voit point préVehu la Gonvefntion de* 
r^Dscnce dé Kobéiprerre , du Ceniiié , depuis quatre 
dec^êdes r d’avoîr souffert que nonobstant son absence , 
If aTt contidn'é" dè signer des acie3 ; d’avoir caché Ics- 
irhàv œuvres' que ce coospiratsur e*ployccs dans 

îi* vue de toul; désorganiser , sc Dire des pariisans et 
ïùir'crla ch^^se publique. • ' I 

* 22°. D’àvoir permis que le general Lavaîstte , Dsifriîse 
,et tant d’autrès \raitres ou Cûnspiiat<ïUTS dénoncés dé» 
îôugteajs aux Coraîtes , et frappés par des dfcrctâ de 'la 
Convention, soient restés à Paris , y ayent eb enu de 
l'emploi,- et de les avoir rais ain|îà perlée d« coni- 
meure de nouveaux forfaitsi - . 

23 ®. De n'aveir pris, dans la nuit du S et dàns 






9Ùf 

journée âvi ^ Ther^ietof dei meîti&re^ qtrî p6^' 

voient «surer la tiraüquîlitê ptibliqüc et ta sâretè de lai 
Cortvention . évid^niniëm compifofiHsês ^ar le dlseoui# 
du tyran , ptohf'iiév te S à trtbutté de h don- 
vetiiion , et le iôlr à èelle dciS Îîtôbiwi , qüi lui avolenl^ 
promis secôü'îs ^ fortes et proieéiiod. 

94.^ JD^C ù’aVOit f)a^ taii arrêter 4 clans ta üt it du ^ 
au 9 Te géwéTai Hantio: . je iMaiic ci l’iV^ênt i:‘fatiottai 
de ^Fài‘S 4 ta VotCtfc et tant d^aufies prîrieij’aux com- 
plicfc.s 'de Kobe.^t ies-r'ë . ^ qui toiis ieuf àvoifiiu Cié dé- 
fttrbccs par ptliMênTs d'di'’i;ufs. 

n\iyoir pjis ’ i« îjnn.'née du 9 aucyne 
ine^ûfe dc^ î?g\teu/ , '.ffirV que les déer'ets d'arrCstafoo 
lancés cuutre H ribî^spier fe e« se) fôrhpUces , Ub'?cnt 
,éxqcUté<^-e;t.d' 3 TOt(\.éV 0 ;Ô^^ < f^ar ttitt oéghfjCrrce cfîmi- 
ncjlc via ‘«'cpîéseutnnîUl f:-ifrofia}c ii êitc Cgr'rgée . puisque 
îés â-VïCflitri cics corispifaJjsnrs ♦’?»[ pâ , le même jour ^ 
artac’K'çf SUirS Us yeux tU U ÇDi'fvc niioo ème y 

et’ de sc;î- Comin-s- , dans ir local d*' celui ttt» friretc 
gérréra'îc 1 et Sanit atjeuue résifîar'ce , te traître Huuriotf 
qui, avoil coudni.r dîTrifT ce Corrritc. 

edi® DUvoir employé des hbrrrfr.îs' reconnus pour 
ëonfï;e'tévolrt(iorinaii:es , pertins de ré< u?at ou et (te 
débbucheâ faréfis ♦ r:i mêrints ctans' te s Ih’/h de décret!» d’accu.- 
siiion» tels que Beaarnarcîi t.s. fspa^nf.ic, lîaltc c et auires, 
et de leur avoir ctnjHf des ir^srus try; w ruses , appartenans 
à là llépîibbque , (ré‘oi3 avec Irsqoeîs ils" 001 êmîgrég. 
Après cctie* ai tlcol’idr/n . jUtinonçai que Usr pièccqt 
à l’appui ctorèui sur fe l&hreati , et que jUllotS ^ p»ier 
tin. Secrétaire de tes ftre ^ lorsque j’auro^'s indique 
l’exirAÎt de leur conteriu. 

(jrôwjou : je drtnande U parole pour unie motion 
d’Ordte . "'À>aî;t _ d’cu:Cîldre Iccfïrre des pièces 
dont on pirrle 4 il faut que rA&ferrbiéc d’cbrre si elle 
adopte on r^jeo^ ce oede de procès que Ton fait 
Si ceité nibvme : biôa/(cct^;î 5 *^ stiifoqué .,7 quitod je 
Vois avec quciie^ froide tranquilité On viéot jfiticr an 
milieu de nous dV' s;f»>eiiceS de divisioè , quand je vois 
avtC qtrel tal*tne flcg» «Jqae OU piopôsé la pefte dâ 
îa Patnè. |e ne sau^jK/uit ce qui s’ést pâs^sé. ici ; jetofÿ 
aux armeés , d’c’ù j’ai dvelarc Pud dés premiers mOn 
idb^sion à lout ce qui a été fait pa.r fa GohVeuiion\ 
parce que je la regarde comme le centre üaicüC , auquel 
tout doit îe r’ïp^'orC'r ; mai*’ je crois qué c'est à ua 

“ ... y ., ; 

Jleofnat cte^ ééèâfé tîéCYeffy ycÿf fbtid âC'J ^ SÔAnié 

^8 i i ix'scilâer. 



. 

Iiomme înconnti à s’ékVèr j^l , parcè cjtfe , mÎ t^'frfwr 
éu moins il lonâbè scül ^ él Éà à’oéé'ânéh^i^è ^ydinf 

de déthifèment dàbi^ là Kéjiüblitiüe i je Vèis dôftè pârîél 
frailchemciUi 

ui* meifibre Vitîl itî \ a^êc tSn diséèiiH 4 

Tdüâ dire qu’il rte fàllôit plün, de ièr^fêtit , côütiïhé si tiê 
gerrtission»i pas dëà t%téi àk rtôtis âVfirt\4 ^tê ^niUur^i i ^ 
( On ûpphûdit. ! Céité pî^Hiért rte pÔ'Hoii tèfidfè 
l’àvil*s!lcrtient de lâ CrtrtVëfttlrtrt 1 |e rt'irtciilpé paà 
tioji ; mais jè dis qiiè râtliéti âvôit cèîfc tèndancè ,* je 
dis que c'étoii Hétrrtiirë le grtrti^ei’Hènk'ül réprtbl'càfrt# 

( Oh rnürrtiurei j î^i je^h^élrtiS éloigné dè trttilé pe^sdrt- 
Dâlité ^ jë dirnh qrte , d^ns ce dlscèufS > 6rt iVirt bUniû 
le syStértm de tôricüfi, j'ài ietrt^(-qü€ Ta^dé de: g «‘an* 

d^'S phvààei? , ôti VOùloii étendb^ tTrt i?Oîle de (érreuf 
sur la Gonvèniiort , pëir tes lërtrtes de kohtspiefriiles ^ 
de cofiiinîiàtÈUT) de Rùhtip efte ^ de sréltfàii , qiï'*on rt’a 
pas nommés* |e le dis avec Midacè ; patte qué jé stfîi 
tranquille tfc rt’est pat là )a Conduite qoë doit «enit 
un Kepreseniarit du peuplfe. 

Hier , vous ave? passé i rotdfé d» joUf srtf trfté 
rnOiinn . ei aujoüfO’hrti l'rti'i fierit torts apprtr^ef' dtJ 
pièces coni'c des hommes rtht bieh .^erti 11 tivô^ 
lunon : ils peüVebt êitè cOd >abUs < je h^epiYé «’Oifîr dntti 
cefte quc;tJort ( oti mrtrrtVhîê î / füaiS i\ j’atdts eu des 
pièces h la chargé de tës ihér^bfes , iritésrts lé iâ èèfi- 
fiance de la Convention, je hê h-Ji atifdlé appOHéeli iti qu 4 f 
les latrtiei» aux yèuk ét le f cèut hsvté dé dotihlehr.- Qllé jf 
vois urt spectacle bien d'iiércnt ! Avec quel Sang hôidi^ 
on vient plonger lé poignard déti^ fé ^éin d’Honithés 
friàfidahUi à la peiirk pùi^ léi ùhntes quMs lui drtt ren- 
dus ! Uemaïquez que là ^ plupatt des reprochés qn^oti 
leur fâilt portent sur la Gonverttiori élit - * olif , 

c'est la Cônvertiiort qù’ort acCuSé ï c^é^fàii peuple Fiart^lai# 
qu'on (gît ié procès , püi^o’ils Ont sôrtff ft la tymutii*. 
de riiiiamc Robespierre; Jean Debry vous I? riisoif tOut- 
i Th ûre i ce sont lès aîiîiocfâiéS qui fôrt'f'toui cela . « • 

(Quelques voix, r Et lès voleurs. 

Goujon î Ils ont cherché au iftilieu de vous une 
mains qui pût tenir le poignard qu’ils diqgerti contre la 
liberté du peuple. Qjtë tet bomrne soit èfédutê , igno^ 
rant ou trcrirtpé , qu’importé? C’éSt a vôüs d’e'mpécher 
le déchiremefil qui pourroit s'operér. QyivIS sont les té- 
moins , les pièces qu’on, vient tons préséiîfef ? QjïcUe 
confiance pouvorts nous avoif daiis^ lés agensr de^a scélé- 


Idtm. Page séance ûa 10 fmctidoii 



/ 



. . 

rats que 'nous avons renversés ? quelle croyance mérite 

Fouqu’er-Ttnville , cel^ho-mme qui a intérêt de pleiiger 
le ier dans le sein dts membrtî. de la Conveaiion pour 
Bfc sauver. Je leRiaude o^ae !a disteo^s on tt‘£S« à i’iustaut.... 

, Un nombre de membics : Non -, n©n, non. 

» Billaud Vnrenne : je ndy (''puose. 

Goujun : Il me semble que rdétant po'Rt préparé peur 
cette discusiion , j’auroi» grande peine a faire adopter 
iTirm opiu^oii au. milieu de» partis liivc-s . ... 

‘ Eeauc( Lp de votx : Il n’y a ici d’auire parti que celui 
de la Ii>e;iè. 

Goe; .1 : 11 est naturel que ^c'^ux qui sont accüsés 

vcu'diei t . c déFendrc ; ils le doivent pour eux^-mêmes ; 
mais je ne puis m’accoutumer rt l’idfe qu’un secré- 
taire lise froîdemeut à cvtte riibuued^s pièces qui incul- 
pent des homiTiCS qui se sonr montres IfS plus chauds 
amis ''c la révoluti©!^, Qji’oa déposé ces pièces à une. 
CùrAruns^'m , qu'elles so'em examinées , si elles sont sus- 
ceptibles de l’étre. Qj.i'on -ende justice à tous , je le 
dciûjrc ; mais aussi je prcnieis que , tant qu’il me res- 
tera une goutte de sang dans les veines , je m’oppo- 
sera consianmeut à ce qu on perde la patrie. 

Biilaud-VareMue î H n’y a pas de doute que , si les 
faits qui viennent d’êtro articulés sont vrais , ceux à, 
qui ils sont reproches. ne soient de très-grands coupables. 
Il n’y a pas de doute que , si les crimes qu’on a avan-' 
CCS sont réels , nos têtes ne doivent t^'Tlbe^•; mais je 
défie Lccointre de justifier son accusation ; je le défie' 
de la justifier par des témoins ( ignés dt foi \ car il est 
bon que la Convention sache que depuis que le tyran 
est abauu.il n’y a pas d’infamie pas d’intrigues qu’on 
n’ait employées pour perdre les membres que Lecoiutrc 
a. désignés. Les discours qui oat été prononcés' ici pa.r 
Robespierre et par Saint-Just . ont déjà répondu piour 
nous aux reproches que Lccointre vient de von» faire;- 
car Ro’ûespierrc et Saint-fast avaient aussi proscrit Iss 
liomn^es qu’on veut frapper aujourd’hui. Nous ne crai-^ 
gnous pas la mort: la vie ne nous est pas précieuse , 
si les inirigans doivent -régner.«Mais , nea : je vois les 
boas citoyens .qui comme/iceat à s’éclairer , ,et qui déjà 
aaanlfestent leur improbation. ■ ’ 

Si tiens eussions été les coraplices de Robespierre, 
dans quelle position dangereuse n’amriôBS-noVis pas mis 
la Kcp.übliqué , dans le moment où son projet ' éclatta , 
et au moBBcat ©à nous avions les plus grands pouvoirs 


Idem, pii P 20^ , séance dy. ia 


. . . . 

^ntre les mains? Eh bien! c’est nous qui avons déchiré 

#e voile qui cachoit ses crimes ; c’est nous q«i lui avons 
arraché le masque de patriotisme dont il se couvroit. 
Plusieurs membres de .cette assemblée savent qu’il avoit 
été convenu depuis longtcoss , entre nous , de saisir la 
première occasion favorable pour le renverser; et nos 
accusateurs savent aussi que les circonstances furent 
toujours si ingrates , si critiques , qu’il fallut attendre 
jusqu’au 9 tbcrmiplor , pour accomplir ce projet. 

A l’egard de ce qu’on a dit relativement au tribunal 
révolutionnaire , qui ne voit pas que c’est une intrigue 
infernale , imaginée par Fouquier-Tinville . pour déverser 
sur nous tout l’odieux de .sa conduite? Qu’a t-il appr s? 
Kien. Il a parlé de la conspiration des prisons. Tout, 
le monde savait que la coiispiratioa d’Hébert reposoit 
sur la con.spiraii0n des prisons ; voilà un fait que per- 
sonne ne démeniika. Robespierre avbit ordonné la tra- 
dition au tribunal de cent soixante prisonniers , dont 
la liste avoit été drtssée ; Fouquier vint au comité la 
veille du jour ©ù cette exécution devoît avoir lieu, et 
n’efti parla point. Nous l’interrogeâmes sur ce fait ; il 
nous répondit qu’il étoit exact. Ne voyez- vous pas , lui 
dîmes nous , que quand il seroit vrai que tou^ ces hom- 
mes fussent coupables , vous allez vous attirer l’animad- 
VersioB du peuple par cette bougfurie. L’exécatioa lut 
divisée. 

Le comité de Salut public , instruit également que 
l'échafaud dressé dans l'enceinte du trihunal révehtionnaïre 
éxisioit encore , quoiqu’il eût ordoané de le détruire , 
manda l’accusateur public , pour savoir pourquoi cct 
ordre n’avoit pas été exécuté , et lui enjoignit de nou- 
veau de le faire. 

La vérité est que , dans la nuit d’hier , les membres 
des deux comités réunis désavouèrent les faits qui leur 
étoient imputés. 

On a parlé de Danton. Eh î qui ne voit qu’on veut 
sacrifier les meilleurs patriotes sur la teaibe de ce 
conspirateur ? 

Quelques voix : Oui , oui. 

Billaud -Varenne : Si le supplice de Danton est ua 
crime , je m’en accuse : car j’ai été' 1« premier à déaion- 
cer Danton : j’ai dit que , si cet homme existoit , la 
liberté seroit perdue. S’il étoit dans cette enceinie , il seroic 
un point de ralliement pour tous les contre-révolution- 
naires. Danton étoit le complice de Robespierre ; car 


Idem. Pa^c , séan^ éu 13. 





la veille Kobespieri'e consentit à fabaûcîotïf«er < 
avoieni été éhsembie à uhè catnpà^ne , à quatre licwc# 
de Paris ^ èt éioieni rèventïs dans la diêmc voiiure. 
Je vous demande Si t’est pour, de pareils hoajmef 
^ue la Convention doit voter dans ce tnoment. Je 
àeclare que , si lès iritrigans , les voleurs pbuvoient 
avoir le dèSsUS , jè m’assassincrois. ‘ 

Le G .... : !.è mot est. prononcé , et on le prouvera. 

Duliem : je me charge de le prouv«»'r pour un. QjiVl- 
qüfes voix : Nous le p-Ouverons pour d'autres. 

Bihaud* Varennes : Qjiind ort a la cor.sciencc pure^ 
en ne craint pas la lumiêré ^ aussi suis'ie- ie premier à 
mandes que les pièces annoncées par Le'coinîre soient 
lues à la uihune ... PlurieiMS Voix: Nun , non. 

li.Hiiud : il laiit qiiè le vo 'lf soit déchiié ; il faut que 
le peuple connoisse scâ véritables arri's , et cfux qui 
vculviji le poignarder^ en iiscrifianf ce>i>- qni se sont mü 
consiammer.t enirÈ leur conscience et la gmlfôtine pour s 
Ver la Rfj)^ithrque> 

i Vn a iepY(H.hé ^ Kobespierre de' vouloir iPudler la 
cotiverUior? : et , en effet , quelques jours" avant sa mctri , 
Couîhon avoir demandé Is lêîe de six représentant du 
l^êuple. Aujourd’hui le ^érne système se rerioiivelle . it 
semble que l’orr-bre de Gourhon pl^nc ertcore à cette 
f-ribufté , er que Lccoifltre ait rarha^ssé le icatatuèiit po- 
litique de Kofet'spicrre< 

il est quelques fîiis qB’il fatit que vous sachiez cL 
toyetts , t’csi que Lecqiutrc qui a gjagncT 5 o' mille !îv. 
à la révolîiiioU p-s’éioif disfCnsé de Lire la déclaration, 
des nriarchandiseS qo’iî «X'oit ; qu’il vint nous le dire 
àu comité , et que rYous fûmes assez bons , pour s-au-- 
ver à un reprtscntafil du peuple l’infamie du line 
d’accspüfcur. 

RépùPie. }e^ possédois , ^ Sèves , neuf à dix arpeol 
de terrein i j’y avoU éfiibh , en 1784 , une bl mchisse- 
rie de toiles, qui a Suhiiîtfé juiqu^n 17S7. 

J’âvois eu bes.ntn. de ^otidc ; j’en h» venu d’Alicant , 
qui se trouva bonne t jVft achetai 3 oO O livres de celle 
dre Varech^ qui iie trouva de' mauvaise qt'ïabté , et 
gâta ^mts toiles. Ne pouvàft't remployer , je la piopa«^ 
sai à Ker.sai à de« blüOc^iMéascs et â d'éuires citoyens qui 
la rebutèrent. 

En. 17S7 , je quittai ma- olânchisserie , ayant, Outre ma 
mauvaise soude ( dont perèopfîé fte vcralW»'.) treize voie» 
et demi de charbon dl icVjè. 


Uii. Pages 205 et sotT. S^aftce iû t& létiiéér 



/ 


. ' , - 

Je doîl bbil'efvet Cfiï'éh iyÿâ et if §3 ^ IH s6nrîeÉ ëtâfit 
d'etefitiftS Itës-m'el et tr^s * chèfès paf èôtiSéifùeni < je 
prbpo'sji de hbüftâti ïtiiüihfies ^ lès èsSdIS en ftiterït 
réit'ê>é‘s , ei tous perilbîôreht â refllser i’ujj.igè î ce 
^ü4 à tî’té ^ttteéré ;^t des tto'^y^ns de Sft/e». dciut Urie 
grande "paViie sbui bîàAtb^Sai^ü^â J efiSo'dë que,' dés lu«S 4 
je ne Vüi pîViï rëgàirdé èôrtîHic tdatebaïidi&cà , kl uMnitti 
suis plus octüpe. 

A rég.ird dëii tifelie ^Uies ét dèfiii dt tNafhUrt dd 
terre , qui m'etnieni rt-^tées . je nVn êi^ S pluà 
prUpH^taiié à i''£*|iuqUe de la r dt^liC tiUn sur IcS aCCâ* 
parenitns ^ je les aVoià N éh-ùies an ci!oyeu 7)fty/f/é? , set* 
ruhef ert'rrpteoeUr des lîsisux de l ü! i^ilede , et tuertf-^ 
bre dû dë .^ur>eti!rintt de ià seenôr» d'* iV3iiiitis-.Seé->- 

volà i il re^ïôlt éè'iîlciùebi t»d,‘-s V''ièà , qui devôieUt,sc 
livret dada les prerUîc s joinS d’ociobtt 171^3 ( f • s« } épb- 
qtië dü piruc^s t'ëdoaI< ^ ., 

eorr mission des accaparémeris à Sèves , à riristî' 
gafiiiu t-i üfi jaidinler que j’avfns cofigl<lie , pour raison 
dé énaU4^êiS!é coridûMé , fit tiUe,vi*oc dans ma' maison 
elle f trunirâ la soùdc èn question , éi ce resranî de 
*cHa»bÀii de tètté ; le tout au gtand jdûr , et à la rneicî du 

public. 

Il f àvôit 25 o 6 lii^. pesant de soude, qui , prix 
du trtfixiiriûtn ^ devUÙ produire i, 5 oo liv. liependant la 
vente qui cU a tié iaite , n’à donne que 166 Ijv. ÎI est 
Éfiêèhe dé npidiriéîc ; que;^ ceux qUi l’av^^ient achcféé 
n’ont i^ir s’en servir. Ainsi Ce graiol objet d’accapare- 
jîîcnt ée ffdiiit à 166 liv. 7 S de mauvaise satidc ; Car, 
poui- ie'â trois voies dé thuhon de terre, il ne doit paS 
eif ire qtièsiion ici , puisqu’elles né rn’.jpprir?erîcient 
pbijs , j[és ayant prrcçdfmrnént vendues , aU-si qu'il a 
été prouvé h l'.ifrs<?ant par je procèf-éerbal dü. 6 octobre 
1793 , signe de i^évÜle lui rbèUoe. 

Ce pri?tcd<ki aéesper- ment (ta dénoncé { par Suite ^ 
au comUé dé sûreté génétale ; et sur !a produe du 
-procès verbal éi dés piè-oéi jusobcaiives , lé comité n*a 
vu , dans fétté dénoûciaiion qu’un acte de vtii(,e.aùce , 
une pnré thn ànriceîé. . 

• De qnèl frrîdi BdlaUd a-t-il donc osé , gous c> prétexte , 
dipC à la çpovenî’ou et au péuî>lc qui Pentendoi^ ni : 
*4 Lecoint'Té a oubljé un ci»é;f .d’acCu-adon contré nous*, 
’*♦ c’fst que n«us avons été .asüéz hein^ pour ivÏMa’ûver , 

pür égard pour i qurrlaé de fcpèèseniàût , rtriDtriîC 
5 > du titre 'd’aCCapafén'r' rt. 


Un, Pages $ et 6, séance du 




■ '98 

Moi , accapareur ! pour i 66 lîv. 7 s. âe rn'auvaîse 
soude , abaii'ionnce dans un cour de ma maison ! Et 
tu crois, Billaud, qu’un tel accaparement dénoncé cofi- 
tre moi , a , dans U temps , noublé mon repos f Qjie je 
dois te conserver des menagcmens , pour ne m’avoir 
pas alors envoy"é à la mort pour ce crime capital ? Non , 
non, B ilaud , je nfe t’ai jamais demandé de grâce , ni à 
personne : ei je rie t’eu d< is point. Le titre de Ke- 
prcsetjtant du peuple ne doit jamais être un privilège 
d’impuuué; c’est ma profession de foi; et ce ne seroit 
pas ê:rc bon, que (ie fane grâce à un coupable, parce 
qu’.i seroit noue collègue ; ce seroit au contraire trahir 
le peuple. , 

Ah J Billaud , quand tu voudras trouver des coupa- 
bles , picrids-en mieux les momens ; choisis-en mieux 
les sufets ; et , sur tout , sôngcs à ton caractère ! 

sîC'esi que Lecointre qui nous accuse d’avoir fait émir- 
5» grtî Beaumarchais que le comité de salut public a tou- 
îïjo.urs Regardé comoïc un con re-révolutionnaife , ce- 
î’ l-ii qui a fait rapporter le decret, d’accusation rendu 
îî conue Beaumarchais' ( i )" Il esf étrange , sans doute , 
V) d’entendre dans 'Ik bôifeli'é de Lecointtê', les mêmes 
sï reproches que nous iaisoit Bopespierre. Je demàydë 
5» qu’on lise Its pièces : ‘il èst temps qqe les coupables 
w soient connus ; il èst’ tfcinps qdfe lâ cobfenti'on ïès 
frappe, sd • • 

Cambon: Je va’s peiit-être porter la Inniîère 'Sur un 
fait qui a été dénoncé ; je vais répondre’ aux ariWd- 
crjtes qui SC réjouissoient hier , en disant ': la jï^urnr e 
demain sera* niémorable. Je vais leur' dire : dctrbmpizi 
vous, le piégé est connu ,• et tous ’les membres de' là 
convention sav e nt qhé\ Vi* l’on pouvait faire le4 rcp'ro- 
elles que l’ryn adresse" à qùclqucs-uns d’eux , ils s'ap^li- 
queroient à tous. . '' ^ 

Bourdon ( de i’Oisé j : et' à toute Jâ îîatîqià., 
CambonrCitoycns, tappeîlons-nous tomes les époques 
de if ‘révolution , et nods verrons que toujours l’ansîo- 
cratie , avec le mot per&dc d’humanité' , a toujours 
assassiné le peuple. Au 6 octobre, on disoit aussi que 
l'pssembléè consiituahtc n’eteit cohiposée qüè de càni- 
bülcs. Lors du massacre d’Avignon , on accusa les meil- 
leurs pafi’iotes de l’assemblée législative d’êire les au- 
teurs du massacre. Au commencement de la session de 
la convention , il fut aussi une époque malheureuse , 


( I ) Je réponds à cette* iriculpaîioa d’une manière satisfaisante d.?ns 
les débats sur l’article 26 . 




on en profita ponr jeiter des semences de dîvJsion par- 
ini obus. I)cs hop'ines qui se disoient vertueux accu- 
sèrent le? autres d’étre des hommes de sang ; aujour- 
d’hui e*n a. créé le mot de Riébespierrismt , et l’on accu- 
se tel et tel de ce ct»me. Citoyens . je dis à Leco.ntre : 
Tu n’as ’jpasde courage d’àtiaquer la convention entière, 
et voilà pourquoi tu n’en accuses qu’une partie ; mais 
si tu as des laits positifs^ dans Us pièces que tu pro- 
pose de lire ; tu n’a pas été assez loin , il iailoit accu- 
ser les deux comités. 

Plusieurs membres : Toute la Convention. 

Gambon : Ne vous le dissimulez pas , Citoyens ; cette 
accusation sera recueillie par tous ceux qui ont l’espoir 
fie vens avilir. Au reste , cette accusation est un véri- 
table jeu d’enfant. Par exemple , on vous reproche la 
centinuaiion des pouvoirs du comité de sidut public ; 
cependant, vous le savez, cette . délibération fut l’ou- 
vrage de Funanimité dç la Convention ; elle fut donc 
toute entière coupable. Citoyens , sans doute il en faut 
pour repousser cette accusation , parce que rien na 
doit être perdu pour Phistoirc ; mais après l’avoir en- 
tendue , je demande que la Convention passe à l’ordre 
du jour. 

Plusieurs membrès : Non , non. 

L’assemblée est vivement agitée. Vadier , un pistolet 
ù là^ main , est à la tribune, et demande à être cn- 
teodu. On l’environne. Plusieurs de ses collègues le 
forcent à descendre. Le trouble règne un moment. Le 
Présid'eot déclare que la séance est levcc. Un grand 
nombre de membres réclament dans le , bruit. 

Duhern : l’appel nominal ©u la mort. 

Goupilleau : La discussion ne peut et ne ^ doit pas 
être prolongée plus long temps. Je crois du moins que 
telle est l’intention bien prononcée de la Convention. 
Cependant je crois voir un trait de lumière. Il faut 
que la Convention Sache, il faut que la France sache 
que les têtes proscrites aujourd’hui par Lecointre avoient 
été vouées à la mort par le comité d’exécution de la 
commune insurgée . et que l’on avoit promis une cou- 
ronne civique à celui ....( interrompu. ) 

Aœar demande la parole. 

• Duhem : Nous voulons discuter. 

Thuriot : Je crois du devoir de la Convention de 
concilier l’intérêt du peuple avec celui de la justice. 


Pag® aoy, séance "<lu la. 


/ 



¥ 

l.’intér^t çx?cç t^je^ti^ a vj^c în4î^n»no« 

Ia^i?«u5,?4 tS-li Ijc-ov/iu*.; riikuiéi de- 

^.i 14 s9Yk’S^'®\ ia-<;v 9 laii« p.aitti- sur des- 

rn^e^'ÿft*? )li'9r;i,K "lulp joiji; pUi, e4 si5a.^>.le a irrité 

110/ Voilèipfj^ j c^ sentlii^)çîï>,r fjWif ,• ceA&it l’ame 

qui jx-vlpn. Oj'gy^n^ , ji^içbrQîiîi que mns^^ qqlü&u.eg qu’ou 
4 voulu încujjiei 5 $qui ii9Rn^<«*vM^ coiifor- 

a]t«9;ppt ay yq;.q Tniion^l et k Çejui U QpixyttAU.Qn. 
Ajoutons qyç la pqnvüptipn rqjepç ay^Ç ploSL pro* 
/pàid,^ Yosligp^llQa {.cf ipçqlpaifions de Lecoinue , et 
passe 4 i’ùilry 

Qç^ 8 pfoppsitipo ç^t upapiçiiGiBent adoptée. 

S^OS l'^gUapqp qù la Gonvcation au, tno- 

roçyi df h )3(j^cgssjon ! jburqis léprui^lii aivérpen.t aux 


rau«?^ paç iejjf lACuibres, j'obsci^vc 

dp içj que ce |ifnd , pç§ mo*s , c,’‘oat 

eu pour bu? ^quç de IViro prendre |e c,Ufti\^e à la Cjou- 
veption , ft't rjodispps/f ççqtrç ^\ 0 } , sur tout, kusque 
Catubon d'^pif ; becoipilja , jiti ir^s p^s le çQu,r.ige d. at- 
taquc) Id ^i^opvpurjpD ppi.içfe , v(.>)!,^ pPVMiqM9i ^ o’cq 
«êpuses qul.U'e p^ïtj^ i y.)S ' 4 ^ 0,1 lalu. î >1 

falloj/ aiiav|UGr Jes conjj’tjl^'. (ÿi€;lq\;\e^| Qî,çmbrçs 

oAt ajouté ; /eu// la Cpj,wçîil'jvri i'nfio, p.puidoo d:<i l’Oise 
a dit -, que ?,ufs «e^rocht;^ s'a^jdiquQ\çut h iPhte, la naiiatu 
Ccu« tactique - qui «itoii C-lle ]|A qu.rud 
ils yoMloi,t.ri; arrache r ? !>t jws;./;pc de <^!ai>d'i. cQ,up'ihks ; 
cette tiictiq'.ie . ,!)■<»'> SOqypwv rçcoqvçllée, dvQ ^o‘l jours , 
ne pn’p pp.iqt fchappi., ^Qur arguer çes, h,Qïi:.me.s.^ oa 
veut gépér3l.3cr U§ ihi/S qui leur ^îOt rçprüch-is, ; pour 
idélour,oer r,a;U7',iic>,u de \i Gonycutloy ur-aionaie , ou 
veut lairç c/puè qu’attaquer ses uieuibres, c'est aiia.qnc^ 
h repriseoijtjoA nasionale eUe ruêm.e i Utais je répons 
ici P ceux qui ute liront , fit qui sout de, boqne fo.i, : 
Je nbt p-oiAi attaqué tous les înembïfis, des detrx comités ; , 
parce que pjust^îuf^ dlPYt’eux OQt été cons.tair.naent 
eu misiioii , et qu’ils s’y sont bi?o comportés. Dans, U 
comité de salut pubhç d^u^ ^U?U, dç ce uQrnbre \ j,e 
les rom;?:e . {Pr;cur de la INIarufi, et Jfiap Bqu, S,t, André ) 
un troisième , de tetour de m.iss.idq , qst resté sans 
veix SM coyade , et enstaiie a été guillotiné , f Hérault 
S~cfiilis? Sur les nçuT restant , irpis étpierH assez 
géc/^ialement écat?é§ de? discussions jou\naltère8 sur la 
-in?idè.rc dg grande ppliçi ^ l)pluiqn^ et gçy.veA-v^m^'^X i iU 
éf.v'e^'ît comroe relégués dans leuVs bureaux , Carpot pour 


H Prient- jiç la £ôie d’or pour îei armes , Undet 

ipowr lei jubuslan/ffs.' Om l«iur |;er,toi^ iç^ arrêtas 

à' 8igM)t:r daos leurs buuaux 8i dci circüusMiJfics obU- 
gt oient de les iii>fttcf à quelquci délibérations* o» se 
doute bicj» q«ï’eou« Iv» SBCMeuri tout éioK ptcj^aré , 
.er que ds c€tii-ci ne ^ouvoit qu’être abso^ 

lumeHt valu^ *, aju^«i Carnot vous disgii il . à U ^éaqc^ 
du 8 veadéjoaiaite î Lorsqi4,e lc5 cijnaes aiFrewx cowvU 
daas U Veui^Si fu/eut «siis eu évidence par nos coÜè- 
ga*s , l'ofiicial , Majj^nao , Mcrli» de Thion.vilU, Lai* 
jgiîelot'; que LVfcial >'Oîi« eut- dît que , lorsqu’il avoit 
voulu lar/e coMP^hf^ *ous et s L»iis au romlif de sed^m 
pnklic on li’a jjâs vouLû ; que Maignan vous 

disoJt , iorsqu’cwî .zc l^apspoxiOJt aî3 comité pour y dire 
la ssiritt , oja a.voit rimpudence da vous appcller \no^ 
tecuiurs des bri^andu J’auesîe Carpot , qî:e .j’y ai çtç 
traité d''jmpûstnir;. Qji » repütt>iu Carnot ? Il vous a dit t 
il y av.oit deux sybtêtnes cootradicioires rebtivcnîeiU à 
>a guerre de la Yeudeç ; l’un étO’,i ds tuut dçtruire , 
i’auuc d’employer Tarrne de la persuasion , et dç rarue- 
ner les esprits par la douceur. Ce dernier avis fut îou- 
jours le mîep, et il n^étoït bi.rs pénible de ni^ncher 
sais’ant l’autre système , mais Cypiniou de la mt^joihi 
men Jais OH une loi. 

Ces trois membrfs ne pouvoieni donc rien contre 
le paiti prî8 et concerté epue les six meneuis : ces 
hommes doublemcut fourbes, uius pour conspirer contre 
la pairie, conserver le$ pouvoirs , tyranniser le peuple, 
anéantir tout ce qui respnoit , tout ce qui avoit de^» lumiè- 
res , des tnUns , quelque fortune , de l’énergie, du caraco 
tère , opprimer la Convcmiou , et pour l’empêcher de 
cecouer le jçng , T iveugler ^ur leur compie p>ar des 
éloges mutuels, en vouant leur union leur amour c^ns- 
tanî pour le bonhcvir du pewple, leur zèle à anéantir les fac- 
tions souvent chirpérlques et qu’ils crèpient cux-naéuies, ou 
dçnt iis cio]cnt les auteurs par les cruautés qu’ils tols* 
fojent , par celjiea qu’ils ordonnoient : par là ils trou- 
voient ïe moyen de détourner l’œil de la Convention 
de dessus cux-mêmlps -, et la tenoieint d’^ns un état de 
Siupeur coutinael -, mais si en public ils paroissoient ainsi 
réunis , ils éterient eaîr’cux divisés en deux' factions îvès- 
disttnetes , ayatu chacune leur chef; Robespierre d’un 
côté , Billaud âç l’autre , tous. di. ux s’épiant . et cbacu^ 
lï^attendaqt qup i’îpstant d’çgorge^l sçn rivai. S x rpois 
Jrvant la ehiite'élé Robespierre , jbi tenu ce laq.gagç à 

Usmt P4g« 319 fit séaiic«^4« ip 




Sa 

plusieurs de mes collègues et de mes amis; mo» 
ouvrage même dirigé ensuite contre le seul Robespierre ; 
portoit d’abord contre ceux dont la Convention a déjà 
fait justice, et contre les sept que depuis j’ai dénoncés,' 
plusieurs de mes collègues ( i ) l’ont vu et lu, lorsqu’il 
étoit dans cet état , et qu’il portoit en intitulé : Ls 
Vécemvjrat erganisé d présidé par Robespierre. 

A l’égard des membres du comité de Sûreté générale , 
ils ont été la dupe des meneurs du comité de Salut public, 
et si leurs fautes ne m’eussent pas paru aussi répréhen- 
sibles , je me serois dispensé de* parler d’eux ; mais la 
gravité des faits; quelques-uns prouvés ; comme l’assure 
le greffier du tribunal criminel rév©b»tionnaire ( Paris , 
dit Fabricius. ) étant des plus grands dcl is, j’ai cru que 
les taire , c’étoit en devenir le complice : j’ai donc 
compris les quatre membres dénommés Je ce comité* 

Loin d’attaquer les deux comités en masse , je 
prouve que je n’ai pu ni dû le faire , non que je croy« 
qut les membres exceptés qui n’ont point été en mission 
méritent des éloges pour leur conduite ,dans ces circons- 
tances délicates ; leur JoihUsse , leur insouciance , leur 
incurie sur les plus grands intér rt^. de la République 
en dispensent la Convention T^ationale , sur-tout Carnot, 
qui regardoit Robespierre comme conspirateur. 

Lcin encore d*avoir attaqué la Convention , je lui aî 
fourni au contraire l’occasion de rcjeiter sur leurs vé- 
ritables auteurs , les crimes commis , èn punissant ceux 
qui ont abusé des grands et immenses pouvoirs qu’elle 
leur avoit donné, je l’ai mis à portée de Montrer au 
peuple Français , à l’Europe entière q\ic si , peur un 
instant , la Convention s’est démise d’une partie de ses 
pouvoirs , pour opérer plus promptement le bonheur du 
peuple , aussitôt qu’elle a connu le mal , elle a puni 
les coupables sans distinction ; elle a repris ses pouvoirs , 
, tllc a rendu aux Français leur énergie , et elle a exercé 
envers tous une bonne, égale, et sévère justice. 

Après cette explication je suis facilement dispensé de 
répondre à Bourdon de l’Oise qui à pre4;endu que j’ac* 
cus»n toute lû J^ntiên. Le peuple en général m’a rendtr 
justice dans tous les Départenoens , ainsi qu’à Paris. 


( î ) Laumont du Cavados, Garnier de l’Aube^ Fréron , Rovère 
Barras sont de ce nombre. 



'■$EAWCS 



Séance du i3 fructidor. 

Roux ( de la haute Maine ) : Citoyens , l’orage qui 
agitoit hier la Convention Nationale , ne permit j'<as dp 
prendre une délibération ojui pût faxer par un décret 
digne d’elle et du peuple Ffrin.^ais , l’opinion publique 
sur l’espèce d’acte d'accusatloo porte coaire les naembres 
de ses Comités de Salut Public, et de. Suiêté generale. 

Un sentiment unanjrne d'ïndïgnatiçrv ^ dont tous les 
membres furent pénétres en e.nteadani la leciure rapide 
de vingt sept prétendus clicfj d’a.çcusaiion , éyidcmnîent 
dirigées contre la Convention, nationale , et, dont on. 
n’administroit aucune preuVj^; sensible. , dicta, nou.s h’en 
doutons pas, le décret d’ordre du jour qui termint^ ,4t 
Séance. . ’ 

Mais ce qui suffisoit pour notre conviction , ne dd- 
truiroit pas elFicacement les impiessions défa.vo,r^aJ:)!-e3 
que la malveillance s’efforce de faire naître dans les 
esprits des <wiidye^is peu éclairés , •fa.c.iUs à sédui.re., o.ii 
élojgtiés du lieu de nos séances , et pou.iqni laits 
dénaturés P -r des journaux perfides ne conservent plus 
leur caractère dQ. vérité. ' , 

Une nouvelle leciure de la prétendue dénonciation , 
une discussion, solemnelle des faits contenus dans les 
pièces qu’on dit l’appuyer , la faculté donnée aux 
-membres sur qui on paroît déverser le blâmç et le 
.méprii , ou appeler la sévérité des lotx , peuvent , seules 
instruire uiilemem le peuple, et le convaincre que les mçn- 
bixs accusés ne' craignent point de rendre compte à 
la patioa de ce quMs ont fait pour son salut : ils appelient 
eux-mêmes cette discussion , et vous demandent fa 
même justice que vous ayez accordée à celui qui s’est 
annoncé poar leur dénonciateur. 

Je la réclame aussi . citoyens , ou ^plutôt c’est la 
Convention toute entière qui la indispensable., 

pour dissiper les nuages que ia malveillance ne manque- 
roit pas d’eiéver sur la pureté des représentans du peuple. 

Ce n’est point des individus que nous avons à nous 
occuper, mai.s, 42 ,s faits contenus dans la dénoociatton. 
.Uue discussion soIemnelU peut seule nous faire porter 
<un jugement équitable dans cetlc impoUeinte affaire. 

Je demande donc que la Convention Nationale entende 
une nouvelle lecture delà dénonciation et des pièces à 
l’appui : que les accusés soient successivement entendus 


l^m. Pages 219 et a?c>; séance du fructidor. 




Sur les faits à eux. imputés , afin que la Convention 
>3ationale prononcé ensuite défihiiivcment. 

Duhem pense que la seule motion d’ordre que l’on, 
puisse Faire , c’est de demander que l’accusateur et les 
accusés soient entendus. Il le demande , et propose que 
le Président ne puisse lever la séance sans un décret* 
Il demande , enfin , que le Président accorde la parole 
à ceux qui voudroient soutenir l’accusation de Lecoinire ; 
car il pense qu’il y a quelqu’un derrière lui. 

Le President observe qu’y ayant un décret d’hier, il 
croit devoir cor^sulter l’assemblée , pour s’avoir si elle est 
ou non dans l’intention cle le maintenir. ( on murmure). 

Bourdon ( de l’Oise ) demande et obtient la parolô 
contre le Président. * ^ 

^Je n’inculpe pas tes intentions , lui dit-il; peut être un 
XB.ouvément de sensibilité t’a-i’il détcrniine à lever la 
séance , pour faire cesser le désordre- qui commençoit 
à se manifester. Mais aujourd’hui , rendus à la jusiice , 
nous devons entendre les accusés, et prendre ensuite 
tel parti que la raison* dictera. Citoyens, il est reraps 
enfin que la vérité paroisse. Le décret d’hier fut 
Tin décret de sentiment plutôt qu’un décret de Jus- 
tice ; mais qui ne voit que sous le prétexte d'accuser 
sept d’entre-nous , c’est U Convention elle-même qu’oh 
a voulu attaquer ? l’assemblée a dû s’en indigner. J’appuîe 
'donc les propositions de Duhem. Au reste , j’observe au 
Président qu’il n’est ici que l’organe de l'assemblée , 

* et qu’il n’a pas le droit d’émettre son opinion d’aueune 
panière , tant qu’il occupe le fauteuil. 

Tuireau demande la t.ntrole , pour ramener la dis- 
cussion à son véritable objet. 

Citoyens, dit-il, j’ai vu avec peine , dans cette 
discussion , les personnalités prendre I:i place de l’intérêt 
général que la Conveution doit avoir principalement 
en vue. La Convention veut, sans doute , tout appro- 
fondir. Eh bien î la France , qui a les yeux fixés sur 
jious , le veut aus.si. ]e demande donc ., pour l’honneur 
des principes , que nous ne nous occupions d’aucuu 
intérêt particulier , d’aucun individu . mais de la chose 
publique , ( on applaudit ) et je m’oppose à ce qu’un 
dé' ret prescrive la cturéc de la Séance. 

Un membre demande que Pou reprenne la discussion 
où elle ctoit hier: c’est-à-dire, à la lecture des pièces 
•à l'appui des inculpations de Lecoîntre. 

Le Cointre : Citoyens côUégucs vous avez passé hier 


iio et izi ^ ij fiuctidor. 




i Tordré du jour sur les reproches qui ont été faits 
à plusieurs représentans du peuple ; Ijhomnüc qui les 
'avoit présentés a prouvé qu’il savoit obéir à vos décrets , 
puisqu’ils^ su s^oublier et se taire. J 

On depande rnaiwtenant que je lise /l^s pièces que 
j’avpis hièr elles sont chez moi , je vais aller les cher- 
cher. Citdycns . je suis , si je peux m’exprime? ainsi , 
l’un d^s pécs («ta révolution. ( on murr^ure). Citoyens, 
je me suis \irompé , j’ai parlé de moi y.... je demande 
la permission d’aller chercher les pièées chez moi; cr , 
ceprndan/t , comme une des pièces principales, que j’ai 
remise hier à Fréron , ne se trouve pas, je.... fies 
Kiurmuri^s Conlinuent ) poirit de prévention , citoyens 
collègue^,. Vous ctes juges .fi » lCroyez-vous m étonner? 
non , voiis ne, me connoiss^ pas. La pièce qui sc trouve 
égarée etite en original : f^lle est entre les mains de la 
commission chargée d# l^ér les scellés chez Robespierre 
et ses complices , j’espère! qi^e vous me permettrez d’aller 
îa prendre. ! ^ 

Cîausel : la commissîoQ ne peut., sans un décret , se 
dessaisir de cette pièce. \ 

Tallien : Je ne m’attendoïs pas que l’on reviendroit 
aujourd’hui sur la. discuisioik d’hier ; et j’espérois , en 
sortant de cette enceinte ,1 que. la division que l’on 
avoit voulu semer parmi non? , étoit étouffée. 

Une voix : C’est toi qui j't sème. 

Tallien : Je vous répondrai ensuite. 

Thureau : Je déclare qu’il ^=i’y a que les passions qui na 


Pag® 221, «éanet du ij , 



Vous avez rendu hier un decret, doiit on demande 
aujpuvcrimi ie rapport ; on veut que Ja convention se 
transforme en tribunal , enieade U lecture des pièces 
de i’acçusairüf^ ,• on diSpit hier , derrière moi, qu'il fal- 
]oii forcer Lecointre à nommer ceux qu. Tavoient pous- 
sé à faire ce\te déftiarohe ; on retrouve la môme Opi- 
ijion dans les jPurnauK de certains hommes (i) : on veut 
donc lenouveller la queitlle , eu déchirant ie scinde la 
patrie; oafveut donc aiguuer les poignards de Taris- 
tocralic. 

Noui vous déclarons que nous p.ttendons avec calme 
tt iran-quiHiîé tout ce qu’on pourra faire contre nous ; 
mais îioLis vous déclarons aussi que nous combattions 
tous les hommes qui ne veulent pas la liberté , tous 
CfcUï qui ne veulent pas se rattacher aux principes. Vous 
avez hier passé à Tordre du jour sur la dénorreiation qui 
vous lut faite ; vous pouvez donc éteindre ceite dis- 
pute *, vous pouvez donc laisser respirer la patrie, ou , 
si Toc veut renouvcller cctie dispute , si Ton veut que 
sans cesse la discorde règrte ici , nous demanderons la 
lectur-e des pièces , Taudioon des tcnioins ; nous de- 
manderons enfin que tout soit mis dans le plus grand 
joar : et ie peuple , témoin de nos débats , verra qui 
ioni ceux qui veulent établir la liberté ; il verra aussi 
qui sont ceux qui veulent mettre, à la plac» de la justice, 
le 83'sLême de terreur. Je vous adjure , représentans de la 
Tdance, d’oublier toute haine , cT.étouffer tout ressentiment. 


(i) Je :loi'; dcc.îare- ici que .tous ceux t’e mes amis à qui j’ai fait voir 
rrioij ira vail en convenant avec moi de ja vérité des faits , m’ont enga- 
ge' de diferer , qis.ant que l’heure n’éioit jms encore \ enue ; que si le 
iq the-rm;dor j’civcis parlé comme je rne le proposois ; j’eusse réussi; 
mais que Ici conq.;irateur‘' avoieat gagné du terrein qu’il- n’étoit plus 
tem.s : j ai traité rie foiblesse ce conseil , et dès le lendemain j’ai en- 
vo}'é une notre à l'un d’eux , dans laquelle je lui marquois : » je sais 
crue je ne réussirai pas à faire punir ces grands coupables; je sais qu’ils 
sont trop pui.ssans ; je .‘ais que ceux qui leur ont servi d’in.strument s^e 
crevant attaqués, se rcunircrir à eux ; je sais que d’autres n’osant 
rian approfondir, seront sûrs, à la vérité, par politique , que d’autres 
1.1 rcMün.'Scrout contre le cri de leur coiù.cience. .l’ai tout calculé , mais 
re^npli mon devoir , j’aurai séparé ma cause de la leur; inoii 
la postérité ne m’accuseront pas d’avoir été le complice de 
cnmes commis et connus. Je desirerois inspirer à la Conven- 
tion CCS mcines seutimens. Si je ne réuîsis pas à l’instant , j’aurai au 
moins décocJ'ié dans le cœur de ce.s liommes pervers l’iiiie de ce.s flc- 
chrSfÉ d’Hereuîe , qui ne manquent jamai.s leur but ; je les aurai forcé 
d’endosser la robe de Déjanire , teime du sang de tant de milliers de 
victimes, robe qui ne les qu ttera que lorsque désespérés, ils mettront 
eux -mêmes fin à leur criminelle exi.stence , ou que la justice nationale 
Lien éclairée , ha fera servir d’exemple au siècle présect et aux races 
futures, 


Idenu Page 222, séance du 13, 


^7 

II est id des hommes que je n’estime pas ; mais jamais ressen- 
timent ne m’engagera à porter atteinte à la repro'ïsontatton 
nationale. Soyon-s unis pour f.îipe de bonnes lois pour em- 
pêclier que le système de Robespierre ne se conliniie plus 
long- temps ; que tout le monde cofjsenîè à anéantir ces pièces , 
qui peiiN ent amener des résiiltais si faci!(3nx. ( rrmrniirres ) 

Je demande que la convention' maintienne son (U'ereB 
d'hier ; où si l’on veut ouvrir Ja discussion , qu’elle s’engage 
setemndlement nous parottrons à cette tribune ; nous y 
dévoilerons tous les hu'ts ; et, quand nous ne serions que 
la minorité , nous combattrons iitsc(U'à la mort lo-is les faux 
principes ; nous aurons peut-étr 4 ? mis pour qùe'ques iiistaiifs 
la patrie en péril. (Non, non, nCn.) 

Legendre : il est écrit dans le Code des nations, que tout 
peuple qui, après avoir fait une révoliitioii , a regaî d<'. deu'- 
riére lui , n'en a jamais at teint le but. ( applaueibsmnens ) 
Après la cliùte de la bastille , le peup.'e s’endonnit un ins- 
tant , et la révolution fut re^ardée ; mais depurs in ]■> nont, 
il ne, s’est point retourné ; il a imité ses déb-'n^eurs qin courent 
sur îios ennemis; il veut marclier droit av. fut,' à i’aifer- 
missemevit de la liberté, comme le voyageur qîii. cenfinno 
sa route sans s’embarrasser des inseef^^s qrd boiirdonî.enfc à 
ses oieibes. Quand donc Ja conveniion cessera- t’edo c'a 
rendre aujourd’hui un décret et de le rapporter Jcrruiin , 
parce ((u'il ne plaira pas â, quelques individus ? J.- 

Je savois que Lecointro vouloit faire iiilc dénonciation;” 
je lui dis que la. première chose qu’il avoit à examiner , 
étoit de savoir si elle étoit profitable ou non à rnitéièfi 
général;, je lui démontrai que le bien public vouloit qu’il, 
ne la fit pas. Lecointre m’avoit donné sa parole d benueur 
qu’il se tairoit ; et cependant il y à manqué. Lecointre ns 
sçait donc pas qu’une parole d’honneur est un billet au por- 
teur ! ( 1 ) 

Citoyens, empêchons le décliirement dans la Pvépublique : 
souvenons-riôus que des clioâcs qui sont bonnes dans des 
circonstances , sont mauvaises dans d’autres, et que, si nous 
faisons lo procès aux événemens , six semain</s ou an mois 
après cju’iis sont arrivés, nous pourrions risquer de rendra 
coupables tous les patriotes. Je vous demande, par extinple , 
si i’on doit Y)Oursiùvre aujourd’hui ceux~qwi ont brûlé des 
châteaux dans le commencement do la révolu lion , et Cjui 
ont tant coopéré à la destruction de la féodalité. Je demândo 
que l’asscmblvée maintienne sou décret d’hier , et cpe i’orx 
passe à l’ordre du jour. 


- ( I ) Je n’ai point donné à Legendre ma parole de ne point parler ; 
je sais trop hitn ciue Ic.s affaires publiques ne se traitent pas çomme 
les affairc.s parritLiîièrcr. J’ai seulement dit à Legendre que je réfléchirois 
sur ce qu’il m’objecte^ , et que je ne monterois à la tribune qu’aprèa 
âô nouvelles réflexions. 

Wwn. Page 2:2], séance du-.jj* - ' ' .• 



T/assenabîtie maintien son décrèt. Plusieurs membres font 
écUtar de violents murmuras. 


>uhom : vonlez-vons que le peuple croye que nos collé- 
s n’ont pu répondre à leur dénonciateur? .... J 


es n ont pu répondre à leur dénonciateur? . . » . il con^ 
nue à parler dans le bruit. 

Vadier : Citoyens y hier ; un mouvement de sensibilité me 
j fhisoit préférer la mort ad décret d’oidie du jour que vous 
avez rendu; j’exprimai ce,^ sentiment a la tribune; je n’ëtois 
plus maître de mes facultés , ne pouvant plus être entendu ; 
je ne voyois que la honte dont on vouloit me couvrir, et 
je ne voulois pas y «uiVivre. 

Citoyens , on m’a accusé d’un fait qui a causé dans mon 
ame un fort mouvement d’horreur ; si je m’«n étois rendu 
coupable , je mériterois mille fois la mort. Le voici : Le- 
Gointre a dit que j’étois du nombre de quelques-uns de mes 
collègues qui avoient influencé les jurés dans le jugement 
de Danton et autres. Citoyens , le jour où Danton fut con- 
damné, je fus au tribunal avec mes collègues Tbirion et 
Dupin. Nous fûmes introduits dans une petite piece d’où 
nous pouvions entendre les débats sans être apperçus des 
accusés. ... Je n’aurois pas même été ce jour là au tribu- 
nal, si je n’avois appris que les accusés inculpoicnt le comité 
de sûreté générale, et que je scrois peut-être entendu comme 
témoin. Voilà le premier fait pour lequel je figure nomina- 
tivement dans cet acte d’acusation. 

Les faits relatifs à radmicisiration sont communs aux 
membres des deux comités. Si la loi du 17 septembre nous 
A quelquefois obligé de prendre des mesures de rigueur , 
la plus PROFONDE DOULEUR les a précédée. Je suis venu au 
nom du comité de sûreté générale, demander la liberté des 
cultivateurs dont on avoit résolu la perle. 

On m’a reproché d’avoir soutenu Héron. Je n’insiste pas 
ici dans la question de savoir s’il est coupable ou non. Tout 
CS que je puis dire , c’est que j’ai signé son mandat d‘ar- 
rêt. (1} ^ • 

Citoyens, vous avez rejetté avec horreur l’idée que 
nous pussions être coupahlts des iai:s qu’on nous impute, 
déclare en présence de la France entière , et au nom 


de mes collègues , à i’cxception d’un seul , avec lequel 


pariîn excès de perfidie, ou nous ^ accollés; que les chcls 
d’accusation portes conire nous sont de la plus atroce ca- 
lomnie. V 

On m’a mis en balance avec la patrie. Je ...... 

Billaud-Varenne : J’observe qu’il ne s’agit pas ici de s’iso- 


( 1 ) Quoi , Vadier! tu doutes si Héron est coupable ou non , et 
dans ce doute , tu sig’nes son mandat d’arrêt ! qui t’obligeoit de pren- 
dre cette mesure de rigueur! voîrà donc la justîA^ que m nous vauîesi 
voilà un éahantillon de tes soixante années de vertu I 


'ê 



3p 

ïer; raccusatîon porte sur tous ; nous devons loin xfpoti' 
dre. — On applaudit. 

Vadier : Je n’ai pas entendu me soustraire à la géné- 
ralité des faits qui portent sur mes collègues ; s’ils sont 
coupables , je le suis aussi. J’ai seulement voulu répondre 
aux faits qui m’étoient particulier ; ij[ n’y avoir que moi 
pour Héron et pour le jugement du Tribunal révokuion- 
nairo, relatif à Danton. Je devois donc y répondre , et 
(déclarer que je n’étois pas solidaire avec David ; mais je 
ne m’isolerai jamais de mes autres collègues. 

Lorsqu’on a proposé de passer hier à l’ordre du jour 
sur les inculpations de Lecointre , j’ai entendu dire que si 
ou n’adoptoit pas celte mesure , ce seroir produire des 
déchireniens qui ne pourroient qu’êwe funestes à la patrie. 
Si cela est , je me sacrifie « et je consens à ce que le dé- 
cret rendu hier soit maintenu. — Non, non , s’ecrie-t-ort 
dans une partie de la salle ; il faut faire justice de cette 
indigne accusation. 

Le président met aux voix l’ordre du jour ; il est 
rejeité, 

Turreau : Et moi aussi, j’avois invité Lecointre , si cette 
discussion pouvoit nuire à la chose publique, de ne pas 
la faire naître : je Sentois qu’il pouvoit en ré-sulter uné 
pénible situation pour la Convention nationale , et un 
déchircmentlpour la patrie. — - Murmures. 

J’observe à la Convention que je parle dans la pureté 
de mon cœur ; il est possihde qu’il m’échappe quelquest 
erreurs : je la prie de les excuser. 

Citoyen^, l’oreille du peu| k est frappée des' denon- 
cianens qui ont été faites dans le sein de la Convention 
nationale : devons-nous , sans une discussion approfon- 
die , passer à Tordre du jour sur les inculpations qui ont 
été faites à plusieurs de nos collègues ? Je ne le crois pas. 
Je pense que d’abord la Convention doit prendre une 
détermination quelconque , soit de rfnvoyer à une corn- 
mission , (mmianhies) soit de juger die même , toujours 
après avoir entendu les accusés ; mais j en reviens à 
.dire que vous ne pouvez pas passer à Tordre du jour, 
— Applaudissemens. 

Billaud-Varenne : Je deaaande qu’mon lise toutes les 
pièces. Le grand argument qu’on a fait valoir hier , a 
été qu’on avoir étouffé la voix de notre accusateur, et 
qu’il avoit beaucoup de pièces à lire. Je ne crois donc 
pas que la Convention nationale ait pu rendre un dé- 
cret qui puisse éclairer le peuple ^ sans avoir enicnda 

I-J — — - i M— i r— - ' ' ."" -r 

ifi’rflî. Pages Tt ; se^ce 4^ 




40 . 

cette lecture ; c’est dans ces piécfcs que doit se trouver 
]a réalité de Vaccusation. Je demande qu’elles soient 
lues. 

Amar : Je demande que la parole me soit accordée 
après la lecture des pièces. (Oui, oui, s’écrie-t’on de 
tontes les parties de la salle, * 

Le prèsiderit : LecoJntre est allé chercher les pièces; 
il a bissé entre les mains des secrétaires une déclara- 
tion. Si vous voulez, en attendant qu’il revienne, je 
vais accorder la parole à Grégoire , qui a un rapport 
În'î ères saut à vous faire. 

Goujon : Avant d’entendre la lecture des, pièces , il 
but savoir si ce qu’îi appelle une accusation en est vé- 
ritablement une. 

On vous dit , par exemple , qu’on a répandu la ter- 
reur sur la Convention ; comment pourra-t-il prouver 
ce chef? Comment me prouvera- t^l , par exemple , que 
je n’ai pas toujours voté Uhement ? Je le répète , cet 
acte d’accusation eSt un acte de 'contre - révolnlion : ce 
n’est point ici les individus que je soutiens; lajeulc 
cause de la patrie agite mon ame. 

Le troisième chef d’accus idori est également fau>. A 
qui de nous prouvera t il quv^ le comité de salut public 
n’a jamais proposé le remplacement des membres qui 
le composoient? 

Barère : J’interpeUe tous les membres de dire si , 
chaque mois , je n’ai pas proposé le renouvellement du 
comité. 

N - .... j’ai entendu ivent dire à Barére , après 
avoii* ' annor.cé des victoires, qu’il avoit oublié de de- 
mander le rcnouvtdlemeni , et alors il monfoit à la 
ïiibune pour réparer celte omission; mais jamais il ne 
le Ht impérativement. 

, ^Goujon : je poursuis.... 

Ciaiîzel : li Convention n’a pas encore décrété que 
la d'scussion étoit ouverte il faut que les pièces soient 
lues auparavant. 

Goujon : je cherche à prouver que la Convention 
ne peut pas ordonner qu’on Fournira les preuves dont 
il s’agit, sans décréter son deshonneiLr. L’accusateur a pailé , 
îl fa'ut maintenant entendre l’accusé, et je suis persuadé 
que d’après cela l’assemblée pren dra upe déterminâtion. 

Thuriot : On vient enfin d’aborder b véritable question, 
11 .but que nous examinions âi l’accusapori qu’oh a portée 
en est véritablement une > car je ne crois pas que ’. 



parce qac des, hommes sont dans un étMt de délire nous 
.partagions tous cette maladie. 

Lorsqu’on porte une accusation devant un tribunal , 
la première question qu’on examine , c’est de savoir 
si Taccusation est susceptible d’etre admise. Ne voyez- 
vous pas que le sysième de calomnie qu’on suit depuis 
quelque tems . concorde avec la proposition de convo- 
quer les assemblées primaires et les assemblées électorales? 

Le Coinrre s’annonçoii tout à l’hecre comme le pere 
de la révolution ; mais c’est un pere dénaturé qui 
Veut poignarder son enfant. Sur quoi portent les chefs 
d’dccusaiion ? sur aulaqt* de choses qui ont été faites en 
éxrécuiion des loix ; et je vous le demande : si l’on s’étoit 
écarté des lois pour soutenir le monverneni révolutionnaire 
et sauver la patrie , enverriez - vous à l’échafaud ceux 
qui aiiroient sauvé la libené ? Tous les actes qu’on 
vous a , cités sont autant d’actes du gouvernement que 
la Convention a scellés par les loix ; et c’est lorsque 
vous avez tout approuvé par vos décrets , qu’on vient 
vous proposer de dire que vous n’avezjien fait ; que vous 
n’avez aucune éjtistence ; cl. cependant , par une contra- 
diction inexpi imable , sept d’entre nous , qui ne sont rien 
que par nous , qui n’ont reçu leurs pouvoirs que de nous , 
auroient eu une existence tandis que nous n’en avions pas ! 

Le chef d’accusation qui m’avoit le plus frappé , étoit 
celui qui avoit rapport au Tribunal Révolutionnaire. 
Mais , en l’examinaut , j'ai vu qu’il ne pouvoir avoir 
aucune réalité ; fai'vii qu’il n’accusoit que le président 
et les juges du Tribunal ; car je vous demande si ce ne 
seroient pas de profonds rcélérats, ceux qui viendroient 
vous dire on a infiuencé nos jugemens. Au surplus, 
on a reçu, sur ces hommes , qui sont d’anciens membres 
du Tribunal , des reriseignemens qui n’ont pas permis 
de les employer de nouveau ; et n’est il pas permis de 
croire que le silence de ces hommes qui ne sont pas 
placés , est une preuve dans la circonstance actuelle ? 

Il y a un grand point à examiner : c’est le Salut 
du peuple ; et je crois que la discussion dont nous 
nous occupons , ne peut servir quà nous compromet- 
tre évidemment. Loin de nous i’idte d’accueillir une 
proposition hasardée nous avons décrété la Liberté 
des opinions. Le Ceintre est en état ds délite ; mais , en 
respectant son délire , repectons aussi les principts. Il 
fie faut pas éteindre un flambeau de discorde pour en 

allumer un autre . et j’aurois voulu qu’au moment où la 

• % 

“ " ^ .1 .1 I « pi iwyjn iiiii.il ) — J i l . r i 

Idem, Page 26, séance du 13, • • 




dénonciotîon a cté faîte , elle fut anéantie ; j* atiroîs voulu 
que nous eussions pris la résolution de n accueillir aucune 
injure contre aucun de nos collègues, (murmures. ) 

Nous n’avons qu’un moyen de sauver la République , 
c’est de montrer que nous connoissons la dignité de la 
Représentation Nationale, Je demande que Tou examine 
d’abord si la dénonciation de Lecoînire est de nature à 
occuper la Conveniion et à e^iiger la lecture des pièces. 

N .... . Nous sommes tous égaux. On vous a dénoncé 
hier sept de nos collègues ; d’autres vous' avoient éié 
dénoncés auparavant : il' faut dans le moment où nous 
sommes , suivre la marche que nous avons suivie 
autrefois . .Je demande que pour la dénonciation d’au- 
jourd’hui et pour toutes celles portées contre les Rc- 
présentans dü peuple , z7 jo/V crée mie rommhjtùn. ( mur- 
mures ), La Cotivfnnon n’a de force que par la con- 
fiance du peuple ,* etàvec des dénonciations journalières...» 
( murmures ). 

Mathieu : la sûreté nationale , le bonheur et la 
dignité du peuple , exigent que nous mettions dans la 
discussion qui nous occupa maintenant la plus sérieuse 
attention. Il ne s’agit point ici de quelques individus 
à uoe II te en jugement , mais de la révolution toute entière. 
( applaudisscGicns ). 

Il tre faut pas se groupptr ni avec l’un ni avec l’autre; 
il faut se demander ce qu’on auroit fait dans telle cir- 
constance donnée. 

D’où vient l’embarras où nous nous trouvons dans ce 
moaient ? de ce qu® les chels d’accusation n’ont pas été 
précédés d’un rapport ; ce qui doit venir dans l’ordre 
Eaturel après l’acie d’accusation tt la lecture des pièces... 
Je ne crois pas que cette lecture jette un jour sulRiant 
sur les accusations qui seront portées. Lés uns , après 
l’avoir entendu , méditeront iur cet acte d’accusation 
avec les lumières qu’ils auront recueillies , et les autres, 
avec les ténèbres qui seront restés. Il y a deux choses 
à examiner dans les pièces : leur contenu , et leur au- 
thenticité. L’authenticité ns peut être constatée que par 
la vérification des originaux et des signatures ; aitisi la 
lecture serolt une tntsure in.uifisante en ce moment , 
puisque l’assemblée ne pourroit point consulter l’autlieu- 
ticité des pièces ; elle pouroit avoir des lésuhats 
très fâcheux, je désirerois que la Conveotion ne fît autuu 
pas sans avoir sondé le lerrein sur lequel elle marche. 
Nous sommes instruits par l’expérieiace , et nous sommes 

Pages asy et séance, du jj. > • 



45 ' 

plus que jamais en mesure de fonder la liberté. J'ai 
plusieurs fois regretté qu’on n’cûi pas 'présenté à la Gun * 
veniion ces questions : D'où venons mous î Qtie sommes nens ? 
OÙ nllor s nous ? Elles auroient beaucoup servi à éclairer 
la marche de nos discusdons et elles nous auroient ^uidé 
sur les lésultais. Il faut que l’on consulte la raison et 
que l’on en dorme les passions. Je demande qu’il soit 
îiomniü une c&ininîssion pour examiner les quest ons poli- 
tiques, et que jusque^-là on ajourne toute dcQOuciaiioa 
individuelle. 

Thibaudot : C’est aux hommes purs et courageux à 
aborder franchement la question. L’ordre du jour qui a 
été enlevé hier a fait naître une impression qui pourioit 
peser dcfavorableincnt sur la Conveution. Loisqu’une dé- 
noTicjaiion est faite , il faut i’examinej- , afin qu’il ne reste 
plus le moindre soupçon sur la représeutaiion naiionale. 
( Vifs applaudissemens. ) Les scntimens qui viennent de 
se manifester , me prouvent que La Convemion éioit en 
état de suspicion aux yeux du peuple. ( Les applaudis- 
semens redoublent, j 11 faut que cette espèce d’anxiété 
cesse ; il faut que le peuple sache si la Ûepréseu^taiioa 
est digne de le lepresenter^f les applaudisscmens recom- 
mencent ). Ce que je viens de dire est fondé sur des 
faits malheureusement trop connus. Ne vous êtes vous 
pas apperçu des mouvemciis que l’on cherche à produire 
pour détruire le gouvernement révolutionnaire ? Je crois 
que le vrai moyen de faire cesser cette inquiétude , est 
que la Convention mette au grand jour la conduiic^ des 
accusés et des accusateurs ( les applaudisscmens recom- 
mencent et SC répeient Il y a déjà nn décret dont je 
demande l’exécution,* c’est la lectuie des pièces . et que 
les accusés soient entendus. ( On applaudit de tiouveai;,) 

Bréard : Je ne viens accuser ni défendre perïjonnc , 
mais je viens donner mon opinion. Les choses en sont au 
point que la Convention ne peut ni ne doit passer à 
l’ordre du jour. Applaudissemens . Ceux contre lesquels 
on a parlé ne le veulent pas ; ils veulent se jusi.fier ; 
et j’aime à croire qu’ils réussiront ; mais attendu l’ini- 
portante des chefs d'inculpation , je pen^e qudl ne 
faut pas que ilos collègues se tonlentêiit de se dfjendré à 
la trtiwne ; mais qu’il faut qu'ils fassent impnmtr leur 
défense. Déjà les aristocrates se réjouissent : j’ai vu parmi 
de bons citoyens , des hommes qui naguère étoieni à la 
Vendée , de ceux qui désorgamsoient nos armées en 
criant ; , Sauve gui peut ; des marquis , des comtes , des 


Idem. Fa^es azy et 22 g; séance du i^. 


44 

gens qui , la veille du supplice de Robespierre , ado- 
roient cette idole, et qui sout venus ensu îc vous féli- 
citer sur votre cnerg'e *, j’ai vu ces jeunes gens dans les 
sections , dans les groupes i je sais que dans des repas 
très-dispendieux faits ciiez certiins traiteurs, ils disent 
que nous avons sacrifié Robespierre. Ne croyez-vous pas 
avec moi , Citoyens , que ces hommes vtMilcut sacriher 
la liberté , et que pour cela ils veulent détiuire la Con- 
vention ? Mais le pcupt'e cotiuoîua Tîntrigue : et si qvtel- 
quefois on a adoré des idoles , on a toujouîs fini par 
les briser. — Applaudisseniernî. 

La proposîtion de Bréard est adohtée. 

Billaud -Varenne : je demande à faire un amendement. 
Quand il faut se défendre contre ceux cjui veulent faire 
la contre-révolution , il ne faut pas mettre dans leurs 
mains de quoi faire égPrger la Convention. Murmurer, 
Je m’étonne d’entendre dire que personne n’a ce moyen. 
Hier , dans les groupes qui entouroient cette errceinte , 
des hommes mis hors de la loi, des ci-devant marquis, 
des ci-devant comtes prêclicreiit la royauté. 

Quelques voix : c’est vrai. 

Et comme je veux prouver à la Convention que je 
n’avance point des faits vagues . je lui dirat que l’un 
a rencontré à l’entrée de cette salie, le ci-divatu mar- 
quis dcTilly, f ompirsTieur rccoT'.nu et mis hors de /<2 loi, 

Dubarran : Tilly a obtenu sa liberté depuis très-peu de 
jour^s au comité de sûreté générale ( i )• 

Billaud-Varenne : Ce Tilly est convaincu d’avoir été à 
la tête des, chevaliers du poignard. Robespierre avoir 
appelle ici dix mille de cette espèce de scélérats ; et 
dans le moment où nos armées sont en présence de 
l’cnneTni , qnand un décret défend aux militaires de s’ab- 
senter de leur poste , il se trouve cependant à Paris 
plus de quatre mille oHicicrs. Murmures. Le mouvement 
qu’oQ cherche à rcaiiser est tellement centre - révolu- 
tionnaire . que dans l’une des tnbunes qui appartiennent 
aux journalistes , on a prêché 'ouvertement le loyalisme. 

Turreau:Je demanda que rassemblée revienne à la 
question importante qui l’occupe. 


( T ) Quoi., ETubarran , tu' es du comité rie sûreté générale ! tu sais 
qu’un conspir.iteur , un naître, mis hors la loi , est élargi par ton co- 
mité , qu’il ue l’a été que sur le rapport d’un des membres de ce co- 
mité, et tu n’as pas fait réincatcérèrTiRy , et tu ne nous dénonces pas 
celui quia surpris la religion du comité , et tu veux qu’on te croie, 
qu’on croie Billaud \ abus , illusion mensonges. 

Idem. 





L’observation de 
que la, mienne ; 
canger qui 


mon collègue est plus hors 
je ne l’ai faite que pour 
nous menace en ce moment. 


Billaud : 
de. propos 
demorurer le 
Murmures . 

Clauzel : Il s’ag t de la lecture des pièces. 

Billaud *, C'est parce que le peuple devParis est 
tre 'd’amour pour la révolution c: pour la lib'ert 
j’ai cru qu il raltoît le revedlci sur l existence 
veiilans qui cherchent à Tcgarer. 


Cimpreision des 


La Convention vieni de dccrcicr 
relatives à cette 'ijfüire ; mats d est bon que je i’av^ 
que la Luarche du comité . l’cnormité des travaux 
il est chargé , cx'gcnt souvent que l’on signe de 
fiance use partie du travail. Je. demande U le 
pièces. 

. La Convention décrète cette proposition. — (Applaudis- 
semens. ) 

Mo^se Bayle : Il y a 4'^^ lienres que les imputations delà 
trüjuine planent sur h.s laembrfs dénoncés, li demande aussi 
que cette discussion se termine sans désemparer. 

Certe ]rroposition est (.iécrétée. 

I-ecointre ; Ce que j’ai dit n’est qu’une simple exposition 
de laits que j’appiiierai des pièco^s. l’ai dit seulement qu© jo 
trouvais mes collègues répréliensihle ; 'et c’est mon opinion.' 

Avant de Kr^ les pièces, je vais lire chaque article auquel 
elles se rappoitent. 

Lecointre lit l’article premier. 

D'avoir coiiipriir^é pmr la terreur tous les citoyens de la 
république , en fai.SiUît, mettre à exécution des ordres ari 
hitraires d’emprisonneiirent , sans quM y ait contre un grani 
nginbre d’entre eux auq^me dénonciation , aucun motif de 
suspicion , aucunes predyes de délits énoncés dans la loi du 
17 se'ptembrc 1790 , vieuX style ». 

Pluàit'urs voix ; Les pièces. 

Lv^cointre : Elles sont dà^is les bureaux de la 
nérale. \ 

N . ... Cet article est di€X,é par le modérantisme. 

Canvbon : Jo dcjiiande que Lecointre déclare auquel des 
sept membres cet article s’aj)pliqye. 

Lecoirure : Les pièces sont dàns vos bureaux; et 
que j’ai été demander la liberté dû ... . 

Levasseur Diarifetocrates. \ 

Treilhard: Je demande la parole pour une motion d’or- 
dre. Vous« venez de décréter qu'on lu^it les articles , ensuit© 
les pièces à l’appui ; il par ît que Leçointre nen a aucune 
relative au premier article. Je .demande qu^.’il déclare si , oui 
ou non, il a des pièceS' Si Lecoliii-ï'- déclare qu’il n’a point 
de pièces sur cet article , je demande qu’on passe à la lec- 
ture du second. 


46 

Cere proposition est adoptée, 

l.ecoïTiti'é : Accordez -moi la partie.- 

Plusieurs voix : I.os pièces, 

H Je demande que Lecointre soit interpellé de dé- 

clarer s’il veut non passer a l’article second. 

Lecointre : Citoyens collègues .... 

Plusieurs voix : L’article second. 

Camboii : Quand Lecointre convîendroit qu’il n’a point 
de pièces à rapr-'i de cet article, il me paroît que la Con,- 
venü<^n ne devrè t pas passer légèrement sur l’article qu’il 
conîïenlî je voud ois qu’il dît pourquoi il a donné la prër 
diiecti' n aux sept membres dont il s’agit, sur tous les au- 
tres, pour les accuser. — Applaudi. 

Cetîe proposition est adoptée. 

X.( cointre : Lorsque je voulus éclairer la religion de la 
Convention du flambeau dont la mienne étoit éclairée , j’ai 
P nsé que des faits connus de notoriété publiquo.-.. (Mur- 
mures. ) Ayez de l’indulgence pour mes erreurs. 

N..,. Je demande que Lecointre réponde catliégori- 
queraent. 

Le président : Je maintiendrai le décret que la Conven- 
tion vient de rendre. 

Lecointre : Si cette faute en est une , elle est commune 
aux membre^ des deux comités. (Murmures.) 

ÏJnroy t Je demande que la Convention constate , par un 
décret, que Lecointre a reconnu qu’il av©it commis une 
erreur dans le premier article. — On applaudir. 

Cambon : H est donc reconnu que l’acte d’accusation n’esü 
J)as personnel aux sept membres dont il s’agit ,• qu’il attaque 
tous ceux qui composent les deux comités, et qu’il nous 
attaque nous mêmes. ... 

Dubouciict : Je déclare que rinïentîon de Lecointre , en 
inculpant les membres des deux comités. ... 

Legendre : Je demande que Leçoinire soit entendu en 
silence , afin que les accusés ayent le méine droit. 

lecointre : A l’égard du premier article, ce peut être une 
faute commune à lous les membres du comité de sûreté Çié-t 
^éraie ; puisqu'il est vrai que vous avez décrété que tous 
les citoy*.ns qui avoient été, incarcérés pour des motifs 
non compris d.-ms la loi du 17 septembre seroinet relâchés. 
Avouiez-vous main'cnant que je vous apporte des preuves 
que voire décret a' été sagement rendu laissez-moi la li- 
berté d’ali^;!' au comité de sûreté générale , clmrcher les 
pièces qui prouvent, l’élargissemeni de tel ou. tel individu in- 
carcéré injusicment: ce sera justiüer mon premier aitieie.' 
( murmures. ) 

Durov : vous Toye* 1 citoyens, qu’on cherche à tourner 
contre vous-mêmç} 1» décret bienfaisant que vous avea 
rendu. ' ' 


Jdm. Page s^?. 




I 


_ 47 ^ , 

Om demande rartîcle II soiit lu. 

Bourdon ( de i'Oise ) : On voiftdroit faire croire que îe 
comité de sûreté générale a fait seul arrêter tous les citoyens 
qui nétoient pas compris dans la loi du 17 septembre , 
tandis que tout le inonde sait que c’est la police générale 
de Robespierre. Il faut aussi que vous conno'ssiez un 
fait , citoyens : c’est que Lecointre a été demander la li- 
berté de la comtesse, d’Adhémar , aristocrate reconnue, et 
qui étoit de la cour de Capet. 

Réponse. La citoyenne Adhëmâr avoit été arrêtée , Je 3 
thermidor , par ordre du eomité de sûreté générale' , sui- 
vant son acte d’accusation , ( comme ex- noble , et panne- 
sure sûreté générale. ) 

Quatre citoyens , députés par la commune d’Evêquemont, 
se sont adressés à moi, comme députes de leur départe- 
ment , me demandant d’appuyer deux pétitions des Set 18 
tfiermidor , dont ils étoient cliàrgés parleur commune , leur 
•comité de sürveillance et les autorités constituées , pour ré- 
clamer cette citoyenne. 

Ces'’pélitions portoient en substance : ce que la citoyenne 
>5 Adliémar , âgée de 60 ans , séparée d'avec son mari de- 
» puis 2,0 ans , s’étoit retirée , il y a 5 ou six ans , à Evé- 
» qnemont , on, éloignée de l’intrigue (îes coura , cli«^a vé- 
5> eu, sans être sonie, dans la solitude : qu’elle étoit la 
» mère et le soutien des pauvres ». 

» Que la liberté et le gouvernement républicain la rfin- 
» doient heureuse cliaque jour »• 

(c Que quarante-deux jeunes citoyens d’Evéquemonf ^ par- 
4» tis aux frontières, recevoient d’elle , chacun, depuis sep- 
3) tembre 1792 , et depuis la première réquisition , trois 
» livres par mois de liante paye, aux coiidîtîom que cett» 
» gratification cesseroit pour celui dont la République aii- 
3) roit à S8 plaindre ». 

» Qu’ils demandoient qu’on la remît sems leux garde , 
î3 consenteut à en être responsables envers la iiépu- 
» blique ». 

Ayant trouvé les pétitions et les pièces juistificatives par- 
faitement en règle, je les ai apostiilécs^ , de la. manière 

suivante, 

» On ne peut rien ajorier au væii des, communs' et au- 
torités constituées qui réclament la -ibérté de la citoyenne 
Adliémar : son grand âge , son attaclisraent constant à la 
révolution , scs'senlimens civiques bien prmioncés, décideront 
le comité à lui accorder sa liberté , conibrntémeîie à la 
loi du 27 septembre 1793 vieux style. 

La mise en liberté de la citoyenne Adliémar a eu Iiett 
le 26 thermidor, d’apies un, rajîpoit fait au comité de sû* 
reté générale , par l’un de sea membres^ 

Qui pQurroit douter que. mise en liherté ne soii 


^im-^ Pskge «éance-d» 




48 _ ■ 

un acte de justice conforme à la ici dn 17 septembre 179*5, 
qui veut , article yu'eniier , que ceux ià seuls ( des iioi^les J 
qui n’ont pas manife.té leur aLiaclipnienl ü Id révolution^ 
soient mis en état d'a j restaliun ? 

L’au'.our seul de ia justice -a dicté mon apostille; et jo 
déclare n’avoir jamais co^iiii ni diroctemcnt ni indirecte- 
ment cette citeypnna : pas meme un seul des liabitans de 
la commune ou elle réside. 

Ainsi les deux inculpations qui in’oilt ésé faites, ne 
subsistent pins que pai la honte de leurs auteurs. 

1 Actuellement que Bourdon est membre du Comité de 
sûreté» générale , je desirerois beaucoup qu’ii nous dise si 
les ex-nobles, comtes marquis , barons et ducs , qu’il a fait 
sortir avoibqt d’aussi justes motifs de prétendre à leur 
liberté, que la citoyenne Adhémar ; car depuis qu’il occupe 
cette place, il s’est beaucoup liumanisé. envers cette ci- 
devant caste de citoyens. 

Pourquoi tant de rigueur , Bourdon, il y a un mois, 
et aujourd'hui tant de douceur: le contraste est trop frap- 
pant, pour qu’il échappe à ceux qui le conhoissent. 

Comme il ne m’a pas clé possible de in expliquer 
à cause des murmures, du bruit, et de ragitaiion ou 
roîi éloit; quoique je croye que la preuve de cet 
article ait été sqhisaromeni faite , j’aj Cutcrai que les sor- 
ties cfiTeciuées depuis un mois* de.s seules prisons de 
Paris , où il y avoit 85oü prisonniers , s’élèvent à en- 
viron 35 ûo ; et vous savez qu’aucune ne se fait que 
sur un rapport prcaiablc , par run des membies du 
comité de sûreté générale , sur le vu 4es pièces extraites 
des bureaux de ce même comité ; et si les membres 
de ces comités ont souvent demandé que la pétaion 
de demande err liberté fût appuyée de quelque repré- 
sentant du peuple , ç’a été parce que des citoyens 
étoient détenus pour des causes légères, et non expri- 
mées dans la loi du 17 septembre , et que ks comités 
voüloicnt être assurés de la moralité du détenu. De 
plus , aucun détenu n’est' sorti sans que les pièces à 
sa charge , s’il y ea avoit , ( car sur beaucoup il q’y 
en avoit point ) ne soient restées dans les bureaux , 
avec l’acte de mis cea liberté. Est-il une pièce plus forte , 
plus probante , que S 5 oo détenus mis en liberté en 
un mois ? Cette preuve n’est elle pas assez matérielle , 
assez parlante ? 

Eh bien ! à la séance du 18 thermidor , on vous di- 
soit que les .patriotes étoient incarcérés. Bourdon (de 
l’Oise I , qui me combat ici , d^soit lui-même : “11 faut 
que la justice soit mise à l’ordre du jour , d’une ena- 
sf nière invariable et permanente ; rien <Q'est plus facile 

pour 



ft. » 



49 

cc pour les détenus ; la loi du 17 septembre déRnit 
U tout ce qu’on euiend par gens, siispectst,* les niotils 
U d’arrestation son; classes au comité de sûreté géne- 
<c raie,; ce travail est bien fait ; il est rangé par dépar- 
u remens , par sections ; il ne s’agit donc que de con- 
te frdntCr les motiFs d’arrestation avn la loi , et de met- 
35 tre cji liberté tous ce.ux dont les caus-s d’arrestation 
<t ne sont pas cotr.piises et prévues par cette loi. C’esc 
<c ait^sL^-qu’on verra -que la Convention veut là justice , 

<t et tout© IV France ia bénira. 

a Des citoyens' de l’iine des scctiors avoient demandé 
te qu’on jeoouvellât le comité révoîuîionnàire ; aussi- 
tt tôt ils ont été arrêtés , et iis sont depuis ce temps 
a détenus à la section' 

a Je ne vouloii pas crosFC ce fait quand il me .fut 
IC dénoncé, mais je l’ai vérifié, 53 

A la même séance , un membre vous à dit : * 

5> Ce ne sont pas seulement .les comités révolutionnaires 
«c qui ont commis des erreurs.; il est aussi des citoyens qui 
ont été incarcérés par ordre des représentans trompés ou 
garés «. . 

On m’opposera : ces erreurs , ces délits sont ceux des comi- 
tés révolutionnaires, des représentans du peuple, et n®> 
peu\ ent être imputés au comité de sûreté générale de la 
convention. 

Je réponds ; le comité de vSiVeté générale , auquel la sur- 
veillance appartient sur tous les comité.s de la RépTipiiquè, 
a dû se faire remettre ; conformément à farlicle 9 , de la 
loi du 17 septembre précitée , ( l’état des personnes arrêtées 
par ces comités avec les motifs dé leur arrestation, ) et les 
■papiers saisis sur elles. 

Le comité n’a point snryeiilé cctre execution de la 
loi ; il est coupable sinon de connivence , au moins 
‘d’une négligence iritoî Arable. Ce co;mité , dans ses nom- 
breuse? arrestations , est, tombé dans le nvêmè excès, ds 
faire incarcérer sans causes prononcées pa.r lay-Joi : 
témoin nos citoyens de Bonnçile? et de Veisailies,'Depa.r- 
tement’de Seine et Oise , (i ) détenus pendant 6 mois; 

(i) Lâ plupart ûe. cefi citoyens étoient ' fonctionnaires .puBlics les 
ordres lei^vrés par le comité à Héron , étoiçnt en bLinc. Co der-nier les 
remis â m. huissier à Versa illes, L’iniüstice de cette aiTestarion n 


3ugee. 

. majorité,. «mcnuauL ü it lu» çw; nuautc;., apre.s aToir: ornonnê la 
liberté le 19 .thormidor , a , par im autre 'arrêté dü-.9 fiucrklor , or- 
donné qu’ils rentréroierit dans leurs 'fpnetions. Ces arrêtés . sont sip-né^ 
/Bernard , 3 , ‘irbeau , Merlin , Legendro &o. ërc, .>■ ' . 





io 

au'xquclles aucune justice n’a été frcndue , malgré Ic« 
vives sollicitations de la députation de ce Dépar- 
lement, qui n’a réussi que depuis la chût© du tyran 
i^übespierre : témoins les ïSa Nantais , arrivés pour le 
tribunal révolutionnaire à Paris , depuis 8 moisi, et 
contre lesquels aucune charge , qui méritât tette transla- 
tion , n’cxistoit , de Paveu même de Fouquier *1 inville ; 
Nantois , que le comité de sûreté générale ou a laissé 
périr dans les prisons , ou a livré au tribunal sanguinaire, 
au lieu de faire un rapport à la Convention 4 faire élargir 
ceux contre lesquels il n’y avoit aucune espèce de 
charge, et retenir en arrestation ceux seulement qui sc 
trouvoient dans le cas de la loi du 17 septembre 1793, 
au lieu de les laisser juger : ( ce jugement honorera le 
tribunal , sans doute ; mais , dans les fastes de l’histoire 
il sera la preuve la plus complette des cruautés , de’ 
injustices et de la scélératesse qui présidoient aux opé- 
rations des comités révolutionnaires. ) témoin, enfin, 
tous ceux élargis , et qui avoient été incarcérés par des 
ordres donnés en blanc ^ contre lesquels il n’existe pas 
la plus légère inculpation. 

Toutes ces vexations et emprisonnemens arbitraires 
vous ont été si connus , que le 18 Thermidor vous avez 
décrété : 

Le comité de sûreté générale est chargé défaire 
mettre en liberté tous les citoyens détenus comme 
suspects , pour des motifs qui ne sont pas désignés par 
la loi du 17 septembre dernier. 

2® Les comités de surveillance ou révolutionnaires 
de la République seront tenus de donner aux détenus , 
à leurs parens ou à leur amis , copie des motifs de 
leur arrestation. 

3 ® 3J Les motifs des mandats d’arrêt , décernés par 
les représentans du peuple et par les comités de Salut 
public et de sûreté générale , seront également commu- 
niquée aux détenus, à leurs parens ou à leurs amis. 

Ce decret n’est autre chose que celui rendu le 27e. 
jour du premier mois, (i ) et rapporté par la faction 


(i) La Conventiort décrète r 

Art. I. Lcb comités de surveillance, dans toute l’étendue de la répu- 
plique , seront tenus de remettre sur le champ au citoyen qu’ils feront 
mettre en ttat d’arrestation ,r copie du procès-verhal contenant les 
mfuifs pour lesquels il est arrêté. II en sera également fait mention sur 
l’acte d’écrou, afin que le détenu et sa famille puisse éclairer la religioih 
du comité de sûreté générale delà Convention, qui est autorisé à pro- ' 
noncer sur la validité ou invalidité de la décehtion. 

Art. a. ÇfïBités d« , quj le§ tyois jQars d© 


de Robespierre , le 3c. jour 'du 2«. mois : rapport qui 
a occasionné tous les malheurs que nous avons à réparer 
aujourd’hui. 

Le rapport , de ce décret jalutaire et juste que vous 
venez de rendre a pourtant, été demandé par notre coliégue 
Fayau , qui a prétendu qu’il é oit impossible de donner 
d’une maniéré positive, à tous les détenus, les motifs de 
leur arrestation. 

Il est vrai que la meme motion , qui avoit réussi le 3 jour 
du premier mois , vient d’être regardée , le i8 Thermidor, 
comme digne de l’inquisition d’hspagne, et na été ap- 
puyée de personne. 

Si Fayau demandoit ce rapport, T«llien vous disoit: 

,, Si il y avoit à s’étonner de quelque chose , ce seroid 
des principes qui viennent d’être proffesés à cette tribune ; 
nous ne sommes plus au tems ou une main de 1er nesoit 
sur la Convention ; nous avons reconquis la Liberté dans 
la nuit célébré du 9 au 10 Thermidor; il faut que le peuple, 
jouisse de cette liberté ; nous devons être les défenseurs 
des bon citoyens ; nous devons veiller au maintien de leurs 
droits. 

,, Il y a des hommes incarcérés , envers lesquels les droits 
sacrés et inaliénables de la Liberté ont été violés : comment 
veut-on que ces patriotes , victimes de l’oppression ^ puissent 
faire entendre leur voix ? comment peuvent-ils se justifier, 
si l’on ne leur communique point les motifs de leur ar- 
restation ? qu’on ne craigne point les effets de la loi que 
vous avez rendue : les coupables seront traduits au tribunal, 
révolutionnaire , et recevront le juste châtiment de leur 
forfaits , mais les patriotes connoiirons et dévoileront a 
tous les yeux les faux , les manœuvres infâmes employées 
pour les perdre ; on verra à nud toutes les intrigues qui ont 
souillé le sol de 4a République. 

,, Oui , citoyens, le décretque vous avez rendu est beau, 
il est juste , il vous fera bénir, car il n’y a plus qùe la justica 
qui attire les bénédictions du peuple. Au sur]dus , (ju’oa 
ne dénature pas nos idées : nous jurons , en présence du 
peuple , une guerre éternelle à ses ennemis , aux aritocrates, 
aux fripons. Mais en même tems , nous déclarons que nous 


rarresration d’un citoyen n’auroient pas envoyé au comité de iûreré 
générale de la Convention les procès-verbaux des motifs, seront man- 
dés , dans la personne de leur président , au comité de suret» géné- 
rale , pour y déduire les raisons de ce retard , et être par de comité, 
statué suivant l’exigence des cas. " 

Art. 5. Lesdits comités dé surveillance seront tenus, sous les mêmes 

Î ^eines , d’envoyer au comité de sûreté générale de la C«nv,enrion , dans 
es trois jours qui suivront la publication du prcs«nt déjcret , lespio- 
cès verbaux et les motifs de U détention des citoyens Arrêtés jusqu’à 
M jour. ’ 



5 2 

notre mandat dans toute son (étendue. Noire 
maïuiat est , sur- tou t , de protéger l’innocent , et de donner 
aux accusés les moyens de so justifier. 

Aussi > votre décret d’ordre du jour a-t-il été rendu au 
milieu des ]uus vifs applaudissemens. 

îvîon premier chef d’aliégation est donc pleinemeru ir slTi- : 
il a été reconnu , et vous avez déjà fait ce qui est <..■ ous , 
pour le réparer. Mais vpus bornev ez-voiis a réparv-r les lux , 
sans en déunnsfpaer les auteurs, içs vouer au mofas la 
O'- nsiiip p-do!;quo; les uïis pour avoir coiriiniv tant d* désor- 
dres , et les autres pour les avoir toicnés ? non, vous ne 
io poTivf-z pas. 

On passe a ia lecture de l’arlicte 2. 


jusr|!ies sur les nienii}res de ia convcn.'ion nationale, en souf- 
fcaiiL et appuyant q)ar un silence affert'' , le l>iuit que le 
comiîé de salut puüiic avoit une liste d • 30 membres de la 
conv'^erition désignés pmiir être incarcères et ensuite vie- 
tiinés «. 


Plnsieiirs voix : les pièces. 


A’oiillarid : Je 


demande 

\ 


la parole après la lecture , des 
: Je demande que Lecointre soit 


pièces. 

Goupiliefiu de Fontenay 
seul à la tiiimne. 

Lecointre : la pièce , la voilà. Elie Lacoste vous a dé- 
claré à celle trihurie qu’il existoit une liste de proscription 
de trente membres , cette ])iéce , vos cœurs , votre ame , 
vos creibes vous la rappellent. 

Le président : ia convention nationale veut qu’après cha- 
que article , Lecointre lise les pièces. Explique-toi, Le- 
coi litre ; produis-tu une pièce sur l’article 2. 


Bourdon ( de i’<Jise ) 


le vais vous en lire une , moi. 


C’est le ]irojet de décret de Saint Just , dans lequel il de- 
•jnaruloit la tète de irois de ses collègues, et ce sont les 
membres qu’on accuse aujourd’liui. 

No m’étant point attendu à ce genre d’interpellation; per- 
suadé qu’un (comité) ou nu moins une ( commission) seroit 
nommée pour une affaire qui me paroissoit si intérrsssante , 
üje n’avois préparé aucune réponse ni apporté de pièces à 
l’appui pour des objets de ( notoriété publique,) et plus par- 
ticuliérement encore ( connue de nos collègues. ) Aujour- 
d’hui, que je puis, avec quelque loisir, me procurer des 
pièces écrites à, l’appui cl^ mpri 'Second chef, je dirai plus 
ici qu’d la tribune, Et pour étayer la vérité dite par Elie 
Eacoste, et que j’ai cité ci-dessus, je prends toujours mon 
journal des débats et des décrets , et je trouve qu’à ha séance 
du 9 thermidor, folio 167, du N^. 676. (Billaud disoit:) 
cc On vouloit détruire, mutiler , la convontion nationale ; 
et cette intention étolt si réelle, (qu'on avoit organisé u^ 






A Q 

espionage (le repfesentans du peuple qu’on vouîoit dgorgcr. ) 
II' est infâme de parler de jusîice et de vertu , quand on 
les brave , et quand on ne s’exhale que lorsqu’on est 
ou contrarié. « 

Il h^Iloit donc , Billaud , que l'événement du q tlieruu^ 
arri\ ât , pour que lu avouâa à la conveiuion nationaio c; 
y avoit un espionage organisé conlro les repréïCîUûnts 
du peuple qu'on vouloit égorger? Comment conci-'ior ce, 
que tu dis aujourd’hui ^ avec ce que tu disois le 
rial , au sujet de notre collègue Talion , qui se plaigsodr 
ce que ses pas étoient suivis , ainsi, que cgiix de hréron et: 
Barras nos collègues , avec lesquels il étoit ; et i 
Robespierre niant le fait d'espionnage parce que deux 
ces suiveurs étoient , soi-disant ^ couriers du comité ; tii t’é- 
crias , après que Piobespierre tut dit, « vous devez 
maintenant de quoi sont capables ceux 
rime par le mensonge. 11 est aisé tlo 
les assassins et les victimes. '« 

Billaud : cc La convention ne peut pas rest 
tion ou l’impudeur la plus at/oco vient do 
a menti irapudemraent , quaud il at dit qi 
midi. Ce fait eut lieu avec deux j.>atri( 5 tes , agents du'com.to 
de salut public. Je demande rpifx U convention ouvre eiu'iiï 
les yeux sur les hommes qui veulent l’avilir et l’égarer 
Non, nous nous tiendrons unis, et les conspiiaîenrs 
ne nous égareront pas. « 

Dis nous , Billaud , étoi'*:-tu ce jour là d’accord on non 
Bobespierre , pour perdre Talîien ? oui tu i’étois^ : 

Je, poursuis : dans la séance des jacobins , lé lo iiî^ssido 
îlobespi^ure. , cherchant à se disculper , et le coniiié 
salut publii^. , du projet de faire arrêter des représenta 
du peuple, jefte ses bruits sur des rrialveiilans : il. dit « nous 
tenons hfi détails de ces arbilces criminels , des députés 
le comité met a\t rang des moilleurs citoyens e;t 
ns habh-or Jétirs ma’soRS. cc Talien étoit 
Goutlioïi , tenoit ce langage , aux méines 
la séance du 23 messi'lor ; ot disolt bautement 
comité se pjissxirolt -à (['.nuro -, ou à six'j 
Touclié de Nantes , et Dubtn's- Crancé , 
ces six. M 

Notre collègue, Garnier de-IfAube-, 
mandé au comué de salut yiublic , ru) vous a t ij 
de rallarme et Je la consLerusuioit où étoient 'oiit 
membres '? Etes-voiis pour cela 
rassurer la convention ? 
toit au Contra 
les ir,qu‘ ’ 
de Pitt , 


en 


Numéro- -j-î , folio 




‘)4 

resjflrd hideux, sur les membres qui siegeoient à la m©iii 
tngne. 

V^ous me demandez des preuves de l’état d’oppression 
f)n étoit la convention ! vous voulez des pièces l rappeliez^ 
vous ce que Billaud disoit à cette tribune, à la séance du 
iz thermidor, lorsque plusieurs membres demandèrent son 
r.ippel à l’ordre : parce qu’il disoit , que « si le reinpla- 
c.emoîit d’Hérault n’avoit pas été demandé ^ c’est qu'ils crai- 
^noient cV augmenter le nombre des conspirateurs, w Con- 
tinuant son discours , Il ajoùta : 

» Je m’étonne qu’on ait déjà oublié l’état d’oppression 
sous lequel gémissoit la convention nationale, ( Plusieurs 
membres : nous ne l'oublierons jamais, ) Je soutiens, qu’il 
faut sans cesse rappeîler cet état d’oppression, afin que 
la convention ne retombe plus dans un pareil avilissement. 
On m’a dit que , dans ce moment-ci , l’assemblée est libre. 
Oui, elle P^st ; mais ^l’étoit- elle , avant que le glaive delà 
loi eût frappé le tyran ? L’éto-it-elle , au moment où la loi 
sur le tribunal révolutionnaire lui fut présentée ? Non. Si 
ces faits sont constants , comment peut-on les avoir oubliés 
depuis la mort du tyran ? « 

Ces aveux valent-ils des pièces? Et, s’ils ne sufisent pas^ 
vous rappellerai-je la séance du 8 , où Fréron demanda le 
rapport du décret qui donnoit le pouvoir à ces deux comités 
de faire incarcérer les membres de l’assemblée qu’ils vou- 
loient , et où malgré tout le courage que la convention na- 
tionale montra , cette proposition , combattue vivement par 
Billaud , n’eut pas de suite. 

Mais, si Billaud l’emporta , ce jour-là^ l’assemblée , dans 
sa séance du i5 thermidor , a su se faire justice, en rap- 
porinnt les deux décrets monstrueux qui tenoient la con- 
vention asservie sous le joug de ces comités. ^ 

La discussion qui a eu lieu à ce sujet , est un^ nouvelle 
preuve de l’état d’oppression où étoit la convention natio- 
nale ; aussi, avant de vous citer le décret , je p^ssc à la dis- 
cussion, 

Bentabole : « Le décret qui permettoit aux deux comités 
do faire arrêter les représentans du peuple , s^ns un ra 
port préalable , a été surpris à la convention par des hom - 
mes qui étoient habitués à tromper sa justice. Ce décre t 
a failli perdre la République , en étouffant la liberté des ©pi- 
nic^s. Car , je vous le demande , quel député pouvoit 
dire ce qu’il pensoit ? Quel député pouvoit faire part do s 
soupçons qu’il avoit? Quel député pouvoit combattrej des 
mesures qui lui sembloient contraires à l’intérêt de la 
Répuuiiquw , quand il étoit sûr d’être arrêté sur-le-champ, 
pouvoir so faire entendre de la Convention. 

Ja demande le rapport de ce décret, et que la ConveR- 


KuiTîti'o 24.2 , folio 477 du Courier républicain , 
Nuiiiù-® 407; folio $55 4 ^ h 





tîon ajoute à ce rapport qu’aucun (^e ses membres ne pourra 
être arreté sans avoir été préalablement entendu, 

Legendre ; lorsqu’on a porté 1© décret dont on demande 
le rapport , on a vioîé^ les principea qui défendent d’ar- 
rêter les représehians du peupJe ^ sans qu’ils aient été en- 
tendus par la Convention nationale. On les violeroit un® 
seconde fois , si on déerétoit l’afeidition proposée par Ben- 
«abole. Je demande qu’on s© born© purement et simple.» 
ment au rapport du déeret. 

La proposition de Legendre , est décrétée au milieu des 
plus vifs appîaudissemens. 

Ce jour , Billaud étoit présent; mais la Convention étoit 
à toute la. hauteur des circonstances . 

î R E M I E R D É. C R E T* 

«t..La Convention nationale , sur la proposition d’un d© 
ses membres, rapporte le décret par lequel les comités d© 
salut-public et de sûreté générale étoient investis du pou- 
voir de mettre en. état d’arrestation les membres de la 
Convention nationale. 

Merlin de’l Thionville , prend la parole et demande qu» 
l’assemblée reprenne toute son: autorité , eft quelle ne 
souffre plus qu’aucuns de ses membres , à qui elle accorde» 
des congés , soient encore obligés, daller prendre l’attache 
d’un comité. 

Cette proposition est décrétée au milieu des appîauclîs- 
gemens , c’est, seulement de ce jour y citoyens.collegucs , qufte 
jf oüs avez été libres. 

DEUXIEME DÉCRET. 

« La, Convention nationale rapporte son décret quf 
-- treint les députés qui veulent obtenir des congés a s’a- 

esser préalablement au comité de sûreté générale. 

Je crois avoir suftsamment prouvé , et par les aveux fait© 
©U consentis , et par, pièces émanées de la Convention , quo 
véritablement elle a été dans un état d’oppression, 

Mais, on me dira, c’est l’ouvrage de Robespierre , ou 
du triumvirat. A cela, je réponds : comment un coiui-t<i- 
qui lui-même , déclare <c que les membres patriotes qui le 
«omposoient avoient une majorité de cinq] contre les cons- 
pirateurs , ( 1 ) et qui étoient si sûrs d’eux , qu’ils n’avoicïit 
qu’à se regarder pour délibérer ; qui depuis long- temps 
mvoient mille indices , mille preuves de la cons pirr lion ( e 

Bulletin des lois , du i:; thermidôr. 

Barêre , séance du 14 thermidor, num'éro 680 page 258 du * 

ies débats. 

(0 Billaud, séance du ii au soir. 

(2) Discours de Billaud à la séance du 9 thermidor ; nu»'H «, * 53 ^^ 
fage 16$ «lu.jouïnôl des débats. 



qui se tramoit ; coifîinient ont-ifs pu pcfmeiLre que Robes- 
pierre fit pendant six mois sa volonté , sans en prévenir 
la Convention riaiion^Me T ’ 

Et qu’on ne dise pas que ce que j’avhnceici est linzardé , 
eu cest le langage de Barèrc et de Billaud-Varenne j à 
cette tribtmc , aux époques que je, vous cite. 


époques que je 

D après ceja , je vous le demande ; je le demande à la 
I rance, à l’Europe entière, qui a les yeux fixés sur nous , 
a qisi Billaud , à qui Barère persuaderont - ils , que les 
faiites , les erreurs , les crimes , qui ont été commis , lors- 
«quc. 1 infâme Bqbcspierre siégeoit âu milicli d’eux , sont les- 
•tantes, les crimes du seul Robespierre; eux qui , ayant les 
mômes pouvoirs que lui , ayant ühé majorité 'de cinq voix 
contre le conspirateur , pouvoient d’un elin-d’œil anéantir 
scs volontés : eisx' qui , en venant aii ihilieii de vous le dé- 
üoncer au lieu de vousatLester ^ comme ils l’ont fait la veille 
même de la dèstrucliou dir tyrâli , que la‘ plus grande 
union régnoit entra tous les membres des deux comités , 
H avoient qu’à vous retracer ses abus de pouvoir , ses cru- 
autés , ses perfidies , et contribuer pàr - là à vous tirer de 
létat d’oppression on a tenu trop long-temps vous et la 
France entière leur trop grande intelligence. 

Si , comme je le crois, les preuves pliisiqùes et morales que 
je Viens de vous présenter et citer sont sufisantes pour 
tout lionnne qui veut connortr'é le vrai , je le dc.maridc sur- 
sout de mon collègue Treiliiard , lui qui le jour de la dis- 
cussion me crioit Sans cesse des pièces , des pièces , lors- 

tu sçâis qu’il 
temps une funeste 
le criminaliste , 

le législateur membre aujourd'hui du gouvcVnemcnt est-il 
bien convaincu P parie , mais siar-tout sois frànc. Pour moi 
j'ai la conviction que j’ai renipli ma tâche , sur ce second 
article comme sur le premier. 

Lecqintre passe à i’ctfticle illé 

n De n’avoir. JamasS^ préposé le remplacement des 
uïetxibres qui manquoient dans le Corqué de Salut pu- 
c , et de s’ètie perpétué .exclusivement dans l’exercice 
de leurs fonctions, pjar la compression où ils tenoient la 
cniion. Barère , rapporteur , ne manquoit jamais , 
i’aprjnnce d c quelques victoires ou su'ccès ; de pro- 
:rraî'\ cmeni la continuationdes pouvoirs des Coniilés, 
faux. 


tire de la bouche de ceux 
1 OR n’avoit-pas proposé 
gnoit d’introduire dans 
conspirateurs. 


Quoique ce fait n’ait pas clé révoqué en doute a la 
tribune cependarit , pour ne rien laisser à ciesuer , ie 
vais rapporter les propres tenues qui oui cui cxpi nncs dro.s 
le tems , et indiquer la source qui me servira de pièces. 

A la séance du 1 1 thermidor , un rrembre a dit: 

U Le comité de salut public doit être composé de 
douze membres , conformément à la loi de son msti- 
lution. Hérault la’a jamais clé remplacé ,* on a sans doute 
1 en des raisons pour ne pas le hire. 

' Billaud a répondu : ... 

' ir On vient de vous dire qu’on avoit (?u des raisons 
îS pour ne pas remplacer Hérault. Oïd^ nous en avons eu ^ 
5.3 nous n’avons pas.voulu augmenter le nombre des conspira^ 
55 teurs qui qtoient déjà dans ie comité. ( Grands murmures 

Plusieurs membres : Président, rappelles à i ordre, biî-^ 
laud , il insulte la Convention. 

Le président : C’est sans doute une erreur échappée 
à Billaud; il est inutile de le rappeiier à l’ordre. 

A la même séance Barère vous a dit ; 

U Lorsque nous, étions une majorité de cinq contre 
55 le conspirateur, nous ne savions si , «n appelant un 
55 nouveau membre au comité . là réputation de pauicr- 
55 tisme que s’étoit faite "Robespierre n eiU pas inüue sur 
5> sa nomination , et si ce n’éioit pas augmenter le nomore 
55 des pariuans de ce scélérat , au lieu que nous ctmns 
55 sûrs de nous , nous" n’avions qu’à nous regarder pour 


v 55 délibérer î?. „ 

D’après les aveux de ceux-là même que je cite devarit 
vous , il est clair qu’ils ne vouloiènt ni être cbmidetiés 
ni renouvelles. Combien de fols, vous tous nui m enten- 
dez , vous i’étes-vous dit à vous-mêmes, et c^uelquetois 
à l’oreille de vot.re voisin .^Je ne m’apesantirai point sut 
la futile et injurieuse excuse de dire qu ils rraignoîcnt 
que le remplacement d’un d’enir eux nmugmniiài ie nom- 
bre des eompirateurs qui étoient déjà dans- le ^ oniue ; 
que le droit de présentation inruative leur uvoit été 
toléré, c’est que, par la majoriic , ils éîomru 'sàr.^î d'i 
ne présenter qvi’un patriote contraire à Robe.spierrG , 
qu’ils regardoient comme un conspirateur : loni que Cette 
excuse fasse fortune auprès de vous , elle éclaue et 
développé tojut ce que j’ai voula vous laire sentir par 
cet article 3 , prou> é matériellement jusqu’à la plus 

haute év'idence. . , . 

Je vais plus loin : quoi Billaud ! quos Coilot .( quoi 
Barère ! veus connoissiez clans votre comité depui.s pius 
de six mais, des consphatenrs , et vous ne les dénonciez 
pas ; et Bazire c[ue vous ayez fait arrêter au moment m.ems 



58 

cù il vous dénonçoit des manœuvres désorganisatrices et 
coriuptiices de la foi publique, vous neus l’avez fait décré* 
ter d’accusation , parce que sa déclaration tardive faisoit 
soupçonner la complicité, et Bazire a été traduit au tribu- 
nal révolutionnaire, et condamné comme complice de ces 
manœuvres pratiquées par Chabot , Fabre , Delaunay et 
autres: et vous, êtres privilégiés , vous aurez pu garder 
dans votre cœur les trames ourdies par Robespierre ; 
vous aurez pu , ayant la majorité , non seulement vous 
taire sur ses crimes , mais sanctionner en quelque sorte 
les lois désastreuses qu’il nous proposoit en votre nom ^ 
en signant les arrêtés qu’il prenoit , en lui faisant cortège v 
lorsqu’il venoit à rassemblée , en appuyant par votre 
présence et par vos talens oratoires toutes ses proposi- 
tions ; vous aurez pu voir établir dans votre sein une 
police générale , dont le pouvoir s’étend sur tous les. 
citoyens ; vous aurez pu voir exercer tyranniquement à 
Robespierre , à Gouihon , à 5aint-Just , la sorte de dic- 
tature attac’née à un si grand pouvoir , et vous, croirez- 
en être quittes pour dire à la converitîon , au peuple 
français : c’étoit l’ouvrage du seul Robespierre , nous, 
ne signions point ces arretés ; mais si quelques-uns de 
nos collègues s’adressoient à nous pour obtenir une 
libertés ils n’ont jamais éré refusés ( i ) : il faut en vé- 
rité que vous présumiez bien peu de la convention , 
pour lui exposer de si pitoyables raisons. Si la conven- 
tion y faisoit droit , ce seroit une foiblesse difficile à 
excuser. 

Avoir permis à l’un de vous d’elever un bureau de police 
générale , n’nvoir pas pris de decret qui l’autorisât , avoir 
abandonné la directjon de ce travail d’ où dependoit le bonheur 
d’une partie des citoyens , entre la main d’un homme que 
vous connoissiez pour conspirateur depuis plus d’un 
an, si ce n’est pas être ennemi de l’etat , j’avoue que je 
m’y perds , que d’autre que moi vous absolvent^ vous êtes, 
et tant que je vivrai vous resterez condamnés dans mon 
•oeur. 

i.ecointre passe à l’article IV : 

te D'avoir , de concert avec Robespierre , anéanti la li- 
î’ bertc des opinions dans le sein même de la Conven- 
»» tion nationale , en ne permettant la discussion d’aucune 

des lois présentées par le comité de salut publics». 

Plusieurs voix : Les pièces, 

Lecointre : Les pièces ! c’est ce qui s’est passé daus cette 
enceinte. C’est la compression dans Laquelle vous avez été». 


(i) Disîours de Carnot; à U séan-ce dn la vendémiaire. 


59 

j^iirmures. Citoyens , plus vous croyez avoir de moyens 
contre moi, plus vous me devez de sücnce. J’ai dit 
que vous n'étiez pas maîtres de vos opinions , et que ces 
comités auxquels vous aviez accordé le droit de vie et 

de mort sur vous Murmurer . 

Cambon : on veut faire croire au peuple que tout ce qui 
s est fait , opéré par la terreur , depuis la nomination des 
comités de salut public et de sûreté générale. Je renouvelle 
à Lecointre l’interpellation que je lui ai déjà faite sur un 
article précédent ^ de nous déclarer par quelle prédilection 
il n’a porté son accusation que contre quelques^ membres 
de ces comités. Je demande que , sur chaque article , dont 
les preuves ne seront point fournies , la Convention déclare 
que l’accusation est fausse et calomnieuse. 

N ..... Puisque la France a été opprimée, ainsi que al 
Convention?, il faut donc accuser aussi le peuple de ne 
pas s’étre insurgé, 

Ferrand : le motif de cette prédilection est dans le discours 
de Saint Just. Il vouloit abattre tout ce qu il y avoit d amis 
do la liberté. 

Tallien demande la p.arole. • ^ 

Duhem : président , donne la parole à Tallien, quia orga- 
nisé , il y a quatre jours , au lo Fructidor , aux Jacobins, 
bruit. . . , 

Ce que j’ai dit , pour ne rien laisser a desirer a la 
Conventicn , sur l’article précédent , peut s’appliquer ici,i 
J’ajouterai seulement , que lorsque de la loi sanguinaire 
du 22 Prairial , le tyran Robespierre indigné de trouver 
de la résistance à faire passer cette loi sans discussion , 
pour arêter l’impression et l’ajournement à deux jours , par 
nmi demandé: ajouniemeut qui eût empéclié l’effusion du 
sang de bien des centaines de patriotes. ( i ) 

Robespierre , vous rappella à cette tribune , que la Con- 
ention. nationale décrétait , depuis longtems , ?ur le cliamp 
les loix qui lui é-toient présentées par le comité de] salut 
public parce que depuis long tems , elle ’n’étoit plus asservie 
à l’empire des factions parce que , depuis longtems , il y a 
dans sa très-grande majorité un assentiment prononcé pour 
le bien public .... (vifs applaudi ssemens. ) 

Ces vérités que vos cœurs, vos sentimens , les procès-ver- 
baux de vos séances , les rapports que vous faites chaque jour 


(i) Versailles , ainsi que moi ,nous n’oublierons iamais la mort cl Ho- 
âanges , ex— procureur -général du département de Seine et Oise , patriote 
pur ,yolairé y hravè f et qui, après avoir affronté mille morts dans la 
Vendée, a été sacrifié, sous prétexte de la conspiration des prisons, 
par ce tribunal sangu naire , en vertu des principes de cette désastreuse 
loi ; loi que Barrère , à cette séance, affrmoit êire toiite^ entière en 
faveur des patriotes : loi qve Bourdon ( de l’Oise ) appelloit, à la séance 
du lendemain , de'cret saliifdire , et dont Duheia la conser- 

vation à celle du ^4* 




dn nombre c!e vos décrets, que vons-mj^mes appeliez îyran- 
Kiquoff, portoit dans vos âmes, dans celle de' ’i’tiniv ers. en- 
tier , qui noos entend, la pins grande conviction, et plus 
que je ne j)Ourrofs vous dire. 

Lecointre lit raiiicle 5. 

> le r.ip|>ort cie toutes les lolx favorables 

a lanOei'te, et répressives des actes arbiiraircs qui s’exe-r- 
^lent au nom de ces comites avec autant daniListice ans 
a iiïliumanité ». ^ 

On demande les pièces. 

Lecointre : Eii bien ! la voilà , la pièce ; c est le rapport 
rie voire decret du vin^t-septiéme jour du premier mois. 
(Murmtne:-. ) 

Bourdon de l’Oise : Yoiis voyez que le système étoit dV 
vihr la Convention nationale aux yeux de i’Carope. 

l'ii . . . . Combien iJ^es-tu vendu, Cecoiiitre ? ^ 

Bourdon de l’Oise : Leconitre, tu n’as pas vendu H 
patrie. « 

J’ajoute la motion cFordr^que j’ai faite , et qui a déter- 
mine ia ici du vingt-septième jour du premier mois. 

Citoyens , 

-Des abus sans nombre se commettent, sous prétexte d exé 
ciTtion de votre sage décret du 17 septembre derrdor oui 
ordonne la mise en état d’arrestation de Unis les n'm sus 
pects qui sa trouvent dans le territoire de la république Les 

prisons, les maisons d’arrêt regorgent de patriotes , victimes 

nés haines et aes vengeances particulières , parce que votre 
loi, qui veut, art. 9, que le procès- vei^ial d’arrestation des ' 
citoyens incarcères, sei'a envoyé sans délai cà votre comité 
üe surete générale , avec les motifs qui ont détenniné l’ar- 
restation , n’est point exécutée. 

Le zèle iulaligabie de voire comiié de sûrefé gfWraîe est 
paralysé, laïue de recevoir ces procès -vcrbàux miportans * 
pendant ce tems . les citoyens éplorés réclfiment en Vc in ius^ 
tiœ ; votre comité n’a point de pièces pour rejetter mi f dre 
droit sur les remaimtmns ; en vain les citoyens s’adressent 
au comité ue sarvcdiance qui a ordonné Lnrrcsration nouv 
ootenir le procès verbal dèncarcération , il leur est rehisé; 
JNombre ne patriotes gémissent dans .fappression , et voira 
ancu^^’ plaintes, ne peut répondre à presque 

IMalgré l’attention qui a été portée dans le choix de ces 
comués de surveilianco , beaucoup de membres, le cœur 
rempn d aristocratie, lorsqu’ciu-JeliorsdL mahiicsteiit les sen- 
timens du patriotisrae le plus cxaltéyse permettent les vexa- 
tions et les empnsomiemens les nkis révnUnnc . Uo 


^“uinero 395 , folio ?.:^6 du journal des débats. 


/■ 



tient aucuns motifs des cniises de l’arrestation-, de maUien- 
ronx pères de famille sont incarcérés et reçus par les con- 
cierji;cs des prisons ^ sans que l’acte d’écrou fasse menlion des 
riioafs. Je vous dénonce une vexation de ce genre , corn- 
Ȕuise dans la personne du citoyen Jodon. Ldicte de soa 
écrou est conçu en ces termes : 

E:ttrà't des registre ^ du greffe de Vhôtel de la Force ^ da 26 
stptem'>re 1793, tan 2r;. de la ripubiique française^ une 
et indivisiide. 

,, De l’ordre des citoyens . . . .Hé , Vergne et antres 
membres d« comité révoiliiionnaire de la section de 1793 , 
a été incarcéré : 

' ,, .î:an Baptiste Jodon, âgé de trente-trois ans et demi, 
natif au Cap-Français, demeurcint rue du Four - St. -Ger- 
main , no. 174, sans explication de cause, pour rester jus- 
qu’à nouvel ordre. 

,, L ' citoyen Jodon à été mis en liberté Lier par ordre 
du d.'partGiiient de police, signés des citoyens Baudrais et 
Froidure . adiTiiiiistratcnrs. 

,, Certilié véritable et conFornie au registre et ordre de 
•mise en liberté. A i’jidrel de la Force , ce ipe. jour du pre- 
mois dè l’an second de la république française- Signé 
'Huvet, commis 

‘ Ce citoyen n’est pas le seul qui ait à se plaindre de ces 
•actes arbitraires. Le citoyen Deiaitre , domicibé àViiy-Châ- 
tillon , district de Corbeil , a éprouvé la môme vexarion , 
.pour s’ôtre refusé à payer dos gardes dans une section qù 
il ne demeure point. Son arrestation a eu lieu, et il na éj;é 
élargi qulaprès avoir payé une somme qui lui a été deman-^ 
clée', et d’aprcis la ^réclamation de la commune de Viry- 
Châtillon, son domicile, il m’a donné son mémoire, pour 
vous dénoncer cette vexation. 

Vous voyez , Citoyens, avec quelle facilité on se jouq et 
Ton trafiqua* de la liberté des citoyens; la terreur est au- 
jourd’hui tellement répandue , qiuî le citoyen Jodon, apri'S 
m’avoir produit l’acte que je viens de vous lire, m’a prie 
de ne point vous le dénoncer; il craint un nouvel attentat 
contre la liberté, par îa vengeance de ses opfiresseiirs. 

Mon devoir, Citoyens cclièp, nés , nie commande trop im- 
périeusement de ne point obtempérer à la demande cie Jo- 
don; je vous dénonce doric cette vioialLon de toutes vps 
Ibix et de tous les principes , afin que vous y apportiez un 
prômpt et efficace remèdr ; en ajoutant à la Jc)Ldu 17 sep- 
tembre dernier les trois articles que je vais vous 
' A la séance du 5 e. joiu; du second mois 
' Rhin , au nom du comité de sûreté génért 


Voyez les décrets , page 5^. 






62 

projet de décret tendant à faire rapporter celui que la Cous 
ventlon avoit rendu sur la proposition de Lecointre , pou! 
ordonner aux comités révolutionnaires de donner à celui di 
sûreté générale, les motifs écrits des arrestations qu’ils au 
roient faites. 

Leeointre obtient la parole, et dit : Citoyens, si vouj 
rapportez le décret rendu sur ma proposition , après unc' 
discussion réfléchie , c’en est fait de la liberté. Vos comitééj 
révolutionnaires sont , dans les trois quarts des membres qni 
les composent , contre-révolutionnaires. Nous n’avons pas 
abattu , sans doute , le tyran, pour que sur les marches du 
trône anéanti, des milliers de tyrans s’élèvent. Pour moi je 
ne le souffrirai pas. (Murmures... C’est ainsi que parlent les. 
aristocrates). jLecointre , ari tocrate ! non , vous ne le croyez 
pas. Je persiste à demander le maintien du décret. 

Dubarran et Montant combattent la proposition de Le-! 
cointre , et appuyent le rapport. 

Phelippeaux parie pour le maintien du décret. j 

Robespierre : Sans doute , il faut protéger la liberté indi- 
viduelle ; mais s’ensuil-iJ qu’il faille , par des formes subti- 
les , laisser périr la liberté publique.^ S’ensuit-il qu’il faille 
faire autant de procédures par écrit, qu’il y aura de per- 
sonnes arretées? Le décret qu’on vous a fait rendre , n’eût* 
il pour objet que d’ordonner aux comités révolutionnaires 
de dresser des procès-verbaux en formes , eût dû porter , 
comme il l’a fait, le découragement chez tous les citoyens^ 
généreux qui a voient le courage de s’exposer à toutes les( 
fureurs de faristocratie. Ces hommes simples et vertueux , 
qui ne connoissent pas les subtilités de la chicane, voyant 
opposer à leurs travaux cette astuce contre-révolutionnaire/’ 
ont laissé ralientir leur zélé. 

Quel est donc , en effet , le citoyen , étranger à l’intrigue , 
dépourvu de toutes les ressources que donne aux ennemis'^ 
de la liberté une éducation plus soignée, qui pourroit lut-) 
ter avec avantage contre ses ennemis, s’il faut qu’ils répon-l 
dent par la chicane à ceux qu’ils ont fait arrêter? Lorsque! 
la notoriété publique accuse un citoyen de crimes dont il^ 
n’existe point de preuves écrites, mais dont la preuve est j 
dans le coeur de tous les citoyens indignés ? Ne va*t-onfpas 'i 
rentrer dans l’ordre judiciaire avec le premier décret.^ N’a- ^ 
néantit-il pas totalement la sagesse des mesures révolution- , 
naires? L’humanité veut encore que le peuple soit sauvé , quoi 
patrie triomphe ; mais elle veut que le crime et la tyrannie' 
soient punis sans pitié. L’humanité veut encore que les pa-j 
triotes opprimés par l’erreur des mesures dévolu doantires , 
soient secourus et délivrés. Mais n’ailez pas réduire au dé-^ 
couragement les anais de la patrie. Il n’est pas tems de pa- ' 
ralyser l’énergie nationale; il n’est pas tems d’affoiblir les 
grands principes. Généreux représenians du peuple , vous 
avez, par la eoustance de vos efforts , gi'avi au s->mmet dui 




S 






63 - 

roclier de liberté. Oardez-voiis dafoiblir; car îî retom-. 
beroit en éclat , (et vous précipitcroit au fond de l’impui? 
marais. Soyez doux , biunains pour l’innocence et le patrio- 
tisme ; mais soyez inflexibles pour les ennemis de la patrie. 
Votre ancien décret vous présente tous les moyens néces- 
saires et raisonnables. J’en demande donc le maintien et 
rapport de celui qu’on vous a fait re-ndre. (On applaudit.) 
Le rapport est décrété. 

C'est le rapport de ce décret qui a tué la liberté publique; 
c’est lui qui a occasionné les malheurs de la patrie ; c’«stlui 
qui a conduit au tombeau , à une mort ignominieuse , des 
milliers d’hommes purs , des patriotes; qui a créé ces mil- 
liers de’ scélérats qui ont trafiqué de la liberté et de l’exis- 
tence des citoyens , et contre lesquels, ainsi que contre ces 
comités contre-révolutionnaires, comme je vous les nommois 
dès-lors, nous sommes forcée d’exercer une justice sévère, 
mais toujours pénible ; c’est le rapport de ce décret qui a 
multiplié le nombre de ces audacieux coupables , assez puis- 
ais aujourd’hui pour exciter des troubles à Marseille et 
dans picsque toutes les grandes communes de la répu- 
blique : je vous ai prédit ces malheurs dans le teras ; et 
comme aujourd’hui j’ai été iœprouvé , hué , mais j’ai 
rempli mon devoir ; et après une année de tourmente , 
d’injustices, de cruautés et d’horreurs, pratiqués, tolérés, 
encouragés même par les meneurs de vos comités , vous 
vous êtes occupés de réparer tant de maux par un décret 
semblable à celui rapporté , ce décret faisant pièce pro- 
bante, j’en donne ici copie. 

A la séance du i8 Thermidor la Convention «atîonaîe 
a rendu le décret suivant : 

U Art, I. Le Comité de Sâreté générale est chargé de 
faire mettre en liberté tous les citoyens détenus comme 
suspects, pour des motifs qui ne sont pas désignés psr 
loi du 17 Septembre dirnier (vieux style.) 

II. Tous les comités de Surveillance ou Révolution- 
naire de la République , seront tenus de donner aux dé- 
tenus , ou à leurs parens et amis , copie des motifs de leur 
arrestation, w 

IIl. Les motifs des mandats d’arrêts décerné par 
Beprésentans du Peuple et par les comités de Salut pu- 
blic et de Sûreté générale , seront également communiqués 
aux détenus , ou à leurs parens ou amis. 

Et par un autre décret du même jour : 
ti La Convention nationale , sur la proposition 
îiser les Représentans du Peuple , en mission , 
mettre en liberté les citoyens qui auroient été mis en 
d’arrestation, par d’autres Représentans du Peuple,, 
de légers mütifs , passe à tordre du jour ' ' 



pouvoirs illimités dont sont revêtus les Représentans du 
Peuple envoyés en mission. 

La lecture de ces difFcrens decrets , et des débats qui 
les ont p'récêdcs , forme, sans doute, la p^^euve la plus 
compicte de la vérité des faits portes dans l’aiticle V. 

Le Cointre lit l’article 6, y 

,, De s'etre entourés dune foule d’ap;ens , les uns perdus 
de réputation, et les autres couverts de crimes ; do leur 
avoir donné des pouvoirs en bianc , de n’avoir réprimé 
aucunes de leurs vexations , et de les avoir au contraire 
soutenus. 

On demande les pièces. 

Lecointre: les pièces, a l’appui de ce que j’avance , sont 
les dénonciations [.portées dans cette enceinte e ntre Héion 
ec autres , les décrets rendus contr’eux et qu'on vous a 
fait rapporter. 

Bourdon del’Oisa : Cette accusation norre contre Héron 
et iluPéspierre- Chacun sait que c'osr. flobesj'.ieiTe qui a 
fait rapporter le décret d’arresiatiuii contre Héron , qui 
avoit été demandé par moi-même. 

Aujonrd’iiiii que je puis nie livrer une explication 
plus étendu que je ne pouvois le faire à la tribune , je 
cite à l’appui de l’art 6 , la pctitiori des sociétés populaires 
de Versadies , contre Houiiion , agent de Héron j elle est 
con uic en ces termes: 

,, Cet Jiomme dont la vie est un tiss i de violences et de 
fureur qui caractérisent l’iionime dont i’ame est méctianie.... 
CCI homme est patriote quand il s’agit de faire du mal ; 
ïunis quand il faut respecter les autorités consiituées , remplir 
le servicG de garde nationale , donner son habit de garde 
national, son iiisil de calibre , pour fJiabiiiement et l’équi- 
pement des défenseurs de la patrie , alors il jiaroit aux 
y^Lix CS qu’il est réellement .... un mauvais citoyen. 

,, Ariéié coratne suspect , jl refuse d’obéir au. mandat ; 
il se répand en injures , en menaces ; il annonce qu’jl a des 
moyens de vengeance. 

,, Un ordre du comité de sûreté générale le met en 
liberté ; et bientôt après un ordre du même comité de 
sûreté générale jette en captivité Brial et d’Iénvers , adminis- 


trateurs , et i3 citoyens de la commune de Bonneiles. 


jSTouthonne dissimule pas sa joye de cette vengeance exercée... 


A ces premières victimes , il »n joint quatre autres ; 


et tout récemment Poigner receveur de l’criregistrement , 
patriotes prononcé , qui s’est interressé au sort des malheu- 
reux détenus , a été lui-méme arrêté par Nouthon. 

,, Ce Nouthon est dénonciateur et exécuteur des man- 
dats qu’il provoque ; et il s’acquitte de cette fonction 
de maniéré à exciibr l’indignation de ceux mêmes qu’dn 
lui adjoint pour ses opérationô 


Comment 



6’.7 j . 

t J, Comment Noatîion est-îl^parvenu à tromper le comité 
de siireié gôucraiç i’ Ngirthon que le comité ne connoît pas , 
l^outlion frappé par les autorités constituées de son dis- 
trict. li y a donc quelqu’un entre le Comité st Noutl»ori? 
un autre , sans doute, sert ses passions ? Quelques indicesi 
(][ui sont venus nous éclairer , nous font prt^sùrner que cet 
liomme est Héron : c’est dans, les chaumiéî'es , d.ans le sein 
du pauvre, cju’il va jetterla tristesse et la douleur. 

,, Comment Noutlion peut-il rester (ians un village? , au 
milieu de 5o enfans , la plupart sous les haillons do la 
niisere , qui demamlent à grands cris leurs peres , dont lo 
travail du jour fournil 1 » pain du jour. J ustice , fleprésenfcans, 
justice. Rien n’est affligeant comme le spectacle de i’in- 
lioncence sous les coups du méchant ... 

,, Guerre à la tyrannie et aux intrigans ; protection aux 
patriotes; p.aix aux çliaumières : voilà le eri de notre coeur. 

Les députés des deux sociétés populaires de Versailles 
demandent que la Convention se Lisse faire , par son comité, 
de sûreté générale , un ra])port sur, Ndutlion et les affaires 
qui le concernent. 

Cl arles Lacroix demande la parole ^ ot dit: dans Je cours' 
de ma rnis.sion à Versailles , j’ai é)té à même de me convainore 
de l’énergie patriotique et de la probité des detix adioinis-, 
trateurs dont on vous parle. Ce Non thon dont se plaignent^ 
les pétitionnaires , avoit compromis dans sa perséciitiou un 
vieillard de 77 ans, et une femme de 70, accablés d’in- 
firmités. ' 

Mon collègue et moi , nous nous cri^imes autorisés , en 
vertu des pouvoirs dont nous ('110x15 revéius , à les mettre 
en liberté. A légard des deux administrai ours , nous noos 
contentâmes d’appuyer leurs justes réclamations auprès du 
comité de sûreté générale. Je demande que , toute affaire, 
cessante , le comité de sûreté .générale vous fasse , soiia 
trois jours, pu rapport à ce sujet, ; 00 , si la clie.se lui est 
jinjmssibie je demande , coiiiine les péîitionnai'res , que les 
ïu'eces ,et la pétition soient réuvoyéos aux représi'iiîans qui 
nous ont succédé dans le département de Soiii;' et Oise,, 
pour en connoîtve en dernier ressort. .Citoyens , vous dé-" 
lestez tous les g, ivres dje tyrannie .vous avez promis la 
ptiix aux chaumières : je vous rappelle à votre serment. 

Hauscin.nn çjemcande< que NoutliQii 'soit provisoirement 
mis en .état d’.arrçstation. ’ . 

, Cette proposition est décrétée et applaudie. 

. ,, La Convention décrété le renvoi de la péîilion des 
^sociétés populaires de. Versailles. , au cpmité de sûreté géné- , 
raie , chargé d’en f dre un rapport dans trois jours. » - 

Ce rapport n’a jamais eu .lieu : î^.qutQn a élé prompte- 
ment et sans decret, remis en liberté ; et les mailieureux 


lÜamérü , füK® i.î,2 du jauruaj des dsBjars. 



citoyers de Bonnelles et lieux ci rcon voisins , presque tout 
euii;vfltenrs , peres de famille ; pauvres jourr^aliers et ar- 
tisans , Sf.nt reslés incarcérés, nonobstant Jes récl.îuifliions 
de ia dépinaLion de Seine eiOise, appuyées de eeliixs de 
leurs collègues Lacroix et Musset, et les meneurs de ces 
comités aifectent d’etre étonnés de se voir dénoncés et que 
l indjgnadon générale est çonire eux. 

A la séance du 5o Yeniose , ia commune de Versailles 
sVst présentée à la barre, ejt vous a. lue une adresse, dans 
laquelle elle dercande la mort de tous les traîtjres et de tout 
ie> conspirateurs : elle appeile , sur-tout , la véngeance des 
loix sur ceux qui ne se sona servis de la conlinnee c!n peuple 
que pour persécuter les patriotes : Elle déclare , que le 
i^éparlement d» Seine et Oise doit plus parti:;ulîereinent 
les denoncôr , parce qu’il renferme un plus grand nombre de 
victimes, de faux révolutionnaires. 

Le president exprime avec sensibilité l^ntérér que la Con* 
vention prend aux faits que dénoncé la commune de V ersaiiles , 
et promet qu’elle prendra sa demande en grande considé- 
aation. 

Bassal , prend la parole , et dit : 

,, Ceux que vpus voye?. à votre barre , sont des patrio- 
tes échappés aux persécutions de cçiïx qu’ils vous dénon- 
cent. Il vsf bon de vous apprendre , dans ce moment , que 
celte ville de Versailles, qui s'est toujours distinguée par 
son patriotisme pur et anient , ne renfermé presque plus 
que les aristocrates qui fiiabitoient et les autrichiens qu’on 
y a rassemblés J car, presque tous les patriotes y sont dans 
les fers-, Je sçais que quelques-uns se sont rendus coupables , 
mais le nombre de ces derniers est extrêmement foilde ; 
fous les autres sont persécutés. Sans doute vos coctifés vous 
feront un rapport sur Versailles , et sur le Département de 
l’Oise. A cette époque, je m engage à prouver que tous les 
fijpnr.taîres des adresses énergiques dans les circonstances 
périlleuses , que tous ceux qui ont demandé la tête du 
tyran , tous ceux enfin qui vons ont donné des preuves 
réitérées de dévouement civiqire sont incarcérévS. Ce n’«st 
que de cette nuit que quelques persécuteurs ont été ren- 
fermes ; c’est un des effets de la proclamation que vous venez 
de faire , pour mettre la justice et la probité à l’ordre du 
jour; Mais il ne sufiit pas que les persécuteurs soient punis, 
il fiut encore que les persécutés soient vengés. Je demande 
que le comité de sûreté générale fasse un rapport prochain 
sur le département de Seine et Oise ; ou bien que vous me 
permettiez de présenter mes observations sur ce qui s’y est 
passé. 

Tallien : „ II est constant que les patriotes de la commune 
de Versailles , et ceux du Département de Seine et Oise ont 


Liiitnt^ro <^47, folio ^ 8 i du journal des débats. 

K«, 483, f^Iie dtt Républicain français , séance in i g^erounal. 


6 ; 

Clé persécutés, et q«e les anciens rajets, les ftx'istocrstos âc. 
8g i;i go iprii i*.i. de la iibaiiie ti de l'égalité , et 

des agens envoyés , noiammeut par le minis^ire de la 
guerre , y ont piTsécuté et y persécutent encore les patrfotes. 
Ce n'esi pas tout , ils éntravoicQt iû rnaiche du gQuvcJriîe- 
mcot ; ils ouvioieni }cs paquets, ioterccptOicnt tontcî les 
correspondances , jetîbiept la désolation dans toutes les 
familles. Par-tout vous trouveriez des traces des perstcu- 
lions exercées par ces faux patriotes , qui tiennent , n'en 
doutez p^s , à ceux de Paris , à ceux dont les complots 
liberticides viept^ent d'être dévoilés 

« J appuyé îa demandé qui vous ©$t faite, dé demander 
au comité de si^reté générale , un prompt rapport. Je 
demande en outre que le rapporteur cliaigé de ce 
travail, étende ses vues sur toute la République; qu’d 
nous dise si par tout il n’a :ÿasété fait de violents efforts 
pour décourager les patriotes ; si ^par* tout des intrig uits 
n’ont pas exercé des vexations comtre ceux qui ciefvri- 
doient la làberté. Oui , par- tout o i ces scélcrats n’ont 
trouvé qu’un petit nonibre de patriotes , ils les ont op« 
primas. « 

la Co jVention décrète la proposition principale et 
l’amendement. 

Eh bien ! c’est en vain que la Convention Natio a 
décrété ia proposition principale et l'amendrmient. 

Cette mesure ne convenoii p.as aux meneurs du comité, 
rien n’a été exécuté, et on ne rou>;il pas tie votis deman- 
der de décréter qu’ils ont bien mérité de la prtrie, ; et 
l’éloquence de Bassal comprimée par la terreur, l’a aban* 
donnée , malgré les pièces c conviction dont il étoitle poi- 
t ur au nom de la députation. 

l’ionrdon de lOise dénonce Hércna,’ sçÇrétaire commis 
du Comité de sûreté générale , çommç des auteurs aires- 
tations dénon*èées par dépulation. 

L’arrestation de Héron est décrétée 

Co thon : « Je ne dirai qu’un niot sur le décret qui a 
n* été rendu ce matin. Je ne counois point ptrsonrieile^ 
« ment Héron, je |ne J’ai jamais vu que je croye; mais 
« le Comité de sûreté# générale instruit de J’arresiaiion 
« que vous aviez décrété, est verni en laire part au Comité 
« de Salut -Public, et nous ;/ déclaré qna l*' République 
n deyoit à Héron d’avoir découvert et atteint les plus grands 
« conspirateurs, et notamment ceux que l^^urs fortun«f 
« rendoient plus dangereux , comme banquiers fs,t autres. 
« Vous devez être ^surpris que ce soit contre lui qu’ott 
«c vous air fait pronqneçr im décret d’arrestation. 

« Je ne demande point Je rapport d« décret, parce que 
« jeprésiune que le comité de sûreté g.-^qjiraie vous fera unrap^ 
V pPJt trouve 4 cèi égards ft$i , ft 


6S 

qn’asrurc le comité c!e sûreté générale,* et c'est 
î> ; cuî-étrc parce que dès longtems il sert à déjouer 
SV bien d:s intrigues et des intfigants , qu’on a voulu ie 
3) p.ictîrc daus le cas de ne plus servir la tiiose publique. 

Movsc Bayle prend la parole au nom cr. comité de 
sûreic générale. 11 commence par aimoiiccr que, le 
SS comité a craint que le décret rendu ce matin ne , 
SS paralysât une grande partie des mesures que le salut 
5s de la ibipubiieue avoit dictées , et qu’il tsi chargé 
îs d'ex l'Uînicr cette crainte à la Convention. 11 rdiirme, 

SS au nom du comité , que Héron est un patriote pr.r, 

55 epue c'est à lui que nous devons raircstaiion des 
SS plus grands conspirateurs et il donne iectu; c , d’une 
it i'. 3 ttrc de Crassoqs . représentant-commissaire dans 
î5 le dépnncment de Seine et Oi?e dans laquelle , 
sî Crassous rappoitc au comité les mesutes qu’il a 
SS prises et qu’il ptend journellement à Versailles contre 
35 les tunetuis de la Liberté et de l’Egalité. L’objet 
55 principal de Crassous , est de répondre à Bassal , 
55 qtji disoit, il y a quelques jours , que les ‘aristocrates 
55 croient libres à Vctsaiiles. Crassous ajrm'c que Héron 
99 dans les diverses missions' qu’il remplit au départe- < 
55 ment de Seine et Oise , se conduit avec l’intégrité 
55 d’un vrai Républtcain , et qu’il acquiert chaque jour 
*55 de nouveaux droits à la reconnoissancc publique, (i) 

Un membre dit : 

55 Oa accusoit Héron ce matin : je déclare que 

je ne connus jamais de meilleur révolutionnaire crue 
35 li;ron', et je déclare que si vous voulez écouter la 
55 dénonciations (}ue l’on pourra vous faire contre tous- 
55 les lévOiUiionnaires , il en résultera que les aristocrates 
55 las modérés, tous les emaemis de la chose publique 
5 > vous en obséderont.' 

Moyse Bdvlê : 55 S’il vous restoit quelques doutes sur 
55 le painotisme de Héron, je pourrois ajouter un^ 
r? (ait,- c’eSt que dix ans avant la révolution, il étoic 

^ Ci) Je dois dire ici que Crasoms, ma! enronré et trompé sans doute , a 
^'ait pins de mal dans le département de Seine et Oise , par la protec- 
tion cclarantc qv.’il a accordée à tous ces brigands envoyés par le cc— ' 
jnité de sûreté jr-inérale , par le n^auvais choix qu’il- a fait pour remplir, 
les comités de surveillance de ce departement, par les places qu’il a., 
doi’.nécs K dès liommcs tarrés , immoraux, couverts la plupart dès leur 
^eunessè. ci’Lu mépris univesel justement mérité, par le déplacement 
«l’ii mmeS probes qu’il a fait sans jugement comiliè sans reflexion ; 
Crassous a. fait plus de mal dans- ce, département, et . singulièrement k- 
iV*er‘:atile.s. , qu’un armée de dix miUe aristocrates n’en eût fait|, si elle y 
e^r entré. 

Les réclamations de la députation de Seine et Oise ont été vaines au- 
près de. Uû coiîrme auprès des comités. On étoit sourd alors ,-et la pt.rtç’ 
éiOXL rermée. à qoui qui Y»ul®ip étlaircf ùixs le 



^9 ' 

Victime de la cour ; et qu’au loaçût, ù la iê‘e des 

Marseillais , il reçut cinq blessures , ca combailant 
îj pour la' Liberté contre la tyrannie. ' 

Robespierre : ?? Je ne vous parlerai pas de Héron 
1) pariiculierenient ; vous venez de voir que ce qui 
îî avoit été allégué contre lui ejt démenti pjar dea 
iî témoignages imposans et par des faits ceriains. Je me 
>1 contenierai d’ajouter à ce que l’on a du , que les 
îî les comités de Salut publie- et de Sûreté gén.éraîe 
JJ s’étant informés auprès de l’accusateur public dijf 
jî tribunal rcvoluiionnaire , pour savoir s’il y avoî? 
>» quelques renscignemens contre Héron , ils en ont reçu 
JJ une réponse négative. 

îj Le résultat de ce que je viens de dire me conduit 
Jî à vous demander le rapport du décret contre Hé- 

jî ron. 

Cette proposition est décrétée au milieu des applau- 
dissemens. 

Ce même Héron a été dénoncé par Bourdon de 
l’Oise, le 27. frimaire, en ces ternies: 

îî Puisque le bienheureux jour est arrivé où les agens 
îî insolens du pouvoir exécutif reçoivent la juste pun:- 
îî tioûS de leurs nombreux délns ; je dcjuande que le 
U nommé Héron, commis du bureau de sûreté générale 
îî soit arrêté ,.pour avoir pns notre collègue Panis acL 
îî collet, 

Vadier a défendu Héron, en disant: 

îî Héron est un excellent paidote , qui nous a été 
îî d’un grand secouis en beaucoup d’occasions c’esî lu 
îî uotamuient qui a arreté les banquiers Vandei yve.“. 
îî Voici quel a été son tort ; il s’est élevé une altsrcaiioii 
îî entife lui ex Patiis ; , Heioo s’est en effet oublie : Pariis 
îî en a porté ses plaintes au comité de Sûrct.e géncrale, 
îî en nous disant qu’d etoit prêt à oublier ce qui lui 
îî étoit personnel ; mais qu’ii ne croyoît pas devoir se 
îî taire, quand la représeniaîion naîionaie etoit avüio 
îî dans sa personne. 

La Ccnvfvuion a chargé le comité de Sûreté géné- 
rale de lui faire un rapport, s’il y avoit lieu. 

Jamais rapport n’a été fan, et Panis a quitté, le co- 
mité. • 

Enfin, le i 5 thermidor, le même Bourdon de l’Oise , 
à demandé l’arrc-î talion d’Iiéroo , en çes termes, : 

U Vous devez tous vous rappeller que le jour, oà 
îî indigné dc*la conduite de Héron, agent du' comité 
îî de Sûreté generale, j obtins de lu juspe^. d.e ;ia 
îî Con\£m-gii Nationale un décrc.i d’;.urcS;aiion , Robes-- 



Je pottriojs citer ici ce Maillnrd, agent de ce même 
comité , qui , avec un d^tacl enhent d’avmée révolu- 
tionn.IircA a com'mis les brigandages les fdtis affreux dans 
les campagnes de Tîneux ^ J'dly et enviions , mis en 
état d’arrêstation par détrer. , mais élargi par le co- 
mité'’ de Sûreté générale , sa»3 rapport préalable, les 
districts de Meaux, de Corbeil , ont souffe.t inlîni- 
ment des dilapidations de cé Maillard , de Turlôt , ion 
agent. 

Les «2, 5 , lo et i 5 bruriraire votre barre a retenti 
de plaintes contre ces agens peIlide^. Vous avez ordonné 
dés rapports, aucun ne vous .1 été fau : on a fait 
sérnbîarii de lc8 punir, et la quinzaine qui a suivi leur 
déteriti«>n , les a vu commettre de iiouve.iux excès. Er 
cependant Vadier assuroit à la Convtniion , à la séance 
du 8 thermidor , que toutes les opérations du comité 
©ni toujours été marquées au co n de la Justice. 

Eu faut-il davantage pour justifier rariicle 6 ^ non 
sar».s (;oufe? 

Lecointre lit larticlo 7. 

D’avoir rejetté et baissé sans réponse un nombre infini 
dé plaintes et me'nioirs qui leur avoient été adressé-- contre 
leurs ageri^ oppresseurs , d après leur déffense , noia- 
nient cpjle de Kei on . Senaud , et autres ; d’avoir à fa tribune 
même de la Convention , Dit leur éloge, fait rapporter des 
decréfs justement lancés coidre eux et d’avt'ir par là livré à 
la vengeance de ces mon&tres , les citoyens qui avoierït eu 
le CO «I rage de les menacer. 

Lecoinfre ; les faits sont prouvés par une multitude de 
pièces et une foule de r/ clamaf.ions du drpar»6ment de Seine 
et Oise et par vos décrets qui les ont aocucüiies , et que je 
rapporterai , s’il est nécessaire. On rit . 

Bourdon de l’Oise : je répété encore pour cct article, 
que esite accusation porte sur Coudion et Saint-Jnst , qui 
ont fait rapporter les décrets u’arCiation dont on parle* 
Mais il n’est pas étonnant de voir cet hommo dans «a fureur 
délirante , dans sa raee diffaiKanîê , encenser nos collègues 


7iû, jearj]»! des défâts. 



de ces délits ,dont se sont rendus côûpiïbles des hommes qui 
ne sont plus » lui qui a eu le Courage d« produite coiure 
le tyran» trois de'cades après sa mort, uïl acte d accusation 
qu*!l avoit gardé tlans sa p( che tant qu’il vécût.| 

J’ai sofïlsaminent prouve' cet article » par les pièces citées 
pour appuyer le précédent. Comrhè je ne réjtonds pas plus 
ici aux injures , que je ne fai fait à la tribun®.^, je passe à 
l’article 8. 

Lecointre lit rarticle 8. 

», O’avoir couvert ia France dè prisons > de mille Bastilles 
d avoir rempli de d^üil la Rép^ibi’qae entière , par l’incar- 
cération injuste et même sans motif, de plus de ceiit mille 
citoyens, les Uns infirmes, lès antres octogenaîrtîC , d’autres 
enfin p*fTts d« famille et même des défenseurs de 

Bourdon de l’Oise : vous voyez combien cala 
cvîe : ciiacun sait qii’nnè très-grande partie des 
a été faite par les comités révolutionnaires , et qu 
cju’eil.es aient mohté à cent mille: et, ici, on veut Tes 
pMier a sept membres , pour en rejette r Todieux sur des 
hommes qui ont bien servi la patrie. 

Goupiilean ; il est bon d’observer comme Lecointre est 
snr de ses faits: il ne varie èa un jour que de cent mille à 
cinquante mille. 

Ferrand : on inculpe la révolution. 

Cambon : sans doute Lecointre étendra son accusation 
contre tons les membres qui ont eu des missions dans les Dé- 
parLemens : cariln’en est aucun qui iVait été forcé u’ordoiiner 
des arrestations. 

Garnier de Saintes : l’improbation que vous avez mani- 
festé sur cctnriicle est bien fondée car il renferme encore , 
s’il est possible, plus de perfidie que les autres. Il accuse 
tous les représentans quand Des brigands de la Yendée me- 
Jiaçoient de s étendre clans les Départemens environnans. 
Mes collègues et moi , aurions-nous sauvé la patrie de celte 
déplorable invasion, si nous n’avions ouvert les cachots , pour 
y me Lire ceux epi nous eussent livrés à ces brigands ? 

Lichassci iaux : Ce chcl db-iccuiaiion eU iiiscnt moi 
moi daî'js les gazettes de Londres ; je l’ai lu. 

Lccoiutic : J’ai une pièce probante Sur 
a etc d.ins vos maiiis ; vous l’avez vue 
clarjiîcu la: le par notre coHèiJiue Bot 
veur il) rnuTimires* Je n’ai pas fini, citoyens 


(i) Le jonrnal n'ayant pa rapporter exactement ce que j’ai lu de 
l’impr'.mé dr Soncher 8t. Sauveur , président du comité de. sûreté 
générale, je le rétabli» ici. 

Boucher a écrit : n La loi du 17 septembre détermine qiiels sont 
les hommes qui doivent être regardés comme suspects ; la Convention 
a charrié »snn coin^ir * Je se faire rendra compte de^ motifs de. arras- 
ûtions ; mais dan$ quelques écetions , les menées des roihués voy<rat 


V 






72 

nos collègues a également donné Fa démission , parce qu’il 
a vu les mêmes excès ; c’est Gulnoy. Un troisième s’cst 
aussi retiré ; mais il ne m’en a pas coininuniquc les causes. 

Bourdon ( de l’Oise ) : Gct article est appuyé par les ga- 
zettes de Londres , et par un homme qui est resté trente- 
six ans en Espagne , et a été espion 4n roi de Naples. 

Goupilleau ( de Fontenay ) î Je ne suis pas étonné que 
Lecoinlre cite Boucher Saint-Sauveur ; il nous est venu 
demander, il y a quelques jours , quatre mises en liberté, 
dans lesquelles dn comptoit deux nobles et un ci-devant 
prêtre , et il a été refusé : voilà peut-être le motif de l’écrit 
qu’il a comvuutuqu^ à Lecointre. 

Lecointre : Cet écrit est fait et connu de la Cor^vention 
depuis six mois. 

Legendre : U ne s’agit pas ici d’inculper Bcucher-Saint- 
Sauveur ; mais s’il failoit parler de lui, j’aurai beaucoup 
à m’ciendre sur ce qu’il a fait pour la révolution : je ne 
l’ai pas perdu de vue depuis qu’elle a commencé , et il a 
combattu satis relâche pour la liberté. 

Moyse Bayle : Bouclier- Saint-Sauveur , nommé membre 
du Comité de Sûreté générale , soutient sans cesse l’aristo- 
cratie ; et si scs erremens eussent été suivis du Comité , 
vous ne seriez plus ici; car vous n’ignorez pas que , par 
les mesures vigouieuses qu’il a prises, le Comité de Sû- 
reté générale a concouru à sauver la patrie. 

J’ajouîcrai seulement à ce que j’ai dit . pour prouver 
combien étoient injustes autant que crweilcs ces incarcé- 
rations ; c’est que sur cent trente- deux Nantais envoyés à 
Paris, au tribunal révo-uiiorinaite , et sur le compte des- 
quels il y avoir si peu de charge , que Fouquier dit dans 


dans cette loi un frein à leur desp^^tisme , ont affecté de la méconnoL 
tre. Le comité de l:i section dos Tuileries s’est distinj^ué par les acres 
arbitraires qu’il a exercé, et' par son mépris pour la représentation 
nationale. 



Indi;^né de voir que les meneurs de ce comité s’acharnoient à per- 
sécurer lea ptf triâtes qui avoient eu le courage de les démasquer ; plus 
indigné enc'' re de voir qu’ils avoient des défenseurs dans le comité' de 
sûreté générale , ne pouvant soutenir plus long-tems le spectacle dé* * 
cliirant des femmes et des enfans éplorés qui réclamoient la liberté de 
leurs maris ou de leurs pères sacrifiés à des haines particulières ; voyant 
que je ne pouvoi.s rien , et que je iuttois en vain pour leur faire ren- 
dre justice, je me suis retiré 

• . . . . . . Je ne connois point, vous disoit-il, d’intérêt qui 

puisse autoriser l’injustiee; l’intérêt géne'ntl veut que nous nous élevions 
contre tonte espèce de tyrannie ou d’oppression ; car ce -seroit bien en 
X’ain que les patriotes auroient fait autant de .sacrifices pour derrnire 
les despotes , si un comité de section pouvoit s’arroger le droit de les 
remplacer , et si les représentans du peuple , chargés spéciak‘m.ei:t de 
faire rendre compte des opérations de ces comités , r.érligcoieut (le- 
réprimer leurs vexation?. 


i 




^ ^ 73 ^ 

îe îeins , à qui yonîut rentendre , qu’il ne savait comment 
ba.iir son acte cl accusation , iaure de pièces que le Comité 
levoluiionnaire de Nantes n’a pu rournir? de s.Oïtc que 
quatre-vingt-quatorze Nantais restés et mis en jugement 
(les autres étant pér s de misère) tous ont été acquiMés.Et 
pour eue juste . li faut juger et punir i es membres de ce 
Comtté révolutionnaire. 

J ajouterai à i appui de ces faits , que du nombre des 
anciennes prisons , la Bastille seule a été renyersee n Pans, 
qui contenf)i£ au pbis trois conts prisonniers , mais qu’on 
les a remplacés par les plus belles maisons nation..les , au 
nombre déplus de vingt-quatre nouvelles prisons. Je m,,e 
contenterai de citer la moitié de celles qui marquent 
davantage; telle que la matson de justice du département^ 
qui peut en contenir un mille. Au trois Fructidor , il y tn 
existoit encore. 5o6, 

Be Luxembourg , à la même époque , en conte- 
noît encore c|ua£rc cents vi.ogt cinq , malgré i’exé- 
cuiion de cent soixante-neul en trois iru's , et que , 

< epuis la mort de Kobespierre , plus de moitié ont 
ODîenu leur liberté , ci. 

La maison de suspicion, rue de la Bourbe, 
ou îl y en avoit encore 
Aux Carmes , rue de Vaugirard , 

Aux Anglaises, rue Victor, 

. A Lazare , fauxbourg Laurent, 

Aux Bénédictins Anglais , 

et de Louis, 

e Cou.cge des Ouatre-Nanons , aiiquel on îrava.uuj. 
aveclajdus grande activité, travail qui é toit bientôt fini , 
et ou ion pourroit en loger trois mille au i moins. Je dirai 
en .n , que le bulletin des piiscrjs étoit , le 10 Floréal 
ernier ,, de six mille neuf cents vingt-un : à la retraite de 
(^.-espjerre du i^omitê , le 23 Prairial , de sept mille trois 
ce*.us . a sa mert , de sept mille neuf ceuts tre ze ; 1 g tout, 
non ^ompr.s la Goociergene et les maisons d’arrêts. 'J'es 
^ actions ' qni en coriienoienî au moins douze cents : à la 
^ ^ruCii lor il n y en avoir plus qtie cinq mille 
cent s.x, -t uujourd hui 20 Vendémiaire le nombre n'excède 
pas en fout quatre niille,. 

nombre des prisons et des prisonniers 
cxit a ug.Uv, , dans la propornqn Je Paris. Dans chaque 
grance coiamune de la République, Li proportian étant 
a meme , je me trouverai avoir trou peu dit, ca uortaiU 
c tota. des incarcérés à cenî.qiille hidivldiu ( 1 ) ' 

Larticle IX , ainsi cr^nçu : 

ro Ôa 

public en 


42 , 5 . 

344- 

182. 
i33. 
28 î . 
1 13. 
40G. 
■doit 


a repoadu que, par R, raXmlaàeaC 
trouvé 520 luîif'. 



ft D’avoir induit en èrreur leurs dèllègues ^ en répan^* 
daut le btult , depuis que la loi cruelle du aô Prairial a 
etc rendue, que cette loi avoit été Touvrage du seul 
Robespierre, qùi ne Tavoit conimuniquee qu’à Oouthoà ; 
tandis qu’ils âvoient été avertis , itiêniè avarie qu'éilc pas- 
sât , par des membres du tribunal révolutionnaire, (Fou- 
quier, f6l. 14 et i 5 . j des incotivcûjens graves qui eà résul- 
teroient. a 

Lecointre : Voici une pièce , certifiée par Fouquier 
Tinville , où il s’éxpiiiWé alnii (1) : 

Qjiaui à ri-uculpâtion d’avoir fait exécuter la loi du 
$2 Prairial , elle n'cM pas toléraible ; car un accuvéateur 
pirblic n’est pas uù législateur; mais tenu au contraire de 
faire exécuter les ioix rendues quelque rigoureuses qu’elles 
soient Aussi ai-je Ituivi cette niarthe; mais je n’en ai pas 
moins nous les incoiwénicns de cette lôi , et j’en ai fait 
pa>t au Comité <ie Siireté générale ^ qui s’étoit meme proposé 
de demander la réfèniiation d’aucun des articles, n 

<4 II est èhcore un fàit bien important , c’est que phuicuis 
jours avant la loi terrible du 22 Prairial , informé par les 
di cours de Dbmaa et de quelques jurés, tenus en la 
chambre du Conseil, que les interrogatoire^ , déclara- 
tions et les défenseurs aux accusés dévoient être abrogés pfir 
une nouvelle loi qui étoit prête à être portée , je me suis 
présenté au Comilé de Salut public^ et fen ai thnofgtié mon 
inquiétude ans. citoyens Billaud Varennes , Collot-d' Herbois ^ 
Boiere. et Cainot qui s"y trouvoient ; il m’a été répondu 
formellement que cet objet rcgarrloit Robespierre. |ç suis 
allé delà au comité de Sûreté générale, où je témo gnai 
la même inquiétude aux citoyens» Vadier , Amar, Dub'ar- 
ran , Vouland, Louis ( du Bas Rhin 1 , Moysc Bayle, Lavi- 
coruterie et Elle Lacoste qui s’y trouvoient : tous me répan- 
diu ni qu'il n^toii pas possible qu'inné pareille lai fut portée , 
et qnûu vtrroit. Cepcndaiu elle lé fat. j’invoque le lé- 
moigroige de tous ces lUembies ; je les crois trop justes 
pour SC refuser à rendre hommage à la vérité. Si j’avois 
été pairisan de cette l«>i nouvelle et de scs auteurs, au- 
rois je rs clamé avant sa création et depuis. ?» 

“ 11 est encore un autre fait non moins important ; 
informé que le projet êioit de reduirer les jurés à neuf 


(i) Je ne suivrai pas ici ï’extrait donné dans le Journal das dé^ars 
e" decret, , parce qu’il n’est pas exact et que la pièce que j’ai sem- 
îilan’v. à celle qui a etc déposée k la commission par ï'ouquitr lui- 
Tueme , et signée de lui , et que cerie copie que j’ai est celle par itiôi 
Lie,- je la transcri» ici littéralea.cnt , quoique sOîi méaicire imprimé ne 
s'oit par précirément de ïnècùi. 





75 , • . 

et à sept par ié^Lnee ^ je m'élevai avec fôra dans le eomtté 
dé salut public meme , contre cette rcduciion , sur le fon- 
dement que le tnbunài Kystat joui jmqu'àlors de la lortfiauce 
pui>liqué ^ cciîc réduction, si elle avoit-lic'u , la lu.' teïoit 
perdve infailiiblement ; Robesp erre lois présent yu c®- 
miic me ferma la bouché , en m’objeciani ou’ 1 ri’y a voit 
que des aTvsioctateS qui pouvoieht parler ainsi. 

a Ce débat a eu lieu en puérence dei cueyens Billuud- 
Vorenn?. qui étoit assis entre Robrspierre Ut à la table 

du corniiè , et des citoyens Coliot d'Herbeis , Barhe et 
'Prieur^, tous vnt gardé le sîUnce . et je me suis retué. Sans 
douie ils se rappeUfeiont aisèiiH rlt de ce débat 

Laloy ; }e dcmrnide à qüi cette piece est adressée , 
et quelle en est la date. 

i>ccoinbe : Je suis membre de la commission que 
vous avez chargée de lever lés sctllés chez Robespierre 
et scs complices. Cetté pièce a rté rctrtise à la com- 
mission par "Fouquier lui-raêtne , lorsque nous allâmes 
chez lui lever les scellés. Lorsque voufi examinerez cette 
piece , voir> verrez |que . .. . ( Piuèicitrs voix : La date , 
la date. ) Elle n’est pas datée. 

Bourdon ( de l’Oise ) : Ce dernier article fait frémir i 
Comment , c’est un homme , objet de l’indigaaiion 
publique, et complice de Robespicrie , qüe i’On va cher- 
cîier pour mener à récliafaud ceux mêmes que Robes- 
picfTO avoit désignés pont être ses viciirnes. La date est 
fownuc.; car la piccê a été remisé à la ccrruuisîion , et 
la commission n'existc que depuis la mort de Robespierre. 

Louchet : ['interpelle Lecointre de déclarer si , le 
jour où Fouquiet-Tinville paiût à la bàrrt* , lui Lecointre 
né dit pas en le voyant : Voilà un brave homme , un 

homme de mérite Pour donner à l’assemblée une 

idée de la confuujcé qu’elle doit avoir en ce qu’on lui 
rap'porte de Fouquicr-Tinviile je vous dirai que le 
j("ujr cù il vint à la b;',rrc , nous appûraes qu’il atoii diné 
chez Lecointre ; cotisé qui^mment il éioit lié avec lui : 
qui le voit e-st sort complice. 

i.ecoiritrc : Je vais répondre. Les papiers publics doî- 
vcni faire mentiorj que Èouquiér-Tiuvîlle a dit qu’ii avoit 
dîné chez moi , il y a quatre mois et demi. MerÜn < de 
Thionville ) y ëtoit aussi. Depuis ce lemS . je n’ai pas 
vu Fouquier : d'ailleurs . il n’entie point dans mon ca- 
ractère de regarder cofnmè ceupabie un homme qui 
n’csi qu’accusé, et côrnmefa voiulr r z vous que je l’etîssss 
regardé comme tel, à l’c^oquc où II parut à la barre. 
Vous qui , trois jours auparavant , l’aviez proposé po 
accusateur public du tribunal révôiutioûaairs ? 




Férând : Je demande à Lecointre queîs cîcrîcnt les sm 
membres de la coaimissioii qui ont reçu avec lui les 
déclarations de Fouquier. 

Lecointre : Le pracè?-vcrbal est là, 

Lee Je demande à Lecointre, si aucun de ses- 

collègues de la commission lui a permis de faire usage 
de CCS piec.es. 

Billaud : La picce dont il s’agit ne prouve rien contre 
les accusés. D’abord il est dit que Fouquier • Tinville 
s’étant adressé , avant l’cxisfcncc du décret du 22 prairial ^ 
à quatre membres du comité de salut public , ils le ren- 
voyèrent à Robespierre qui étoit chargé de cette partis. 
Après quc'ce décret fut rendu , Fouquic r vint faire des 
obfieivations au comité de salut public, et il dit que. les 
trois meiTibres qu’on accuse aujourd'hui gardèrent le 
sihncc , et que Robespierre lui ferma ,1a bouche , en 
disant qu’ii tenoit le langage de l’aristoci atie. Le lende- 
main du jour où le decret fut rendu , décret qui est Ccu- 
treize de la Convention , puisqu’on en demanda l’ajour- 
nement , et qu’on le discuta ici , il y eut au comité de 
salut public une séance si orageuse r, que Robespierre, en pleura 
de rage : que depuis ce tems , il ne vint plus que deux fois au 
comité de sa lui public; et qu rfin que le peuple ne fut pas 
témoin des orages qii nous agUoient , il fut convenu que U 
((unité de salut public tiendrai scs séances un étage plus haut. 

Lecointre : 11 est encore une pic ce importante à l’appui 
du même article , c’est rinstruction de la commission 
établie à Orange , par arrêté du comité de salut public 
du 21 fioréal. Il porte: 

ic Article I. Les membres de la commission établie à 
Orange , sont nommés pour juger les ennemis de la 
Révolution. 

Art. il Les ennemis de la Révolution sont tous ceu^ 
qui , par quelques moyens que ce soît.ct de quelque» 
dcliors qu’ils se soient couverts , oijt cherché à contra- 
rier la marche de la Révohitiori , et à empêcLer l’aüer- 
niissement de la Répubiiijue. 

Art. 111. La peine due à ce crime est la mort ; 
la preuve requise pour la condamnation , sont tons les 
Tenscigntmens de quelque nature qu'ils soient , CfUi pcuvait 
ionvaincre un homme rnisonnable et ami de la liberté, 

Art. IV. La réglé des jugenrens et la conscience 
des juges éclairés par l’amour de la j',:srice et de la patrie. 

il .\kt. V. Leur but , le salut public et la ruine des 
ennemis de la 'patrie. 

ii Art. VI. Les membres de la commission auront 
fir?.ns cesse les yeux fixés sur ce grand intoiêt -, ils lui 
.S'ii^rifi«ro?U toutes les cousidéraûoas par'iculi^reî. 



<t Art. Vît. Ils vivront dans cet isolement salutaire?' 
est le pitis sûr garant de T-ntegrité des juges, eî qui - 
par cela meme icu? concd e la confi mee et le respect, 
ils repousse rofit toives, sollicitations dangereuses: ils 
fairoïit tomes les sociétés et toutes les liaisors païticu'* 
liâtes qui uettvent alFoiblir rênergie des défenseurs ds 
la liberté, et influencer la conscience des juges. ?» 

44 Art. VllI. Us n’oubUcront point qu’ds excrcentde 
plus utile et le plus redoutable nr.nistcrc , et que la 
récompense de leurs venus sera le tiiompbc de la Ré- 
publique , le bonheur de la patrie , et rcsîime de leurs 
concitoyens. 

Les membres du comité de Salut public : Signé Gi^r- 
not, IhlLiud-Varenne et Couthon. 

Plusieurs voix : C’est très-vrai. 

Biilau 1 : C’est Couthon qui est l’auteur de l’arrêté 
qui établi la commission d’Orange ; je ne sais sî js l’ai 
s;gné , mais je tiéclare que si je ne i’ai pas fait , je le 
l'erois tout-a Rheure. 

/observe que cette commission créée par arrêté 
simple du comité de Salut public , sans décret préa- 
iabie , porte à cinq juges cette commission ; Que l’ar- 
Têié du- représentant du peuple , Maigrret , en consé- 
quence de celui du comité de Salut public , du premier 
prairial , porte : 

îî Art. 4. Quand la majorité des juges qui se trou-' 
î> veront sur le siège , déclarera être sufHsammèni instruite , 
5 ’ le président recueillera , sur le siège même., et à 
51 voix basse, les suffrages, et prononcera de. smte 
55 pubhquement, et devant les prévenus, le jugement 
î-3 rendu, ' 

‘ ” Art. 5 Le tribunal pourra juger avec trois membres. 

' On voit qù’il ne doit y avoir qi jurés ni déFens*iuS 
pour les prévenus, cjuoique la loi voulût qu’il en existât 
et qu’il y en eût au Tnbunisi révolutionnaire de Paris*. 
De plu?., quelle latitude donnée dans l’article 2 ,'p6ur 
désigner les ennemis de la révolution ,* et ciuelle plus 
grande latitude encore, donnée pour la preuve requise 
aux fins de condamnation? ce ?onî cependant là les 
latsons qui ont fait rapporter la loi sanguinaire du «î 
prairial, dont celle-ci n’eioit que l’abrégé. Eacore "des 
juges vendus à l’iniquité , dans la commission d'Orange , 
avoient-ils plus beau jeu , puisqu’ils ne pouvoient être 
contre -balancés par des jurés', et que le nombre des 
juges n’est que de trois. ' 

Lecoinire lit l’article lO conçu en ces termes : 

5) De s’être opposé lors de h prcsci^taûyii 




I 


1 1 


7 ^ . . 

loî , * à rimprcssion çt à l-ajc>urntment qui en avouent, 
J» cté demande^ ; les uns, de Tavoir s.ouifenue (on nîcnt , 
tf les vtULTtii , d’avoir l'ait cfO’ae par Itor prjîseuGe . qu’dic 
Cîolt l’ouvrage et le (ru t des réfieXiOiis méditées 
• * cnue les deux coiuités , au nom desquels ellr: lut 
5» presentee ; ce qut prouve encoie plus clauenatiu que 
>» la loi du a? Ptainal est l’ouvrage du coiinté emset', 

59 f]drr;.l, 
lentei mant 
par la loi 


5» C est un arrête de ce comité eu date du 
9 ï mis à execution dans un dcpatiemeiu 
SJ textuellement les dispositions décrétées 
9» sangu riairc du 29 Piaillai. 

Plusieurs voix : Les pièc< s. 

Lecointre : Deux joufS aptès que cette loi fut rendu 
je rcûcowtrai Moyse-h-yle et Ainar,dans le salon d« 
la Liberté ; nous pa»!àiaes de Robespierre ; je dis que 
s’il y avoit 5 o homme» comme moi dans la Convêniioîi 
le tyran ne scroit plus , et à Pinstani je tirai de rua 
poche récrit que j’ai publié depuis. L’un deux me 
dit, que le comité de Snreic gcnéiale n’avon pas 
Voulu de celte loi , parce qu’elle étoit ( tirannique ) ; ils 
ajoutèrent , qu’il avoit proposé vingi une persoon s 
pour remplir les fonctions des jurés au tribunal rc'.o- 
iutionnane; que Robespierre les avoit tous rtjettees , 
et n'y avoit admis que ses créatures. Je leur dis alors, 
»» Pcrmetttz-moi de monter à la tribune , pour déclarer 
9» que la loi est l’ouvrage de Robespierfe. u Ils m’ar- 
rêtèrent , en répondant que le tems n’ctoii pas yenu ; 
Cl je répliquai que ces delais ne ( seryoient qu'à Li»rc 
guillotiner un plus grand nombie de citoyens ; ) de];u s 
je me suis toujours repr/>ché, et je me reproche encore , 
de n’être pas monté à la tribune , le Isiodcmain du 
jour où je le youlois : mais je cédai dans le tco^s , 
aux représentations de ces deux cnllègnes, et à celles 
d’Atnar , qui me firent ctaindrc de perdre la patrie. 

Bourdon (de l’Oise j : Tu yeux (aire regarder comme 
Vin crime un acte de prudence des deux comités. St Ro- 
Jjc.spicrrc eût été attaqué quinze jours plutôt , la Çonven- 
Vion et la Lberié aujoient été égorgée^. 

Billaud : J interpelle la conscience de Lecointre.de dé- 
clarer s’il pense qw’on auroit pu attaquer Robespierre avec 
avantage ? S’il pense qu’on auioii pu l’attaquer avant la 
séance des Jacobins , qui mit ça contre révolution en évi- 
dence *, Cl je lui demande où il ctoit le 8 , le 9 , et dans 
tous les momens où il falloit abattre le tyrau f 

Lecointre : je. &a,iï que nous étions dans un état de 


prairial, 






. , 

coniprcwion *, ma^s qu on deaiande à dix , à vingt de mjes 
collègues, si je ne leur ai pas fuit la propositiou doitt 
je vous ai pailé ; mais t®us m’ont dit que le moment 
u’cioit pas opportun. 

Je dis à Biiiaud , qui m’a demandé où j’ctois aux séances 
des 8 et 9 Tbeimidor, j’éteis à mon poste, à la Conven- 
tion : le 8 , Bovèrc m invita de raontcr à la tribune aussi- 
tôt après le discours de Robespierre , d’y prononccT celui 
que nous avions concerte avec huit autres de nos colle- ^ 
gués , Cl les chefs d’accusation qui en çioiem la suite. J’ob- 
seryai à Rovérc que le difcours de Robespierre , qui incul- 
poit une partie dis membres des deux comités, établissoit 
nécessairement un conflit , une lutte entre ces deux puis- 
sances, également Oppressives de la Convention-, que leur 
choc rendroit à la Convention sa lib.:rté , sa dignité et ses 
droits, quelque fût le parti qui triomphât,- que mêoïc 
tous deux pouvoient être écrasés en même- temps -, qu« 
quoique mon discours fût dirigé, en apparence, contre 
le nom du seul Robespierre , ivS moins clair voyans sen- 
tiroient qu’il attaquoit la majorité des membres des deux 
comités ; qu’alors les deux partis se réuniroient sur-le- 
champ,- que l’assemblée seroit détournée du but principal ; 
que si les coupables échappoient cette fois , leur puissance 
seroit d’autant plus redoutable , qu’ils aUroient sçnti toute 
l’importance de ne plus sc désunir. Rovôre , et piusieurk 
autres de nos collègues, sentirent la justesse de l’obser- 
vation , et je ne montai point à la tribune. 

Le 9 au matin, lorsque U lutte s’engagea, je crus uri ins- 
tant quelle alloit opérer le but que je rn’étois proposé la 
veille, l’anéantissement des deux partis, par les grande* 
vérités qui seroient sorties de leurs bouches impures, par 
les reproches mutuels qu’ils se seroient faits , et dont per- 
sonnes qu’eux n’avoit plus complètement les preuves: 
aussi j’étois d’avis ce jour-là que la convention accordât, 
pendant une demi-heure , la parole à Robespierre : je 
maoifc'Stois cette opinion assez hautement; elle éîoit con- 
fornie aux décrets qui veulent que tout accusé soit en- 
tendu. Notre collègue Mallarmé eut beaucoup de peine 
à me faire départir de demander la parole à ce sujet , eq 
me disant que Robespierre pourroit suspendre en sa fa- 
veur ceux d’entre nous qui, n’ayant pas as'iez suivi cç 
traître dans les replis astucieux de son système machia- ' 
vélique, nous pourrions, pour vouloir trop avoir, tout 
manquer ; qu’il falloit suivre l’énergie prononcée de l’as- 
fcmbiée , qu’en rerarder un seul mouvement seroit une 
iaute irréparable ; que les autres traîtres tomberoient eux- 
snimes. J'observai à Mallarmé qu’aprèi le discours du 8 , 


8o 

la séance des Jacobins du soir , Robespierre étoit con- / 
damné ; mais qu’on pouvoir apprendre de lui , de iSaint- 
Just même , les plus importantes vérités contre les autre» 
oppresseurs. Plusieu's collègues appuyèrent Ce qu’avoi 
dit Mallarmé, je cédai , bien résolu ci’attaquer Billaud 
et scs complices . au premier jour , et je l’aurai fait dans 
la décade même , si on ne m’eût encoise invité à retarder ; 
mais iorsqüc j’ai vu que l’ancienne tyrannie vouloit sc ré- 
tablir; que .si la Convention avoit repris scs droits , malgré 
roj-position bien jmsrquée de Billaud, on ne voulai pas 
moins continuer de vexer le peuple ,* quand j’ai vu qu’on 
v.ouloii des listes contenant les noms des détenus sortis et 
de ceux des lleprésantans qui auroient contribué à la li- 
Irerté de quelques citoyens , -qu’une violente discussion a 
t'ié prolongée deux jours sur une matière qui ne deman- 
do r que la simple proposition ; qu'après un décret qui a 
lejeitc CCS demandes, qui tendoient visiblement à éta- 
blir des listes de proscriptioni , une pétition des Jacobins , 
jrrésentc’c en masse, a demandé le rapport du décret, j’ai 
senti qu’il étoit icms de frapper des ennemis de ma pa- 
trie , je n’ai plus écouté quiconque a voulu paralyser 
mon zele : je t’a; nommé Bdlautl , et tes complices ; et si 
auprès ^ie la Convention j’ai échoué pour n’avoir pas pris 
un jour favorable , nu moins je rdai pas manqué le jour 
de ro]nnion publique : elle vous a tous jugé impertur- 
bablement et sans retour. 

A cette ïTiCme séance du 9 , lorsque la Convention a 
couru le soir des dangers , parce que tu o’avois l’ait prendre 
aucune précaution pour sh sûreté , j’éteis présent, et je’ 
prêiois , à sept licures du soir, une paire de pistolets es- 
ptngoles à bayonnette à notre collègue Jouertne (du Cal- 
vados J , à d’autres quelques munitions : j’élois à mon 
poste , comme tu le vois , Biiiaud. 

J’ajoute en preuve des faits consignés dans l’anicle X, 
ce qus s’est passé , lors de la présentation de cette loi , où 
Oüutlion fit le rôle de raupoiteur. Ce jour-là , presque la 
totalité des membres des deux comités arrivèrent en grand 
appareil : tous ceux contre lesquels j’arucule des faits . 
cioieat présens; et, si tous n’oiu pas parlé, leur silence 
ïî peut- être été plu4 nuisible à la chose publique que s'ils 
/ eussent 4iscutés , parce qu’alors les débats auroient été 
Vris et animés , au beu que ia compression a glacé tous les 
e:«eurs; de sorte qu’après -avo v lutté assez vivement, ne pou- 
va-st obtenir i’iarprcsiion et l’ajournement , on s'est livré ’ 
seulement à une discussion subite qui n’a ri:.n; produit : 
T:ts'; , le lendemain , on' s’est |;.craùs de tiemander ,,sin.oa 
la Uiorms, ay A.vOif|é> rçxplùauoa de quçsquc; ariicles , 

avec 




8i 

avec quel étonnement le Peuple Français n’a*t-îl paS vu 
combien éioit grand Tabîme où Robespierre , chef des me- 
neurs du comité de Salut public entraînoit la G€>nven- 
tioii Baiionale par le despotisme avec lequel chacun de 
«es meiTibres a parlé. Là narration de ces séances, servant 
de preuves et d’appui à l’article X ci-dessus , et aux pré- 
cédées , je ctois que c’est ici le lieu de donner l’extrait 
des débaisqui ont eu lieu au sujet de cette loi,* oo n’y verra 
peut-être pas , sans quelque intérêt , que les homïn«s qui 
se sont élevée le plus contre moi , aux séances des 12 , 
i3 et jours suivans , sont ceux-là même qui, alors, ont 
traité cette loi de loi salutaire, loi favorable aux 5,'Uls pa- 
triotes , loi , dont la conservation fmportoit au salut de la 
République , (Bourdon (de l Oise) , Barère , et Duheml. 
De plus , la lecture de ces séances fera connoîtra parfaite- 
anent l’esprit qui dirigeoit la Convention et tes membres 
des deux comités , qui n’ont cessé , la plupart , d’etre pré- 
îens à cds discussions. 

Couthun fait au nom du comité de Salut public, 
un rapport dont le but est de coraplettcr le nombre 
des juges et des jurés du tribunal révolutionnaire: de 
fixer les principes de cette insiiiutîoo pour gaîée''dir les 
patrioi£%^ en accélérant le jugement des conspirateurs, 
et de résumer dans une loi unique toutes les disposition! 
éparses , lelaiives aux crimes de contre- révolution. 

Dans la première partie, Gouihon rappelle les abus 
innombr^ibUs de l’ancien code criminel ; il annonce 
'un nouveau code qui protégera l'^innocent , et ne laissera, 
point de ressource au crime contre l’atteinte des loix. 
Couthoa y dénonce la faction des indulgeris 

11 dévfcloppiÊ l’abus des défenseurs, qr,i , pour défendre 
les accusés , les ont souvent rançonnés et ont souvent 
calomnié la révolution. Los patriotes dit il, trouveront 
dans le jury , les seuls défenseurs qui conviennent à cette 
instituilori , pour qui toute délensc étrangère à celle de 
l’accuïé est une injure publique , c’est partager une 
conspiraiion , que de défende le conspirateur, 

' Le projet dé loi que Couthon propose est rédigé 
d’aprèj les idées dont nous venons d’tsquisccr le ré- 
*umc. * 

Ruamps demande l’impression et l’ajournement, metivc 
sur l’importance du projet de loi proposé. 

Laurent Lccointre appuie cette pcopesitîon, 


Numéro 628, folio du journal des débats. 

*€ette loi ci krapp»rt b.j préçédçe se t/ouvenf en note à la pa^e 

F 


■J 



s 2 

T^nrrèrc : C« n’cst pas sam doute ura ajourncrh^nf* 
in lé fini que Von propose. 

Q^itlques VOIX : Non , non. 

Baüèie : )c taii> cet e observation, paice qu’il ne 
mtî poüîr pas vraisemblable que Tou voulût ajourner 
indejinimt’.nt la discussion d'une loi. tout' entière en jnv<nr 
des pali<oles , et qui a'surc la ]_uni!ion, la prompte 
punition es conspirateurs Je demande au nioius que 
l’ajou i ne ment ntf passe p s le t.oisicmt* jour. 

L. lurent L. coiniic: Nous ne demandons que l’ajour- 
lienir-nt a deux loiirs, V ajournement eu la mort. 

llobesp'er e : 11 n’e f pas dt ci ic ori'taitces si d bcate., dç 
sbuaiîo.. r-i embanassame l ù 1 l'n veu lie mettre les déteu- 
Seurs îe la i e^ie , qui |..ui."Scju les condamner a dissimuler 
laveriio-Jt d;;aidoiic que. rpioique la liberté dedematuicr 
un ajoii' rien et"t srni nictuîîestabie ; quoiqu’on la couvre 
cic nioi'f. spécieux peut etre , cejrcndan: ceMe demarid® 
coni iomet rvin^mniiut le saint de la patrie. 

De ix opin.ons Jorterj^ent prononcé-s se n?nnîfe?tent dans 
la KépubI que : l’uue est celle qui tend à punir d’unç 
m iU'ere severe et in-^vitable les crimes C 'mrris contre 
la I be lé : c’est ropinion de c::ux ejui sont effrayes de 
l’i bsi naiion coupable avec laquelle, on cherche à ranimer 
les anciens complots et < en inventer de nouveaii« , 
& mesure uuc les Keprésentans du peuple les éioufFcnt. 

L’rtuire , est cette opm.on lâclie et criminelle de 
l’ai.'Stocr.nie . qui, depu s le commenet ment de la réveir 
Jution u’a cesse de demander , sort directement soit 
indi ectcmriu , une amnistie pour les cüni.pirateuis elles 
finntiiiis de la patrie. 

Depuis deux mois , vous avez demandé au comité 
de salut public . une loi plus étendue que celle qu’il 
vous présente aujourd’hui. Dej>uis deux mois , la Con- 
vention nationale est sous le glaive des assassins; et le 
moment où D liberté p-rn.îf obtenir un triomphe cer- 
tain , est celui ‘ ù les ennemis de la pairie redoublent 
d’efforts pour la combattre. Depuis plus de deux mois , 
le publ’c , le tribun.»! révolutionnaire vous dénoncent 
les entraves qui arrêtent la marche de la justice naiior 
jaale. La république emière vous dénonce de nouvelles 
esnspirations , et cette mulhtude innomb abie d'agens 
étrangers qui aboTident sur si surlace : c’esî dans cette 
circo sfance que le comité de salut p.ublic vous pré- 
sente le p'ojet de loi dont vov.s venez d’entendre la 
lectu'e. Qjî’on 1 examirte cette lor , et au premier aspect 
on v-^ rra quelle nr* renferme au une dis osidon qui ne 
Lât üdopttc d’avance par tous les amis de la iiherii ; quhi 

* 


n^y en a pas un article fouine soit > fondé sur la justice 
et sur la raison ; qu’il n’csi aucuaé de ses parties 
ne soit rédigée pour le salut des patriotes, et pour i’a 
tericur de l’aristocratie. 

De plus, il n’est personne qui ne sache qu’à chaque 
séance , le tribunal revolutionuauc pa^sc quelques beuies 
sans pouvoir remplir ses funenons , parce que le nom- 
bre des'jur:s n’est pas complet. Nous venons vous pro» 
poser ds comrletter ce nombre ; nous venons vous 
propeser de rcjetier deux on trois abus reconnus rlaus 
l’institurion de ce tribunal, et dénoncés de toutes parts; 
et on nous arrête par un ajournement, je souiieiis qu’o' 
nest personne ici qui ne so t en état de pi onoacef sur (ctte 
loi aussi Jaiilement que sur tant a autres de la plus p-ande 
importance ^ qui ont été adoptées, avec enlhcncianne , pr;r 
la Convention nationale. Pourquoi fais je des réflexions.^ 
Est-ce pour empêcher l’ajouruem ni ? Non, j’ai unique- 
rnent voulu rendre lismaiage à la vér.te , avei^ii la Con- 
vention d«s dangers qu’elle court . Car, soyez sûrs, Ci- 
toyens . 'par- tout où il se prononce une division, par- 
lout où il s’établit une ligne de dé tnave uion , là d y a 
quelque chose qui tient au salut de la pairie, ii n’est 
prts naiurei qu’il y ait une séoara-ion entre des honi- 
îiies également épris ?lc l’amour du bien public; ii rCest 
pas naturel qu’il s’élève une sorte de coahîion contre 
le gouvernement qui se dévoue pour le salut de la pa- 
trie. Citoyens, on veut vous diviser à_ Non, 

non, s’ecrie-i'On de tomes parts, on ne nous divi- 
sera p-s. 

C.iioyens , on vent vous diviitr , on veut vous épen- 
vanter. Eh bicti ! cy-’on îe sache dou<r, eue c’est rous 
qui sv-ocs déftndu une grande 'partie de ceue avsemblie 
contre les pergnardi que quelques hommes animés d’un 
faux zèle voufoient aiguiser contre vous. Nous nous ex- 
posons aux û'sas ins particuliers , y>our poursuivre les 
assassins pn^dics. Nous voulon.s bien niounr: mais que 
la patrie et la Convenlion soient sauvées. Nous brave- 
rons Ns ii.iSïf;u:<i)ons perfides , par lesquelles oe vou- 
4Îroît taxer de sévérité outrée les mesures que prescrit 
Ymîéjét pu'''-lic, FJle Nesr redoutable , cette sévérité , que 
pour les ennemis de la patrie, que pour les ennemis 
clédarés de la liSené , de riinmanité. _ Ce discours a 
souvent été interrompu par des applaudisscmens . 

Hourdüu (de FOise ) : Il y a dans la discussion qui 


Ivumcr» C28 ;pago 33; éu journ-al des clé fa 



. ^4 

viétit de s’élever , un point autour duquel, tous les bonÇ 
esprits se raliieront sur le chantp. Dans ic discours qus 
Kobespierre a tenu à la tribune, il annonce que le 
tribunal manque de jurés et de juges. Eh bien ! comme 
aucun de nous ne veut arrêier la marche de la justice 
Bai^ünalc , ni exposer la liberté publique , divisons la 
proposition : nommons les . hommes nécessaires pour 
completter le tribunal, et ajournons le reste. ^ Je ne 
sais pourquoi l’on se récrie contre ma proposition ; car 
elle me semble conduire au but tout de suite, je pro- 
pose de completter le nombre des juges et des jurés , 
etj d’ajourner le reste à une époque prochaine. Je de- 
mande , au veste n, que adepte la liste proposée par 
le comité. 

Kobespierre : je demande que le projet soit discuté 
article par article ;, cl qu’ii le soit séance tenante. Je 
motive ma demande par un teul mot : d’abord cette loi 
ii’csi ni plus obscure . ni plus compliquée que celle que 
le comité vouæ a déjà ioumises pour le salut de la pa- 
trie. J’observe , d’ailleurs, que , depuis long-tcms , la Con- 
vcnt.on iiatiouaic div^cute et déciéte sur le chamn , parce 
que, depuis long-tems , elle n’est plus asservis à Ttinpire 
tics factions , parce qua , depuis long-iems , il y a dans 
sa très-grande majorité un assentiment prononcé pour 
le b;cn public ( V>fs applaudiisemcrrs. ) Je dirai donc 
que clesi demandes d’attcrmoieiuent de la foriun^; de li 
(république, sont affectées dans cc moment; que quand 
..«n est .bien pénétré des datigers de la patrie , et de 
jCeux que coiuent scs défenseurs , sidans quelque lieu 
qu’lis se iruuvciu , qu;;!quc poste qu’ils occupent, on est 
.plus enclin à porter des coups lapides contre ses en-» 
iseinis , qu’à provoquer des lenteurs qui ne sont que 
fies débis j.xiur l’aristocratie qui les employé à cor^. 
ï-orrq;te i’opinio.n , et à former de nouvelle? conspi? 
trations. 

On se trompe çl l’on croit que bi bonne foi des patrio- 
tes a trop de force coatiç Us efforts ebs tyrans de l’Eu- 
^■ope €t de leurs vils ^gens , dont la ragç se manifeste 
par les calomnies et les crimes qu’ils ne cessent de vo- 
mir sur ccuc enceinte , qui ne vous laisseront aucun 
Tcpo3 , et qui ne vous épargneront ni artifices ni conspi^ 
iador.s impies, que quand ils n’cxistçront plus. Quicoor 
que est embrasé de l’amour de la pafrie , accueillera avec 
tianspori les moyens d’atteindre et de frapper scs cnne- 




n 


ihlà. Je ^eirande qwe , sans s’arrêter à la proposinoû de. 
rajourncmcnt , ia Convcntioa discute , jusqu’à neuf 
hcuies du soir, s’il le Is projet de loi qui lui est 

soumis. ( Vifs applaudissemens. ) 

La proposition de Robespierre est décrétée, 

Ceuthon lit chaque article séparément. Sur quelques- 


uns on fait des amendemens ; mais telle éioii la préci- 


sion de la loi , et la cohérence de toute' ses parties , que 
presque tous rentroient dans les dispoîdiions écrites, et 
qu’il n’y a pas eu de changement remarquable (i;. 


^ I ) Je crois pouvoir me dipenser d’écrire ici îe rapport de cette 
loi de sang, à'caut.ede sa Icnguear. .l’cbserve que ce disc(;‘urs , où le 
machiavélisme est habilement déguisé- , croit fait pour féduire d’autant 
plus aise'ment que, prononcé par Coiuhon , il se tronvoit appuyé par 
Ja présence sVîe presque tous les membres des deux comités qui en im— 
posoient à l’assemblée qui a cru que cette loi croit concertée avec, eux. 
Je me contente donc de donner ici les articles de la loi. 


Décret du Prairial. 

La Convention nationale , après avoir entendu le rapport du comrf^ 


de saint public, décrété: 

» Article premier. Il y aura au tribunal révolutionnaire un président 
et quatre vice-présidens , un accusateur publie , quatre substituts de 
l’accusateur public , et douze îuges. 

» 2. -Les jurés seront au nombre de cinquante. 

î. Les diverses fonctions seront exercées par les citoyens dont les 
HKoms suivem: ; 

>» Président, Dumas ; Via-Président , Co&mh.&]. &,c. 

» AccusÂteur- public , F ouquier-Tinvifle^ 

» Substituts , Gribauval , Royer , &£C. ' 

>* Juges. Deliége ; Fonçant ; Verteil &c. 

» Jurés. Renaudin , Benoî.trais , Fauvette , LBtmére 

*> Le Tribunal révolutionnaire se divisera par sections , composées»: 
de douze membres ; s’ayoir , trois juges et neuf jurés ; lesquels jurés^^ 
ne pourront juger en moindre nombre que celui de sepr^ 

« 4. Le Tribunal révolutionnaire est institue pourpunir les, ennemi? da 
peuple, 

S* Le.s ennemis du peuple soi/r ceux qui cherchent à anéantir la liberté 
publique jsoit par la force^ .soit par la ruse. 

>* 6. Sont répuré.s ennemis du peuple, ceux qui auront provoaué le, 
rétablissement de la royauté , ou cherché à avilir ou » difibudre la 
Convention nationale et le gouvernement révolutionnaire et républi- 
cain dont elle est le centre*; 

« Ceux qui auront trahi la république- dans le commandement des 
places et des armee-s. , eu dans toute autre foaclion militaire; entretenu 
des intelligences avec les ennemis de la République , travaillé à faire 
manquer les approvisionnemens ou le service des armées; ceux quiaurout 
cherché à empêcher Tes approvifioimemens de Paris ^ ou à. causer la 
disette dans la République ; 

» Ceux qui auront fécondé les projsrrs des ennemis de la Franc» 
soit en favorisant la retraite et l’impunité des conspirateurs et de Varis- 
txvcratie , soit en persécutant et calomniant le patriotisme , soit en cor- 
rompant les mandataires du peuple , soit m abusant des yriveipis de. l* 
révoluion , des lois ou des- misxir&s du ^mv&rnemjit , par ttâti 
liens fausses et perfdgs j 



•> 





A la Bn de celte séance , Couthon propose à la Conven- 
tion ic i enoiivcllcnient des pouvoiis du coiidié de Salut 
public en CCS rennes : 


« Ceux qui auront trompé le peuple , en ïes représenîans du peuple , 
ponr îes induire à des démarciies contraiics aux jntérét* de la Liberté; 

Cerne 4ui auront ciierché à inspirer le découra,^ement pour favo- 
riser les entreprises de.> tj^rans lipaiés contre la République ; 

« Ceux qui auront répandu de faalîes nouvelies pour diviser ou pour 
troubler le peuple ; 

^ 'Ceux qui auront cb' relié à é^i^arer l’opinion et à empêcher l’iiis- 
trnclion du peuple, à dépraver les mœurs et à d'^rrompre ta conscience 
■publique , et alrerer l’éners^ie et la par'^rc .des pnncipes révolutionnaires 
èe répnb'icains , on à en arrêter les progrès , soit par des écrirsconfre- 
révcl II normal res , on infidieux soit par rcur aiurf' ir.ac liinarion ^ 

» Les fouruiiienrs de mauvaise foi qui coinpromnrti’nt le fa lut de 
la répiiblique, et les clüapidaienrs de la fortune pnb'iquc , autres nue 
ceux compris dans le.s dirpositions de la loi du q. Lriinaire ; 

« .Ceux f.îui étant chartes de jonctions publiques , in abusent pour 
servir les ennemu de la révolu ioi\, pour vexer les paîrioies , pour op- 
primer le peuple ; 

» inif’u , tous peux qui sont défiqnés dans les loix précédentes , relatives 
à la punrrion de conspirat-eors-ÎC contre-révolutionnaires , et qui , par 
quelque moten que ce soit , et de quel.jues dehors qn’iL se couvrent, 
auront attenté à la Liberté , à l’unité, à la sûreté de la république, 
ou travaillé à en empêcher l’alTerm issemeut. 

’> 0’. L.i peine portée contre tou.s les délits dont la connoiifance appar- 
tient au 'i ribnnal révolu tiorinaire , est la morr. 

» 8. La preuve nécessaire , pour condamner les ennemis du peuple, 
est toute espece de documene, soit matériel , soir moral . soit verbal, 
soi' écit , qui peur naturr llcrnenr obtenir l’assenrunent de tout c.'^prit 
juste et raisonnable I,a ré^b*^ ‘^ies inj^emens est la conscience des jurés 
éc'air<% par l’amour de la panie; leur but. le triomjdie de la Fé- 
publi.inc cr la ruine de ses cnneniis , la procédure, les moyen» simples 
que le bcni sens indique pour ]iar'/enir à la connuiisance de la vérité 
dans les rorines que la loi détermin,’. 

r.lle SC borne aux points suivans: 

« 9. Tour ciroyen a le droit de .‘•aifii et de traduire devant les magis- 
trats . les coe'-pir Items Sr les contre révolutionnaires, il est tenu de îes 
dénoncer dé>- qu’il le» connoît. 

*> îo. .Nul ne pourra traduire perfonne au Tribunal révolutinnnaire , 
Il ce r'esr la Convention nationale , le comité de lalur pnldic , le 
comité de f ireti' jfé^iérale. les représentans du peuple , commidaircs de 
Ja Conveio.on . & rarensafeur public du tribunal révo'ittionnaire. 

■' II. l.es an'-orlré,'. con.sritn ét .s , en g-énéral , ne pourronr exercer ce 
dro'r , sans en ai'oir pr venu le comité defalut public et le comité de 
iûre'é ;rhiérale, obtenu leur antoroation. 

" la. f,’ac('n.'-é c.n,.a mterroqé ? l’andience et en public; Ta fnrma- 
lir ' de !’iijrerrou:a i oire ^ecrer qui précê le e.sr supprimée comme .‘urper- 
flue :■ e1l”' ne pourra avoir îi-’ii que ans les circoii.s ances particulières , 
on p*'e .s roit iuf ce utile à la cnnnoiss.ance de la venté. 

” : S’il e iste d^s preuves . soir matérielles . ‘oir morales . indé- 
pen- .. niiienr de la p/etive restimoiiTale . il ne sera point e.itenda de 
témoim; . à moins que cette formalité ne paroisse néceilaire, soit 
pcii - •[ '•■ouvrir de.s complices , soit pour d’aatre.s coulidérations majeures 
dh:.î-é,-,‘'i public. 

14. cia is le cas où il y auroit lieu à cette preuve , l’accusateur 
fera api clcr le.s témoins qui peuvent éclairer la jufiiee, sans 
u..p;mcl,iuû de tdinoins à charge ôt à décharge. 


.^7 

4t Lts pouvoirs du comité de Salut public Erj’ssant au- 
jourd’hui, et le comité ne pouvant les exercer sa ts Tassen- 
timent de ia Convention nationale , je tins chajg^s de vous 
eu pré venir. — La 'Convention décrète que les pouvoirs 
sont continués. 

La séance est levée. 

• ^ 

' Séance du 23 Prairial, 

Bourdon (de l’Oise) prend la parole et dit ; Malgré Paî- 
greuf qui s’est mêlee hier à la discussion qui a eu in u au 
sujet (iu decret sainlave que nous avons undu relatnnmi nt au 
tribunal révolutionnaire ^ il n’en faut pas moins revenir aux 
principes. La Convention , dans le décret d’iner , en .^.s- 
treignant à la Convention nationale. , aux comit' s de Sah'*: 
public et de Su; été générale , aux Rc.piésentans en m ssirri 
et à l’Accusateur poblic , le droit de iradu re au tribunal 
JC volutionnaire , et en dérogeant à toutes les ioix aute- 
lieuies <pai ne concnrderoienf pas avec celle ci , je crois , 
dis-je, que la Convention n’a pas entendu c|ue ce ùioit 
s’étendroit de la part des deux cun?.i(cs , >.ies Reptésetuans 
du peuple en mission et de l’accusa’eur public , sur les 
Keprésentans , sans un decret préalable. — Non, non. 



w 15. Tontes les dépotirions seront faites en puBlic , aucune dépo-. 
«ition écrite ne sera reçue , à moins que les témoins ne .soient dans l’im- 
pofTibiliré desc transporter au trilmnaî ; ^ dans ce cas , il sera nécc'-^air®. 
d’une autcrisation exprelfe des comités de salut publiv'cC de tnreté générale. 

« ï 6 . La loi donne pour défenseurs auiX patriotes calomniés, des jurés 
patriotes ; elle n’en accorde point aux conspirateurs. 

’» 17. Les débats finis, les jurés formeront leurs déclarations , & les 
juges prononceront la peine de la manière déterminée par les Inix. 

« Le pré.sident posera la queflion avec clarté , précifion et Timpli- 
cité. Si elle érnit pré.<.entée d’une manière équivoque ou inexadle 
juré ponrroit demander qu’elle fût po-ée d’une autre manière. 

« 18. L’accusateur public ne pourra, de sa propre autorité . ren- 
voyer un P évenu adrelfé ait tribunal , ou qu’il y auroit l'air traduire 
lui-mème : dans le cas où il n'y auroit pas matière à une accusarion 
devant le vribunaî , il en fera un rapparr écrit et motivé, à la chambre 
du, conreiî , qui prononcera ; mais aucun prévenu ne pourra être mis 
hors de jugement, avant que la décifion de la chambre n’air été commu- 
niquée au comité de {alut public , qui rexaminera. 

« 19. Il fera f.iit un regifire double d^’s perfonnr-s traduites au tribunal 
révolutionnaire ; l’un pour l’accusateur public, l’autre au rnbnual j 
sur lequel feront inscrits tou-s le.s prévenus , à mesure qu’ils ^eronm aduits. 

U 20. La Convention c?.éroge à toutes celles des difpofio’ons d^s Iqis 
précédentes qui ne concorderoient point avec le présenr décret . & 
n’enrend pas que les loix concernant l’organisation des tribnnanx orn- 
naire.s s’appliquent aux crimes de contre-rcvolaiion Sl à l’aclion dtj 
tribunal révolutionnaire. 

’> 2 T. Le rapport du comité sera joint au preseiït décret couioïé 
însrrucüor». 

» 22. L’iBiertion <itt décret au bulletin vau^ipa pro»auIgatiafl': 







repète-t-on de toutes parts.— -Jè ra’attendois à cet heu- 
reux murmure. J’annonCe que la liberté est impérissable. 
Eh bien ! décrétons que ce qui s'csi pr:îtiqiîé jusqu’à ce 
jour sur les arrestations, le sera de même à Taveuir. ( Oa> 
applaudit.) 

Dclbret ; Le rapport qui vient de vous être fait à l’ins'* 
tant par Dubarran , au nom des comités de Salut public, 
de sûreté générale et des Décrets, prouve assez quelles 
sont les intentions des comités. Il n’etoit question que de 
savoir si Ton admettroit un suppléant à la Convention ; 
ils li’^éint pas cru pouvoir se permettre de le refetler san& 
votre assentiment î ainsi Bourdon n'avoit pa* le droit de 
se défier des intentions des camiiés. 

Bourdon : je ne m’en méfie pas. Il est bien étonnant 
qu’au moment où , par un heureux murmure , par un 
assentiment uqanime , ®n rend hommage au principe que 
je rappelle , je sois cependant accusé d’injurier les comi- 
tés. La mesure des arrestations provisoires a déjà été utile 
à la patrie , elle peut l’ètre encore : je sens quelle doit 
être conservée ; mais la réclamation que je fais est fondée 
en ptincipes et en justice. Au reste , nous ne devons pas^ 
craindre de levenir sur la rédaction de nos loix. Elles ne 
sauroicnt êire rédigées avec trop de soin , quand de leur 
rédaction dcpcnd la liberté publique. Je demande que 
l’exphcation que j’ai motivée Soit ajoutée à la loi d’hier. 

Bernard : De la sûreté et de la tranquillité de la Con- 
vention nationale dépendent cîscntîcliement la sûreté cl 
la tranquillité publique. Si l'on eût donné aux comitéa 
de Salut public et de Sûreté générale seulement le droit 
de traduire au tribunal révolutionnaire , peut être la ré- 
clamation qui vient d’être faite n’auroit-elle pa^ eu lieu; 
mais lisez le décret et vous verrez que les députés cn.mis- 
*iou et l’accusateurpublic ont le même droit. Aucun de nous 
n’a pu concevoir sans doute la pensée que cette extension 
pût avoir lieu. L’abrogation cependant clés loix antérieures 
semble la renfermer ; car rime d’elles porte qu’un lle- 
présentant du Peuple ne pourra être accusé que par un 
décret. Au reste , nous a.vonS , en ceci , si peu lieu de 
suspecter le comité de Salut public que , toui-à-l’heure 
encore , un membre, qui est à mes côtés, a consnité 
Couthon et Robespierre sur le sens implicite de la l©i , et 
qu’ils ont déclaré qu’elle n’avoit point été rédigée dans, 
ce sens. Il n’y a donc rien à reprockcE à Bourdon. U 
n’y pas non plus d’inconvénient à décréter que, par l’at- 


Is^ufïiér® 625,. jage 343, 


tîclc XX de la loi d’hier , la Coav«r?tiQrt nadanale. n’a 
pas enicnciu' déloger au déetci qui perte que les Repré- 
sentans du peuple ne pourront être accuses que par la 
Convention nationale. 

Merlin (de Douay ) : Je demande que vous déclariez 
qu’il n’y a pas lieu à délibérer sur cette proposition , avec 
un considérant....' — Kou , non , dston de toutes- parts. 
^ Je soutiens que le droit que l’on invoque est impres- 
criptible et inaliénable; qu’ua Représeiiiant du Peuple ne 
peut être jugéque pat le jury forme en représeniatiou natio- 
nale , et que la Convention ne peut déroger à ce principe. 
Voilà comment je compose le considérant du décret que 
je propose. 

Cette proposition est décrétée au milieu des applaudis- 
'^em.ens. 

Bourdon fde l'Oise) : Je demande que la rédaction »oi| 
lue séance tenante. 

1 -e Président : Merlin la rédige. 

Merlin lit la rédaction suivante , qui est adoptée. 

tt La Convention nationale , sur la proposition d'uin 
membre , tendante à ce qu’il soit décrété ,que par le dé- 
cret d’hier, concernant le tribunal Tevolutionnaire , ello 
n’a pas entendu déroger aux l®ix qui défendent de i^a- 
duire au tribunal révolutionnaire aucun Représentant du 
peuple , sans qu’au préalable il ait été rendu contre lui 
lan décret d’accusation ; considérant que le droit exclusif 
de la Repsésentation nationale de décréter ses membres 
d’accusation et de les faire mettre en jugement est un droit 
Maaliénable ; 

is. Décrète qu’il n’y a pas 1 i#u à délibérer. 5» 

A la -séance du 24 Prairial , sur la seconde lecture du 
décret du 22 , Charles Lacroix demande la parole, et s’ex- 
prime, ainsi : 

Il y a quelques tems qu’o* vous dénonça un cultivateut 
qui avoit ensemencé la plus grande partie de ses terres eu 
«aiofoin -, d’après l’examen de cette dénoaçiaiion , il fut 
reconnu que ce cultivateur n’avoit aucun tort. Ne crai- 
gnez-vous pas , comme moi , que si . sous de pareils pré- 
textes , ©n traduisoit des culiivatcurs au tribunal révolu-* 
tionnaire , oia ne les dégoûtât de la culture des. prairie» 
artificielles , que Fon doit regarder comn^e un moysa puis- 
sant de régénérer l’agriculture et d’éloigner la disette. Je 
demande' que le comité d’Agriculturc concerte , avec celui 
de Salut public , une loi qui excepte des poursuites exer- 


iSCuméro pag;-. ^5». 


90 . 

cées contre les contre rcvoluiionnaires , ceux qui cultivent 
des prairies atîificîelles. — Cette proposition est décrétée. 

Charles Lncio!x : J'ai encore une autre observation à 
faire. L’un des articles met au rang des crintesde contre- 
révolution la dépravation des moeurs. La manié! e dont ^ 
cela est exprimé dans l’article . 1 risse un vague qui prête 
beaucoup à Varb’îraire. Je demande que ces mois soient 
interprétés par un décret piccis.afin qu’on ne traduise 
pas au tribunal rcvoluiioutiaire des c loyens ^ (sui , en so- 
ciété , GU meme sur un théâtre , auroient dit ou fait dire 
quelques plaisanteries. — Cette proposition est encore 
adopice. 

Mallarmé ; J’ai aussi une remarque à faire sur l’article 
XVI qui accorde pour défenseurs aux patriotes calom- 
niés , des jurés patriotes , et n’en accorde point aux cons- 
pirateurs. Je demande ce qu’on a voulu dire par ces ex- > 
prenions. 11 faut que les leix soient claires , et sur tout les 
loix révoluiionnaircs ; il faut dans un gouvernement lépu- 
blicairx, qu’elles puissent cire entendus meme des en- 
fans. Je demande que le comité de ssiut public nous 
dise ce qii’i: entend par les mots conspirateurs , déjen^ 
seurs , et jurés peUrictrs. 

Charlitr : L’article s’explique clairement de lui-même ; 
la loi a voulu supprimer le bavardage des hommes de 
loi , qui ne défendoient que les conspirateurs, et étoient 
presque tous aristocrates , qui ne pouvoient opposer 
que des moyens >i de forme ^ puisque les faits étoient 
certains ; l’article dit : que ‘‘ l’individu qui sera traduit 
5> au tribunal révclutionn.ii rc aura , sur le fait , pour 
35 défenseur , la conscience des jurés patriotes ; et en fort 
35 mauî la lisie des jurés , la Convention a dressé celle 
55 des déj.nseurs ojjicie.ux des patriotes, 'ii 

Duhem : Je demande la conservation de l’artiéîe tel 
qu’il est rédige. Si l’on se rappelle l’infeniion du co- 
mité qui a proposé la loi , et celle de la Convention qui 
l’a décrétée , on sera convaincu que le tribunal révolu- 
tionnaire est spécialement institué pour punir les cons- 
pirateurs , les ennemis de la chose piiblicyue ; drs-!ors , 
le comité a eu raison de faire ressortir la diffétcnce 
qu’il y a entre les conspirateurs et les patriotes , en 
disant . dans l’article , que les jurés sont les dcfensciirs 
naturels et chauds des patriotes , /Ct que la loi en refu- 
soit aux antres : et je répéterai ici ce qu’on a dit dans 
la céiebre discussion qui eût lieu , lors de r/ctablissement 


tiesn. Page 




/ 



. - 

du tribunal rivolu ionncûse : c’esf Brutus sur sa cliaise 
curule qui ' CQndamnc à mort scs cnfans , pour avoir 
trahi la chose publique. 

CoQilion : Les rtfi.x'ous qui vicnne'nt d’être faites 
sur la loi rendue avani-hie: , et cell; s qui ont été faites 
jiier sur le même sujet , î?e permetieiM pas au comiré 
(Je salut public de garder le silence. On a prétendu 
d’une manière irès-posiiive que le comité avoit voulu , 
par unfj'^disposiiion implicite , se réserver à lui , au ca- 
miié de sûreté générale, aux représenians en mission, 
à Taccusatcur public du tribunal r'^voluhonoaire , le 
droit de traduire les ruprésentans du peuple au tribu- 
nal révouiionnaiie , sans en referer à la Conventioa 
c'est à dire , qu’on a prétendu que le comité, par une 
disposition implicite , avoit voulu détruire les lois déjà 
faites , anéantir une d sposiiion consiiiutionnelle. N’est- 
ce pas là une calomnie aussi absurde qu’atroce ? Tant 
que nous serons accusés par les gouverneraens tyran- 
»iqucs coalisés conf e la République , de vouloir usur- 
per le pouVoir , de vouloir dominer la Convention elle- 
même 'y certe incuh)ai!on nous honorera ; mais quand 
c’est au sein de la Convention elle-même que ces in- 
jures BOUS sont faites, nous devons nuus en affliger, 
et nous en plaindre. 

Si cette inculpation que je viens de relever n’a pal 
été formellement prononcée au sein- de la Conventio» , 
du moins l’a t-elle été ouvertement en public : on a 
cité Tarticle de la loi qui y>orte que les anciennes dis- 
positions qui ne concorderoient pas avec celle-ci étoient 
abrogées ; mais ces dispositions anciennes pouvoient- 
elles s’entendre autrement que celles qui étoient 
relatives à l’organisation dtî tribunal révolutionnaire , 
dont il étoit question dans la nouvelle loi ? Et pouvoit- 
on raisonnablement songer à la loi d’exception , qui 
regarde les représenians du peuple , et qui est une des 
loix fondamentales de la liberté ? Il n’y a que la mal- 
veillance qui ait pu le penser , et une intention bien 
prononcée d'outrager le comité. 

On nous accuse de vouloir usurper la domination ». 
nom qui abhorrons l’idée seule d’une autre domination 
que celle du peuple ! Eh ! qurdlcs seroient donc aujour- 
«t’hui les scélérats assez insensés qui oscroient prétendre 
à une puissance itidtvi-luelle ? Citoyens, s’il en exisfoit 
cfans le comité , croyez que ce ne seroit pas vous qui 
auriez l’honneur d’en faire justice. 

mai a giÉ Ég M i WH — : 


Idera. page ^62, 



On à vouiü injurier le comitc dé salut p .’.üc , parc« 
Qu'avec la majoriié , la très-gi aride majorité de la Coîi- 
Tcniion, il veut le bonheur du peuple. Ojje voulons- 
fious en edet ? La gloire déjà représentation nationale, la 
prospérité pu’Jique et i»*di viduelle , la libe.'té, ta repu- 
iliqii'c toute entière : voilà noire ambition, voilà nos 
piineipes ; et soyez assurés , Citoyens , que nous mar- 
therons toujours dans les mêmes sentiers , bjssent-ils bor- 
«iés , comme déjà ils l’ont été , de meurtriers ci de 
poignards. 

Je ne prétends pas faite révoquer le décret rendu 
hier,- mais le consid&ranl qui le précède est offensant pour 
Je comité de salut public. On y dit que le droit exclusif 
de la représentation nationale , de décréter ses membres 
d’accusation, et de les faire mettre en jugement, est 
»n droit inaliénable et inattaquable : il est évident par- 
la qu'on a voulu insinuer adroitement que le comité avoit 
porte atteinte à ce droit sacré , comme si ua droit de 
cette f^aiure pouvoit être détruit par une di.'positiorï 
indirecte et sous-entendue. La Convention nationale , si 
elle conserve à son comité l’esiime qu’il a droit de pré- 
tendre , ne peut pas soulfrir qu’un pareil conndérftnt 'iwh- 
sistc ; je demanderois que, d’aj très les explications que 
je viens de donner , la Convention pnstâi purement et 
•simplement à l’ordre du jour lur la propositioa d’iïier 
comme injurieuse et impoliiique. 

Pourquoi , toutes les fois que , dans Ic's loix méditées 
l^ar le comité de salut public , il sc ttouve quelque obs- 
Éuriré, quelque équivoque, (et cela u’est pas fjossible 
autrement , car nous ne sommes pns do»iés de l'infailli- 
hrliié ) : attend-on le niomcut où il n’y a ici aucun mem- / 
hrc du comité , pour les .attaquer ? Pourquoi ne préfère- 
■l-on pas, au contr.iirc. riwstant où, se trouvant dans 
Cftte salle , des rpçn b'cs pourroient donner les éclair- 
eissemens Fraterricls qu’on demanderoit ? 

Oa a dit hier qu'il v aveu eu de r'aigrenr dans la dis- 
cussion de la vedle . et ensuite , sur une cianteur qui s’est 
élevée-; on a ajouté que cette clameur piouvoit que la 
liberté bubliquc ctou impérissable : donc s’il n'y ^-ût pas 
d’heureux murmures , si l’on n’eûi pas entendu cette 
clameur, si le décret que cette clameur anuonçoit n’eûr 
^as été rendu , si le comité n’eût pas été reformé , la 
iibcTté publ'que eût été exposée. 

Si Bourdon,, qui a parlé ainsi, n’a pas eu dé matl- 

— .„M . ji T- niij . 

Pajé&s 56a et 5^^* 


vaisc intention, îî a commis an moins une faute d’iaàr 
prudence cxirêmetncnt grave ; il ne devoir, pas injurie® 
gratiihement ses coilcgues , et sur-tout les membres d’uO- 
comité que b Convention a chargé de la plus immense 
confiance , d^’une conîiance qu’ils mériteront toujours, 
d’une confiance qu’ ils n’ont pas cesié un instant de 
mériter ; car si vous en doutiez , Citoyens , le comité 
de saîut public vous ofFriroit aujourd’hui , par mon 
©rgane , de reprendre les pouvoirs dont voua l’avefe 
revêtu. 

Non , non , s’ccrie-ton de toutes parts. Je ne veux inculper qui 
que cesoit; onsçait, que j’ai du moins la vanité de le croire, on sçait 
que personne plus que moi ne révère la, convention nationale j je 
donnerois mon sang plutôt que de reiitraîiier à un acte qui la pour^ 
roir compromettre : je ne veux , dis-je , inculper personne , mais je 
dois relever des expressions offensantes pour le goiivcrnement. 
Quoi , lorsque le comité présente une loi , on ose supposer qu’il 
y a, dans cette loi , des intentions d’usurper le pouvoir souve-* 
Tain l et qu’ont dit de plus Pitt et Cobourg ? 

Bourdon peut n’avoir pas eu de mauvais desseins , mais il 
devroit réfléchir un peu plus avant de présenter des propo- 
sitions d’une importance si majeure : quand des loix soumise» 
à la Couvention , par le comité de salut-public , paroissent in- 
Cisimplettes , pourquoi ne pas appeler ie comité dans de» 
discus.sions qui s’élevoienc ? Il pourroit donner des- explications 
satisfaisantes qui mein'oient fin aux débats , et ménageroient 
des séances plus utiles au bonheur public. 

Aujourd’hui encore , l’on fait une chicamie sur un mot ; 
©n démaEcle ce que c’est que dépraver les mœurs , et l’oa 
©bserve que pour une légèreté , une gaieté , on pourroit tra- 
duire un citoyen au tribunal révolutionnaire. Il faut ne pas 
entendre le Bançais , pour ne pas comprendre ce qu’on a 
'Voulu dire par ces mots. On a voulu parier des individus qui , 
pat quelques moyens que ce pûr-être , 'chercheroienr à étouffer 
la conscience publique et la inbrale du peuple , decQuxqui vou- 
droient opérer la contre-révolution dans le sens et à la manière 
«e Chabot et ces complices. Ces expressions de la loi seront 
bien entendues des jurés ; ils cauroiit bien discerner le crime 
>et ne pas condamner pour lui l’indiscrétion. Le plus grand 
moyen d’opérer la centre 'révolution , dans un état sorti à peine 
dos vices de la monarchie , est celui de la corruption : toutes 
les fois que l'on verra un individu semer de i’afgent , dilapider 
la fortune publique , tenter de corrompre les citoyens , il ii’y 
auri^ pas à se méprendre sur cet individu j ce sera un grand 
coupable à livrer à la ju-iice , pour qu’elle en fasse uït 
eanpie salutaire, et qu’il soit puni de même que s’il eût teac^ 
la contre-révolution par la voie de la force,. Le comité dîst 

làem. vj> ' '' 


'Saîut*pubîic n’a jamais pensé , si d’autres l’ont cru , que ce 
fût en vain que la Convciition eut mis à l’ordre du jour la pro- 
bité, les mœurs , la justice et les vertus , et c’est par suite 
de ces principes de la Convention , que le comité a proposé 
par la loi qui donne tant d’inquiétudes à certaines personnes, 
de frapper impitoyablement tous ceux qui , en uépravant les 
mœurs, souillcroient la probité, la jusdse et la venu ; ce sera 
à la conscience des jurés à disiin."’ucr : et nous sommes con- 
vaincus qu’ils le feront, si rindividu qui «era traauit devant 
eux est coupaole avec de- sein, ou si l’on ne peut lui repro- 
cher simplement que de l’imprudence ou de i indiscrétion. Je 
me défie de ceux qui récusent d’avance le iriounal sain de la 
conscience des jurés. D’après ces observations , je demande 
l’ordre du jour sur les prûpo nions faites hier ci aujourd’hui contre 
la loi du XI prairial, et q.m , par-ià , vous frappiez les propo- 
sitions du juste dédain qu’elles rnériient. 

Bourdon de i UiSc ; lüi it. «. i.'uiuc œ* salut p'ubiic , si 
Çouihon eussent été presens à la eoscussit.n , ils ne di- 
roient pas que je paile à la oianiére de Pit! ei de Co- 
bourg. Qj-iaud j'ai dit quM y avois. eu de l’aigreur dai s 
Ja discussion , j’ai ceicndu parler tle celle que me lent 
toujours les patriotes montagnards , loisqu’d s’agit de 
contre révolution. Qjiaud j’ai vu un mouvement dans 
l’assemblée , j'ai cédé au mouvement de mon cœur , 
qui m’a dit que je ne m’étoîs pas rrompé , que mon 
«pinion n’étoit pas fausse , poisqu’efe éîoit panagee. 

Est ce-Ià être contre révolutionnaire ? Le couiitc de 
salut public me reproche moa diiCours d’hier, et en 
me donnant cette mercuriale , il me dit que je p irie 
comme Put et Cobourg. Si, en lui r. pondant, j'uso>s de, 
la mitne liberté . où en serions nous ? A dieu ne plaisa 
que je veuille me servir de ces manières de m’exprimer ; 
j’ai fl:t et je dirai, toujours que les deux comités de 
salut public et de sûreté générale ^auveroient U dioie pu- 
blique ; mais ce r.’est pas un crime de demander l'ex^ 
plication d’une loi. Je demande que cette aciiou de la 
montagne soit regardée comrr.e l’action de bor'-s patüo- 
tes , de gens qui aiment la hberié , qui l’aimeni jusqu’à 
la jalousie. 

Le comité pr-dend que l’on a saisi le mement de son 
absence pour faire les observations coiurr iesquelicf; il- 
réclame; mais on a été le préveniî qu’on aPoit le^ fai e. 
Audouin, notre collègue , s’y est transp.-rie. Erft-ce uo're 
f.iute à nous , s’il u’est pias venu ? T h quoi * nous serions 
regardés, traités con:;me des contre - révolutionnaires , 


rdem. Page 5 


/ 



J^esa, Paje# ^ 6 -^ et 3^5 iu mojj» <îe praiâaij 


quand, par ameur de la liberté, n©us aurions conçu 
des inquiétudes , peut-être mal placées ? Où en seroit 
donc la liberté , si nous en étions leciuits là f Qu’ils 
sachent , les membres ries deux comités , que s’ils sont 
patriotes, nous le sommes comcoe eux; qu’ils sachent 
que je ne répondrai pas avec aigi^eur aux rep-roches qu’ils 
:m’ont adressés. Couthf^n ,j\st>me le comité ; j’estime 

l’inébranlable montagne qui a sauvé la liberté ! (Vifs ap- 
plaudissemens. Voilà Us explications qu’il m’a semblé 
‘.que je devois donner. Je ne parle point pour être 
applaudi. 

Robespierre : Le discours que nous venons d’entendre 
me prouve la nécessité de donner à ce qu’a dit Coii- 
tbdn , des cxplicanous plus étendues et plus claires. Sî 
nous avons acquis le droit de ne pas nous dévouer inu-' 
tderaent pour la patrie , le moment est arrivé de l’exercer. 

Ce n’est pas par des rétractations éternelles ; ce n’est 
pas par des discours qui , sous les apparences de l’ac- 
cord et du patriotisme , concourant toujours au système 
'si souvent interrompu et si souvent repris , de diviser i 
Ja reprcscrataiioi-i nationale, que l’on peut justifier ses 
démaiches. Ce qu’a dit Couthon est reste dans toute sa 
ferce , et il est bien démontré qu’il n’y avoit pas lieu 
aux craintes qui ont été manifestées. 

Etoit ce bien le moment de demander ce que c’est 
que dépraver les mœurs publiques , quand les plaies faites 
à l.i morale publ que , par les Chabot, les Hébert , les 
■Danion . les Lacroix, saignent encore? tt qui donc a 
SHÔ^ oublié leurs cornes? Qui ne voit pas que leur sys- 
tème e>t re?«té organisé ? Qui ne sait pas que la Gonven- 
ticm a besoin de teuie sa sagesse , de tonie son énergie , 
-pour extirper les trop profondes racines que la corrup- 
tion a jettées , pour réparer les maux qu’elle a causés , , 

et pour discerner et frapper ceux qui la répandent , qui 
trou lr>t*a ff'ms' ont été ’mpnn’S? 

Quant à Pautre proposition ( celle qui fut faite hier ) , il fane 
îa lier à tout ce qui se dit , à tout ce qui se fait chaque 
jour. Ce n’est point un juste scrupule : elle a pour but de 
faire croire que le projet présente' par le comité attentoir aiîx 
droits de la représentation nationale , ce qui éioit évidem- 
ment faux. Le préopinant a cherché dans la discussion, à sé- 
parer le comité de la Montagne : c’e?t une intrigue qu’il faut 
étouffer dans sa naissance ; la convention, la montggne, le co- 
mité, c’esC' la même chose ( la salle retentit d’applau.dissemens ). 
fl out représentant du peuple qui aime sincèrement la liberté , 


1 


t«ut Vepresentant du, peuple qui est ddtefmîné à môutlr pou^ 
le salue de la patrie , est de la Montagne. — On applaudit 
de nouveau , et les membres de la convention se lèvent en signé 
, d’adhésion et de dévouement. 

Citoyens , reprend Robespierre j lorsque les chefs d’une fac- 
tion sacrilège, lorsque les Brissot , les Gensonné , les Ver-' 
gniaud , les Guadet et tant d’autres scélérats , dont le Peuple 
François ne prononcera jamais le nom qu’âvec horreur , s'é- 
toient mis à la tête de cette auguste assemblée , quand ils par- 
vinrent, à force d’inttigues et de calomnies , à l’égarer sur les 
hommes , et par une conséquence naturelle sur les choses ; c’é- 
toit sans doute le moment où la partie de la cenvention qui 
étoit éclairée sur ces manœuvres liberticides , devoir faire des 
efforts pour les combattre et les déjouer. 

Alors , le nom de la Montagne , qui leur serveir comme d’ua 
asyle au milieu de cette tempête , devint justement sacré 


parce qu’il désignelt la portion des représentans du peuple qui 
luitoienr contre Terreur ; mais du moment que les intrigues 

t 

T 

di 


^UltOICiiL .V,.. 

furent dévoilées, du moment que les scélérats qui les tra- 
moient ont péri , du moment que la vertu , la probité, la jiîstice, 
les mœurs sont mises à l’ordre du jour , du moment que chaü 
cun veut se dévouer pour la République , il ne peut y avoir 
que deux partis dans la convention , les bons et les méchans , 
les pacri©tes et les contre-réyolutionnaires hypocrites. 

’ Il me convient de proclamer cette vérité , et personne ne 
m’accusera sans doute ici^dc partialité ; car qui fût le premier 
objet de l’erreur dont je parie ? qui eût été la première vic- 
time des calomnies et des proscriptions , sans une chance heu- 
reuse de la Révolution ? j'ose dire que c’étoir moi , peut-être’, 
ou plutôt le phantôme que l’on montroit à ma place , a 
mes collègues égarés , à la Fiance , à l’univers. 

Non , il ns peut rester dans le cœur du patriote aucune 


bien et de la vérité 


et apres 


àutre passion que l’amour du 
jivoir défendu les victimes cjuc vouloient opprimer les factions 
d’Hébert , de Chabot , de Danton , je m’applaudis de vivre en- 
core pour rendre un hommage solemmcl à la justice de la con- 
vention ; si j’ai ic droit de lui adresser ce langage , je pense 
que j’ai aussi la faculté de le tenir à cette montagne célèbre , 
Slir laquelle je crois avoir acquis le droit de siéger, et que 
cct hommage qui part de mon cœur , vaut celui qui sort de 
la bouche d’un autre. Oui, montagnards, vous serez toujours 
le bo'ilcvart inébranlable de la liberté publique , mais vous n’a- 
Vtz rien de commun avec lès intrigans et les pervers , quels, 
eu ils soient. S'ils s’efforcent de vous tromper , s’ils prétendent 
tf’idmuiner avec vous, ils n’en sont pas ruoins étrangers à vos 
■pr'mcïpcs : la Montagne n’ est autre chose que les hauteurs du 
patriüusme j un moiuâgiuird n’esc qu’un parr'iote pur , raison- 
nable et sublime. Ce serolc cutrager la patrie , ce seroit assas- 


ïfttii. 1^3 et 


siûcr 


97 

«iner le peuple , que de cou IFrir que quelques întrîgans pîüsmë^ 
prisables que les autres , parce qu’ils sont plus hypocrites, 
veuiiieiit -entrainer des portions de cette montagne, s’y faira 
les chefs d’un parti.... 

Bourdon ( de l'Oise ) . Je n’ai jamais voulu entraîner per-, 
sonne dans mon opinion , ni me faire chef de parti. 

Robespierre : Ce leroit l’excès de l’opprobre que quelques- 
uns de nos collègues égarés sur nos intentions et sur le but dc- 
nos travaux... 

Bourdon ; Je demande qu’on prouve ce que l’on avance. Oa 
a dit assez clairement que j’étois un scélérat.. 

Robespierre: Je demande au nom de la patrie, que la pa*- 
îoie me soit conservée ; je n’ai pas nommé Bourdon : malheiu: 
à celui qui sc nomme lui-même ! 

BoLirdoir: Je dé£e R.obcspierre de prouver 

B.obcsplerre : Mais s’il veut se reconiioitie au portrait ge- 
Vnéral que l’on nra forcé de tracer ( car mon devoir est dc garan- 
tir de- aejassins la convention nationale et la liberté, des pro- 
jets criminels de .ses Ênnemis ) , si , dis-je , il 'veut s’y recon- 
noitre , il n’ect pas en mon pouvoir de l’én empêcher. Oui, 
la Jvlontagne est pure et sublime, mais les intrigans ne sont 
pas dc la Montagne, (i) 

Une voix : nomniez-Jes. 

Robespierre ; Je les nommerai quand il le faudra ; je de- 
mande qu’on me maintienne la faculté de parler. — Oui , il 
existe des intrigans qui , à chaque instant du jour , à chaque 
instant de la nuit même , -s’appliquent à insinuer dans l’esprit 
des hommes de bonne foi qui siègent sur la montagne , des 
idées fausses et les calomnies les plus atroces. I! eu des mem- 
bres purs et respectables , auprès desquels on épuise à chaquç 
instant les memes artifices par lesquels les Brissot , les Clia*- 
bot , les Danton, et tous les autres chefs adroits de la faction 
de l’étranger , vouloicnt enlacer la convention nationale toute, 
■entière. 

Par exemple ; Lorsqu’il arrive des représenfans du peuple; 
qui étoieiit en mission , dont le rappel a été déterminé par des 
vues générales d’ordre public , et n avoir rien d’injurieux pour 
eux , on verse à longs traits dans leur.? cœurs le poison de la ca- 
lomnie , le venin de l’envie , oo excite leur amour-propre , et s’il 
•s’eu trouve de foibles , d’accessibles à quelqu’un des moyens qui 
sont mis en usage , on les transforme eu ennemis du gouver- 
nement créé par la convention nationale. S’il en étoit quel- 
ques-uns qui se ressouvinsent encore des anciennes mesures 
prises contre la liberté , qui tinssent à quelque parti abattu , 


(i)B®urdonde l’Oise i, été tellement trapé de cette séance ; ses orga- 
nes , son physique, sa .f^nté même en ont été si grandement altérés, 
que pendant un mois qu|il a gardé le lit «a la chambre / les méd«-< 
•tns ont craint pour ses Uurs. 

6 JO., 

G 



. ■ 9S 

serolt ccux-Ia qu’on cliercheroit sur-tout à accaparer, Le 
parti une fois formé , vous verriez s’y réunir infailliblement 
ces intrigaiis qui , de faction en faction , ont suivi la révo- 
lution et ne Font jamais servie ; les médians qui l’ont rej^^ar- 
dée comme leur patrimoine , et les espions si nombreux et si 
«droits de l’etranger; car il faut vous le dire encore, il suf- 
• firoit qu’un seul homme manifestât des principes opposés à ceux 
de la convention pour que tous les ennemis de la liberté se 
ralliassent à lui. 

Au reste , ces inttigans n’avouent pas toujours leur 
système. Quand ils ont épuisé leurs tematives , qui toutes 
Itont, plus ou moins directement , au, même but , ils s’ef- 
forcent de les couvrir par des pi otestabons hipocrites 
d’estime et de dévouement pour la Convention nationale , 
pour le coTMiîé de Salut public : aussi-iôt apres , ils n’en 
cherchent pas moins à grossir la boule de neige qu’ils 
forment , et qui , si elle descendoit du haut de la hlon- 
tagne, ne groisiroit que plus rapidement encore. 

Il faut dire ici un trait qui prouve que tout ce que 
BOUS avons dit n’est point chimérique et imaginaite. 
Avant-hier , après que vous eûtes porté ia loi que l’on 
Bvoit pris soin de rendre suspecte à quelques membres , 
et contre laquelle vouio ent conspirer ceux qui s’op- 
posent à tout ce qui alfermit la hberté. il en est qui 
ne purent dissimuler leur mécontentement, 

' On vouloit faire un esclandre scandaleux , exciter ua 
mouvement pour briser les ressorts du gouvernement , 
en lui ôtant la confiance publique. Au sortir de cette 
enceinte, on rencontra des patriotes, parmi lesquels 
ctoient deux couriers du Gouvernement. On crut que 
l’occasion étoit favorable ,• on les insulta ; que faiit;5- 
▼ ouR là, coquins , leur dit qn ? — Keprésentans , je 
UC vous insulte pas , je fuis patriote. — Tu es un co- 
quin , un espio» des comités de Salut public et de 
Sûreté générale ; ils en ont vingt mille à leurs ordres 
autour d« nous. — Representans je ne puis employer 
la défense contre vous; mais je suis patriote , et autant 
que vous. — On répondit par des coups. Trois cents 
témoins en peuvent rendre témoignage. 

Il est donc prouvé que l’on cherche encore à avilir 
ia Convention nationale,* qu’on veut, à quelque prix 
que ce soit , la troubler, 8i les patriotes attaqués s’é- 
toient défendus , vous sentez bien qu’on n’auroit pas 
planqué d’eavenimer cette affaire. On u’auroit pas manqué 
oie dire que des représeutans du peuple avôient été 


Pages 367 et 35g. 




99 - 

insultés par des hooimcs attaches au comité de 5a!ut 
public ; et peut-être ces inculpations , appuyées par 
des clameurs , n’aurOient-elles pas laissé à la vérité les moyens 
de -sè faire entendre. Voilà ce c|ui s’est passé, et vous n’en 
serez pas étonnés , si vous vous rappelez ces étranges discours 
renus par quelques membres , qui , au sortir de cette enceince , 
■Gnnonçoienr , à l’exemple de Lacroix , la peur que leur ins- 
piroit la. seule idée de la justice nationale. 

. Qui. donc a dit à ceux que je désigne , que le comité de 
salut-public avoit iniendon de les attaquer ? Qui leur a dit 
qu’il existoit des preuves coiitr’eux ? Le comité les a-t’il seu- 
lement menacés ? A-t’il manqué d’égards diiis aucune circons- 
tance , envers les membres de Convention nationale ? Si 
vous connoissiez tout, citoyens, vous sauriez que l’on auroit 
plutôt le droit de nous accuser' de foiblesse. Quand les mœurs 
s.éront .plus purs , ramoiir de la patrie plus ardent , dcs^accu- 
sateurs-généraux s’éle<^efont contre nous , et nous reprocheront 
de ‘n’avoir pas montre , assez de feraaeté contre les ennemis 
de la patrie. 

• C’est à vous de soutenir, et’ d’animer notre zèle par votre 
énergie. Ceux qui cherchent à nous distraire de nos pénibles 
travaux par des trames continuelles dirigées contre le gouver- 
nement même , font une diversion utile aux tyrans ligués contre 
vous. 

Quant au système de calomnie que l’on a dirigé contre tout 
ce qui est patriote de bonne foi , il tombera bientôt ; car c’est 
une, propriété inséparable du temps que de découvrir toujours 
îa vérité j et si quelques membres purs , dupes du patriotisme 
hipocrite d^ ; quelques gens que je vous ai désignés , avoient 
pu se livrer aux idées sinistres qu’on leur a suggérées , ils 
seront bientôt éclairés ; et il- en sera d’eux comme des hommes 
purs qui avoient été égarés par les scélérats- que la justice na-» 
tioiiale a frappés. 

La patrie ne court qu’un seul danger , et c’est à vous de 
l’en garantir. Seulement ne souffrez pas que des intrigues 
ténébreuses troublent la tranquilité publique et la vôtre , par 
quelque explosion subite. S’il n’y a pas eu de mouvement en 
effet, ce n’est pas qu’on ne l’ait tenté; mais le peuple, in- 
variablement attaché à la cause de la liberté , a été sourd aux 
instigations de ses ennemis j il a sçu Iss juger. Aussi leur 
désespoir est-il porté à son comble. Ils paroissent déterminé^ 
à tout bazarder. ^ 

A i’éçard des dangers qui ne regardent que nous, 
reposez-vous sur nous du soin de les braver ; mais 
Ycillez sur la pairie , et ne souffrez pas qu’on porte 
atteinte à vos principes. Quand la confiance que vous 
avez mise en nous s#ra altérée , évitez à la patrie des 


lOO 

déchjrcmetrs. Î1 vaudront mieux peut être encore que 
les cnnewiis de la pairie , que les amis de d’Orléans 
siégeassent momcatanémenî au tiaion des affaires pu- 
bliques , que de ^’oir l:i Convention avilie et divisée. 

Si les vérités que je viens de proférer ont été cnien- 
ditîs , nous continuerons nos iravaisx avec courage. Ob- 
scivez toutefois -que nous avons besoin d’cncourage- 
mens >, qu’on a tout fait pour rendre notre carrière yté- 
nible. -C'est assez d'avoir à lutier contre les rois conju- 
rés , et contre tous les moosoes de la terre, sans trou- 
ver à nos côtés des ennemis. \^euez donc à notre secours; 
ne permettes pas que l’ou nous sépare de vous , puis- 
que nous ne sommes qu’urte partie de veus-mêmes , 
et que ucui ne sommes rien sans vous. Doutiez -nous la 
force de pc*. ter le fardeau iiB;Uieriî5« et presque au dessus 
des efforts humains , que vous nous avez iœpt^sé. Soyons 
toujours justes et unts , en dépit de nos ennemis com- 
muns , et nous sauverons la Képublique. 

La salle retentii des plui vifs appiauûlissenieas. On 
^demande que la proposition de Couihon soit mise aux 
voix. 

Lacroix : C’csi moi qui ai proposé l’interprétation des 
paroles dépraver les mœurs,, je demande moi même Perdre 
du j-onr sur crite prvpositiên , qui devsent inutile d’après 
les explications données par le comité. Je supplie ia 
Convention d’être convaiiîcue que j’éiois loin de voü'- 

Içir accuser le comité de salut public 

C''uîhün : -Le comité est encore plus loin d^ l’avoir 
soupçonné. 

iVierliii ( de Douay ) : Comme j’ai été par hazard le 
jédacieiir du censidnant du üécret\endtt hier, je dois 
un compte historique de ce qui. s’est passé. Avant hier, 
duraot la discussion qui eut lieu , on me proposa de 
demander par amendement , ce qui fut décrété hier. Je 
répondis qu’il seroit injurieux de le proposer. Hier , on 
en retiüuvella la motiou ; elle ailoit être mise aux 
voix , et je proposai l’ordre du jour , motivé ainsi qu’il 
l’a été. S’il est mal motivé., c’est \di faute de mon esprit 
et no« pas celle de mon cœur. J’ai regardé le considérant 
comme le seul moyen raisoanable de trancher la question^ 

Robespierre : Dans tout ce que nous avons dit , il 
n’y avoit rien qui concernât Merlin , donc la motion 
teudnit à aiteniier celle de Bourdon : il n’est question que 
du système que j’ai développé ; ses auteurs se nommer- 
ront eux memes. 


IJgin. page 374. 


foi 

Taîlien : Je (lois «ne explication sur «n fait qnî a 
ctè rapporté, et qui ne Ta pas etc exactement , parce 
que ceux qui U rapporfoient uouvoicct quclqu'insérée 
à Le dénaiurer. Ce n’est pas avant-hier , mais hier , à 
îiuit heures du soir, que ir©is représentant du peuple 
da nombre desquels 'j étois , sc proincuoieVit sur la 
terrasse, ie long du palais nation;;! ; n.r.us fimca trois 
ou quatre tours environnés de cinq hoftjmes q-d nous- 
suivoienr. Noms n’y avions pas d’abord Tait attention 
parce que nous ne craignions pa? qu’on te cueillît notre 
conversation. Cependant , comme nous nous retirions , 
rous !«s vîmes encore sur nos p^ss-*, «c alors nous leur 
adr^ 5 stmes la osredr . . . 

Rvibœpicrre : Le fait- est faux. Un fait v-ai , c’est que Tal- 
lien est du. nombre de ceux qui, à rexemplc de Lacroix,, 
attcctcnt de parler sans cesse publiquement et avec effroi de^ 
guiliocine 7 ptmr avilir et troubler la Cenvention naEicnale. / 

Taliien.: Je demande que, sur ce fait, iiibnimcnt de'licat ^ 
je sois entendu. Nous avons dit.,, en adressant la parole à ceu» 
qui nous rulvoient : nous sommes des representans du peuple. 
Vous Têtes comme moi, nous répondit- on; et on ajouta les 
plus grossières injures. Nous fîmes arrêter ceua: qui nous avoie’.’e 
insultés, iis furent conduits au corps-de-garde. L’un d’eux étoift 
un marchand de vin , et les deux coiiricrs du gouvernement 
n’y étoient pas. Au surplus, il n’y fut pas question de vingt 
mille espions, 

Robespierre ; Trois cents teV^oins l’ont vu et entendu. Voü 9 
devez juger maintenant de quoi sont capables ceux qui sou- 
tiennent le crime par le mensonge. Il esc aisé de prononcer: 
entre les assassins et les victimes. 

'Billaud-Varenne : La Convention ne p^ut pas rester dans la 
position où l’impudeur atroce vient de la jetter. Taliien a 
menti impudeitiment , quand il a dit que c’étoit hier que 1 » 
fait étoit arrivé ; c’est avant-hier que cela s’est passé , et je le 
savQÎs hier à midi. Ce fait eut lieu avec deux patriotes, ageiis 
du comité de salut public. Je demande que la Convention ©uvrô 
enfin les yeux sur les hommes qui veulent l’avilir et Tégarcr., 
11011, nous nous tiendrons unis , et les conspirateurs ne nous 
égareront pas* ( Oui , eui , s’écrie-t-on de toutes parts.) 

Taliien : Je croris aVoir dit que c’étoic avant-hier, à huit 
heures du soir 

Ou demande une nouvelle lecture du considérant du décret 
•rendu hier. 

Barcre : Je pense que cette séance ne sera pas infructueuse 
pour la chose publique , puisque les auteurs mêmes des pro- 
positions c]ui ont été .faîtes , ont senti (qu’elles pouvoient con- 
tenir quelque chose d’injurieux , non à nous , mais au gouver- 



1 Oî 

nement révolutionnaire, qui a été établi par la Convention. Le 
lendemain qu’une motion a été faite , pour faire présumer que 
le comité avoit usurpé le pouvoir de la Convention , ce consi- 
dérant est injurieux. Je ne dis pas qu’on ait eu cette intention , 
car il me suilit de savoir que c’est Merlin qui l’a rédigé, pour 
ne pas concevoir le moindre soupçon mcis il est injurieux 
dans le fait ; et dans les circonstances où nous nous trouvons , 
et ap^ès les attacpies multipliées qu’on ne cesse de faire au gou- 
vernement , ce considérant ne doit pas être relu , mais la 
Convention doit passer à l’ordre du jour. 

Auparavant , jç dois citer deux faits importuns. Nous ne 
lisons pas tous les papiers Anglais et les rapports diplomati- 
ques. Èh bien l apprenez qu’on dit sans cesse , pour nationali- 
ser la guerre Angiaisc , que nous sommes des scélérats , des 
brigands, qui ne s’entendent pas éux-mômes , qui disent le con- 
traire de ce qu’ils ont dit la veille . et vexent le gouverne- 
ment , en qui ils n’ent pas de confiance. Ce sont là les répon- 
ses constantes que Pitt fait à Georges et au parlement Britan- 
nique , en leur demandant ce que c’est qu’un gouvernement 
qui ne jouit pas de, la confiance publique. Ainsi, lorsque sans 
des motifs puissaus de bien public , on inquiété , on tourmente 
le gouvernement national , ceux qui entretiennent ces inquié- 
tudes , cette roir'mente , sont les ennemis du bien public. Ils 
pu sont peu jaloux, ceux-là qui ne. disent pas sans cesse qu’il 
faut SC rallier au gouvernement; ils .sont peu jaloux de la 
prospérité de la patrie , ceux-là qui n’en attaquent pas sans 
cesse les ennemis ; ceux-là qui feignent de l’aimer avec jalou- 
sie , mais qui ne le font qu’avec mauvaise foi. 

Ic‘- , je düisL citer un autre fait : Dans les bal.s , dans les 
jeux ]Hiblics donnés à Londres, il n’est question que de l’as- 
sassinat des membres des deux comités de salut public et de 
sCirecé générale : on en donne à Robespierre l’horrible prio- 
rité: l.es papiers d’hier le lui répetoient encore. 

Notre collègue , Prieur de la Marne , qui e.^t à Brest , nous 
'écrit , en date du ip prairial , et nous envoie différeiis papiers 
Anglais , publics {;u particuliers , trouvés sur les nombreux 
.bàtimens que prennent chaque jour nos marins ; il en a fait 
traduire des paragraphes.- intéressans. Nous y remarquons sur- 
tout une Charlotte Corday , poursuivant Robespierre et Jean- 
Bon .St. André. 

Qui atraquent-ils nos ennenlis? Jean-Bon St. André, qui e‘^t 
à la tête de la marine qui les combat; Robespierre, qui est 
un membre actif du comité de sàlTit public. Ainsi , c’est tandis 
étrangères sont remplies d’assassinats perpé- 
•mente, qu’on divise ici l’opinion. 

des articles que je vous- ai annoncés : 
bal masqué -donné dernièrement à Londres ^ 

Robes- 




1 o5 

pierre un poignard à la main , et menacer de le maratiser. 
Dans un autre bal -, au Renelagh , une femme déguisée en Char- 
lotte Gorday , sortant du tombeau , agitnit également son poi- 
gnard sanglant à la sùite de Robespierre, menaçant de lemara- 
tiser. Elle étoit suivie d’une espèce de somnambule qui 
répétoit sans cesse qu’il se réveilîeroit quand tout le mond» 
parleroit raison' à la manière des Anglais, j 

J’en ai dit assez , reprend Barère , pour vous indiquer lo 
système que nous vous dénonçons depuis long -temps, pour 
augmenter, s’il est possible, Thorreur que ces faits doivent 
vous inspirer, et pour faire sentir à la Convention quelle est 
la m-arche des ennemis de la liberté et de l’égalité. — Applaudi. 

Couthon : Voici ma proposition résumée: que la Conven- 
tion passe purement et simplement à l’ordre du jour, sur les 
propositions, observations, améndemens , etc. qui ont été faits, 
sur la loi d’ayant-hier 5 et au surplus , je répété que le comité 
ne prétend pas plus à l’infaillibilité qu’un autre. Il vous a 
présenté quelquefois , et il vous présentera encore sans doute 
des iüix imparfaites , qui auront besoin d’être perfectionnées 
paj' vôtre' discussion ; mais au moins , lorsqu’après un projet du 
comité , qui aura été adopté, il s'élèvera des réclamations , nous 
supplions la Cor|vention de ne passtatuer , que le comité , appelle 
par ses ordres , n’ait été entendu. 

Üii aisentiniciîf unaniH^e se manifcsie dan? rassemblée. 
La Convention adopte r®rdre du jour pur et s’nq I3 
proposé par Oeulhon , sur twutes Ics proposii.o.js. Voici 
ce décret. 

La Convention nationale rapporte le considérant 
•inséré «ians le décret d’hier , sur une proposition rela- 
tive à celui de la veille . concernant le tribunal ié'''0- 
lutionnaire , et passe à Tordic du jour sur lei.tes h s 
autres propoiiiions qui ont été faiics dans la discussion 
qui a CH lieu sur le même objet n f 1 j. 


( I ) Si i’ai donné ici copie au long du discours de Robespierre de 
Couthon &. des débats qui ont eu lieu les 22 , 2] 24 , fur-tout, furl’artit le 

20 de cette loi funefte , çà été afin que d’une part le public restât bien 
convaincu de la jullice de la réclamation faite contre cet a )(le,qui 
n’auroit pas manqué d’avoir lieu dans î’ey.tention la plus vrfe sans 
cette Hiseuffion , V afin que de l’autre, l’af’uce , la fincfe de cescliscours' 
( chef d’œuvre du machiavelifme leplus raffiné ) n’échapassent à perfonne, 
car en parlant d’union à la Convention , on y femoit le genr e de la 
plus grande divijion , en fattaiir les uns , faisant entendre aur autres 
que s’ils exiRoient encore , c’étoit au comité de falnt public , à, Robes- 
pierre qu’ils le dévoient, en disant à ceux ci, qu’il y avoit des fâcheux 
àcs scélérats üégeant à la montagne , qnî vouloient les furprendie , en 
affurant à ceux-là que le comité fauroit dilfinguer l’intrigant , le traîti* 
de l’homme égaré : c’étoit bien le moyen de ie faire des partisans. 

Pour achevef enfin de ietter la terreur, on y traitoit d’amis dePitf,. 
de Cobourg ceux qui ofoient élever la voix contre quelques articles 
de la 1 ni: on citoit à ,1’appui les papiers anglais que perlpnne ne connoît 
b ce n’efi ceux qui le* yomposeïjc ; ü’^ccojd avec ceux qui les pajojic j 




Lecoînttc lit rarlicîe XI ain.^i conçu : 

«c D’avoir, dans l'affaire d’Hébert , Vincent et autres , 
arrêté l’effet d’un mandat d’airêt lancé contre Pachc qui 


•n y appeloit hommes dant'ereux voulant exciter un mouvement, 
pour briser les refforts du gouvernement , lui ôter la confiance publique, 
ceux qui ofoient fe plaindre des espions qui cernoient les repréfentans. 

Ces notes diftribuées entre Ccuthon , Robespierre , Billaud Barèrc 
avoient imprimé une telle terrcHr dans rahembiée , que Ruamps qui 
avoir montré du courage le 2s, en demandant rajourhement , s’excusa en 
quelque sorte , lorfque Robespierre eût taxé cette opinion de lâche & 
eriminelU , en disant ce n’eft pas moi , ce n’eft pas celui qui a fait 
condamner Houchard. 

Bourdon (de l’Oise), frappé de la même terreur, vôuloit qu’on 
décrétât aussi-tôt la nomination des juges et des jurés , sur lesquels 
îl n’éleva aucun sujet de plainte , qatïique Fohquier fût désigné pour 
accusateur public ; que Rourclon le connCxt de tout tems comme confrère 
Jansla procure , ec qu’il l’air traité depuis ,avec justice, d’objet de l’indi- 
jrnatjon pubÜaue. Ce même Bourdon resta dans un tel état de stupeur , 
qu’à la séancedu 24, au-lieu de justifier la nécessité d’avoir discuté les 
articles amendés , il s’excusa , en disant qu’on avoit envoyé Jndouln 
avertir le comité de la discussion ; et ne vrijant que sa rête menacée ,, 
îl voulut absolument prendre pour lui la désignation de scélérat que 
4onna Robespierre à des hommes qu’il peignoit comme perruvbatenrs. 
Bourdon fut si trouble, qu’il déclara qn'il diroit toi jours que les co- 
mités sauveraient la chose publique. 11 protesta de son estime pour Cru. 
thon. La raison de Bourdon fut tellement dérangée par la peur , cpi’il 
vouloir que Robespierre justifiât que ce qu’il disoit avoir pour but de 
Brouver que lui Bourdon est un scélérat. A quoi Robespierre répondit;': 
J/Talheur à celui qui se nomme lui-même! Le pauvre Bourdon resta 
tellement atterré par cette réponse , que la parole expira sur ses lèvres , 
•t que de cette époque date sou absence de la Convention pendant 
un mais y ou les médecins ont eu beaucoup de peine à le rappellera la 
raison et à la vie. 

L’incon5é({uenc« de la conduite de Bourdon fut si funeste dans ce 
moment; elle donna un tel ascendant à Robespierre, appuyé de la pré- 
sence de ces mêmes nsembres des deux comités que je cite; elle fit 
une telle impression sur ceux qui avoient parlé dans la discussion de 
cette loi, que Lacroix s’empressa de demander lui même l’ordre du 
jour^ sur les proposiciofïs qu’il avoit faites la veille, ü ^lla même jus- 
qu’à supplier la Convention d’être convaincue qu'il ctoit loin de vou- 
loir accuser le comité de salut public. 

Merlin de Douay dit que c’étoit par hasard qu’il avoit été le re<fuc— 
tiur du considérant ; que s’il est mal motivé ^ c’est ]g faute de son esprit ^ 
et non celle de son caum 

Barète , qu« Eoiirdon de l’Oise défend aujourd’hui de tous ses moyens, 
pour compléter le triomphe de son parti , déclare que la séance ne 
sera point infructueuse pour la chose publique , ( il eût dû dire pour 
l’entier succès ae la tyrannie ) puisque les auteurs des propositions ont 
eux mêmes senti qu’elles pouvoient contenir quelque choae d’injurieux 

? our le comdîé. 11 déclare que le Considérant , injurieux dans le fait , ne 
est pas dans -’inuntion , puisque c’est Merlin qui l’a fait ; il ne vèuc 
pas même qu’il soit relu ; ce seroit renouvelier l’injure ; il demande un 
ordre du jour pur et simple sur le tout. 

Barèfs, pour fixer davantage la faveur et i’intérêt du peuple sur 
Pobe->pierre , parle de Piît , de Cobourg, des bals, des jeux publics 
do.iuéc à Londres, où il n’est question que de l’assassinat des mem- 
bres des deux comités , de l’horrible priordé donnée à Robespierre ; 
ïl parle du spectre de Charlotte Cordaj, pouji^ivaût, le 
M main , ce mimbpt ira^actij m CQflÉal* 



1 o5 ^ 

devoît être nommé grand Juge par cette faction ; d’aVoîr 
intimé à Fouquier, accusaletir public . Tordre , non seu- 
lement de ne pas raetire à exécution le mauJat d’arrêt, 
mais mêsue de ne pas permettre qu’d Soit pat lé de Fâ- 
che ; d’on il résulte que la parole a été interdite aux 
témoins qui ont voulu paiîer de Pachc , et même aux 
accuses, lorsqu’ds ont demandé qui! patut. j» 

Les preuve'i qui viennent à ]’.*ppui de cet article , 
sont dans Tetrir de Fouquier Tinville , et dans les piecei 
qui sont au greft;, sur lesquelles sou mémoite est fondé. 
11 s’expïime ainsi : 

a L’on ir>,Fére des expression-, par moi employée*s dans 
l’acic d’accusation d’Fîébcrt , que bifntêt uns autre factio'fi 
qui s’e leroii , .fc? y/7 dejoiiée ; j’étois infoime de celle impu- 
tée depuis à Danion et autres. Je déclare que je n ai 
employé ces expressions que d’après ce qui restthoit 
de i’inuruciioa et des piec?s transmises. Fn elFet , il lé- 
suhe rie l'instruction , qne Pachc , lots maire de Paiis, 
sous le tii’e de giand juge dont devoit le revêtir la 
faction dHébeii, devoii y jouer un grand rôle; mais 
cette qualification iTéiar.t pas indiquée, «t n’ay^nt pas 
acquis une pieuve suffisante que radie lût entré dans 
cette faction , er cpa'il dût être revèia <le'-^cetie qualité 
de grand juge , j’ai ciu devoir rne borner à emploiycr 
les expressions qui me sont aujourd’hui reprochées ; 
d’autant mieux c]u ayant fait pnit an comité de salut pu^ 
hlic assemblé de i indice qui epiisloit dans l'instruction dô 
ï' affaire d'Hcbert et de ses complices , contre Fâche , le comiié 
sur le fondement que Pachc, dans Paris, éioit le premier 


Eobespîerre profite de Texaîtation oîÎ Barère a mis 
tomber sur Tallien , qui avoïc i’ait arrêter iia de ses 
étonné de ce qui vient de pa-.s£r , se croir à sou 
expose cependant les faits avec clarté ; il se trompe si 
iespierre crie au mtrifionge , au crime] il veut 
prononce entre l\xssassiii' et les victimes. Billaud se 
il traite 'J’alîien de menteur impudent. ; il dit que Ja Lonvention 
peut pas rester dans la position où Viinpudiur la plus atroce 
la jetter. Tallien alloit erre sacrifié ; on renouvelle Tordr 
tout ce qui s’est passé. U est accepté, et par la Tallien 
fureur de ses ennemis. 

lit Earere e,t Billaud vous jurent aujourd’hui qu’ils ne sont' 
dans la confection de la loi du, 22 prairial, eux qui Font 
discuté au comité ; ils la conuoissoient pour infâme , et ils 
çoint opposés à la Convention , lors de la discussion on ils étoieut 
sens , et où Barère a dit qu’elle étoit favorable ttuxr ieuls patriotes. 
Ils auront traité d'injurieux les amende 1 eus faits; ils les auront fait 
rapporter avec le ton de la menace, et vous traitere; de faux 
iomniea-x le reproche de complicité qu’un de vos collègues a le 
faire à ces periidè»! iion , vous rép^rere'4 
jrécipifé^ fous a fût çaiiiraeLtt& 



ïo6 

magistrat peuple , a décidé que , noti seulement il ne 
falloir pas parler de lui , mais rticmc qu’il falioit évUer 
çtf il ne jnt indiqué. Cette décision a été ponciuellemcnt 
suivie par Dumas qui , d’un côté a interdit la parole aux 
témoins qui étoient dans le cas dCindiquzr Pachc , et aux 
accusés qui ont demandé a faire ‘paraître ce dernier ; et de 
Fautre , a fait, d’éloge le plus pompeux de Pache , dans 
l’audiancc même. Cet clogé a été imnrimée. Tel est le 
premier motif qui tîi’a déterminé à euaployer les expres- 
sions dont il s’agit. ^ 

Legendre : Je dois rendre hommage à la vérité : j’étois 
un jour chez Pache ; Ronsin et Vincent y étoient aussi, 
je leur dis que , s’ils contiiiuoiciu leurs projets libcrti- 
cides , avant qu’il lût un moins leur tête tomberoit. Je 
»e sais si c’est hypocrisie et lâcheté de la part de Pache , 
mais il leur oit: Vous avez quelquefois écouté le chant 
de la révolution, et vous n’en avez jamais été dupe; 
écoutez le encore , et vous vous en trouverez bien. Lors- 
qu’ensuitc Vincent et autres furent mis en jugement, et 
que les débats lurent finis , je leur dis qu’ils étoient des 
njonstres et des gueux : Pacbe iM’embrassa et me félicita 
de mon énergie : si Pache m’a trompé , je ne crois pas 
qu’on puisse me regarder comme son complice. 

Plusieurs voix : Non , non,. 

Cambon : Le fait qui vous est dénoncé porte sur tout 
le comité,' je m’y trouvai un soir dans le tems de l’af- 
faire d'Hébert ; Pache qu’on avoit envoyé chercher , s’y 
trouva aussi. Je lus témoin que Collot “ d’Herbois et 
Billaud lui firent des reproches très*vifs,et le sur-len- 
demain il fut arreté. 

Billaud Varenne : Le chef d’accusation de Leceintre se 
trouve consigné dans le discovus de Saint just , qui nous 
a accusés d’avoir anéanti la niwxticipahlc dans la personne 
de Pache. On .rit. 

Plusieurs voix : A un autre article. 

J’observe à ce qui a été dit sur cet article , que la 
défense de Billaud et ce qu’a dit Camboa ne détruisent 
point l’impHtatio» précise faite par Fouquier au comité, 
d’avoir arrêté le cours de la justice , empêché d’enten- 
les témoins contre Pache , refusé aux accusés que 
hc parfit quand ils l’oiit demandé , et d’avoir empê- 
ché par là que la ramification de la conspiration n’ait 
été eiuicfretnent contsue : enfin les charges contre Pache 
t au greffe, et la Gonveation ne peut s’empê- 


Î07 

cher d’orilonner la cempulsion ie cette procédtire , 
afin de connoître les coupables ; ce n’etoit pas des repro- 
ches trés-vifs quM falloit faire ,'il falloir dénoncer'; cet aveu 
est précieux , il justifie Timptitation contenue dans Fanicle 
XI fljui ,,à ce trieyeia , ne peut point être traitée de fausse 
et calomnieuse : il falloit provoquer contre Pache ie 
niînistcre public , au lieu de Pa^rrêier dans sa marche , 
ce qui est un crime ; la mise de Pache en arrestation , 
n’est qu’un jeu, pour sauver un grand coupable, quand 
J'ariêt n’est point accompagné des vrais motifs qui 
constituent le détenu criminel. 

Lecointr'i, lit les art. is et i3. 

Art. XII. ,, D’av©lr dans l«s mêmes vues d’injustice , 
afin de sauver les coupables , cmpê.cbé qu'il soit décerné 
des mandats d’arrêt contre le géntral Henriot , Mathieu , 
son aide de-camp, Lubin , juge au tribunal du premier 
arrondissement , et Gobaut , substisut de l’accusateur du 
trihuual criminel de Paris, tous» impliqués dans l’affaire 
d’Hébert, et qui depuis ont été guillotinés comme cons- 
pirateurs ; et cela . quoiqu’il y eût des charges graves , 
qui furent communiquées par écrit aia comité de salut 
public , où elles sont restées. En conséquence , la parole 
a été également refusée aux accusés comme aux témoins, 
lorsqu’ils ont voulu parler de ces individus 

Art. XIII. ,, De n’avoir pas donné connoissance 
à la C *nveiJlion riaiionale de la lettre écrite par Fou- 
quier le i5 germinal : lettre dans laquelle il cxposoit 
à la Convention que les accusés demandoient à faire 
entendre seize députés, dont les dépositions prouve- 
reient là fausseté des faits qu’on leur imputoit , et qu’ils 
en appeiloient au peuple , en cas de refus , et d’avuir 
substitué à cette lettre un rapport mensonger , duquel 
les comités ont fait résulter que les accusés s’étoicni mis 
en rébellion contre la loi ; ce qiii a déterminé le décrcE 
qui déclare que tout prévenu de conspiration qui ré- 
sistera ou insultera à la justice du tribunaj^^ sera mis 
hors des débat.s. et jugé sur le champ 

Lecointre ; Les prevves qui viennenr à l’appui de ces 
articles , ra’onî encore été fournies par Fouquier-Tmville , 
et nous avons trouvé copie de la lettre qu’d écrivoit à 
la Convention. 

'Billâud-Varenne : Il faut que vous sachiez , Citoyens , 
que , pour récompenser Fouquier Tiriville des pièces qu’il 
a fournies , on -l’a déjà fait retirer de la conciergerie , 
et traduire à Sainte-Pélagie , sans ordre des comités;. 


Pige 242 du journal des débats, ' 



I o8 

Legendre : C’est parce qu’on a su que Fouquier avoit 
été hé avec le conctcrgc de la. conciergerie , qu’on a 
ciaini la saile de ceue lui imite , et l’ou a pris la pré'- 
caution, de le faiie traduire au secret dans une autre 
prison. 

Lecointre : Vo’ci comme s’expji(]ue Fouquier : ,, Il 
en esc un second non moins puissaur. Dans le cours de 
l’instruction . sont survenues des charges g'. aves contre 
Heiirjot , Mathieu, l'un de ses aides de- c;imp , Lnbin , 
lors juge au tribunal du |)rem:er atron dissement de Paris , 
et Gobant . substitut de l’accusaieur public au itibunat 
criminel de Paris. Mon intention eu it d’abord de décer- 
ner des mandats d’arrêt contre chacun d’eux ; mais la 
réflexion dans une affaire de cctic UTiporiancc , m’a con- 
duiP^i en référer à la chambre du conseil. 1 es charges 
lues et examinées , i! a été arrêté , d’après l’avis de !)u- 
iT'.as, par moi vivenrent combattu , qu’i! seroit fait part , 
seulement, au comité de salut public, du résultat dci 
cl*;aiges existantes contre Heiiriüt et Mathieu : que ce 
résultat seroit rédigé par éi rit , et sigité de tous les mem- 
bres assistant à la délibéiatiüii , et porte'-^ar deux 
nicnibres. 

,, Ce résultat, par écîit et sans minute , encore' d’après 
l’avis de Dumas et d’Herman . lors président, a été poric- 
au cüiriiié de saitrt public par Duiiuis et rroî , nommés 
à cct efiet par le inbun.d. Ce résultat a été lu eu pré- 
sence de tous les membres du, comité de s nint piibiic i énnis ^ 
et y a etc lah'é pemr moi-mime sur la t-rhle ; et le ^comili a 
décidé cjuit ?ic fnllnit pas plus parler d'Hevriot et dé Ma- 
ihicîi'^ que de. Fâche; et rcte dérision a encore été ponc» 
tuellemcnt exécutée par Dumas, qui,- de son autorité 
privée, et i: -nobsfant mes représentations, a écarté les 
témoins qu’il savolt être dans le c:i5 de prrîer d’Hen- 
riot , sinon le citoyeis Legendre , député , qu’il n’a pu 
s’empêcher d’entendre ca déclaration. Et une chêse bien 
remat'quabie , c’est qu Henriot , Lubin et Gobaut , ont 
tous figuré dans la conspiration du 9 thermidor , et ont 
Clé guillotinés. Le lésulrat dont il vient d’être parlé , doit 
se trouver dans les archives du cnniiié : au surplus , 
Ds pièces du procès d’Hébert reatermeni les charges 
dont je viens de rendre compte. 

,, Ge de velonpement iie permet pas de douter que je 
n’aye eu raison de consigner dans l'acte d’accusatiori 


iNi.; 7 iéfo yio , page 242. 
Fcü..’ukr, pages 4 , 5 e: 0 


t 


i 09 , 

x.rHfbert , ^uinig auîré faction qui s'éUvoit stroit^ bientôt . 
dejouée; car il est de, toute évidence , et la suite Ta prouvé , 
que je ne me trompois pas : il n’est pas moins évident 
i que le refus fait par Dumas, quelque tenis après, d’en- 
j tendie en dc'cbraiion Pachc , qui a été demandé plu* 

I sieurs fois par Chaumetie, a été l’effet d’une cooibinai- 
i son ciiniineUe , coucenée avec tous ses complices qui est 
bien appréciée en ce moaient , mais qui ne pouvoit fêtt© 
alors par ls;s yeux Its |)ius clairvoyaus. 

C’est des rejetions de cette faciiou que j’appercGvois 
-dans rinstruclion du procès d’Hébert dont j'ai entendu 
parler dcSins l’acte d’accuîfaiion , et je u’ai iiuliemcnt 
entendu parler de la facuon imputée depuis à Bantou 
et autres , puisqu’elle m’étoit abiokmicnt inconnne à 
cette époque , et que jc n’en ai été informé que lôrs 
de la dénonciation qui en a été faite à la Convention. 
D’ailleurs , j’étois loin de penser qu’elle existât ; et una 
preuve que jc n’ai p>aâ entendu parler de ccUe faction , 
c’est que je n’avois aucuue pièce , documens , ni ren- 
seiguemens qui me i’iüdiqiiassent , et que je li’cn ai 
iburitîs' aucuns aux comités de salut publié et de sûreté 
générale; ces faits sont encore posiiifs. Sans doute , si 
j’avoîs le droit d’ouvrir les registres des comités , j’y tr«u- 
verois la decision prise d’ordonner de ne pas permettre 
de parler plus d'Heariot que dé Pache ; ou si, cetf© 
ciécisÎGu a été verbale, la gravité de i’imputaîion , sa 
précision méritoient bien que Fouqiîier fût catendu , 
^insi que le président Herûiaa , qui existe CRCgre. "Un 
comné ou yne commission , qui auroît été chargé do 
cette opération, autoitnûs à découvert la- vérité de ces 
faits affreux et punissables s’ils soat exacts ; mais doit le 
crime retombe sur Fouquier , -s’ils sont de son invention,. 

A l’appui du treizième article , je rapporterai litiéra' 
lement ces expressions du meme Fouquier i 

,, L’on semble encore me faire un reproche du juge- 
ment rendu contre Danton, Lacroix et autr«s. D’abord, 
en leur qualité de députés , ih pot été mis en état d’ar- 
reîtatioa par ©rdîe des coadtés de salut public et de sû- 
reté générale réunis. En s-ecorid lieu » c’est la Convention 
<jui les a décrétés d’accusation, qrai en a rédigé l’acte, 
et par son décret , a enjoint à l’accusateur public de 
les faire juger : mon minisière^ m’en imp«£oic le devoir. 
J’ai donc provoqué ce jugement ; n ai fait ni exposé ^ni 
ésumé de cette affaire : ainsi je n’ai pu influencer en naa- 


Méinsirc de Feuquîer , page . 



110 

niêre quelconque le juré. J’ai présenté seulement Tact® 
d'accusation et le décret au juré ; il a déclaré le fait 
constant. Il n’y a, bien évidemment , dans ce jup^ement, 
rien de mon fait. Il y a mieux; sur la réclamaiiem de " 
Danton , Lacroix et autres , de faire entendre en décla- 
ration différens députés par eux indiqués . fen ai fuit \ 
part sur le champ à la C&nventiÿn ^ suivant la minute d'une ? 
lettre trouvée sous mes scellés par les citoyens commis- ‘ 
saircs députés de la Couvention , laquelle porte même ] 
les noms dei députés que les accusés desiioiect faire en- 
tendre pour leurs justifications, et qui appelloient au 
peuple entier , en cas de refus 

Voici la' copie liitcrale de cette lettre , en date du * 
l3 gertninal : 

Un orage horrible gronde depuis l'instant que la séance 
est commeneée : des voix elfioyables rcclament la com- 
' parution et l’audit'on des députés; Simon ^ Gossuin^ Le- 
gendre , Fréron , Panis . Lindet ^ Cullon ^ Merlin de D©uay, 
Courtois^ Laignelct , R-bert Lindet ^ Rubin ^ Geupilleau de 
Moniaigu , Lecointre de Versailles , Brival et Mèüin de 
Thionvillc. - 

.. Les accusés en appellent au peuple entier ^ du refus qui 
serait f^td de citer ce-* tétn«ins. 11 est impossible de vous 
tracer l’ctat d’agitation des espiits ; malgré la fermeté 
du tribunal , il est instant que vous veuillez bien nous 
indiquer notre règle de conduite ; » t le seul moyen se- 
rait un décret , à ce que nous prévoyons. 

, Signé Fouq^uie r. 

Après avoir parlé de cette lettre dans son mémoire , 
Fouquier ajoute : 

,, Si j’eusse été d’intclhgcnce avec le féroce et sari- 
guinaire Robespierre et scs ceraplices , pour ôter à Dan- 
ton , Lacroix et autres accusés , tout moyen de se jus- ' 
tiÊer , aurois-je d’abord écrit la lettre du i5 germinal , 
et dont je viens de parler ? En second Heu , aurois-je , 
par cette lettre, informé la Conveniion que les accusés 
demandoient à grands cris à faire entendre pour leur 
justification, un certain nombre de députes? En troi- 
sième lieu , aurois-je indiqué nominativement ces députés ? 

En quatrième , aurois-je mandé que les accusés en appel- 
loient éu peuple entier^ du refus qui leur en seroit fait? 
Non certainement ; à moins qu’on ne veuille trouver 
du mal dans les actions les plus simples et les plu* 
droites. 


,, Sî j'avois cia u^é intcnrion criminelle, auroîs • j* 
ffiarqué que le tribunal croyoit. qu’il ialioit un décret 
pour diriger sa maiche? Y avoit-il , au contraire, lua 
moyen plus sûr, en provoquant un décret , de mettre ÎJt 
Convention ( sur tout après le contenu de ma lettre ) dans 
le cas de suspendre ce trop fameux procès , et de prendre 
des mesures ultérieures pour assurer la justification dtsi 
accusés? N’étoit-ce pas naturellement la conséquence 
qui devoit s’ensuivre des expressions de ma lettre , et 
cette lettre ne devoit-eüe pas faire naître ou plutôt revivre 
dans l’ame des députés qui étoient persuadés que Danioaa 
et autres pouvoieni être sacrifies à une (aciion , félaa 
généreux et courageux de densander la suspcnsieii àc 
ce procès ? 

,, Devois-je m’attendre que ^ p2.ï une injidétilé aussi cou- 
pahle qu'incroyable \ Saint- Just, rapporteur de ma lettre, 
en changeroit le contenu dans son rapport , et me prê- 
terait d’av’oir écrit que les accusés, étoient eu rébellion oü~ 
verte , et continueroit ce rapport infidèle sur le mciaae 
ton? Deveisje m’attendre, enfin, qu’aucun député ne 
demanderoic la représentation de ma lettre ? C'est cepen- 
dant* ce qui est arrivé , et ce qui a donné lieu au décret 
du t 5 germinal, même jour qui a interdit aux accuses 
tout moyen de se justifier. Pouvois je me conduire d’uns 
manière plus favorable aux accusés ? J'espérois d'aütara 
plus U succès-^e ma lettre^ q’utjlc citoyen Cambon, qui 
avoît été entendu dans l’afiFaire comme témoin , contre 
Fabre d'Eglantine et Delaunay , à l’occasion de la falsi- 
fication du décret relatif à la compagnie des Indes, a été 
lui-naême témoin des réclamations des accuses, et pou- 
voir démentir le fait à eux imputé par Saint-Just , qu’ils 
étoient en rébellion ouverte. J’avois d’autant plus iie« 
d’y compter, que le citoyen Garabon a quitté le tri- 
bunal , ior5 de l’envoi de ma lettre , peur se rendis à 3 a 
Convention. 

Ce décret formidable , une fois parvenu à ma connois- 
sance , moi fonctionnaire public et organe d.:s loixema- 
aces de la Gonvention, qu’avois-je à faire en |>ateiiie 
©ccurrenc^ ? D’exécuter la loi ; c’est ce que j’ai fait. 
Où est donc mon délit? ,, (Murmuies.) 

Lecointre : Je suis ici l’organe des pièces. 

Le C. . . . : Tu es l’organe de Fouquier-Tinville. 

Lecointre : Le rapport de Saint-Just a été fait au nom du 
comité de salut-pubiic , qui ne l’a pas désavoué. 

Fouquier , pages 7 et 8. 

îînjjaéro 71 1 , page 24]. 





\ 


9 




N, 



Ce râppôft est akisi conçu : 

“ L'accusateur public du tribunal rëvclutionnairc nous a' 
mande que la révolte des coupables avoir fait suspendre les 
débats de la justice 

„ Vc'ds avez échappé au danger le plus grand qui jamais 
«it menacé la liberté. Maintenant tous les complices sont dé- 
couverts ; et la révolte des criminels aux pieds de la justice 
même , inrimidés par la loi , explique le secret de leur cons- 
ciencre. Leur désespoir, leur fureur, tout annonce que la boii- 
Lornrnic , qu'ils faisoient paroître , étoii' le piège le plus hypocrite 
qui ait été tendu à la révolution. 

innocent s’est jamais révolté devant la loi ? Il ne 
faut plus d’autre preuve de leurs attentats que leur audace. 

„ Quoi ! Ceux que nous avons accusés d’avoir été les com- 
plices de Dumouriez, de d’Oriéans , ceux qui n’ont fait une 
révolution qu’en faveur d’une dinastic noiivcdle , ceux-là qui 
ont conspiré pour le malheur et l’esclavage du peuple , mettent 
le comble à leur infamie ! 

„ vS’il est des hommes vérirablement amis de la liberté , si 
l’énergie qui convient à ceux qui ont entrepris d'affranchir 
leur pays est dans vos cœurs , vous verrez qu’il n’y a plus 
de conspirateurs cachés à punir , mais des conspirateurs à front 
découvei t ; (]ui , comptant sur l’aristocratie avec laquelle ils 
ont marché depuis plusieurs années , appellent sur le peuple 
la vengeance du crime. 

„ Ils se vantent de dcniarchcs faites en leur faveur, et ten^ 
tciit d’y faire participer le peuple, comme vous le verrez par 
ce que dit Dillon , l'ami du Roi; mais le peuple est pour 
lui-même et pour la liberté. Non , la liberté ne reculera pas 
devant ses ennemis : leur coalition est découverte. Dillon, qui 
ordonna à son armée de marcher sur Paris , a déclaré que la 
femme de Dcsmoulins avoit touché de l’argent pour exciter 
un mouvement , pour assassiner le tribunal révolutionnaire ce 
les patriotes. Nous vous remercions de nous avoir placés au 
poste d’honneur ; comme vous , nous couvrirons la patrie de 
nos corps. Mourir n’est rien , pourvu que la révolution triom- 
phe. Voilà le jour de gloire , le jour où le sénat romain lutta 
centre Catilina , \oilà le jour de consolider pogr jamais la 
liberté publique. Vos comités vous répondent d’une surveil- 
lance hcroique. Qui peut vous refuser sa vënérat'on dans ce 
moment terrible où vous combattez , pour la dernière fois , 
contre la faction qui fut indvilgente pour vos ennemis , et qui 
aujourd’hui retrouve sa fureur pour combattre la liberté ? 

„ Vos comités estimçnt peu la vie : ils font cas de Phon- 
neur. Peuple tu triompheras ; puisse cette expérience te faire 
aimer la révolutiqu , par les périls auxquels elle a exposé tes 
amis 1 


K’Amér#. 564 ,,,Fages 251 et zga du journal des débats du 5 germinaU. 




115 

,, tl étoit sans (Exemple que la justice eût été insultée ; et ; 
si elle le fut J ce n’a jamais été que par des émigrés insen^ 
se's , prophétisant la tyrannie. Eh bien l les nouveaux conspira^ 
teurs ont accusé la conscience publique ; que faut- il de plus 
pour achever de nous convaincre de leurs attentats? Les mal^ 
heureux! iis avouent leur crime en résistant aux loix ; il n’y 
a que les criminels que Péquité terrible épouvante. - 

„ Combien étoient-üs dangereux , ceux qui , sous des formes 
simples^ cachoient leurs complots et leur audace! En ce mo- 
ment on conspire dans les prisons en leur faveur j en ce mo- 
ment r-aristocratie sc réunit ; les lettres que Ton va vous lire , 
Vous démontreront vos dangers. Est-ce par privilège , que .les 
accusés se montrent insolents? Qu’on rappelle donc le tyran, 
Custine- et’ Brissot du tombeau ; car ils n’ont point eu le privi- 
lé :5c épouvantable dhusuiter leurs juges. Dans le péril de la 
patrie, dans le degré de majesté cii vous a placé le peuple, 
marquez la distance qui vous sépare des coupables. C’est dans 
ces Vues que le comité vous propose iç décret suivant .* 

„ La Convention nationale , après avoir entendu le rapport 
de ses comités de salui-public et de sûrctc-généraîe, décrété 1 
que le tribunal révolutionnaire continuera rinsiruetion relative 
à la conjurrition de Lacroix , Danton , Chabot et autres ; que 
le ïh-ésident employera tous les moyens que la loi lui. donne, 
pour faire respecter son autorité et celle du tribunal révolu- 
tionnaire , et pour réprimer toute tentative de la part des accu- 
sés , pour troubler la tranquilité publique et entraver la 
marche de la justice. 

„ Décfete : Que tout prévenu de conspiration , qui résistera 
ou insuitera à la justice nationale, sera mis hors des débats, 
et jugé sur-le-champ. „ 

Billaud-Varenne , demande qu’avant d’adopter ce projet , 
et pour que la Convention connoissc de quels périls les cens- 
pitmeurs l’ont menacée , il soir fait lecture de la lettre adressée 
ce matin au comité de salm--pubiic , par radministracion de 
la police de Paris. 

Un secrétaire lit cette lettre. Elle contient les détails d’une 
dénonciation' faite à l’administration de '«oiice , par le citoyen 
Lahotie , ci-devant minisire de la répubiique à Florence , dé- 
tenu actuellement ati Luxembourg : li réuilte de cette dénen- 
ciarion , qilc les. prévenus dévoient retinser de répondre au 
tribunal , jusqu’à ce qu’ils fassent en présence des membres 
du comité de sallu^public : une émeute populaire devoit accom- 
pagner ce jLigemeiît ; la femme de Camille-Desmouhns avoit 
niqme reçu trois niilic'l ivres , pour payer les gens qui devpient 
entourer le palais-de-justice. Ce projet étoit concerté entre 
Dillon , Simon et Thouret , ( le constitutionnel ) , .tots trois 
également . détenus au Luxembourg. La dénonciation pertoit , 


Lipm. page 25e. 


H 




enfin , qu’il ëtoit des détails que Laflotte se réservoit de 
donner 'peTsonnelkmem au comité de sûreté-géaérale. 

Le décret proposé par le comité de salut-public est adopté. 
On applaudit. ^ 

J’cDSERVE , pourquoi Billaud , qui sentolt tant d'intérêt à 
faire lire à la Convention la déclaration de Lallotte , n’en trou- 
voit pas autant à taire lire la lettre de Fouquier , qui appar- 
tenoit à la Convention, à qui elle étoit adressée? Les rcilexlons 
naissent en foule sur. cette conduite, aü moins peu digue des 
comités, mais je ne m’en permets aucune; Billaud satisfera 
à tout , avec sa sagacité ordinaire. 

A la séance' du germinal , Vadicr disoit î 

,, Au monient ou la probité et la vertu senr a l’ordre du 
jour , j’éprouve le bcioiii d’épancher mon cœur dans le sein 
des hommes venueux , et du peuple libre qui m’écoute. ( de 
toutes parts on témoigne le plus vif intérêt.) 

„ Hier, je fus, comme simple specrateur , témoin des débats 
scandaleux qui curent lieu devant le tribunal révoltrcionnaire ; 
j’y ai vu les conspirateurs conspirer encore en face de la jus- 
tice nationale , et tenir contre les ministres des loix , et contre 
kl république, qui les a créés, les propos les plus injurieux. 
L’un disoit : rien n’est plus glorieux que de conspirer contre 
un gouvernement qui conspire. Danton a dit , que scs ennemis 
qui sont le comité de salut public , celui de sûreté-générale , 
la Convention ciie-même , seroient avant peu déchiré.s par lam- 
baux. Eh bien ! que Danton apprenne aujourd’hui par mon 
organe; Daiiion qui-, je dois le dire, est le seul homme que 
j’aie craint pour la liuertë, qui, par scs formes robustes , son 
éloquence colossale et sa ligure hideuse , cfïVcyoit la llbertd 
oiifc-même; qu’il apprenne, dis-je que la Conyer.ticn , dans 
sa presque totalité , est composée d’hommes csceneiellcment vci- 
ineux , et que ia justice et l’amour de la patrie dirigent seuls 
tous scs tnouvcipens- 

J’ai vu encore les conspirateurs joindre à leurs propos des 
ge>ics dédaigneux pour le tribunal , lancer des bouleites au.x 
ju’-és er aux juges. Dans le mcine inoment, observez que Dilloa 
et S'imon coivpiroienc pour les accusés dans la prison. Une 
.cohorte de scé.crats dc'voient en sortir avec un mot d'ordre , 
venir entourer les avenues des comités de salut-public et de 
;>ûrcié-gci:é:a{e , et en égorger tous les membres. Cependant ^ 
tes scélérats respirent encore ! Mais le peuple cjt-là qui sou- 
tient la force et l’énergie de la Convention , et ([ui saura faire 
;.iomphcT la liberté de tous ses ennemis. Quant à moi , je 
h';' dé-lare ; si dans les deux eo'.nitw^s , si dans la Convention, 
il y avoit un seul membre qui osât tenter de renverser la 
. . . , . la vieillesse a glacé mon énergie, mai j’ea 
a rois 9ncoi;e assez pour le poignarder , et toutes les armes 


2 '^ et 25S du des 


1 1 5 

seïQÎeni -ÎDOunes. ( L^v salle letentlf jd’applaudissemeas à trois 
feprises différeutes. ) . ^ 

« Citoyens , ü faut que Ton connoisse la vie publique et privée de 
chacun de nous, que i’on voie quelle fortune . . . , . Oui, oui, 
sS’écrie Courhon , que la conventiyn décrète à rinstant que cha- 
que représentant du peuple est obligé de rendre le Compte 
moral’ de sa vie publique et privée. — Tous les membres de 
rassemblée se lèvent en si-^ne d'adhésion , et rbii applaudie 
vivement. — Ou verra , reprend Couthoii , on verra dans ce 
compte moral ce qu’a fait chaque député et ce qu’il a : il y 
■•appellera sur lui la vengeance du peuple, s’il l’a trempé. Voici 
mon idée. Que chacun vis doüs imprime le compte moral de 
sa v\ie publique j qu’il déclare ; j ’avois .telle profession avant 
d’être élu rcpréseiuant , j’avois telle fortune , maintenant elle est 
cie tant : ,si je mens, j’appelle sur ma tête la vengeance natio- 
nale. — - L’assemblée se lève de nouveau au milieu des plus 
vifs appîaudissemens. 

Coiithon ajoute ; voila ma proposition générale: il est beau, 
il est sublime de voir la conveiuion la décréter -à l’unanimité , 
mais peut-être a-t-elle besoin d’une rédaction plus rélicchie. 
Je demande que le principe une fois dccrcté , la rédaction eu 
sait renvoyée au comiLé de salut- public , qui sera tenu de la 
présenter demain ; et que le compte que rendra chaque man- 
dataire du peuple , le soit dans un mois , au plus tard w. 

Ces propositions sont dccrctées avec, le plus touchant en- 
thoudasme ( i ). 

« Vadier : Je dois ajouter à ce que j’ai dit , pour la coii- 
yolation de la convention nationale et du peuple qui m’écou- 
tent, que le nombre des conspirateurs n’étoit heureusement 
pas considérable *5 je sens le besoin de répéter que la prç.sque 
totalité de la convention est compo.>ée d’hommes essenticlicmeiic 
vertueux 


«füi ai 


) La fédaclion de ces propofuion^ , qui font délirée.s par tous ceujc 
aiment fincérement la patrie , n’a ''point eû lien. Sans doute cesera 
«n objet qui fera au premier jour celui de la foilicitude du comité, 

Acer ee;ard , voici mon opitiion : 

Que la Convention nationale ordonne , qu’il lui foit Présente très 
kicelîamment un projet de loi , qui en joigne dans le mois du décret , 
non feulcmnc à ses inernbres , mais à tous ceux des autorités cor.îtituées 
&. eu général à tous les fonclionnaires publics êc comprai^les , de rendre 
Tin compte imprimé de l’origine & de l’ctar aclnei de leur fortune : 
qu’au décès de chacun d’eux . le.s inventaires foient dref es communi- 
qués à l’agent naTîonal , auquel il en fera renus expédition , pour fervir 
de tableau comparatif avec l’etat adluei ; 5c ce", ?.:;n d’arrêter ia cupidité 
des homme,»- eu place , et qui peuvent abuferdo leurs pouvoirs contre 
la vie Scia fortune de lecri, cüuciîo_)«#n,s. 

Je ne me diflimale pas que cette matière délicate doit erre difeutéa, 
fcvèremeiu et folcmnellêment ; mais aufîi -je céUrcrois que certç dis- 
caiÆon .ioit a l’ordre du jour incefTamment , et que cbaciiü des rnembre.s 
de la Conveiifioa'i soit invité à communiquer préaiaijlcmcnt fon opinioa 
imprime à cet egard. Ceil à la Convention naueuale à donner cec 
exemple.. , . 

Je crois cette mesure impéri€U£«iï;#nt ütCflTaiic peur hisuirer la cofl 
Fa cupidité. ’ ' ^ 


>■ 



Itfi 

PavGue qiTC j lorsque , d’une part , je Us et la lettré d'ç' 
Fouquier, qui ne porte point que les accltse's aient e'té en rë- 
beiliori; et qiie je le vois, dans son mémoire exprimer le con- 
traire , ciî termes formels et précis , afnrmer que le rapport 
fait par St.-Just est infidèle et coupable ; que ce rapport est 
fait au nom des deux comités , en présence de ceux qui avoiciit 
le plus d’influence ; quand ]C vois à l’appLÙ de la déclaration 
de Fouquier, la soustraction qui a été faite de la lettre d« 
cet accusateur public , adressée à la convention, et qu’un gref- 
fler en chef du tribunal révolutionnaire a été vexé et incar- 
céré , pour n’avoir pas voulu se prêter aux horreurs de ce tri- 
bunal ; quand je vois ce même citoyen, aujourd’hui rentré dans 
l'exercice de sc> fonçcions par l’assentiment unanime des 
patricues ; quand toutes les circonstances m’assurent que les 
prévenus iront jamais été en rébellion, ni contre le tribunal ni 
contre les décrets de la convention; quand d’autres mèmbres 
de ce tribunal régénéré . m’attestent ce que le greffier en chef 
m’a dit ; quand ce même greffier m'assure que son dire ser* 
certifié, et qu’il va jusqu’à me signer qu’il sera enfin prouvé 
que, dans cette affaire, les' jurés ont été influencés de la ma- 
nière la plus infâme. 

Quand , d’une autre part , je lis le rapport de St.-Just , la 
déclaration de Vadier, à la tribune, qu’il a besoin d’épàncher 
son cœur dans le sein d’hommes vertueux , qu’il ajoute qu’il a 
été le témoin des débats les plus scandaleux , qu'il a vu les 
conspirateurs conspirer en face de U justice nationale, et tenir 
contre les ministres des lo'is , et contre la République qui les 
a créés , les propos les plus injuri'cux , et joindre à leurs pro- 
pos des gestes dédaigiiéux pour le tribunal , lancer des bou- 
lettes aux juges ; quand je vois tant et de si criminelles con- 
tradictions , je me dis : 6 profondeur dü cœur humain î qui 
osera soulever le voile et découvrir tant de crimes'; car , de 
part ou d’autre ils sont aflrcux ? Qui les\ révélera ? 

Ceux qui se disent dépositaires de la vérité, qui ont été les 
témoins de tant de scène-; atroces , ont besoin d’un organe au-' 
près de la convention. Qui leur en servira? moi! Déjà je l’ai 
été à la tribune , j'ai le courage de l’être encore ici , malgré 
l’échec que j’ai reçu ; mon devoir me l’ordonne. Je n’ai 
point balancé, je ne balance point encore. Depuis 3 ^ jours que 
je réfléchis sur ce tissu d’horreurs , je suis le même • je crois 
que la convention nationale doit éclairer ces forfaits et punir les 
coupables , quels qu ils soient. 

Eh quoi ! si personne n’osoit attaquer de grands coupables , 
en quel état serions-nous tombés ? La convention nationale 
coniiüît ses devoirs; comme la justice, elle est lente à punir;, 
mais une fois qu’elle voit l’existence du crime , elle livre les 
coupables au glaive des loix , sans distinction. 




nale , ou de ceux à qüi ils sont imputés f s’ils en sont cour 
pables, justice sera fai,te; je me sens soulagé, mon dèvcir est 
rempli; je serois indigne de ma mission , je serois coupable , 
%gmplîcé même des uns ou des autres , si j’avois enseveli tant 
d’horreurs dans roubli , ou je.sgrois un lâche qu’il faudroii 
vouer à un opprobre éternel : il* est donc impossible de dé- 
clarer faux et calomnieux ces dpux articles sans une mt'orina* 
tipn prcajable et faite contradictoirement conit;e^les dénoncés 
et lés dénciiciateurs ; car , si les faits en définitif sont jugés 
fâiix il contre celui qui.V-e ies a remis, faire pronoii- 
C'^f' les peines 'portées par la loi ; s’ils sont vrais , d faut que 
ceux qpi s’en sont rendus- coupables soient punis : ainsi sur 
ces deiix articles , on’ pu les déclarei faux quant a présent; 
donc , sur eu;c comme sur, les précédeiis , le décret ne peut avoir 
aucune application. , 

Lceoimre lit lWtîc!e J4, ain^i conçu : 

I^’avoir (Amar et Yculand ),. en apportant eux-memes ledé- 
treiet eu le remettant à Fouquier, dit : voilà de quoi vous 
jTiÇitre à votre aire , et mettre à la raison ces mutins-là ». 

Lecointfe :« La pièce qii’i vient à l’appui, est un écrit non 
* signé. C ’^'-i^'mur es très - violçns.,) Je vais vous dire quels sont 
les témoins qu’il faut faire entendre pour affirmer cè fait, 
qup je .tjçns de Fabricius. . 

Duhem : C'est iiû grand ami de Danton. \ 

, Carrier : Protégé par T^iHien.. 

Lccointre : H me l*a dit en présence de plusieurs de mes 
collègues , de la commission , et du président du tribunal révo- 
lutionnairè , qui me -Ta lui -même certifié^ en me di.sant que 
nombre de personnes attachées à ce tribunal l’attesteroient. 
Fabricius indiquera les témoÜis qu’il faut faire entendre. 

Bourdon de POke t Remarquez que les preuves que Toi? 
vous apporte sont toutes de Fouquier - Tinyille , ou bien de.S' 
lettres anonymes. 

J’observe qué là preuve la plus c-ompîette de l’infiuence cou- 
pable dçs meneurs des deux comités ^ sur le tribunal révolu- 
tionnaire , est consignée dans la pièce suivante. Cette pièceL 
n’étoît point signée lorsque^ je l’ai citée à la tribune; mais 
Fabricius ^yant appris le reproche qui m’en avoit été fait. , 
est venu lé lendema'm chex moi p.pur la signer , ce qu’il a fait. 

"Voici , dit-il , ce’ qui se pratîqiioit (avant la mort du tyran.). 

Le tribunal étant divisé en quatre sections de jurés, qui 
dévoient être tirés au sort , cet ordre étoit changé pour telle 
affiaire que Fouqu’rer-Tinville dirjgeoit à son gré , d’après les 
ordres qu’il recevoit des comités , ârVec lesquels il commiuii- 
quoit tous les jours. 

Jsuméro 711 , page 





îtS , ^ ^ 

« les iur!i5 , •toiis.lc'5 rastins , se rendoient au cabniet dç 
î’accu'^ateur pubVic , avec ks nigcs de service; et là il croit 
question de l’aftaire du jour. ‘ ô;i leur desi;:?;iiüit les persenneà. 
qu’oii appclloit coupables ; et en sortant on leur a ei'ftêndu dire 
somment : feu de file, ce qui voiiîoit dire,, la moiT. 

« Touces les nuits, Fouquibr se rendoit au cofriité de salut 
public , et il se pas'oit rrès-pelt de joui*s que des membres ’diî 
comité de sûretc générale ne vinssent au parquet, ou ils s’ en - 
fermoieiTt avet P'ouquier. 

« Vers le commencement de. gcrmirlal , les gtefKèrs furent 
exclus de la chambre du conseil, où leur présence étoit indis- 
pensable. 

« Lors de l’affaire de Danton , il y eut uii tridge de jufés 
pour composer la section qui devoir juger cette affaire. Ct 
triage fut fait par Fleuriot et Tinville, dans la chambre du 
conseil, en présence de plusieurs juges. 

« Pendant tout le temps qu'a duré cette affaire, les mem- 
bres du comité de sûreté générale n’ont point quitté le tribu- 
nal ; fut Amar et Vduland qui , faisant les fonctions, d’huis- 
siers , VppvOrtcrent le décret tpii ordonnoit què les accusés sc- 
rcicnr mis liors des débats , etc. En remettant ce decret à Fou- 
quier, ils lui dirent; Voilà de quoi vous remettre à votre 
aise, et mettre à la raison ces mutins-là. Ce décret fut excciité. 

(c Le lendemain , pendant la délibération du jury , qui fuç 
plus longue qn’cn ne l'c-péroir , un bruit se répandit dans le 
tribunal que le ; jurés n’cioicnt point d'accord, et que la ma-» 
joriié étoit pour absoudre , ce c^ui jetta la consternation dans 
Lame des membres des comités qui ttoient présens. Alors 
Amar , Voulancî , Vadicr , Moïse Payle cl. David , accompagnes 
du président Herman, se rendirent, par la bUyette , dans une 
petite pièce , voisine de celle des jurés. Le président Herman 
entra dans la chambre des jurés , parla contre les accusés , et- 
détermina ceux qui étoient pour la mort à menacer les autres 
des comités, etc. 

,, Le lendemain du jugement, racciisateur public demanda' 
au grefüer une liste de tous les. jurés. Lorsqu’il eut cette liste, 
il marqua en marge plusieurs noms avec une F , ce_ qui vouloic^ 
dire foiblc; et sur l’observation qne lui fit le grelfher , q«e , 
dans la- section de la veille , il en avoir marqué .un d’une P, 
il répondit que c’étoit un raisonneur ; qu’on ne vouloit point 
de gens qui raisonnassent ; et qu’il falloit que cela marche j 
que c’étoit l'intention du comité de salut public. Signé 
( dit Fabriciiis.) 

Lccointre lit Part, tj- , exprimé comme il suit : 

„ D’avoir , lorsqu’il s’C'St agi d’affaires importantes., permis, 
et même ordonné un choix de jurés, hors les sections qu'i 
éteient en tour , afin de prendre ceux qui étoiçnt connus pô^,r 
les plus dociles. 


Ecrit de Paris, greffer en chef, signé de ldi. 


i 




Lccointre : La pièce est un écrit remis parle même individu.; 
les faits seront justifies par témoins, même des jurés du tri- 
bunal. 

Plusieurs voix : Cect encore wn écrit anonyme. 

Les observations sur Particle précédent répondent à cettô 
objection. 

Lecointre passe a Part, iS , en ces termes : 

„ D'avoir , ( Amar , 'Vouland , David et Vadicr , lorsque ces 
jurés étüicnc à la chambre des délibérations , et que le bruit 
se rcpar.doit dans le tribunal , que la majoriié des voix éroit 
pour raiisolution des accusés) passé par la buvette, dans une 
petite chambre vprhne de celle des jurés,, et d’avoir en:,^a-7é 
Herman, à les déterminer, p^r toutes sortes de voies, à con- 
damner à mon ; ce que celui-ci , en entrant dans la chambre 
du conseil , a exécuté , en parlant contre les accusés , ot en 
excitant ceux des jures qui aveient voté pour la mort, à me- 
nacer les autres du ressentiment des comités. 

Plusieurs voix : Les pièces. 

Lecointre : Les témoins en déposeront. 

Bréard : Le qui vient de Vous être lu est encore dans Pécrüt 
de FabriciiL. ' 

Vadicr : J’invoque le Temoigna‘,:e de ceux de més collègues 
qui étoient avec nous dans cette journée j ils peuvent dire si 
j'ai parlé au président, aux juges et aux jirré^. 

Tnirioii ; Le jour où la Convention pi'ononça que les accusés 
qui ré.hsieroicni ou insulteroient à la justice du tribunal , se- 
roient mis hors des débats, j’étois dans le tribunal, à côté de 
Vadicr et de plusieurs de mes collègue?. Vadicr ne pouvoit 
pas plus voir ce qui se passoît que moi ; il ne pouvoir qu’en- 
tendre. Je mpntai sur une chaise. C'est alors que Danton m’ap- 
perçnt et mhntOrpella de demander à la Convention que de? 
témoins . fussent entendus. -Vadier resta avec moi jusqu à 1* 
fin de la séance , et il n’a pas pu contribuer à faire condamnée, 
les accusés. 

Amar: Je déclare k la Convention et à la France entière * 
que les faits qui me sont imputés à moi et à Vouland, sont 
autant de calomnies. Nous étions, Vouland et moi, au tribu- 
nal , derrière les juges et jurés, dans un espace très- étroit et 
très - resserré , au moment où l’on ap'poi'îa le décret dont ou 
parle ; conséquemment ce n’est pas nous qui l’avions apporté, 
il e';t également Faux de dire Veue Vouland^ ou moi , ayons 
voulu influencer le président ou 'les jurés; car aucun de nous 
ne leur parla , et nous ne vîmes .meme que Fabricius, 

Duhem ; Fabricius ctoit le chien courant de Danton. 

Vouland Je déclare aussi que 
dc^nt il est question. Dans la nuit 
fut rendu , on apporta au comité de 
ration dii nommé Laflotte , qui par 


îîaojcro 7!» , 2 -iq, 




1 20 

pour jctter de la lumière dans la procedure. Les comités , me 
chargèrent de la porter au tribunàî,* j’y fus avec Aniar ; je la 
remis à Herman , qui me dit que les jurés s’étoienr assemblés, 
et qu’il ne poiivoit pas entrer dans leur chambre. Je lui remis 
la pièce, et je ne le vis plus. Je n’ai rien que la dénégation 
à opposer à un homme qui a souffert une longue détention, 
dont il accuse le comité mal à propos. 

Amar : Tallien’ vient de me fdire observer que j’ai commis 
une erreur. J’étois au comité des procès-verbaux , lorsqu’on 
vint y expédier le décret. Il est vrai que je le portai au* tri- 
bunal , mais il est faux que je menaçai les juges. 

Garnier de Saintes : C’est le comble de la scélératesse que 
de produire des lettres anonymes contre des représentans du 
peuple qui ont bien mérité de la patrie, qui font déjà sauvée, 
et qui la Sauveront encore ;( vifs applaudissemens ) car la 
Conventionné craint ni les dangers , ni la mort. (On applaudit.) 

Dui y ; ut Elle ne craint pas plus les pojgnauis des 
inîrigans. 

Garnier : u je demande que Ton pafSe à im amre .arti- 
cle attendu qubl u’existc aucune piece à l’appui de 
celui- là. 

Avant de passer à rarticle XVÎT . je crois devoir 
donner ici copie de dnjx leinei de A'adier à Fouquier- 
Tinvrlle ; par leur lecture , public jugera si le texte 
de ces Itîifcies n’est pas cançu de maniéré à inflaenccr 
un citoyen qui occupe un poste aussi terr ble que celui 
d’accusateur public. 

Paris , ce 4 prairi il de Tan deuxiènîe. 

VADIER A FOUÇI^UIÊ.R. 

Je t’envoife , Citoyen , les pièces que j’ai reçues con- 
cernant les diïc C(;‘ntie révolutionnaires de l^amiers . que 
lu as fait tiaduiic à la conciergerie , d’après ma note \ 
lu m’as dit avoir quelques pièces à leur charge ; tu 
verras qu'indépendainrnent de celles que je tenvoie , 
la socirte populaire nous en .annonce . encore de plus 
conclunnrcs , si celles-ci ne sufhscnt pas.. Je t'assure foi 
cie Républicain , qu’il n’est pas un de ces scélérats qui 
ne soit l’enneBai de son pays , de la liberté et de la 
Convention. ^ 

II n’a tenu à aucuu'de ccs monstres que le tyran espa- 
gnol n’ait établi sou rtgne dans nos climats, t’ubserve 
qu’il en est encore quclqties-uns qu’on point tra- 

duits, qui sont , s’il se peut plus coupables , feis que 


îéesEîk 




121 

les nommés Soîère cx-mai’re . son neveu, garde de Capel» 
le;» Piclg freres , les signataires de l’adiesse au tyran, 
que tu trouveras dans les pvcces. Je le recommandlp 
ti cette affaire. Je t’engage à la (onduire à jin, 
avec le zeU ^ Vactivité qx \t discernement qui te caracté-' 
risenl. Je sais qu’il suffit de t’indiqucr des ennemis de 
ton pays m de de la libçrié publique „ pour être assuré 
de ton cûurfpgc ei de tor-f adres'e dans ['învest'gKt on dé 
leurs cdiius e? ûc leur conduite. SouvtcnS'ioi qu d n’en 
esi pas uii paîuii ceu/: dont je te parle qui ne donnât 
jusqu'à la dernierc goutte de son sang pour rétaLlir 
la tyrannie. 

Je t'embrasse cordialement. 5t^72« , Vauier, 

Va d 1 E R . à son ami Fou q u i e r - T i m v 1 1 l e. 

22 Prairial 

Î1 m’est impossible , mon cher Fouquier , de n?e ren- 
dre au tribunal demain marin . comn^ft tu le desire ; 
Lrtkanal est en eonsnussïon à Berge* af. Je t’ai transmisf 
tout ce que nous avions rélnlîv^mGïît aux dix scéîéraig 
qu’oîï-doit juget , si ces preuves soirf: bast^ntes. Je t'ayois 
dd qu’on^ s'en prcicufetoit de nouvelles ^ s’il en étô.it 
besoin ; tout ce que je puis te dire , en vrai Rcpubli- 
cain , c’est qu’il ri’cn est pas un , sur les dix , qui ne 
soit rennémi forcené de ia Kévolunoii , et qui n’ait em- 
ployé tous le*; moyens pour la traverser ; et je tC repète 
que. ce sero'U une Cijl’imijé pu^dique ^ s'il jiojivoU tn échapper 
un sexil au glaive de la loi. Salut et fraternjtéé 

Signé , Vadie«, ( i ) 


• ( I ) Varier, dans une miscra'bîe Bfoclinre , qn’iî nous a fait disfrî- 
î)ncr, nous a dit; « je n’ai dcfir à ]’acc-nsa*'cnr public que des lettres 
offrcielles faites au comiré^et .sur du papier qui en porte le timbré. It 
falioit bien, lorsque ce fonctionnaive public érrivoit au comité, à 
l’adresse du pk-çsident, il falloir bien que le président lui répondît.- » 
Quelle piroÿable réy ônse ! coirune si l’on ne savoir pas que î’écosi 
pome Vadier aune rnfetix employer du papier du comité que du sien^ 
même pour ses lettres .particulières ; comme si un président pouvoir^ 
lorsqu’il écrit au nom d’un cdmité , intituler ses lettres ; Vaditr à s- 
emi F'''uqvier-Tlnvide\ comme si un président, au nom du comité, 
poii-Toit , .'.ar.,., è re insrement soupçonné de vonîcir influencer unptp-e* 
jui éci "ire , userait ur,e [CAlumire- pi- biiqr,e s’il pouveit tn éckUptr un seul 
«U g'aiye de U toi Nous avof.s lien ta lettre à bouquier , niai- as-tj* 
damné lecture de !a copie de celles que Fonqnier f’éciCvoit dans cette 
même affaire î Non. Pourquoi la vérité perce r’elle de tt'urer; parts! 
Je te le deiftande , pourquoi le S vendémiaire , le comité de sûr'^ré. 
générale a-t il envoyé au tribunal , Sur le rapport de Claosel , plus 
de quarante citoyens de Pam'erSjta patrie, et que tti retenois depuis 
mois ! Ces citoyens cepeudanl u’ont contr’eux rien qui néccisk» 




certe rigtjenr, maïs le comité a voulu mettré par-îa tes inii^sti'ces et 
ciénonciations fausses de ton fils dans une plus grande évidence de 
> «itKipüfcilité. - ' 

A l’égard de Cazes, qui étoit du nombre de ceux q;;e tu recomman^ 
à&t* . et qui est tombé sous ’e glaive de la loi ; de sa fortune de 
«a üîle , de tes vues sur elle pour ton üîs , éçlaire donc Topinion géué- 
■ r%îe. .l^’objet que je traite est trop grave , i?cur en dire davantage à 

ce’ 'su)ér. 

ê 


, — ’ • ■ : 1 3 ? 

jVbserve , en outre, une coritradiciion importante dans 
da déclîratiort d’An^ar. Apiès avoir dit ; Jt’ déclare à lA 
.Convention et À tn lrance entière ^ que les faits qui me sont 
imputés , à moi .et a Voulland , sont autant de calomnies ; 
flous étions . 'V ouli »nd et moi , au tribunal derrière îès 
juges et jurés , dans un espace très ciroit et tre i-resserrè , 
éiû moment où Cou ahj’Orta le dfcret dont on pn^le;x:ùnsé- 
quemnient ce neU paf umis qut l'avwns- apporté. 

6’ur robservaiion de î'allicu , il est cependant' forcé 
cn-'uitc de û\st ’f'éiois ou convtê . des proces-verbaux d lors- 
qu. on y vint expédier le décret ; il est vrai que je le portai 
Mit hihnnùl. 

Comment Amar a-t-il pu Oublier un fait aussi mat-' 
f fiant ? Il est vrai qu’il u’afîendôît pas là ra^llien. L’ini- 
quité s’est mentie à elle-même : paisons à l’objeciioa 
de Gnr'':ier de Saintes. 

Que Garnier de Saintes dise à la tribuUe de la Convention 
«ationale , c’est le comble de la scélératesse de faire valoir dcj 
lettres non signées , quosique bien connues, contre, des collègues 
qui ont bien mérité de la patrie, lorsque laFtance entière les 
accuse ; c’est ce qui pourroit m’étoimer si la cendnire de Gar- 
«ier ii’avoit beaucoup d’analogie dans ses principes avec les 
'principes de creux, que je dénonce : Je desuc beaucoup que 
Garnier ait l’amc aussi tranquille sur l’affaire de- Phelippaux 
q"-ic je j’ai sur raniculation cies faits que j’ai produits contre 
t;cux que je poiiisuis. 

Quand je*’lis la lettre de Garnier du 9 germinal , adressée à 
la Convention , par laquelle il l’assure qu’il tici-r le fil de la 
t’onpiration ourdie- au Mans , qui prenc-if sa source dans celle 
de Pbelipaux , je desi-re beaucoup, Ganiicr, que le cri de ta 
conscience ne te tourmente pas sur la certiiude de cette cons- 
pirarion. 

Quand je me retrace le jour, 16 germinal, oin monté à la 
tri mille de la Convention, tu nous disois que tu devois à la 
vérité de dire que Piielipeaux avoit conspiré contre la liberté, 
Pégaiité et la république, qm la correspondance que tu àvois 
su'-prise, t’avoit appris cjU ii croit le principal auteur des calom- 
fpies répandues contre la Convention, que les lettres que tu avois. 
arrêtéos, donnoient la preuve la plus complette de sa trahison^ 
Écile cnir’autres par laquelle en lui écrivoit qu’on avoit cm- 



tîS 

brasse son parti contre une faotion qui l’oppriniok ^ fictîoa qiie 
toi Garnier tu tlésignois devoir être le comité de salut-public 4 
je desire beaucoup que tu n’ayes aucun reproclic intérieirr à 
te faire sur ce que tu as ^rit et dit ce jour-làfcar Phelipeauft 
vivoit encore , et s’il n’étoit pas coupable, toi qui arrivois des 
endroits où l’on disoit qu’il coiwpiroit , tu pouvois bien éclairer 
la C'oiivention à son sujet , car beaucoup croy oient que les 
vérités qu’il avoitdit sur la Vendée étoient son plus grand ctimeJ 
Je desire beaucoup que le supplice des agitateurs de cette fao-» 
tion de Phelipeaüx , que tu nous as dit avoir fait arrêter , et 
pour les quels tu as créé un tribunal auquel tu as. donné dc8 
pouvoirs révolutionnaires pour tes juger et leur faire subir la 
peine due à leurs forfaits liberticides ; que ce supplice juste-» 
ment mérite ne te fasse éprouver jamais aucun remords. 

Je desire beaucoup que cette correspondance , que ces lettres 
que tu nous as tant vantées ayent été écrites par deSs citoyetis 
connus et contre lesquels, en les faisant punir, tu te sois bien 
assure qu’ils croient les auteurs vrais de ces lettres, car s’il 
.en étoit autreitient ,, quelle douleur pour une belle ame comnsie 
la tienne , d’avoir institué un tribunal qui auroit condamné 
aussi légèrem.ent que tu l’as institué toi-meme , des hommes 
qui n’auroîent pa^ été coupables. 

Mais j’entends Garnier qui me dit : pourqi\oi tant d’inquié- 
tudes , les morts ne reviennent pas ? pourquoi réveiller leurs 
cendres ? pourquoi ces doutes? je réponds: Garnier a envoyé 
au tribunal révolutionnaire de Paris les principeaux chefs de 
la conspiration de Phelipeaüx et les pièces à Tappui., Eh bien'! 
chose bien remarquable , ce tribunal sanguinaire n’a trouvé ni 
dans les pièces que tu lui as produites , ni dans les débats 
qui ont eu lieu , aucun motif pour condamner un seul de «es 
individus : ils étoient dix , tous ont été acquittés et t’accusa- 
tcur public , Fouquier, n’a pas même trouvé qu’il y eût lieu 
d’en retenir un seul eu état de détention. Cependant tous 
étoient jeunes , ils étoient pre<^’que,î^s d’une classe que les 
hommes de sang appeloient proscrite; l’un étoit ex-nobîe, 
l’autre e^- religieux et prêtre , celui - là ex-maire , deux ex- 
clercs de procureur , cet autre notaire , tous euon foactjûiuîaires 
publics, et ils ont été jugés le ii floréal ^ du temps du règne 
de Robespierre et lorsqu’il étoit dans sa plus grande aaivité^ 
Avoue , Garnier , avoue de bonne foi qui Fallait que la 
conspiraliofi du Mans fût bien apocrypb© au moins, , pour 

3 UC du vivant de Robespierre , sur l’envoi d’un ceprésejilfijnt 
H peuple sur les lieux, avec neuf liasses ou cahiers de^ebarge^j 
dix hommes dénoncés comme conspirateurs , Gomxae com- 
plices de Phelipeaüx déjà guillotiné , tous aient tU. acquittée; 
il faut, je l’avoue, une conscience forte eomme laLtieiaacj pour 
toutenir ces chocs; 

La gloire de cette horrible vexaticea exejcfe co33îr« 
citoyens bien famés , bien connus. » ti*, la, ayec Lo, 

vasseur de la Sarthe ; sa haine ^ 




J 

qui n’a que trop souventéclatë dans le seiu de la Convention : 
•es principes cdrrfonnes aux tiens, l’ont porté à se }oiii(ire a 
toi, à sé rendre dénonciateur de césdix citoyen';. Les meneürè 
du comité de sûreté générale , trompés on partageant vos 
passions , ont , parieurs arrêtés des i 6 et 17 Germinal, en , ôyés 
tes neuf liasses de pièces , ( Garnier ),Ja dénonciation très- mo 
tivée de Levasseur, ics registres et l’adresse de la société popu- 
laire du Mans à i’nccosateur publie ( Fouc|uier , ) le tout sur- 
clrargc d’ttnc foule do considérant pins fort les vins que les 
«uires, avec l'oixire d.e faire saisir , iraduiro / et pourst.ivre 
devant le tribnna révolutionnaire , les prévenus de cette vasta 
conspiration dont la ville du Mans était le tbeatre. 

Je joins ici en notle 1.® le* deux arrêtés du comité de sûreté 
générale. 

3*’. Êxirait de la fameuse adresse de la. société populaîi'c du 
Mans , qui n’a pas été un des tnpiwdres crimes de Pbeiipeacx , 


Extrait des Ré gistr{i du comité de sûreté générale ^ du lâ Germinal. &e. 

Le comiré de sûreté gfe'ne'rale conficlcranr çu’il exifle un v;j{le plan 
êe conspiration dont les développemcn'- se matiifeftenr chr.qoe jour dans 
les Ddp.u-tcnu-ns , &: à Paris que l’avilii'.'ement de ' 1 a P eprosenrarion 
i^ationale en eft ‘le premier objet ; que le centre du gouvernemont dont 
la force reüdè d^îiis, le comité de falut public eft , i n’en pouvoir douter, 
exposé aux fcn«ations criminelles des téméraires conspirateurs ; qne c« 
complot a des ramifications fort étendues ; 

Conf dcranèqn’i) réfulte d’une dénonciatiemtrh moriv/r que les cortiitéf 
de falut public &. de fureté générale viennent de recevoir que la ville du 
Wans eft le théâtre de ces fiomnies qui tiennent à, cerre clafte d’iiuriguef 
èt de confpiration d^int il faut fe hâter de faire frapper les auteurs: 
iiiiidérant que la- dénonciatioi 


Coi 


înonciatioii ftis-éroncr défigne expTjcitcmént les 

nommés RaZin &c arrête que les fus-n^immcs 8t qualifié' feront 

traduits au Tribunal Révolutionnaire, & pourfuivis à la diligence de 
Vacculateur public de ce Tribunal. 

.Arrête en outre que la dénondq.ti"n du citoyen Levasseur ^ Député de 
Sarthe , sera envoyé ^ 

qui donnera les ordrt 
prévenus. 

Signé Vaoier , VocLAND, Lebas , LavicomtePvIB , Louis du Bas** 
Rhin , liiE Lacoste. 


la Sartiie , sera envoyé avec le préfent arrêté au dit a ceufateur public 
néGcfiaires pour faire faifir &• traduire leà 


Comité de Sûreté générale et de Surveillance de la Convention nationale.. 

Du 17 Germinal , TAn deuxième de la République. 

Le comité , après examen de.s pièçes, au nombre de 0 lia He^ qui 
lui ont été adréftées par le citoyen Garnier de Saintes. Reprélôntant 
du peuple dans les Départements de la Sarthe de l’Oise , ftmt relarh'ês 
aux enquêtes & in orma rions dirigées 'coutre les auteurs & complices 
de la J.iélicn du Mans , prévenus de crimes & de conspirations contre 
la République 1 rançaise -une & indivjhMe ; 

Arrête que lesdites pièces ., au nombre de neuf lia-ffes , feront inçef^ 
famment adreGes à l’accufateor public , près le Tribunal rév dufionaire 
patdevanr lequel les dits auteurs et complice ont été renvoyés ; chargé 
le citoyen Pafté l’un de fes fecrétaires dè retirer les dites pièces ttié 
récépuS# qui fera dépofé aux archives du comité. 

Signé Vadier, Amar , Vouland , Lebas , Dubarrak,. Lavicoh^ 
WRΠ, Louis du Bas Rin , & Jagot, 





t î?4 

]parce q»e de toutes part elle porte le 
fie franchise que détestent les Tyrans. 

5 La question posée par le tribunal aux jurés 
ment. ’ v 

4 EnCn le jugement qui porte , qu’il n’est pas constant 
-qu’il ait existé dans la commune du Mans une conspiration etc. 
Ln conséquence ordotme Ja mise en liberté des tlix déienu-s. 
Ah Garnitr lah Levasseur de la Sarthclque de réficxionsi 


Extrait Je V adresse des sanculottes de la Société' républicaine du Mans^ 
k la Convention nationale ^ au comité de salut public , à toutes les sociétés, 
populaires. ■ 

-Que la caloraHi'e l’iutTig'üe fe taifenj ÎJa 'V(frité va ie faire entendre. 

Ce iiionftre tant de fois détruit en idée ; la Vendée exifle encore 

réefîemenc. . . la vérité du rapport fait par Pheli- 

peaux au comité de falqt public , le i6 JEj/imaire dernier . le trouve^ 
coiitiriiiéc. Ouiles/aifiî qui y font cités , passés la plus part fous nos 
yeux , lés aufrés sous ceux de nos malheureux freres , sont v ais .... * 

comité de falut public , ouvre» 

les , yeux. ........ brifez tous ces généraux reptiles d’antichambre , 

tyrans dans l’ivr.efîe , &.c 

Cette adrefle eft revêtue déplus de cent fignatures. Le comité a été 
fourd à ces vçrités , Sc aivjoUfdhui quelles sont reconnues , on fe.mble 
craindre de punir les auteurs de tant de forfaits toi, Garnier, qui as 
envoyé cette adrefTe comme une pièce de conviction contre les coutre- 
révofutionnalres prétendus de ceae société , ainfi que leur régiftre , tii 
as vu quel cas le Tribunal en a fait ; fans doute, Garnier, tu auras régénéré 
cette fociété i elle disoit la venté , ru ne la vouloispas , aufîi je n’ai pas 
été étonné de te voir élever contre moi. 

Tribunal R e v o l u t i o n a i r e. 

Stance du ii Floréal de dan deuxième. 

t'fl-il conftant que dans la commune du Mans , Département d« 
la.barthe, il a exifté une conspiration contre la Liberté & la f.ireré dn 
peuple français , tandant à diiîoudre la repréfenrarion nationale , jb 
anéantir le gouvernement républicain , &l à exciter la guerre civile cri 
armant les citovens les uns contre les autres , 6t contre Fexercice de^ 
Itautorité légitime. 

I. Pierre ruRR<^r, feorétaire général d.® la commune du Mans,e{l-il 
çtrmpUce de cette conspiration ? 

2 . Jaques ricümer dit Timoleon Bazin , ex clerc de procureur , agent 


national provisoire du diflricl; eft il comnlice de cette conspiration 1 
V Ren-e Guesdon Dubüurg j’ex-notaire , Juge du Tribunal du d!ftri(^ 
du Mans eft-il complice de cette conspiration l 


4.. Louis Lefau-cket’x , membre de la fociété populaire du Mans, eft il 
complice de cette confpirarion l ^ , 

"t. Louis Florent Auli.^ , ex noble , -receveur du Timbre extraordi- 
naire au Mans, eft-il complice de cette conspiration t 
6 . Pierre Alexandre HENRiPoLiER ex-malre, commiflaire des guerre» 
au Mans , eft-il complice de cette conspiration? 

7 Jacqufs-Ai.eniv Jourdain, ex-reîigiéux, prêtre du ci-devanr ordre de 
Cireaux, fous chef de Bureau au département de la Sarthe , eû-ü com- 
•flice de cette conspiration 1 ^ 

8. François Delelié ex-clerc' de procuteur, receveur de î’enregiftrement, 
membre‘de ia cOmmiffion militaire de la Sarthe, «ft U complice de cette 
conspiration. 

9. Charle -Louis-François Goyet, membre du direélpire du, dd^v- 
df la tactlin eft-il compUcs de carte eonspiratioiî^ , 


1 26 

Farlerai-je, Garnier ♦ de ton arrête du 7 Octobre , < 1*1 
Ôrdonrle qut^ tous les biens meubles et immeubles ces par-' 
ticuliers qui depuis ie'Si mai ont abandonné l<i dépit»- 
tferô^^de la Mancljè,sans avoir justifié des iriotifs de leur 
absence aux auUu iîés constitués , démeurent provisoin-ment 
séquestrés , h s meubles et denrées Vendus , le prix versé dans 
les jnHÎns du rect^veur du district ; cet ariéiC qui a ruiné 
phtsicurs centaineadé Ombles par i’eftVt létroctifqce tu lui 
»s donné , car avant le 7 Octobre aucune loi n’obligeoit cm 
citoyen dlavei tir une autorité de soncbangcmciu do domicile » 
cieS'U te que des citoyens probes , honnêtes , d’un civisme 
que leu» s af’fttires ont oblig*'s Je passer d’un dêpa» teméiU <jl<îrns 
un autre , sont ruinés chassés de leun> terres , réduits à la plus 
effreuse nusére ; ces maiîpeurs partiels sont une peccadille 
qui ne mérite pas de place ici ; c’est une de ces erreurs qaiî 
ne t’arrêtera pas dans le compte de ta conduite en 'mission : 
ta modestie nous Tera !n grâce de nous épargner de pro- 
noncer sur la deiuan ic que d'auiros que toi pourroieut faire 
d’an décret d'avoir bien mérité de in pallie. 

Je ne t’accuse pas , Garnier ^ jai des doutes , des soupçoni ; 
je les ai motives . mies loveras aisément: je le desire autant 
que jcleCfOfs; situ n’avois pas défendu avec une espèce 
de fureur des hommes que ton coeur réprouve , s) tu n’avois 
pas traité de contre-révoiationaire de.s citoyens qui crioietit au 
jardin Egalité , vive la Convention i je t’auroas oublié , ( de 
ininimis non curât l'bretor. ) 

I.-ecointre fait lecture de l’art. 17 , ainsi conçu : 

« D’avoir, plusieurs fois, ordonné la mise en jugement de 
finquaiuc à soixante personnes en même temps, pour de3 délits 
diflércns. ^ 

Plusieurs voix ; les pièces. ' 

Lccointre : La notoriété publique , et la déclaration de Fou- 
^uier-Tinvillc. 

Le journal des débats et décrets ne faisant pas mention de 
U lecture que j’ai faite de cette déclaration , jo la rapporte ici 
de suite : 

L’on me reproche d’avoir mis à la fois en ju-^cment'^un trop 
grand nombre d’accusés ; je réponds av?c vérité , que telle 
«oit l’intention des deux comités de salut public et -de su* 
T«té générale ; et reite intention se prouve par la remise que 
Je leur faisois chaque jour de la liste d'cs jugemens rendus ; 


ic. Michel Boyna ex-prufeweur de Rhétorique, oiTicier-municipal , 
âft-il complice de certe conspiration ! 

La décîürarion d» jury ce jugement eü negativs. fur la première, 
qae^hon ci-seffus ,.à Vaudicnce publique du tribunal révolurionaaire , le 
it'jour du lîioij f h>r« al , Tan 3. de U Bépublique une iadivihbie , 
Si^U & DERbE'A coBarais gretnqr,., 

fin confuijuwice difousque les dirs'sorïc acquittés de 
tiens qa’ih seront mis e.n liberté sur le champ ; ' , 

, Sîgfi' f grever; , 





i ?7 


et si telle ncut pas été rinteuKon des deux comiî^ lis a^iiuJî 
roient pas manqué de prendre un arrêié conuaire à cet ' 
qui me prescrivit une autre mardis, tanime ils l'ont fait^oJ 
d autres objets. pour 

Une voix : Ce sont tpujours les mêmes. 

Marech : Il faut que la France sache que les abominatîoiw 

cnmiViTCPo oiî M-i K 1 1 M-» 1 ^ 


, , ^ . — WW its aDomination 

qui ont ete commises au tribunal révolutionnaire: que les irt 
gemens qui enveloppoient l’homme du Nord et riwmme da- 
uud , sans s être jamais vus , n’étoieiit nomr iivour»'? i 


uti , sans s’èire jamais vus , n’étoieiit pomr avoués 'nfoir u 
convention ni par^ les comités ; c’étoit Robespierre qui com 
bmoit ces atrocités avec Fouquier-Tinville ( applaudiseemens ^ 
Ce que dit ici , Marech , justifie l’arLicle. Il croit à la vérité 
tivüir tout dit, cil attribuant à Robespierre seul , toutes Irxî 
abominations , tandis qu’il sait que Je comité avoir contre le 
lyraii une majorité de cinq voix j de sorte qu’il ne s’est iamais 
commis une injustice au nom du comité , sans que eettt raaio 
nté , ..c’est-à-dirc, les meneurs réunis à Robespierre ne l’avenr 
voulu : ils avoienc les mêmes pouvoirs que Robespierre • ils 
avoicnt ia niajorité j iis n’ont point averti Ja convention"; ils sont 
coupables. Enfin, pendant Fabscence de Robespierre le ? ther! 
midor ils en ont envoyé au tribunal 500, et le avec 

injonction de les mettre en jugement sur-lc-chanip /t ' 
Robespierre n en avait même- proposé autant à la fois 
Plusieurs voix : un autre article. 


Lecointre fait lecture de Farticlc’iS. 


i i.° D avoir ordonué à l’accusateur public dé faire ]u-r,cr 
les Z4 heures , les prévenus de la conspiration dite des prisons- 
de sorte que cent cinquante-cinq personnes , dénommées ’ 
lacté a’acciisaiion du ib mesnJor, dévoient être 
périr le même jour; mais la çrainte de i’opmion publiuue ayant 
fait naître quelques réllexions, il fut décidé qu’on les' mettroit 
en trois fois. 

ta .pièce à l’appui et l’original dp l’acte d'accusation dressd 
contre les prisonmers , en exécution d’un arrêté du comité de 
salut public , üu 17 messidor, ainsi qu’ii l’cxprirnc. 

Billaud- Varenne ; La convention sait que Robqîpierre.pout 
marcher a la contre-revoIution , par la terreur , ayoït erpaU 
”1“ "r. jÜii" il 5'ctoit chargé e, cl, raivemfot 


qne Fon de voit juper 
le emme quori leur imputom, étoit d’avoir essayé d’opé~er' i-ai 
ctnere-révolution dans les prisons, où i'on disoit que l'on avoit 
inriuutpt des arures ; qu’à cette époque la faction d’Héhen 

prevons jiet fout le mende 


Je vous ai dit hier que le comité de salut public . imtruit 
U,- Je lendanjain cent soixante accusés , que 


ic que ce aroyen n CSC pas iniiiib , puisque, t’est pouc avotr 
^ la Sbviwté qtiaîrc ra'ixllo co.utô-<- .rcvoluduaxiaks^ 


déve^-sé ..dan 

l^u’ïls uttap.cut la;iireiuér le cpmhélTdlc H;;;”;? d^^ 


f^ts , dernaride à i't'aq.;iC'r .s'il étoit. vrai, qu’oa à.-.t 
ces ceM8«;xeste peaoii!iî>-.^ s;^ ehqù 


î 28 ' . • • 

th^ifaud fût dëià'pS'dparé’? î^oiiqu'er-ecmviric du fait rindÎT;nâ- 
tion s’empara de tous les membres : ©n on lui dit q^ue c’etoit 
convertir la justice en boucherie. \ ' 

Le comité instruit que l’éclrafaud dressé dans la salle dutribupal 
y existoit eficare, malgré les ordres qu’il avoit donné de ra- 
battre , manda de nouveau l’accusateur public , qui annonça sa 
destructi@n. ' 

Je demande que là èonvention se fasse rapporter les arrêtés 
du comité; je défie qu’on y trouve les noms dc'' accusés comme 
«n a osé l'avancer , à moins que cela n ait été fait par Robes- 
pierre. ■ ' 

Je rappelle à la convention , qtie î^ouquier est convenu à la 
barre que , qu©i qu’il 5^int tous lès jours au comité de salut pu- 
blic , il ne parîoit jamais qu'à Robespierre. 

/e réitère la demande de faire apporter les registres du co- 
mité , afin qu’on connoisse la nature des arrêtés , et quels en 
sont les auteurs. ' » > 

Goupilleau ( de Fontenay ) ; C’est à celui qui accrue à 
proTtvef. 

Dumont ( du Calvados ) : Dans la première p’àce , Fouquier 
a dit, qu’ayant appris lé projet de réduire le nombre des ju- 
rés , il alla faire part de ses observations au comité de salut 
public, t)û il trouva Billaud- Varenne , Collot-d’Harb'ois et au- 
tres , qui lui dirent que cela rc^ardoit Robespierre qui con- 
düisoît le tribunal; Fouquier n’a pas ajouté qu’il se fut adressé 
postérieurement an comité, d’où il est clair que c’est lui qui 
avoit tout arran^jé avec Robespierre, 

'' Vadie-r; Fouquier ne rendit aucun compte de cette aîTaire au 
tribunal; mais, ayant vu dans les journaux itnc liste immense 
fV ouvrier s % à'ariïjfiiii qu’on av-.ut fau .y?r’/h^/; 72 '’r . j’tn bis 
«candalisé ; je lui demandai s’il yoidoi» onèier la contre* 
révolution, en faisant périr le.', q-pAis du peuple, let patrioUs 
tandis' 'qù'il lais’OÎt vivre de? marçcbanx de France, 
émigres , des ci-devant nobles , qui ont conspiré 
èontre la patrie. 

Comment , Vad’er ! ru snvoi.»: qpc ce tribunal 
guillotiner une qunnt'té immense, d'ouvriers ,, d'ar lis ans ; tu 
en es c’pfiqiiê îucqn’jp scaudale , et îti te coa'cn.teS 
de d ent^^tneier à Fouquier , s'il vou\oit çpérer la ronlre- 
revalut on, , en faisant périr les gens du peuple , Us patriotes , 
et tu ne dénonces pas ce scélcr.'t à la Convention ! tu 
sai« tous S'^s crimes ! et c’est toi qui snuRres qtîc ce 
même homme nous soit présenté pour c’re continué 
accusateur piiVrlic ! Qjiand il est reçu , re n’est pas toi 
qui viens le pretTuer échirer la Convéution m lonale ! 
et aujourd'hui que Fouquier est connu , tu ne ‘^'appelles 


Ruméfo 710, paje 245 du journal des dula'* 


1 f 9 ' 

plufi ton ami , coTntne au 92 prairial î C’est uo t«on«tre 4 
d*s-iu ! et moi qui revête les crimes de ce tribunal 
sanguinaire , moi qui crois , parce que ce tribunal 
croit 'SOUS «l’inspection in m^diate de ton comité et 
de ecltii de salut public , que les meneurs des deux 
coniiiés sont coupables , pour n’avoir pas arrête tanc 
de crimes , ou au moins \fs avoir dénoncés à la Con- 
vention nat’oruile. Je suis un homme qu’il feint mettrai' 
en état d'arrestation, envoyer au tribunal révolutionnaire t 
je suis un bomn. e qiai attaque la renrésenration natio- 
or. le , le peujde français ; il n’y a point de supplice 
qtic je ne niérire , parce que Billaud , parce que Vadiec 
sont démasqués. 

Mais je vais pins loin. Robespierre a quitté le comité 
le 23 prairial*, puisque, nous a dit Billaud - Yarenne , 
apiès avoir fait six mois sa volonté ^ il trouva de i’oppo- 
situât! . et quitta sans rien dire, bb bien ! je te le demande, 
Billaud , a toi qui dis être d’un caractère doux , tiumain, 
peu sanguinaite , ( ce que le hou Carnot atteste pac 
faiblesse plus que par ventée) quel dt'cret as -.tu fait 
•rendre , ©u psoposé depuis ce tems ? quel arrête humaiti 
as- tu pris ? Aucuns. Et cependant le tyran n’etoit pluï 
au milieu de vous. 

Kloi je te réponds et je dis : j’ai ouvert la feuille des 
guillotinés, depuis le 23 prairial , jusqu’au 8 thermidor^ 
ce qui fait 45 'jours d’exersicc ; j’y trouv® 1285 guillo- 
tines , et 278 absous, je reprends ensuite les 45 joutt 
qui ont précédé l’absence de Robespierre du comité » 
et je trouve qu’il n’y a eu que 5:'7 sjuilloiincs , et i8tî 
absous: la différence est de 708 guillotinés , et 06 ab- 
sous de plus , pcndaift cette absence de Robespierre* 
E4 voilà ta clémence , Bdlawd ! 

Je jette ensuite uii coup d’œil sur les prisons , et je 
vois que loin que le nombre des prisonniers diminuât 
alors , par tant d’exécutions , ce nombre qui cioit. auL 
10 florcal de 6921 ( non compris la conciergerie) , étoit 
au 2S prairial de 7321 : augmentation de 400. En ajou- 
tant le nombre des guillotinés de 577 , celui des acquit- 
tés de 182 , celui des morts de misère ou naturellement., 
qu’on peut évaluer à go pendant ces 45 jours , j© 
trouve l’effrayante progression de 1249 «citoyens incar- 
♦ cérés. Dans cette même feuille des prisons , pour lei 
45 jours d’absence de Robespierre , je vois que , si le 
<?3 prairial il y avoit 7321 prisonniers,* non compris 
ceux de la conciergerie ,1e 10 thermidor , jour de l’ancaR- 
tisserrtent du tyran, les prisons contenoient 7800 pn- 
i.cuuiets ,* ce qui fait une augraentatipn dq 47g. Si fajouie 




à nombre celui «les geillotinés de isSS , celai dçt 
acquittés de 278 , et c-èIiû dus morts que je porte à 
cent, on trouvera qu’catio le uombic des citoyens reçus 
dans les prisons de Paris , pendant ces deinieri 45 jours, 
«St de 2142 , c’eît à- dire 8 g 3 de plus ijuc ioisque llor 
bespierre cxerçoii directement scs crujuîcs , seul , dites- 
vous, et sans votre pai ilcn-^tion : voil'i rL.tiuDnité des 
tneneurs des deux coua.tc's. 'i’iroiis ie rideuu sur ce 
tableau alFrctix ,* les rcflex'f>ns qu’d feroii naître seroiant 
trop hideuses. Reportons - rtom au moment où la Con- 
vention nationale , libre cnlin , a voulu que réellement 
la justice fût à rordrtt du jour. 

Eh bien ! maigre le nombre des sce'lérats , partisans de Ro- 
bespierre , qu’il a fallu faire passer sous le glaive de la loi , 
et d’autres qu’il a fallu incarcérer en aitendant leur jugement, 
jjc trouve qu’il n’a été guillotiné depais le 14 thermidor, jus- 
‘qu’à la fin des sansculotides , ce qui fait 45 jours , cpie loo 
-misérables , qu’on peut aujourd’hui qualifier à juste titre dé 
scélérats; et que les prisons ne contenoient au 18 fructidor, que 
:5io<j’ et à la derniere sansculotide ajoo au plus , (non com- 
i)ris la conciergerie. ) b'i je compare ce nombre à celui dcî^ 
7800 qui existoit au 10 thermidor, je vois 330© citoyens ren- 
■diis à la société , à leur famille , à la patrie ; et , en supposant 
qu’il en soit sorti 300 riial-à-propos , qu’on ne manquera pas 
GC reprendre au premier écart , c’est alors que je me dis , je 
■crois que le règne de la tyrannie a cessé. 

Ma plume vouloit s’arrêter , mais il faut que j’acheve de 
•démontrer l’esprit de férocité qui fait le caractère de cet homme 
pervers , je donne donc copie des arrêtés pris par les deux 
comités réunis les premiers jours de thermidor , il en résulte , 
d’une part, que sur huit cents citoyc’cs désigné’-; par la ccramis- 
«ion populaire séante au muséum, déjà en deux aés 47S 
citoyens étoient envoyés au tribunal révolutionnaire , avec in- 
jonction à l’accusateur public de les mettre à l’instant en juge- 
ment , et sur cent autres désignés par cette même commission: 
populaire pour ôtfe déportés , déjà deux arrêtés en avoient 
condamné 60 ^ et ce qu’on croira à peine, c’est qu’il y eût parmi 
eux des enfans de 1 7 ans , et un grand nombre d’ouvriers , 
d’artisans , de bouchers , de boutiquiers , de perruquiers , de 
^rommerçans ; plusieurs de ces commerçans me sont connus , 
ce sont de ces hommes d’une probiic rare , établis dans la 
même boutique , faisant le même commerce depuis cent ans de 
père en fils , chargés d’une nombreuse famille en bas âge , 
ayant à leur solde leurs commis aux armées-, contre lesquels 
il n’y avoit pas même lieu , aux termes de la loi du 1 7 sep- 
tembre , de les détenir. Eh bien ^ ces citoyens étoient con- 
^ddianés à la .déportation, d’autres à être jugés par ce tribunal 


i 3 i 

4 e sang; ^toit-ce Robespierre, qui forçoît les ho^tnes que jet 
dénonce à souscrire ces iistes véritables de proscription ? Nous- 
certes , Robespierre n’alloit plus au comité ; plusieurs de ce 
actes sanguinaires ne sont pas signés de lui r.i de Couthon , ec 
Saint-Just ii’cii a signé aucun. 

Fouquier ayant parlé de cet arrêté dans son mémoire , je 
dois le citer , parce que toutes les fois que ce qu’il dit , est 
d’accord avec les pièces authentiques qu’on a, où qu’il indii 
que : et qu’on peut se procurer , son témoignage donne de 
grandes lumières. 

C’est ainsi ciu’il s’explique , à la page 13 de son mémoire 
imprimé. 

,, Il paroît qu’on m’impute à délit d’avoir mis en accusation ; 
le citoyen Dumain et autres personnes renvoyées au tribunal 
révolutionnaire par la commission populaire. Cette inculpation 
est encore destituée de tout fondement ; car , suivant deux arrê- 
tés des comices de salut-public et de sûreté générale des x ec 
3 thermidor dernier , le renvoi des affaires arrêtées par la comv 
mission a été approuvé et l’approbation transmise à l’accusateuc 
public, avec injonction de mettre dn jugement, sans délai, lea 
dénommés aux états joints audit renvoi , de manière que cette 
injonction reduisoit l’accusateur public à ne pouvoir même 
pas proposer à la chambre du canseil, la liberté des individus, 
contre lesquels ïl ne se troiivoit aucune charge , d’autant mieux 
que, d’après la loi du ix prairial, aucun jugement du tribunal, 
rendu à la chambre du- conseil , ne pouvoir s’exécuter qalîî 
n’ait été approuvé par les comités de salut-public et de sûreté 
générale , en sorte que l’odieux de la mise en accusation retom- 
bât infaiblcmeiit sur l’accusateur public, aux yeux des citoyens, 
qui n’avoieiit pas connoissancc de ces arrêtés. 

A la page ï y du même' mémoire , Fouquier ajoute ; j’ai tou- 
jours exécuté les arrêtés des comités de salut-public ec de sû- 
reté générale, et il met en preuve qu’il a été trouvé sous ses 
scellés , un arrêté du comité de salut-public , qui lui enjoint 
de mettre en Ijugement , dans les 14 heures, toutes les cons- 
pirations des prisons qu’i lui seroient dénoncées. Celle du Luxem- 
bourg , Lazare , et des Carmes lui ont été dénoncées par le 
comité de salut-public , avec transmission de la liste des pré-j 
venus , et des témoins ; c’est en conséquence de cet arrêté , 
qu’il les a tous fait mettre en jugement; Fouquier assure enfin^ 
au sujet des 159 duj Luxembourg', que Dumas , président , pré- 
tendoit faire mettre tout ensemble en jugement , suivant l’in- 
tention des deux comités , que c’est lui qui le 1 8 messidor a 
• écrit au comité pour ' lui faire des représentations, qui décida 
que la mise en jugement seroit effectuée en trois fois, ce qui 
a été dit-il, ponctuellement les Ï9 , 11 ec zi mes^ 

aidcir. 



1 5 « 

/ €opU des arrêtés des • , 3 , r/ 7 thermidor , pris en P nh s enu 
de Rfihespierre. 

Exécution des loix des 8 et 13 ventôse. 

Extrait du registre des comités de salut-public et de siiretd 
générale 

Séanre du 3 i.h ': mldor. 

Vu les feuilles des détenus, présentées par la commissioa 
populaire du muséum, comprenant les nuiiicros 45 à 1x4, et 
les dé'.îommés ci-après. 

buiianiy . etc. en 7S pages ils fo»u au moins 3 oo. ) 

Les comit s de salut public et de süre'é generale réunis 
approuvent la décision de la conuinssion , et arrêtent 
que les dénommés ci-dessus serofu traduits au tribunal 
levolutionnaire de Paris: que le» leuilles ci-dessus seiont 
frappées des timbres, ne. varutur ^ et euvoyces à l’accu- 
sataur public r>rcs ce tribunal . pour que les dénommés 
ci dessus soient mis à l’instant en jugement. 

L’accusateur public rendra compte de l'exécution du 
présent arrête , et renverra aux deux comités réunia les 
feuilles des commissions. 

Pour extiait : Signé Vadier , Amar , Vouland , Rhul, 
Prieur , C«>llot-d’Herh©is , Barère et Billaud- Varennes. 

Il n’échappera pas à ceux qui rnt liront , que les si- 
gnatures de Hobespierre , Coutlion et St. Just , ne sont 
point sur cet arrête. 

Autre arrêté. 

Séance du 

Vu le» feuilles , et comprenant les N®. 3 à 

Frecot, I.anty , etc. ( Ils sont environ 180. 

Les comités approuvent , etc. 

Pour extrait, Vadicr, Amar , Louis du Bas-Rhin, 

Rhul , Oubarran , Couthon , Robespierre , Goilot d’Her- 
bois , et Bilhud Varennes. 

Autre arrêté du 3 thermidor. 

Exécution des loix des 8 et i 3 ventôse. 

Extrait des registres, etc. 

" Vil les feuilles des détenus, présentées par la com- 
mission populaire séante au Muséum , composant lei 
44 à 81 , les dénommés ci-après, 

Va;san,etc. (ils sont 48 personnes.) 

Les comités de salut public et de ?iireté générale réu- 
ÎU5 approuvent la décision de la commission , et arri^ 


i33 

te.nt que les dénommés ci-dessus seront déportés , ot qu« 
les feuilles seront frappées du timbre destiné à cet eflPet , 
lit varietLir. 

SigJié Vadicr , Amar , Voulancf , Elic-Lacosie , Rhuf , 
Cûliot , Baièie , et Billaui-Varenncs. 

Autre arreté du i thermidor^ 

Vu les feuilles . etc. 

Girardin , notaire. Ils sont 14 dénommés. 

Les comités , etc. ( meme siyle. ) 

Signé Vadicr, Amar , Vouland , Elie-Lacostc , KhuI , 
Collot, Barère et Bdlaud. 

Les noms de ceux qi^i composoient cette commissioa 
ardente , doivent être connus Je les porte ici : 

Trincbard , Baudement , Chapelle , Chavigny fils , 

) oppiu ; Marteau , secrétaire. 

j’observe que , depuis le 10 thermidor jusqu’à cm 
jour , déjà sur cc nombre d’environ 540 citoyens , dé- 
signés à la mort, et à la déportation, p-iic que la mort 
ruême - pdus de 400 sont en liberté. 

Eh bien, B.llaud I eh bien, Vadier! et vous, leurs- 
coniplices , que j'ai dénoncés , rcconnoissez vous votre 
ouvrage ? Pouvez vous rejetter sur Robespierre , Couthoa 
Cl St.-just , le cïimc de ces listes d’un^j véritable pros- 
cription. St. Jast n’en a signé aucune ; Robespierre , 
une , mais étant absent. C’est lui crime de plus de lui 
avoir porté à signer des deliberations , lui qui avoit 
quitté son poste. Ces loix des 8 et i 3 ventose , qu« 
vous riicuez en têie de vas arrêtés, font votre condam- 
nation ; elles sont trop précieuses pour ne pas être ici 
transcrites au long. 

Celle du 8 ventose est en ces termes : 

La Convention nationale , apiès avoir entendu set 
comités de sdui public et de sûreté générale , décrètes 

Art. I. Le comité de sûreté générale est investi d» 
pouvoir de mettre en liberté Iss patriotes détenus : tout* 
peisü'nne qui réclamera si liberté , rendra compte d® 
sa conduite dcpu-s le 1 mai 17S9. 

Art. IL Les propriétés des pr.itricies sonr inviolablâî 
et sacrées. Les biens des persontres qui seront recon- 
nues ennemies de la révolution seront séquestrés au 
profit de la République ; elles seront détenufs jusqu’à 
la T>aix , et bannies ensuite à perpétuité. 

Si cette loi , qui avoit investi le comité de sûreté 
gcacialc de loui les pouvoirs, pour meure trk liberté 





. v54 

fous les patriofes , f-endre leurs personnes , leurs pro- 
priétés inviolables et , sacrées , a été oubliée , iiicprisée 
par ceux ‘ là mêmes qui ëtoient spécialement chargés 
de son txécuiîoU ; si les patriotes ont cociiinuc d’être 
vexés , pilles , incarcérés , et en si grand nombre , qu’ils 
sortent par centaines des prisons , d’après l’examen et 
/le rapport le plus scrupuleux des causes de leur déten- 
tion. Je te le demande, Vadicr ; l’articîc qui te dénonce 
comme l’un des principaux auteurs de tant de maux , 
peut-il être déclaré faux et calomnieux? ^ 

Voilà des faits positifs , je crois. Réponds , Billaud ; 
détruis les ; éclaire le peuple Français et moi -même; 
dis-nous quels autres que les meneurs des deux comi- 
4és sont coupables de ces atrocités. 

On demande un autre article* 

Lccointre lit l’art, ig , conçu en ces termes ; 

D’avoir souffert que les mêmes témoins , entretenus , 
nourris dans les prisons , et connus vulgairement sous 
îe nom de moutons , déposassent à chawçc contre tous 
les prévenus; et l’on disiinguoit > parmi ces témoins, 
Ferrières - Sauvebœuf, cx-noblc , et Leymie , secrétaire 
particulier d’Amar. i> 

Lccointje : Ce fait sera attesté par témoins. 

J’observe , sur cet article , que l’un des citoyens y 
dénommés , après avoir fait placarder sa justification dans 
paris, sur l’imputation qui lui est faite, m’a envoyé 
ion mémoire pour le comité de sûreté générale , afin 
d’obtenir sa liberté mémoire que j’ai remis à notre 
collègue Goloœbel de la Meurthe , chargé de cette ré- 
gion. l’ai donné avis à Ferrières du nom de son rap- 
porteur. 

Le lendemain , ce même citoyen Ferrières m’a écrit la 
lettre suivante : 

J» Tu dois, citoyen , remettre aujourd’hui mon 'mé- 
moire justificatif an comité de sûreté générale. Je te 
préviens que les anciens membres me détestent très- 
cordialemcnt , depuis tme nuit que je fus mandé au 
comité. Fouquier y vint. On vouloir à toute force me 
faire convenir qu’il y avoit des complots à la Force, 
(i) Par tous les dilemmes possibles , on ne put me 
persuader de faire des listes de proscription , et on ne 
m'a pas pardonné mon refus d’adhésien. 


(i) Ce n’étoit donc pas. seulement Robespierre seul, ni même le 
comité de public , qui étoieut tccupés à imaginer des coiîspnra- 
liolif iraïuées dajis les ptisons; \ 



9t Je travaiîîe , dans ce moment* cî , tont l’hîstorîqïre. 
de Li Force. Les atioci^és qui s’y sont commises, et le 
changement de concierges , fait par Amar , pour que ce 
nouvel agent obéît aveuglément à rai-iminisfration de 
poüce , fait jouer un rôle important à cc trésorier de. 
France. Vouland y est pour quelques accessoires , et 
j’espérc que , sous peu de jouts , cela sera sous presse , 
et donnera un grand jour iiir les joumets des 9 et i(k 
thermidor , la force ayant été tin théâtre important , oiV 
j’ai vu jouer tous les rôles. Sulut ei fraternité. Signér 
Ferrières • Snuvebœuf. 

î.e tribunal chargé d’instruire fe procès de Fouquier^ 
décidera , dans sa sagesse , de la valeur de la déclara- 
tion de ce citoyen , qui sans doute sera entendu. 

Gc citoyen a deuiiis, fait imprimer que j’avo.is voulu ^ 
en me characant de sors mémoire , reparer le mal qu&- 
je lui avois fait in volontaire ment ; que je sollicitois sa 
liberté ; que je l’en avors assuré par écrit ; qu’en lui 
icndant l’honneur . il me tendoit son estime. 

Je ne connois point Ferrières. En Je portant sur ma 
dénonciation , c’a été sur des notes qui m'ont été déli- 
vrées far des hommes bien fîmes. 

Ferrières , dans un g-and placard contre moi, affiché 
sur tous les murs de F..' ris , a prétendu que foin de se 
prêter aux manèges des prisons , il les a repoussés avec 
horreur ; il a demandé sa liberté-,* il m’a invité d© faire 
passer son mémoire aw comité, je Fai fait , sans au- 
cune espèce d’apostille. J’ai donné à Ferrières le nom 
de son rapp-^rteur. Je ne S'us ai son défenseur, ni son 
déîracieur. C’est le tribunal qui sera chargé de son af- 
f.dre . qui I d rendra son honneur , et non moi , qui 
n’ai droit ni à sa haine , ni à son estime , pour tout c® 
que j’ai fa t V ayant pnr-?out rempli mon devoir. 
Leroinire lit Firt. v’O , ainsi exprimé r 
îT D’avoir démenti f nmallement les dénonciations faUes 
à la Convention contre Joseph Lebon, représentant j 
d’avoir fait un rapport infidèle sus sa conduite , et 
d’avoir déguisé ses cruautés sous la dénomination 
formes acerbes. 

Barère r Citoyens , une denonciîttîon fat faite contre 
Joseph Lebon r ce- nç fur que cinq ou six jours aprèf 
que le comité de salut public , pressé par phi'-ieurs per- 
sonnes , se détermina à s’^occuper de eeite affaire. Rb^ 
hespierre jeune- parla contre ce reptésentant du peuple* 
Robespierre aîné et St. Just parlèreat en sa faveur. Dana 
c^<tte entrefaite , des citoyens envoyés d'Arras 
icnt de nouYtau Lûbo» at furent appuyés par 



i36 

Nous dîmes alors au cornue : il faut empêcher que des 
ïeprescntans du peuple se dcchirtiu eatr’cux. Je fus 
chargé de laire un rappoi t sur cer objet. Comme je ne 
connoissots pas particulièrement la conduite de Lebon , 
je ne voulus pas faire un rapport judiciaire^, mais seu- 
lement un r .'pport politique , pour empêcher les suites 
du déchuement quî se manifestoit ; mais en même temps 
que nous limes ce rapport , qui ne prononçoit pas sur 
les inculpati Ljs qui avoient été faites par Guffroy contre 
Joseph Lebou, nous dîmes à ce représeniant du peuple : 
Tu CS dcsiiiuê ; tu ii^s seulement à Gambray chercher 
les pü| icîs lui sont necessaires à ta justificaiion. Voilà 
ce que j’a\ois à dire sur joseph Lebon. 

Bourdon de TOise : La vériié est , que les deux co- 
mités ne vouloient pas laisser aitaqucr un icpréscntant 
du peuple , contre lequel il y avoir des preuves de 
délit , parce que si Ton en eût livré un seul à Robes- 
pierre ... I làiurmures ) Au surplus , s’il y avoit quelqu un 
parmi nous qui eût commis les crimes de Joseph Ltbüu , 
ians doute v< us ne le croiriez pas lavé par un rapport 
jeiîlblabie à celui qui a etc fait sur ce citoyen. 

Les crimes commis par Joseph Lebon . dénoncé de 
toutes parts, et absous par Barère , au nom des comi- 
tés , sont trop glands , trop multipliés , pour me dis- 
penser d'en iiaccr une iégert C'tquisse.Jc me contente- 
rai des faits cites par uotie collègue Guffroy. Je joindrai 
le rapport de Barèic sur ces dénonciations , le decret 
d’ordre du jour sur tant de forfiils. J’ajouterai ensuite 
la scance du i5 theroiidor , où ce même Lebon , aptes 
üvoir été entendu en peiaonne , a été provisoirement 
jms en état d’arrestation , en aitendant. son jugement. 
Alots on verra si l’an, so n’eài pas plus que sufiisani' 
iïicut prouve, 

D"‘jà , Citoyens , la barre de la C<'rivention aveit retenti 
de nombre de pétitions , contre les crimes commif, par 
laC' On . îlans la ville d’Anas , des départcœcns du Tsoid 
et du Pa '*de-Caidi.î 2 pétitions renvoyées au comiié de 
iaiî’t piîohc ; mats en vnin pour U malheur des peuples. 

î^otijque Güliioy déuonc* . par la voie de l’inripres- 
Stüu , îoa^ le titre de Crarure républicaine , imn f.iartie des 
yjro cités commises par Lebon , c’est ainsi qu’il s en 
CXpbqaa 1 ( 1 ) 


n Ld Slup-eur qui ciiveioppoit Arras et ses enviions 



(1) ËiUiit deà jâg€8 jnsijuà 7^ de rÀtPprimê de Gufîrcjr. 



i de son crêpe funèbre , m’empêche encore d’avoir des 
j détails sur tous les bons citoyens qui ont à se plaindre 
I de ta conduite. Je vais retracer d’abord ce qui est ven 
j à ma connoissance , relativement à Demeulier , accusa- 


teur public du tribunal criminel ; à Beuguiet , p 
dent ; à Gabncl Leblond, marchand , jure du 
tribunal et membre du comité de surveillance ,* et 
J Leblond , son beau hère , adjudant - générai. Je par- 
ieiai ensuite de quelque» autres. 

tt Ces quatie citoyens ont ete arrêtés par tes ordres , 
pour avOiT osé te dire la vérité. Voici à quelle occasi 
il laut que le public le sache ; la publicité est la 
garde de la vérité ; d’ailleurs , moi je n attaque ja 
dans l’ombre. 

La nommée N . . . . Desquerchin , veuve ou femm 
Bataille , ctoit accu'ée , je ne sais pas trop de quel deli 
La voix publique l’accuse : eiie étoii sans doute coupa 
bie : orr trouva chez elle une liste de vingt ©u trente 
citoyens qui y étaient inscrits comme abonnés, 
fournir quelques sommes à titre de secours à des ï 
gens , ait la veuve ou femme Bataille ; mais il paroît q 
1rs londs ont été employés par elle pour secourir d 
piènes reiractaues émigres. ( Je n’ai pas lu l’acte 
cusaiion , ainsi je ne peux pas bien préciser le délit. J 
Qj.ioiqu’ii en soit, il paroît que le jury a été convaincu 
du délu d’une vingtaine d’individus , et que les ju 
ont déclaré que la peine de mort , prononcée |pa 
loi , devoit être appliquée mais deux ou trois indivi 
ont Clé acquittés. Voilà ce qui a mis J. Lebon en colère ; 
il s’est mis à déblatérer contre le tribunal , contre de» 
jurés ; et dans sa fureur, il a cassé le iribunal , les ju 
et le comité révolutionnaire. Demeulier , Beugniei et 
Gabriel Leblond s’expliquèrent avec loyauté sur ceite 
conduite de Joseph Lebon .■ ils lui exposèrent à lui- 
même , combien il s’écartoit des loix : que c’étoit atu- 
nuer la conscience et l'instiintion dès jurés que de les 
blâmer pour avoir acquiité deux ou trois individus 
vingt cinq accusés ; que la conviction ne condamne pas. 

U Lebon , dont l’amour propre irascible ne sait rien 
souffrir, déclama conire la jurés et les juges dans le lieu des 
séances de la société populaire. A la société, au tribunal, 
ÊD présence des jurés , des accusés , el un .public liabi- 
tué et salarié , il prophétise et désigne , deux , quatre ou 
six jours à Tavanct , ceux qu’il veut faire mettre en 
jugement ; il le fait avec des, expressions dont jamai 
des législateurs en fonctions ne devroient se servir. 
C’est louqu’ii est C4 cet éUt de délire et à'ivrms 









i38 

qtî’il dicté ce que \e% jurés doivent prononcer ; r'^est die ! 
gibier de guillotine. Noxis verrons qacl sera W juré qui ] 

s’avisera de les arquilter • 1 

a Souvent il rédige lui - merne les denoncidtions , les j 
actes d’accusation ; et si les Jurés osent avoir »;ne con- 
science à eux Cf n'èire pas convaincus , ils sont desti- 
tués , gourmandes et semoncés publiquement ; il excite 
conii’eux ranimndvcrsion générale des habitués du tri- 
bunal et des tribunes de, ta société. 

it Je peux indiquer un arrêté qu’il a écrit au tribu- 
nal . avec injonction au président de le ifire aux juréa 
et au directeur des jurés , avant leurs délibérations, sut 
Je sort de plusieurs accusés: arrête que le tribunal a cru 
devoir consigner dans ses registres. Cet arrêté sera , je 
pense , une preuve materielle du despotisme de ce prêtre 
qui a comm arulé la condanmation. 

a C’est pour s'être cxjiliqué sur ces abus et sur queî- 
qnes autres , d’une manière fr;;nche , q’.re Joseph Lebon 
a li'f arrêter le p'. ésident , Voccusatcur publie^ un juré et 
son beau frere : c’est pour les punir d'avoir eu le cou- 
rage d’oppnser à ses arrêtés lurbulens les décrets qu’if 
offvn’îoit , qu’il les a fait arrêter , incarcérer , et qu’il Ici 
a envoyés à Paris d’une maniéré ignon^înicuse et barbare. 

U Desmeulter . BeUgniet et Gabriel Leblond , fuient ar* 
rêtes avec une dureté incroyable ; et tandis que Joseph- 
Lebon «léclamoit contr’eux , il faisoit rechercher avec 
avuJité leur conduite. Un des satellites de Lebon , ce 
jour, insulta l’un defe détenus . au p^siint de dire que, 
quand il aiiroit cent têtes . elles tombcroicut à la guiU 
lotine ; il tenta nrême la véracité d'un détenu condamné- 
pour autre cause , en lui laissant espérer sa liberté . s’il 
déposoit que Oesmeulicr avoit voulu faire un soulève- 
nsent dans les prisons et dans Arras , contre Joseph^ 
Lebon ; et cependant Lebon faisoit dire à Desmeulier 
d'être tranquille -, qu’il ne falloir écrire à personne. 

et Pcndrint la d^^tention de Desmeulier , on a fait uncr 
inquisition véritable. On a été scruter toute sa vie , et 
un seul individu , prêtre , ami de Lebon , reçoit les dé- 
clarations . et les écrit à sa gui?e ; il n’a pas même dô- 
grcfiicr ; nen n’en garantit la vérité , sur-tout quand les 
pHî ficul-.crs ne savent pas cerirc. 

î5 Ou:;ind Va/ljudnrit genérrJ Joseph Leblond , beauvfrèrc' 
de l'autre Leblo'nd . sut ces arrestations, il ne put s’errr- 
pêcher de crier à l’injustice ; il alla à Douay raconter 
la détresse des narriotet, à Bollet , représentant du peu- 
ple. îi m’en écrivit ; sa lettre a‘ été par moi remise au 
comité de salut public. J’en écrivis à Fiercnt'v Guyot, 



'^9 

pour qu’il prit des informanons. Je donnai des notes , 
il y a plus de six déc/udr.s ^ au comité de salut puHic ^ à 
Collot iCHerbois ^ à Gouihon ; j’écnvîS à Robespierre , ne 
pouvant le rencontrer. 

?» L’adjudant général Lebiond savoit qu’il devoit être 
arrête : i! devoit aussi »e marier dans le même tems ; il 
voulut différer à cause <le la menace du nsandat d’arrêt ; 
mais la républicaine courageuse qu’il de voit épouser lui 
dit : je ne suis pas ta femme, je ne pourrai pas dé- 

cemment te pi^êter mes soins ; personne ne prendra nu 
aussi vit intérêt que moi à ta situation ,• je veux parta- 
ger ta peine. Tu n’es pas coupable ; allons à l’autel de 
l’hymen. 

»» Ils y vont : mais à peine descendoient-ils le dernier 
degré de la maison commune , qu’il est averti qu’il va 
être arrêté. Galand , porteur d’ordres de Lebon , le 
avec éclat. Il espéroit bien arracher à ce bouillant mi- 
litaire une imprudente résistance à l'oppression ; mais il 
sut Se contenir, 

Tout-<à-coup , après plusieurs jours de détention , 
il prend fantaide à Joseph Lebon de traduire ces 
au comité de sûreté generale à Paris , et son 
évidemment le fruit de la passion et de la tyrannie. Il 
en porte le caractère , quoique rédige par Galand , avec 
une sorte d’adresse. 

J» L’ordre porte de transférer Demarlier , les deux Le- 
b'iond et Beugniet d’Arras à Paris , en îicntc heures pour 
tout délai ; ordre aux gendarmes de les enchaîner sur la 
route. On y laisse malicieusement percer l’accusation con- 
tre ces patriotes, d’avoir voulu occasionner un soulè- 
vement. 

î» A peine ces quatre patriotes sont ils partis, que 
agens et lui font arrêter , avec une cruauté inouïe * le 
femmes et les enfans de trois d’entr’eux. L’une venoü 
d’accouclîcr , et l’un de ses enfans dangereusement ma- 
lade , avoit les mouches. N’importe , on enlève tout sans 
pitié, on les emprisonne , et leurs meubles, leurs effets 
leurs marchandises sont remis , snn^ inventaire , à 
hommes dont je ne voudrois pas répondre. On séquestre 
tout ; et regardant leurs maris comme condamnés , 1 
meubles, IcvS provisions , bois, vin, etc. de ces quatre 
patriotes , ont été gaspillés , donnés pour rien aux voisins. 

A leur arrivée à Paris , que j’avois su par un autre 
patriote , je les accompagnai au comité 4e sûreré géné- 
tale. Elie Leicdste , membre de ce comité , ne put s’em- 
pêcher de dire , quil croiroit diJficiUment au patriêtisme 
de qui que ce soU , si ceux-là n'éteient pas paeriotes» La- 



140 

costc et Peyïsart les avoieni connus , lorsqu’ils ctoient 
à Arras , au buitau ccniiai des re^resjnuas en uiission 
dans le nord. 

î> tlie Lacoste et Peyssart rcird ront compte de l’activité 
et de rirueliiG[cncc avec laquelle , en quelques jours., 
Beug itet et Dcnieulier fi>eat to nber la tcie des cücfs de 
cc ras-emblcv^ient , le seul qu’il y au eu dans le depat- 
teiiieni Ju Pas de Calais. 

î» Veui'On savoir pouiquoi Lebon les a attaqués et 
persécutés.^ CVst paice qu’ils ctoient à-peu-près les seuls 
qui osassent lu» résister et invoquer tout haut les prin- 
ciDcs de saj^essc et de justice que Jean |acqu-s nous a ^ 
dictés . que le cotnité de salut public a ptolessé si 
énerciq icment dans le sein de la Gonvcniiou , cl que la 
Convention ne laissera pas altérer : principes éternels 
qji s’opposent à toute mesure que n’approuve pas la 
venu, i.cui subversion seroit le plus sut moyen de ren- 
verser Iq république. 

Ou a mis en arrestation le citoyen Danton; il est peu 
d ames aussi éncrgiqass que celle de cc vertueux cîioyen : 
ia prcscncc seule épouvante l'S intrigaus. On n«.' devi- 
iicïoit jamais pourquoi «a le ht arrêter , si josepb Lebon 
et scs compagnons ne Lavoieni dit eux mêmes à la ss'ciétc 
populaire , avec l'acccnt de cette joie criminelle qui - 
itisuhe au malheur, et les cxpiessioiis tiiviales et salei 
de la crafiulc. 

ils ont mis Danton en arrestation'; comme accusé 
d’avoir des correspondances avec l’infâme émigré S int- 
Kerny, ce patriote dont la résidence mamentanee à Laiis 
eiOii prouvée. 

11 faut que tusme répondes encore de celte ii»faiTn"e, 
Joseph Lebon ! tu’n'oscrois n»c dementir. Lisons ta le>tte 
i Lefebvre . directeur de la poste ! Gomme tu y fait le 
]‘a{ciin ! lout le peuple d’Arras connoît cc nouveiiu dcl'.t. 
N’as tu pas dit . avec le ton de l’ironie et du sarcisnie, 
uans le heu où s’assembioit jadis Lt société t o[ ulane , 
que tu avois fait arrêter JJan/o?i , pour avoir co nv rq, oudu 
avec Linlà.vie émig é Saint-Kemi à Pans. ?? Oui , p, sais 
qu ce Saint Rdiny est a Pans , mais je rnen jous ; laaiiion 
est arreté, il v restera ?». 

0 Se peut-il un acte arbitraire plus caractérise ? l u as 
puni ce biave homme de n’avoir pas voulu assisicî à tes 
orgies chez l)e^mGry et ailleurs. Oàelle horreur! Mentir 
■ à sa propre conscience, et supposer sciemm?nr qu’ua 

homme est émigré pour avoir occasion d’en Inca.cérer 
uu autre , et DCiu-éire ptïur les perdre tous les deux! 

Il est malUeuivuii ^ue k Cûâaiié de salut public , qui 


vient de faire mettre tn . liberté D^menîifr, Ben^rntt ^ 
Gihrirl Leblond ^ Joseph Leblond et Danton^ n’ait pas ff»s 
la mesure que j’avois propcsce à Couthon , et qu’ii m'a 
dit avoir aussi proposée au comité , celle d’envoyer une 
commission , nd hoc ^ pour saisir les papiers que j'indi- 
querai , er tenir prorès-verbal de tant de fautes répréhen- 
sibles : car je sais que tu ‘e préparas ; je sais que tu as 
fait rassembler des papiers et tes anêtés des difFerens 
greffes où ils Hevoient rester. 

» Dis-moi , qu’est devenue la liste des détenus , faite par 
l’ancien comiii- de swrveiiiance, pour être adressée au comité 
de sûreté générale ? 

A-t-il été en ton pouvoir de tVmparer du paquet à la 
poste , et de ne y>as le faire partir ? car , cette liste n’esC 
pas au comité de sûreté générale; je l’ai véjiHé. 

>5 Je vais te <iire pourquoi tu ne l’as pas adre’^sée ; c’est 
ane celte liste , faite sévèrement , comme ie prescrivent les 
décrets elles insiructions , contenait les motifs des arres- 
tations; et la note non seulement de tes arrêtés , en vertu 
de.squels plusieurs citoyens sont privés de leur liberté 5 mais 
encore des incarcérations illégales et véxatoires , faites par 
tes fondés de pouvoirs g<^néraux ; car tu ne nieras pas d’avoir 
autorisé des l'ommes avides d’autorité, sans-doute d’argent, 
à arrêter indéfiniment tous ceux qu’il leur piaîroit. 

U Je n’ai pas vu le pouvoir qui ne paroîtra plus, mais je 
sais que tel en est le sens. 

w La consternation est dans l’ame de tons les patriotes; 
en effet , quelle sera Ja garantie des Jiommea vertueux, timides 
et paisibles , quand iis voyent que tu écrases les répui.jU 
cains énergiques , qui n’oni jamais dévié , et qui osent i© 
reprocher tes tort.s; cbaqi^e j<^'iir , à Arras , le voisin regan e 
li la maison de son voisin est ouverte , on tremble de >e 
parler , on se regarde ss^ec i»'qmétnde ; tu as des gens qui 
font métier de dénoncer avec impudence et iaclieté, tels qu€5 
ceux qui t’onr dénoncé l’adjudant général î elilond l et com- 
ment les patriotes ne trentbleroiMit iis pas ? tu as ôsé diro 
publiquement que si à Arras, ville de 22 à 25 mille âmes, 
tu Jiiissois 3 ou 4 mille personnes , c’éioit assez : qu’il y en 
aurriit encore trop ; ce propos sera prouvé , et tes amis , les 
Carlier, Duponcliel, Jouy , enchérissant sur toi, ont dit, dans 
un souper, que dès qu’iJ restoit 4 hommes pour garder les 
quatre portes , c’étoit assez. 

» Aussi personne n’o.se pins passer à Arras : les étrangers 
se détournent plutAt que d’y séjourner ; les cultivateurs 
n’y viennent que quand ils sont fwreés par des réqui.sitions . 
cent cultivateurs du district de Rérhune , ayant entendu 
dire que tu allois te rendre dans cette commune , ont quitté 
leurs foyers, et cependant la plùpart ne sont conpaldes que 
‘de n’avoir pas voulu aller à la messe des prêtres consritu- 
licnnels. LtiS agriculteurs sent aux abois. Beaucoup de oitoyc^nt 


42 

per^^s do famill© prwft^rent alior exposer leur vie aux fron- 
tières (jue.de rejtorà Jarras , je peux en nommer pliisicitrs 
qui sont aidens p^iriotes, jetais leurs noms pour ne pas 
les exposer à ta vengeance. 

J) V^iladin , un de nos coUègiies » déposera dans le sein 
de la Coijvomion , que ton comité actuel de surveillance 
est si immoral , qn'un* Imnme dont les papiers éroieni en 
ïègle , et qui alloit faire viser son passe-port , a été fouillée ^ 
jusques ( dans ia gorge et sous la cuemise ; ) et qu ils ont ï 
fait ( dcsnbiller une autre feinm» toute nue. ) 'à 

» Dans le courant de Ventôse , et ie jour où , transporté | 
par ton intolérance sacerdotale, tu allas à N<-?.uviI!e-la-libeité, 
lieu où tu fus curé , accompagné de tes fidèles exécuteurs ^ 
Galaïnl et Cnubrières , tu eus io triste courage de ftiire in- | 
carcércr tous les paysans qui n’avoient point été à la messe S 
contitvnionnelle ; c«rt#s , ce n’est pas là l’intent-on do la s 
Convention. Ainsi nuroit fait Cliauinette , ainsi on fait 
ceux qui ont soulevé ia Vendée. î 

■» Le mémo jour , n’as tu pas arrêté toi même Payen , : 

cultivateur à Alontenesconrt , et Carton cultivateur à Beau- j 
rains , sans autre motif qu’ils etoient aristocrates » parc© qu’ils ^ 
n’alloient pas jntlis à ta messe. j 

Le mémo jour tuas arrêté toî-inêine , encore avec scandale , 
Payen de Alonienescourt ; tu l’as fait descendre de cheval , ; 

en lui tenant des ])ropos grossiers ; tu lui as demandé son 
])orte-fMiille , il t’a réponUu que, craîni.s de le perdre, il 
avoit cousu la poclie dans laquelle il étoir. Tu lui ordonne 
de défaire son habit et de te suivre ; il faisoit froid, il te i 
demande son habit. Non , lui dis- tu , tu as assez chaud , 
marche .... peu après , Payen a besoin de IAcli«r de l’eau ; 
lu l’cn empêche. — marche , sacré nom de Dio-u , marche: 
voilà ta réponse. Tu tire ton sabre , et tu réj.ète : inarclie , 
sacré nom de Dieu , si tu ne marche pas , je t’ouvre le 
ventre. 

» Il doit paroître à tous les patriotes que tu as de l’in- 
clination pour ouvrir le ventre ; car tu as encorp fait cette 
menace à une femme, tà la femme de Lefevre-Dupré , clicz 
qui et oient en pension les eiifans de notre collègue Dus- 
quesnoy. On se souvient à Arras de la scène scandaleuse 
que tu as faite à cette femme , dans la rue, place Cardc- 
vèque ; tu lui as appuyé deux fois la pointe de ton sabre 
sur la poitrine , et par des propos grossiers , tu as outragé, 
tu as cherché à soulever 1 opinion du peuple , contr’elle. 
A^rretez cette sacrée garce, criois-tu ; elle vient pour m’assas- 
siner. 

» On SC souvient , à Arras , de ton preux exploit à la 
comédie , un jour qu’on jouoit les Gracques; un endroit de 
ia pièce te déplut , tu sautas sur la scène ie sabre à la main, 
tu mis en déroute les intrépides romains , tu gourrnandas 
les acteurs et tous les spectateurs , tu menaças de faire un^ 
nuée d’arrestations dans k même ^uit ; on joue k petite 



I p^ce, ét tttfîs l’éloge individuel de cïiaciûi des acteurs 
lu les comparas à tous les dieux clula üible. 

w Un brave défenseur de la patrie , Ferrand ,vouîoît, 
' avant son départ pour les fVontières , imir^s«s destinées avec 
i une citm^enne. 11 avoit besoin d’une prolorjghtion de congé 
ide4 à 5 jours ;'ii va confier son dessein à Joseph Lubou, 

I lui demande Tautof isation écrite : il approuve le dessein 


du jeune homme , il lui 


promet sa prolungi^tion , le jeune 


militaire s’en va^ dans i’espéranco d’étre bieniôt heureux, -1 
Le soir même, joseph-Leboii fait incarcérer la mere et la 
fiile ; le soldat de la patrie se plaint en vain , il est obligé 
de partir pour son poste. j\lais ce qui étonnera le plus, 
c’est que le lendemain de l’arrestation de la veuve Tliié- 
bnult et de sa fille , un officier municipal ou un membre du 
conseil général delà commune va dans la maison de détention, 
et dit clairement et nettement à la mere et à la hile , qu’il 
en est amoureux , que si la fiilc'veut consentir à Tépo'user, 
lise fait fort de les mettre on liberté; certes ce fait a été 
assez notoire ])Our que I.ebon ne fait pas ignoré , et il 
n'a pas fait punir ce séducteur, cet opjiressqur. La fille de 
Tliiebault n est pas la seule des jeunes porsoiines détenues 
à qui on a fait proposer de semblables conditîonspour devenir 
libres. 

>> CJommem les citoyens paisibles ne trembleroieot ils 
pas , en voyant touii. s ces inr..;.mies protégéei par Joseph 


Lebon 


revetu de la ptii sincc de la Convenuou natio- 
nale^ seul caractère qu d soit possible de »esp^»ctcr eu 
lui? uomparons.à cens conduite les piiucipcs que 
rappelles à dessein; il nV a. pas 
damne un acte de sa conduite. 

” Jf^seph Lebon „ je viens de décrire une partie de ton 
ouvrage; toi seules coupable de ces fautes, toi seul uorS 
xn être puni.. Je crois que plusieurs de ceux qui fen- 
vironnent n aurotent pas irisolemnienî insulté l.i probité , 
les mœurs et la vertu , s’ils avaient eu de bous conseils 
et de bons exemples , si ion n’avo c pas fait dévier leur 
énertrie. 

îv C’est ici le lieu de dire deux mots de ceux dont tu 
es sans cesse environné; tes satelliies affidés sont Ga- 
land, Demoiy. Carlœr , Duponcb.et , Caubrières , De- 
]Ouy ton oncle , D:iiilet, et quelques <<utres de cet?e 
trempe , mais tous êtres de la pins profonde immoralité; 
souviens-toi de ces vérités terribles et ineftaçables; re 
.^ui esc imiBoral est impoiitique , ce qui est corrupteur 
est contre révolutionnaire. 

îj GaUnd est universcllernent connu 
fins ^ocureuîs de raucien régii 

non 


» T * 




M 4 

garde national, et qu'il a du à plusieurs personnes 
ît: fouirois au feu, Cothme je l’ai drjà du. dans ma lettre 
à la commune , ii ne s’est excusé de ces propos, qu’ea 
me dîsaiit quM étou alors de mauvaise hunjeur d avoir 
peïdu sa coargc de p'ocureur. 

C.'^dier est ur> ci- devant Ir^quais de c’-devant noble. 
Je ne veux point attaquer les individus qui ont vécu dans îa 
domesticité ; mais il est si notoire qu’après les nooies et les 
pretres , il n’y avojit rien de plus vil que la valetaille , faisant 
tout pour de l’argehr , intrigans et fourbes par métier, dissimu- 
lés par nécessité. Tel est ceCariier qui étoit patvenu à protéger 
son ancien maître , le baron d’Aix . Il a fallu que Demeulier, 
accusateur public , déployât toute son énergie pour parvenir à 
taire examiner un ci-devant baron que laî hache de la loi a 
frappé. Ce Carlier , depuis cette époque, ainsi que Galand , sont 
les persécuteuts de Demeuiier que Lebon avoit fait incarcérer. 

« 11 est notoire , a Arras , que Joseph Lebon vit en 
vrai sybarite ch^>z le nommé Demory , administrateur du 
département , cultivateur aisé , et d’autant plus incliné à 
Lnr® société intime avec Joseph Lebon , que ce qui se 
ressemble, s'assemble. 

te Duponchel est encore un ci devant laquais de l’aristo- 
crnle Landru. 

<t Cambriéres est aussi un laquais d’officier , çi-devant ; 
c’est un intrigant capable de tout oser pour aller à la for- 
tune. 

<c On ne doit donci pas être surpris de l’attaque vigou- 
reuse que je livre a Juseidi Lebon et a ses satellites im- 
moraux. 

D’abord , Ut as accrédité, dans cette commune et dans 
les environs , le reproche que les aristocrates ont toujours 
fut aux patriotes , d’avoir des appiandisseurs salariés. 

<c iViontres-moi donc le liécret ou farrêié du comité de 
salut oublie , qui t’aidorise à fiirft payer 22 sols par jour 
a nin; foule de désœovri^s , qui ne font rien auire chose 
eue d'assister aux séances publiques des autorités consti- 
tuées , quand on en lient , et de la société , et du tribunal, 
que tu as créé et maintenu à Arras, en trompant le comité 
' de salut-pubiie. 

ce Par-là , tu as autorisé la fainéantise , le plus cruel 
fléau des républiques ; car quand on a reprociié à plu- 
sieurs de ces salariés à 22 sois , qu’ils ne les éconoraisoient 
pas , ils ont répondu : Bon bougre , Joseph Lebon nous ea 
baillera; il en trouvera lien l’y. 

« De quel droit encore, fais - tu salarier i^iirnellement la 
garde nationale d’Arras ? C’est au moins 2400 livres prises ' 
chaque jour dans la cais.‘ie du district. Où est le décret ^ 
où est l’arrêté qui i’autoî ise ? 

ce Aussi tu comptes si bien sur le secours de ces salariés 
«fc de ceux à qui tu donno la garde des maisons nationale# 




U5 ' ■ 

irfi cV4mîgr^5, co,mm8 Hibert, tu as demandé à c«i 
hommes .Hcopajvs , . ils suii-ienciroient enve^ et contre 
tows ,* ifci ie leur a voiiiu Paire ])romeftre fen. pteifie société. 

« Tu. légères sabre à la main, qu'oa 

en îvi-(ît à LOS jours , que lu braves les uoignards , que ts 
i®-» O; Qvo(jae ; -c’est par dos rétice nces coupables , que tit 
diso’s à Al ' as , q’i’il y avoLt .daus cette commun© de* 
g( ns qtîi te rés rvoienr ce sort. 

U P r iiii CCS traits de cor: u; lion de la morale , j© vais 
ci-'Or ep.c< re un Pdit tie coj ruption de i’i sprit-pubiie. Tft 
a< P Sî.réditi' les domaines nationaux , ©t les biens des 
rndgr^s 

« ’i’es dîscouis , ];iusteurs fois réitérés, ont jetté une telîo 
d> F'.vcur sur les donc, ines üriioraux. et lesbiens dVnaigrë» , 
q'*’)} ne so fait pres.jue pius d’adjutlications au districii 
d'Arras . et cpio q >nod oh en vend , il y a un discrédit 
de plus do 5oo à Par pont. 

U .b pMux pr. vt ir ou pourra s’arrêter cette affreus# 
€ or. updou uiuis ii fuit que j'achève de crayonner l’im» 
în . dît.^ fosvpl) Lelîon , qui ne peut ignorer ces faits, 
a moins nuo comrue tes rois , il ne voye plus que par icg 
yeux -tes COU! I 

<x i-’cj!iO)d, ii parle d’une partie de guillotine, comme, 
d’un (dvj ;! Lrè.s-rt.cr»bitif ; quand îlicb.ard et Choudieu onk 
passé a Arüis , il b^er a oliert ou à l’un d’eux de les. 

à eu spoctaclc ; on se doute bien qu’ils n’ont pas 
•accepté Ih partie. 

cc ui lui ii va se placer au balcon de la comédie, aveàt 
sa Iviume , .ses cou.’'iïifis et 5©s lidèlos ; d© c© balcon qui 
n’^sr P'is I r six toises de i’f chaf.md , il ]-érO!© le sabre 4 
in pi.-nu . avant et pendant l’exécution, il a but jouer l’aie 
ca ira , ou , cdmine d’autres le disent , il a fait battre suc; 
la g' osse rais.s'î i’air ça ira , rp.nirtd on a giiiilctiué le nommé 
AloiHL«go.:! : cet boiMme devoii être puni, je l© crois; mais 
esti' permis qui que ce sait d’ajoùter des supplices 4 
ceitéj (pic i'a bd pro^oncef 

« (Quiconque cscrcit répondre afarinativemeat seroit un 
monsi-e. 

ic (T n’est ra5 tout encore , je frissonne d’avance pour 
raconLer ue nouveaux traits de barbarie , mais je dois tout 

diro. 

« On devoit exécuter un coupable ; il est amené sur It 
pkee ; tout- à-coup , on ne sçait soi * cpiel prétexte , Labon 
lait' suspendre i’exécu; ion , le fan' aiiaeiiêr sur l’échafaud, 
et le laisse pend^^nt plus d’uu q^u.trt d’heur© exposé non- 
seulement aux injures des gens a 2 % soûls r mais il a soiif-i 
fort, qu’on lui ait jetté de la boue, «tqui plu» est, il n’a 
pas puni le mauvdif citoyen qui est monté sur î'échafauA 
pour donner un coup die piel et jetier de i’^au à ce con- 
damné, qu’on exécuta après ce tourment préliminaire. Mill% 
personnes déposeroBt de ce but., 

K 


/ 


1 4 ^ 

II soufire que l’exécuteur se comporte en vrai bourrean ; 
cot être" punissable attaclie à la planche les femmes dans 
nn état* (dühdécence qui ij-évoke 'la pudeur , il y. en eût 
dont les jup^es' éloient presque toutes levées, et le mou^ 
choir tout.ià fait^ôté. 

ce Tu ne te bornes pas à te repaître toi-même cl® ces 
images qui offensent à la fois la nature et la justice. Tu 
veux que les tenimes viennent y assister. Si ehes restent 
dans le fond de leur maison, tu les fais incarcérer comme 
suspectes , si elles ne viennent pas voir exécuter. Je nom- 
merai , s’il 1© faut , les femmes qui ont été forcés de se 
mettre sur leurs, portes. 

U Une autre- fois , on exécutoit plusieurs individus , on 
les fait placer sur féchafaud , près l’instruinent vengeur : 
dijà plusieurs av’oieurt subi la peine due à leurs forfaits j 
l’un 4 eux baiitsoit ta tête et détournoit les yeux, peut-être 
la nature défaüloit en. lui; pour lui faire relever la tête, 
l’exécuteur féroce va prendre dans le sac une tête sanglante , 

♦»t la fait baiser au patient avec imprécation et injure, 

Quel liorrible spectacle ! quel homme horrible que celui 
qui le soufre ! quel homme exécrable que celui qui le 
fait ! ! ! 

« Lebon man^e habituellement avec cet homme et avec 
son valet ; plusieurs de nos collègues le savent , et se sont 
trouvés à la même table sans le savoir : Florent Guêpe , qui 
en est un , «ii a manifesté son mécontentement, ce 

» Ce n’est pas tout ; un autre jour en allpit exécuter le 
ïiommé Desterifort : à l’instant où il éioit attaclié sur la plan- 
clie , et alloit être culbuté pour recevoir la mort, Lebon 
crie , Élit signe av'wc son sabre à l’oxéouteur de suspendr® 
l’exécution ; «t le voilà qui se met à faire le récit d’un© vic- 
toire remportée par les soldats delà République , et à faire 
un sermon injurieux au malheureux condamné : il lui di- 
soit ; Va dire aux scélérats les pareils comme on les arrange 
ici; va leur raconter nos victoires. Ce discours dura plus de 
dix minutes; et quand il fut las de parler, Lebon fit signe 
d’^acliever l’exécution. On assure que le coupable se plaignit 
amèrement de ce rafinemeni de cruauté, v 

» L’intention coupable de poursuivre dt)s citoyens, unique- 
ment parce qu’ils sont riches . a même été manifestée par un 
de tes Hdêles , par. Daillet. Il a dit qu’il iàlloit trouver moyen 
d’amener a la guillotine tous ces riches ; que moins il y au- 
Toit de consommation , plus il y auroit de subsistances pour 
1) peuple :ettormême, Lebon, toi- même., méchant hom- 
me» tu as dit au peuple : «mes amis, plus de guiiiotiae , 

Î ilus de bien peur vous ; car c’est pour vous qu’on fait guil- 
odner ; et comme tu voulois leur en donner la conviction» 
tu as fait loger quelques citoyens égarés dans les maisons de 
ceux que tu fais arrêter ; et plusieurs y ont vécu à disoréa 
tjon.ee 

[Tu dis dans ta lettre du 29 octobre 1792 ; 


/ 





T47 

» Nous venons de fonder laRépublique , d’abolir la royant^v 
et j’avois sur-le- champ inslruit la société d’Arras' de ce grand 
év( nement , en l’invitant à provoquer un acte d'adhésion do 
ceLt« commune , ainsi qu’à Tunité et rindivisibiiité de la 
République; ; je leur avois aussi écrit contre la garde dépar- 
tenientaîe. « 

,, Voici ce que ta me répondis aprè^s avoir disculpé le dé- 
partement de l’inculpation qu’il y avoit parmi ses membres 
des conspirateurs. ,, ' 

Au premier moment la convention recevra notre adhé- 
sion au décret qui abolit la royauté. ,, 

,, Je me suis opposé à ce qu’on adhérât sans examen au 
décret sur riihité et riruUvisiblliié de la République. ,, 

,, Je ne sais pas bien encore ce que je c()nseiilcrai quant 
au projet d’une garde des 83 départemens. ,, 

,, Car, en vérité, les homm'.;s sont de vilains bougres, et 
jc ne vois plus à qui me fier. J'ai le soin de discuter tout 
avec l’impartialité la plnsr sévère et la plus grande réflexion , 
encore n’en trouvai-je pas le tems. O dictateur , ô Fuyétistes, 
ôBrissotins, comme vous me foutez l’ame à la renverse : 
sacré mille triples gueux, comme' je suis en colère ...... 

Josepli Lebon ! ,, 

,, Citoyens , 

,, Voilà ma tâche remplie , je t’ai accusé auprès de nos con- 
eitoyens, auprès de nos collègue, au tribanal de l’opinion 
publique ; je ne crois pas qu'ily ait sur la terre un seul hornmo 
assez débouté pour prendre ta défense 5 j’invite tous mes con- 
citoyens à réunir dans le même foyeV tout ce qu’ils savent pour 
arrêter les progrès du mal que cet étourdi a pu faire ; qu’il 
soit mis hors de portée de nuire à ma patrie, je serai sa-» 
tisfait. ,, 

,, Concitoyens et collègues , 

„ Qu’on n’aille pas ; pour atténuer les fautes de Joseph 
Lebon , chercher à louer ce qu’il a fait d’ailleurs ; ce qu’il 
a fait , le tribunal ciimuiel raurou fa.t avec sagt-sse ; et 
l’ancien comité de surveillance auroii couîinué de pour- 
suivre avec énergie les censpli atcurs : (' Lebon a fait plus 
d’ennemis à la république que dix aristocrates. ) 

î5 li ne faut pas frapper les enuemfs de la nation , 
de maifli.ere à tuer d’un même coup la patrie ; car les 
empires s’ébranlent par l’injustice envers le peuple. L’art 
le plus profondément machiavélique , est celui qui brise 
les nœuds de la sociabilité, en isolant tous les indivi- 
dus par^. des défiancs générales: songeons ^qu’il n’y aura 
jamais de, bonnes contestations, querelles où la Loi ré- 
gnera sur tous les cœurs des citoyens Que rien 

ne peut suppléer aux mœurs- pour le maintien du gou- 
vernement , et que , si nous voulons que les peuples 
soient vertueux , il faut commencer par leur faire aimée 
la patrie. 31 '■ • ’ 



! 4 ^ 

Eh bien ! cfet homme charge cr’me^ , qnî le blan- 
chira ? Les meneurs des deux comireî , qii> se cha geiit 
de converdr les fureurs et Irs (ivuv.ics de Josep h 
en. vaUur rcpuhl rame ; c'csi KAKÈnE au i-ioni des cor>;it(:s. 
Ce chef d’œuvre ddlnis .les noms dt venu , ‘c prr>biié , 
doit êtie connu de rur.ive.'S errner ; et, par d. ux nois 
Citaiions seulerweiit de ce {. tu-e , “f? s. u a n *rhritcmciU 
combien sont counaides ctux qui ont thien iu. p’o.é- 
gé , süufFcrf , ordo} né oeui éi e 2 î ehori de coma-iente 
tant de iorfaiis ; et qus lui <'nt . par des t:! ges prodi- 
gueî , assuré l impuni c ; qui C'urjn, ont euMOte p.ar le 
rappOJi ie pîui aii'icicux et le plus aieusonger , ironlpé 
la' Convemuion Maiio!.uile. 

Ces pièces de consiciion jour trop interessantts , pc;ur 
ne pas les e.ier au i'-ug. 

A la séance du 11 «u ssidor, Barère , au milieu d» 
îccit de la bataille de FleU'U». interrompit sa narration 
pt)»jr fai:e I tlogc de Lebon en ces letmci : ‘ 

tt l es repreaeiuaiis du peuple , Gniion , Çiüet , Lau- 
rent, Duqucsiioy et Sam! Jvisi . nç soiti pas les seuls qui 
ont concouru aux s^ictès de h» batai'le de Fîeunis. ï eboit 
tant (nitmnié par les rnitTiui de la Libené . Lebon, 
dans la lettre de Sai;.î jûst , a Lait exeewrer à Gambray 
les espions et les inteli'gtMiCes de rennem? La podc,c 
iaae à Cambray depuis d*ux mois, coritre laqutîlc 
les journaux étrangers et les émigres vomissent des im- 
précations horribies , 2 taii cliangct le pian d«-. campagne 
de nüs cnnertns. Ce <n'i est ai lesté par les ripporis de 
plusieurs ofilciers prisoniiicr.? inteirogés rai cS’aiM-Jusr , 
Guyion et Lebas. Mats il sera fait au surplus un r.»pport 
particulier sur cet objwt, qui lien? à la police revuiu- 
tiounaire et aux opéraiious d’un Représentant rcpuhlicairt 
4 t fidèle. ' 

On avoit eu sido , pour prériarer les esprits à ceaf 
él oges imméiiiés , de faiie pacoîire une pétition de 
Gambray , conçue en ces termes : 

it Les Citoyens de Gambray demandent par mon ©r- 
i» gane que la Conveation conserve dans leur sein le 
J» représentant du peuple Lebon : sa présence y a dé- 
9» joué les perfides manœuvres de nos ennemis ; il y 
9ï protégé le malheur; il y pratique et y fait aimer et 
9t pratiquer les vertus. Les pétitionnaires demandent qu'il 
I», y reste peut achever le bien quM a si heurtuscmenl 
19 commence. 1 » ( Renvoyé au comité de salut public. 


{ïwnéro 6iS s page jiéi éa joarnal des débats. 



Di î-noiî*? . Bnrère , la pétition n’ü-t'eîle pas été pré- 
parée SL Paris ? 

Le 12 1 messidor , Bnrère faisaht , an uom dix comité 
de salut public, le rapport surjoseph Lebrun, dit: 

ts Citfîyeos , ce «’est qu’avec regret que votre comité 
vicat vous entretenir de l’objet des pctiiions faites à 
\*oir< barre , et suggérées par Vdxtucimse arijtocTûtie. 
citiirc un rcpréseatmit du peuple , oui lui a fait une 
guerre tenihle k Arras e» à Cambrai. Ost de Joseph 
i-cbon que le cornbê m’a charge de vous parler, non 
p9ur C’mpiêuver eu l'im ulpir^ comme. Font fait des titd(:s ; 
ÎJîômrbe qui terrain les ennemis dK peuple , fui*ce 2vec 
quilqu’exccs^ de zèle ou de patrioiisvwe , ne peur être 
inculpé devant vous : mais pour vous rendre cemptev 
seulenaent de repinien politique qu’à eu Iç corrtité sur 
eetre affaire , qui n’auîoii jamais du donaer lieu à dâi 
pétitions. 

Il Tout«s les fois qu’il s’est agi de représentons du. 
peuple envoyés d.nrs les dépaircn-'ens , ou prcj des ar- 
i-jiïéis , votre ^age p.-évoyartce a tout renvoyé au ccmirè 
de sabit pubbe . f«on pour ert obtenir des rapports dé- 
taillés et judiciaires' ; mais pour y Pairs statuer politiqud-^ 
mni't , et par nuessne de gou vernçnnsoî et d’administra* 
tîoa. C’est ainsi que pinceurs réclamations de repré 
seucant à représenriinr , ou de citoyens à représentans , 
€)uî été di.Uîitées et tcrrrsinéô» par des mesures 
par le comité. 

Il Vous avez pens" la représentation f^ationale ~ 
courte liqueiU se dirigent r^uis les complots de Fenn^mi 
€xî‘ rieur, les atrocités dj? l'étranger, les intrigues 
ennemis intérieurs e»! les ruse» de l’aristocratie ou ie 
fr/ud pohon' du modérantisme ; vous avez- pensé quâ la, 
teprésentatlon mèritoit de tds ég>rds , que scs spera- 
tiMUi ne doivent pas s’ecaner dans Faffaire de loseoh 
Lebon, 

U Ses accusateurs auroient désiré penl-ë r^?ï qui:, c’eût 
été une occasion de discussion domestique , eu d’alter- 
canons entra Us représent;jns du peuple. D’auues rxi.l.. 
■vedlans auront pensé peut-erré établir i.ine .to.iîo dvs v- 
ïisprudenec iitigteuse et divisante eatre d^s homme < 
doivent être ég:iîufuent attachés à la cause de Ih I. ^ . 
Bliqiîe , ou eng,iger lê comité à pr^-Qdfe ' 

Il Mais, comme vous,. U ctiniité ne cocu' . ■ ■: 

République ; il ne vise , ccnsïnc vou.? . 
général, et cet intérêt consiste i ed-cUu: I 


.î^uoi 4 ro 657 ; page lyo» 





îa poursuivre dans toutes scs sinuosités , à défendre Ics- 
patriotes , et à soutenir , à seconder ies opérations de 
la représentation nationaie , e,n les dégageant de ce 
qu’elles peuvent avoir d'âr.re pu d’exagéré dans les for- 
mes , ou d’erroné dans les moyens, n 

D’après ces vues , un de vos décrets porte que 
toutes les rcclaniations clevees contre les représentaas 
doivent être jugées dt^uis le comité : c’est ce qu’il a 
fait ; et après avoir entendu la plcirUes et les réponses des 
représentant , il les a rappelles ou maintenus ,• il les a 
renvoyés ou soutenus. >5 

et Le comité doit-il agir, dans cette hypothèse, d’une 
manière d;fîcreniG ? Il ne le pense pas. 11 est plus 
utile qu’on ne peut le |>enser à la tranquillité des deli- 
berations de la Convention , que , sous la forme de 
pétitions, ou sous prétexte de bien public, des passions 
hideuses et des iruérêts de localité , ne viennent pasr 
troubler les actes du gouvernement ou les deliberations 
des Ic^islaieurs. o 

O ^ ^ 

44 Le résultat et les motifs de conduite sont ce que 
BOUS recbeichcns. Les motifs sont iis purs ? Le résultat 
est il utile à la révolution ? Prohic - t - il'à la liberté ? Les 
plaintes ne sont que rcc,riminait^>ircs , ou ne sont que les 
cris vindicatifs de l’aristocratie ; c’est ce que le comité a 
vu dans cette affaire. Des formes un peu acerbes ont été 
érigées en accusations ; mais ces foimes ont détruit les 
pièges de l'arisiocratie. Une sévérité outrée a été repro- 
chée au représentant ; mais il r/a démasqué que de 
faux patriotes , et pas tin patriote n'‘a été frappé. Eh ! que 
n’est-il P 2 iS permis à la haine d’un lépublicain contre l’aris- 
tocratie? Et de combien de sentimens généreux un patriote 
ne trou\'e-t-il pas à couvrir ce qu’il peut y avoir d’acri- 
monieux dans la poursuite des ennemis du peuple ! 
Il ne faut parler de îa révolution qu’avec respecr , et 
des mesures révolutionnaires qu’avec égaid. La. llbp.rté 
est une vierge dont il est coupahlj de lever le voile. ( Vils 
applaudissemens. îj 

<4 11 pourra venir un temiî , où les délits de ceux qui ont 
cheiché à laisser respirer V aristocratie pourront être rechcr^ 
cAéj ,• mais Joseph Lebon, quoiqii’avec quelques formes que 
le comité a inipronvées , a complettement battu les^ aristocrates, 
11 a comprimé les malveillans , et fait punir, à Cambrai, 
sur tout, les contre-révolutionnaires et les traîtres. Les 
mesures vigoureuses qu’il a prises ont sauvé Cambrai s 




couvert de trahison?. Ce service inOus -a .paru assez décisii 
pour ne pas Horsner un triomphe à ^Wri s lOc rat? e. 

„ C’est moins Joseph Lebon que nous cbëfendons.pque 1 aris- 
tocratie que nous poursuivons. Il ne doit pas être perihis aux 
représentons de s’attaquer par des' écrits- polémiques-, ( ap.i>lau- 
dissemens) et de mettre en jugement .les ressorts et les fhon- 
vemens révolutionnaires. Cette méthode res'cmole trop! à la 
guerre que les ennemis de la liberté lui ont foire oonstùinjnenr. 
Le comité a pensé qu’il en étoit de cette affaire -comfoe de 
toutes celles où il s’agit des représentans, et qui ont été sage- 
ment terminées par un décret qui passe à-fordre du jour. Cette 
proposition est décrétée au milieu, des applaudisseniens ^ 
La Convention nationale , après avoir entendu le comité ^0 
salut public , sur les pétitions faites sur les opéra?k)iis de Joseph 
Lebon , représentant du peuple dans le département du Pas-dé- 
Calais, passe à l’ordre du jour. 

„ Direz-vous , Billand , Collot , Barère , que ce rapport , 
comme celui du ix prairial, étoit l’ouvrage du seul Robespierre, 
comme vous avez osé l’avancer à la séance du 13 fructidor ^ lui 
-qui, lors de ce rapport , depuis vingt jours, n’étoit pas entré 
au comité? Ici , comme par-tout ailleurs , je vois que l’iniquité 
s’esj: mehtie à elle-même. . ' ' 

„ Et toi, Lecoimre-Puyravaux , qui t’es cru., leur défenseur 
«officieux, est-ce ainsi qu’il étoit beau de voir d^a.lijcrame^ que 
Robespierre vouloir perdre , travailler en son absence au succès 
de la répuûiique . 

Disons plus vrai; c’est ainsi qu’en, son absence , comme éii sa 
présence, vous travailliez à propager le crime, faire détecter la 
république , et vous rendre maîtres de tout par la terreur. Mais 
bientôt après la chute du tyran, nous vous avons vus , lâches 
. caméléons, changer de langage, et éciuser ce tnême Lebon, 
que vous aviez si bien protégé, si bien défendu. Continuons 
de développer votre conduite, à vous membres du comité de 
salut public. 

A la séance du ly thermidor, des députés de la commune 
de Cambray paroissent à la barre , et dénoncent le repré- 
sentant du peuple Joseph Lebon , comme un agent de Ro- 
bespierre et de Saint-Just. Ils se plaignent de la tyrannie qu’il 
exerçoit dans la commune de Cambray , où il faisoit distribuer 
de l’argent , donner au peuple des spectacles gratuits pour l’égar- 
rer. Tous les deux jours, il péroroit les eitoyens , et il avoit 
toujours à la bouche ces mots de Saint-Ju.ct : „ La lévolutioa 
est comme un coup de foudre , il faut frapper „. Il institua uh 
tribunal qui fit périr plusieurs personnes innocentes : il le rem- 
plaça par une commission contre laquelle les patriotes s’élevè- 
rent, et qu’ils ne’ voulurent pas reconnoître comme autorité 
constituée. Il la supprima, et en plaça les membres dans le comité 
révolû-tîônnaire ; de sorte qu’il conserva toujours soa parti. Le 




ïSî 

Six de ce ifiois, il p^rôra le peuple à ToccasioH de la fête de 
®ara et Viala , et l’invita à se réunir le lendemainavccleri-uto- 
rites constitue es, -pour lui conimiinique • quebjue chose d’im- 
portant. Il croyoit sûrement leur apprendre ^ disent les pétition- 
îiairës , que sa faction avoir triomphé; mais ih n’a appris que la 
jtiorr du chef. 

' Lebon monte à la tribune. ' 

Bourdon de i’Oise : ., Voilà le bourreau dont se servoit Ro-* 
feespierre. ; 

André Dumont : „ Citoyens, vous venez d’entendre des vérités 
déchirantes. La justice futlon^-tems ouiraqécs dans les départe- 
»ieiis du Pas-de-Calais et d Nord: le bourreau choisi par Robes- 
pierre y faiscit ruisseler le sang, Lebon , cet homme sangui- 
Rairc , que nous avons le malheur de voir parmi nous; Lebon, 
ce monstre pétri de crimes, enivré de sang, couvert dé i’exé- 
eration eéncVale, vous le voyez salir cette tribune , et y exhaler 
le venin de son amc infernale. li n’existe pas une minute sans 
méditer un nouveau crime, sans préparer un ajsassiiiai. C’est 
bien à lui qu’on peut adresser ce discours : Monstre, vas dans 
les enfers cuver le sang de tes victimes. 

„ i’ans doute. Citoyens, ce grand scélérat va expier ses crimes ; 
•ans doute il va disparoitre de la société. Lg jour où ces assas- 
■ «ins vont recevoir ic salaire de leurs forfaits , le régné dé^ 
fc-ippons,dcs buveurs de sang, des traîtres , est pasjé; l’inno- 
cence va triompher. Les bons citoyens se sentent renaître, leur 
ame sc dilate, la mort d'un de ces scélérats en lé triomphe desî 
républicains. -Poursuivons avec acharnement tous Içî ennemis de 
la patrie ; faisons tomber leurs têtes coupables ; mais ré'ipectond 
i’innoccnce ; faisonè aimer et chérir la révolution par la jirtice, 
et rcmplaçens le système odieux de la proscription par celui 
de la punition des coupables. 

„ Je demande le rapport du décret, par lequel vous passez 
à l’ordre du jour tur les accusations dirigées contre Lebon. Je 
demande l’arrestation de ce deraier , et sa prompte punition. Ne 
laissons pas plus long-tems ce monstre dégoûtant de sang siéger 
parmi nous , purgeons-cn la société. 

» Ciauzel : je suis persaadé aussi que Lebon est un scé- 
lérat ; mais je demande qu’il soit entendù. — applaudis- 
•emens. 

« Lebon : puisque vous m’accordez la parole, je suis plus 
heureux qu’au moment où je fus prêt à être victime par 
Robespierre , sans être entendu ; car il faut que vous sachiez ^ 
citoyens ^ que cet homme infâme a voulu me faire périr , 
il y a trois décades. Je vais vous rendre compte de ma* 
conduite . 

« J’ arrivai à Arras primidi , au moment où le confier 
venoit d’apporter les nouvelles de Paris. Jugez quelle dû 
être la surprise des habiians d’Arras quand ils virent qu^ 


^1,2 , pages { 6 i et 





lîobespierre etoit som le glfj’ve de la Icî ! je leâ 

rassurai , je leur dis que le seu? point de ralliement étoit 
la C(inveniion nation^lo ; lenr dis des faits qui étoient à 
^ina connofssnnce , et qui les loirent ^ portée d ’npjuccier 
Iiobe>pierie. Le district s’assemida sur le cbauiptii prit un 
arrêté o^re je signai , qu’il envoya aux comntunes de j'On 
ressort pour les raitacber à la Convention. 11 n’es! [va'i éion. 
nant que la calomnie te soit exercé sur le compte d’un 
.re])résentant du peuple, qui, pendant 9 mois, a sué 

« Pouitier : ïi a sué le sang.* 

5 > Lebon : d’un représentant tiu peuple , qui, pendant 9 
mois , à coiitiniie'lemenr travajüé pour ses concitoyens , et 
qui « préb ré sauver sa patrie à répondre aux traits am- 
peisonnés qn’on a lancés contre lui. 

» J’ai ét'Cappcilé à Ci'iml>rai le lendemain du jour où la 
ville devoit être ce»iife:'j’y suis resté perirlant tout le teins 
du dangiîr. Tous mes d* noncateurs qui sont «nés e-nnrmis , ont 
des^ raisons pour m'en vouloir, ii y a une grande tliffévence 
entre Robespierre qui iravaij'oit pour lui , et celui qui n’a 
suivi que vos tlvcrets et lot arrét-ds ducomiLé de salut y)ub]ic , 
nVst-çepas vous qui avez; consacré les rapport de St. Just*^ 
qui avez consacré cette autorité qm» bis ttaitres faisoient 
poser sur les membr.’S qu’ils envoyeient en commission, 
et dont ils les rendoir-ut r?;sponsi;b!es ensuite. 

,, Bc'Ufdon ( de l,o^^e : ) i’u dînois avec le bourreau. 

,, Le bon : la conv édition fit mention lionnorabia dans 
son bulletin , d une clso.ve semblable faite j)ar Lequinio , qui 
avùit aussi été t'ompé sans doute. jN’est ce pas vous qui 
avez consacré ce qu’a dit. St. Jnst , que la révolution uevoU 
entraîner tout ce qui sa trouvait à son passage ? 11 est vrai 
que , sans la séyikité que j’ai déployée , l’aristocratie respi- 
rer oit encore. 

,, O me reproefio d’avoir institué le tribunaî révolntio- 
haire , tandis que c’est Je comité de salut piublic qui 
institué et qui l’a maintenu , quoique je lui eùsss écrit troi» 
ou quatre fois que je ne croyols plus qu’il dût subsister, 
depuis qu’une loi avoit attribué- au tribunal révolutionnaire 
de Paris la corinoissance de tous les crimes de contre-révo- 
lution. 

,, Pouîtier : Lebon vient de vous dire qu’il n’agissoit que 
parles ordres du coramité de salut publie; ®t j’ai la prouva 
en main , qu’un couricr etaat venu lui ajiporler des ordres 
d u comité de salut public , il los déchira et Ht inettifg la 
Courier en prison , où iî gémit depuis cinq mois. 

,, Lebon : on né pourra jamais prouver ce fait. Je dirai 
f la Convention que , malgré la répugnance de mon cœur, 
j’expliquois aux citoyens les rapports que l’on m’envoyoit. 

,,Mon collègue pumon s’est laissé prévenir contre nu^i, 


XdeiB* Pag« iji 


r 






1^4 

' «tions’en nibs!OBs°êLe*mb'"“*^'^“® dificultés lorsque non. 

g^ff les „C.„,es hosn.es .u-V do e "", 0 ';".’^" 
ver-von, pourquoi il les accusoit^ cts. C'/e ' 

êiouffer ce.te Voub^vous" où''. ^ 

«n ac ces ho.^es déb ut,: pt P"®"* 

Turre.u r Poius.,oi ,r,i „.é,„e. rc lérat. ' 

^iisrics L.3 croix • l-, r’ • * 

qu'impaiicsce ; c’est ' Q„e , ‘ lemoigne quel- 

corum'e il devrou H T ? "" '‘^‘'^'“'1 P'^* 

réoondea ce t e J ^'‘=‘ Ou’il 

I » * U t, • ’ n u)se s jI est vrai nuM ri 

K barbarie monrmeus^ de tenir n j 9 ’* en 

couteau de la rru llotine rrrn^l '’omnae sous le 

lire des rroueeircs. ’ ® necessaire pour 


«pirIfr";.’LtArl?orrat" stlfplar.'''”‘ 


expirer 

tnuidio, et ie-rû;i;";;-;.z^^:ud:”^ *» 

<laiTine arriva: le .lie oK^o ixcituic ce tems Je con- 

la ...ortla douiou.. de nos sucTé: WzT""'- ^ 

SI il autres faits n’ont pas pù 1 exposé 

en citer un cxemnlp On rrî* bazaidés. Je vais vous 

tique, que j'avob ch-'t oL sf tellement fana- 

rae prenois , je les tucriris. La vjTité‘^''c’e?t''aur^ f "'''® 
voir jusqu’à quel point Je fanatf.n.l ’ /a P^ür faire 
tai que dans L jeLesse livr^a des*’® r 
i'aurois cherché ’ie sah.rmt e par la 70^^ 

ro:s‘^::uirq.r‘:i:®"®^‘®5 

nnez une commission Chargée d? ce soi’n?“ ^“® “°“- 

tro” lofro-mr il.: ^'at onale a senti que 

non^ . ' ividiKS. Keus nous soinaaes tous ralliés- 

prtncip'es j’.rr «’°nblterions Ici 

liitl-s Orf :: se • *'* les plus 

-LU.s. Un ne se justifie pas çn récrimiiKint- il nVsr 

^L^oo? rr un’reprecre 

V. ■ » Je demande sou arrestation provisoire* au’un 

oi^frked ". ‘“i soTt’dlrrné 

Clan: 'l® Tl!" ^ ( On applaudit ). 

Claudel: Lebon a du qu’il n’avoit fait que sl/trr. 

Hem. page 173. 


i55 

9» les ordres du comité de Salut' publie ; ce comité ne 
?> peut donc pas être so» juge. Je demande que ce 
»» soient les comités de Sûreté générale et de législa- 
î> tion qui soient chargés de faire le rapport concer- 
î> nant Lebon. 

Ces propositions sont décrétée^. 

Un membre demande le rapport de l’article du décret 
qui ordorme l’arrestation provisoire de Lebon. 

îî Montmayou : Je ne suis ni accusuieur ni accusé ,, 
9» je suis juge; mais je n’ai point entendu l’accusateur; 
9» l’accusé ne s’est point encore défendu; Il nie les 
99 faits. Il y a quelques jours qu’un de vos membres 
99 avouoit ceux qu'on articuloit contre lui, vous n’avez 
99 pas ordonné son arrestation; le roi David n’a pas 
99 été arrêté ; je ne crois pas que vous deviez noa 
9V plus prononcer l’arrestation de Lebon , ju;>qu’à' cc 
99 que vous ayez entendu le rapport ,* ce scrcit préjuger 
»9 en quelque sorte , que de prononcer l’arrestation en ce 
9 9 momenr. 

99 Rovère : Lebon nç peut pas siéger au milieu de 
99 nous. 

99 Dn!'>ouchef': Tout homme est présumé innocent, 
99 jusqu’à ce qu'il/ soit démontré qu’il est coupable. 
99 Lebon a déclaré qu’il avoit suivi les ordres du Comi- 
99 de Salut Puhic, Vous n’êtcs donc pas convaincu qu’il 
99 soit coupable ; vous ne pouvez pas le faire arrêter. 

}9 Le C . . . . : Si le principe que deux préopinans 
99 ont avancé étoit vrai, il s’en .suivioit qu’on ne 
99 pourroit jamais atteindre un prévenu , D’après leurs 

99 principes , on ne doit se saisir d’un homme que 

99 quand il est démontré qu’il est coupable. Il faudroit 
99 donc attendre que le procès fût fait et parfait; 
99 car ce n’est qu’alors que la preuve complettc est 
n acquise; et ce délai ne seroit-il pas funeste? le cou- 
99 pable n’en profiteroitûl pas pour s’échapper? dés 
99 qu’un homme est prévenu d’un grand crime, l’inté- 
99 lêt public exige qù’oo s’assure de sa personne et 

99 qu’on le mette sous la main de la loi; cela ne pré- 

99 juge rien , cela n’empêche pas qu’il ne se justifie ; 
99 je crois donc que l’assemblée doit maintenir le dc- 
99 çret d’arrestation contre Lebon. 

99vCharlier: Je demande à ramener la discussion dans 
99 son vrai point de vûe, je ne crois pas que la motion 
99 faite de rapporter le décret d’arrestaiien soit ap- 
>9 puyée ; si elle l’etoit je parleiois contre; mak ü 

^ ' . 1 i. . il I i> iU l li<iii >i »M!|. i wyi ii <W l il»LM I UUW .i " . » 


Jdeœ, page 17a. 




jî est un prîticîpc qu’on a avancé . et que je Crcns"^ 

55 impG.'tnnt de reUver. Of| a dit que JLeboa préte/i-. 

55 doit îi’avüir frtit que suivre les 'ür(Ucî du Comiiê- 
55 Qjtoi ! parce qtK, , daus ce cas, Lebon au; oit Oes 
55 co»j\|.,n€€s . s’ensuivroit il qu'il ne seioit pas coupable ? 

>5 Je deruaude donc que le decret soii mâimcnu, Ge n’est 
55 pas îc» un jtîg ment ; mais c’est un moyen nécessai;e 
• 5 pour s’assurer de la personne de Lebon, juiqu à cc- 
55 qu'un jug ment soit pOné sur les re;>rochcs qu’*ïn a 
55 articulés contre lui. 

,, On a demandé c suite si le rapport sera çonimu- 
Diquc à Lebon, ou non. Pom d^odei cette question 
il ne faut que te rippojier aux ba-cs sur lesquelles le 
rapport sera établi. Lebon sera entenüu ; ci ce sont les 
interrOj,ations . les pièces qu’on fournit i contre Lebon 
celles qu’il fournira eu sa faveur , qui serviron? de baser 
à ce rapport,- ce sera de ces pièces contradictoires que, 
jaillira la ium^ère. Lebon , d’adleurs , sera prient au rap- 
port ; et si , apres l'avoir entendu, il a quelque chose , 
à ajouter pour sa défense , on l'écoutera. 

55 Thurcau* : 11 est ctonnani que , d-ans le moment ch 
le gouverneiiieiH i évolutionna-re a bes<lin de conserver 
toute sa force , « ù nous sôn mes entouïcs des débris d’une 
conspir.tsion ho.iifete, on x cuille mus Ldrc adopter des- 
principes contraires à ceux du gouvernement révolK.iioi-i- 
naire. Qii’avo«)S-nous f il ? .Nous avons prononcé l’arres- 
tation de Lebon , prévenu de di^'crs enmes. Gela ne 
l'empêchera pas de se jusilhcr. Je demande le maintie» 
du décret. 

55 Montmayou : i'ibaufontie ma modon. 

55 L’fisscmbléf rappoue. U. décret p-ir lequel file 
passé à l'ordre du jour sur les inculpiïtianr faites à Lebon 
'décrète qu 'il sera p ovisoiremmt mis en anest''>t!on , et que 
les comités de stbctç generale ci de icgi.dation feront un 
lapport, auquel il sera présent, et pourra répondre 5r. 

l’ai, sans doute, completté mes preuves. Cet article. 
§0 l’est jusqu’à l’entière conviction. D’oà il résulte que 
les crimes de Lebon ét,oicnt bien connus des meneurs 
du comité de salut public, des Billaud, des Calht ^ des 
Barère. 

Je ne crois pas néanmoins, malgré ce complément de 
preuves , devoir me dispenser de rapporter les crimes, 
reprochés au député Ganier. Çes crimes sont connus de- 
puis long-tems du comité de suluî public. Loin de les 


Xdeitu 


«57 

«lénoriC^T , cc ccmit'p a îalfsc .dix mois entiers et dépnil 
en naission. Ce rfjtr.ité Don-seulemcnt ne Ta ni rappcilé 
ni dêa- ncc . ciais l’a cons'amment protégé. La Cenventioa 
igrj! rcfa.t eucc*rc scs crimes , s^ns la traduction des iSi 
Nantois au tribciual r . vüîunoünaite de Paris , qu’il avoit 
docuié ordre de faire pfrir en route : et si ces crimes 
D’eiiTcitnt pas été rappelles par plusieurs mem'-res de la 
CoLiverdion nationale . décadi dein'er ( lo vendémiaire)» 
ils scro en; -ctacove igrnjrés dans celle encein’e 

Le prem’cr est ntiire collègue LolEcial , qui s’exprima 
aiüsi’ : 

57 II en une grande vérité ; c’est qu’on a destitué , in- 
-carcéré tous les généraux qui travadloleiit à finir la ^uçrre 
de la Vendcc , et l’on a coKServe tous ceux qui ne son- 
,geoien' q«> à la perpétuer , dirs scélérats qui Vîcloient des 
lenirncs ' mortes. (Murmures d’hoii ettr. ) Le tems de tout 
dire est arrivé. Cette quetjc a été réorganisée par les 
méîUfS sccléfats; une amnistie a\oit etc accordée. Peu 
de terns après . on la rcvoq'ia , pour forcer les habi'.ar.s 
de ers de; art- nterts à repr ndre les armes , et pour' affa- 
mer P’tMs; car < CS d paritmcns qui pouvoicut fournir ucje 
quauf'ié iiumentç tic bestiaux, rrc fijurir.S'cnt plus rien. 
Je vais vous rappone: un Lut qui fait frémir la nature,... 
U Plusieurs voix : Mtjru^z à la tubune. 

4t L’cffîcial rr-oatc à la iri\ une , » t cor-. 'inue : Carrier, 
.aptes nue cspè> e d'amiiistic , avoit invité ces hommes 
à venir dépoicr leurs arnii-s. Fîuit cents vinrent les dé- 
pover en •• ffst. Qjte fit Carr>er ?... Il les fit fusiller. 

( v.f ruouvt rntnt d’ujdigi.a iOn, ] 

55 Carnéi se préseuie 3 la .’nbune. (On entend des 
-Riurmu- çs et des fr:"mi5semejjs. } 

55 i.’oüic al cotîtiuuc : Uoe femme avoit été amenée 
,i Carrier; elle fut fusillée. Idîe pouvoit è re coupable; 
je o’ea sais ;ien ; mais elle avoit deux cnLîns , i’un âgé 
de. tro’s au;; , l’autre de vingt mois. On délibéra sur 
le :,o;i de ce^ enfaus ; le tcsnliat de, la délibération 
fut , qu’ils n’oubliôtoieiit jamais le traitement fait à 
leur mère ; que c’etoit des serpenr. que l’on nourrissoit ; 
ils eurent le iort de leur mère. (L’assemblée marti^es ô 
un «jouveraent d’ho'^'eur. ^ j’ai v«^ulu faire connoîtr® 
tous les fa’ts au comité de salut public , qui n’a pas 
voulu m’écouter. 

5» Une voix : On n'écouîe personne. 

3s L’official reprend ; Oui , c’est pour affamer Pr rs , 


(i) Républicain français, Euméfa ? page 2775, séance du 10 tco- 

et suivanus. 



qu’on a perp^étué cette guerre , qu’on auroit pu finir 
dans un mois. Il faut enfin que Convention examine 
la conduite de son ancien comité de gouvernement. 

t; Merlin de Thionville : j’ai été témoin que l’in'rigue 
a fait rappeller tous les généraux qui servoient le plus 
ardemment dans la Vendee. Etant a Montaigu , je par- 
vins à ramener à la République un gîarid nombre d'ba- 
bîlans de la Vendée ; ils appoilèrent leurs a;mes , et 
promirent de sc défendre contre les brigands. Cartier 
étoit alors à Nantes, Pour moi , je fus rappelle ; et j'ai 
su depuis que ces mêmes hommes , qui s’éioient réunis 
à la République, ont été égorgés par l’armée, (mouve- 
mens d’indignation.) Ce que je sais bien , c’est que si 
j’eusse été sur les lieux , en qualité de représentant du 
peuple , jamais , non , jamais on n'eût commis sous 
unes yeux d'aussi honibles massacres impunément. ( vifs 
applaudissemens. ) La liberté planera bientôt sur toutes 
les têtes , pour la consolation du peuple et Peffroi du 
coupable. (les applaudissemens se prolongent.) 

Maignan ; Des hommes coupables , des. hommes 
atroces , et qui sont restés impunis , ont réorganisé 
cette guerre. A la tête de ces scélérats, il faut comp- 
ter le général Thuveau. 11 y a un an , nos collègues 
Laignelot et Lequinio avoient réduit Charette à trois 
cents hommes : abandonné de tous les cultivateurs, il 
n'avoit plus pour lui que les faux-sauniers , et d’autres 
coquins de cette espète, Q^o’a fait Thureau , avec dix 
ou douze brigands de sen espèce ? Il a divisé son armée 
en douze colonnes ; et au lieu de clieicher Charette , 
il a fait entrer ses douze colonnes , composées es partie 
de l’armée révolutionnaire , sur douze points , dans les 
départemens de l’Ouest , où l’on n’a point connu , point 
employé d’autre tactique que de tout égorger , ( mou- 
vement d’indignation) sous les yeux des généraux et. 
des députés. J’ignore quel? étoient ces derniers ; tpais 
on fait de grands reproches à Hentz et à Francastel. Je 
dis tout. (Oui, oui, dites tout, s’éciie t-on de toutes 
parts. ) Ek bien sous les yeux des généraux et des 
représeatans , on souffroit que des soldats portassent 
au bout de leurs bayonnettes des enfans de un et de 
deux mois. 

»t Ce n’est pas tout: un arrêté sage avoit été pris . 
pour faire transporter tous les grains sur les derrières 
de l’armée : Carrier étoit alors à Nantes , et avoit par- 
ticipé à cette utile mesure. Que croyez vous que fai- 
soient les chefs de division ? lis mettoient les chevaux 
et les charettes en réquisition ; ils ordonnoient ensuit* 
aux municipalités de transporter les grains. 


", 

Les municipalités objectoicnt qu’elles ne pouvoient 

plus le faire , attendu qu’eiie's n’avoient plus ni che- 
vaux , ni éharetiers ,• pour toute réponse , on faisoit 
fusiller les municiqaux , cT brûler les grains. 

s> Un membre : Je demande que l’opinant aille porter 
CCS details aux comités. ^ 

( Non , non . s’ccrîe-t-on de toutes parts : il faut enha 
savoir la vérité. ) 

V L’opinant continue : Oui , l’on a fait brûler les ma- 
gasins de grains de la République. Le représentant Thu- 
rcau excusoit son parent ; Francastel le soutenoit auôsi. 

îï Le général Thureau vous a écrit que le corps d''ar- 
mée avoit tué cinq à six cents brigands. Voulez - vous 
savoir quels ctoit-nt ces birgands ^ On doonoit ordie 
aux habitans de plusieurs communes de se réunÎT; quaad^ 
ils réfoient , Thureau les faisoit fusiller, (indignation.) 
Il n’entre pas dans ma pensée d’inculper les représen- 
tans du penpie , mais ils étoient trompes. Quand ou se 
transporioit au comité , pour y dire la vérité , on avoit 
l’impudence de vous appeller protecteur des brigand.^... 

99 PJuàieurs voix : nommez , nommez - les : ce sont 
là Ic's vrais contre - révolutionnaires. 

5> L’opinant continue : J’atteste Carnot que j’y ai été 
traité d’imposteur. 

99 Ce que je demande , c’est que votre comité de 
salut public vous présente la liste des chpfs de divisioa 
qui se sont rendus coupables , de ces scélérats , doa- 
quelques-uns ont eu la barbare scélératesse de faire fu- 
siller des femmes , après avoir assouvi sur elles leur 
brutale passion, f indignation, j Déjà j’avois sollicité ccitc 
liste ; mais elle a été refusée , et j’ai vu prêter appui 
au general Hochet , le plus coupable de tous. 

99 Laignelot : On est heureux aujourd’hui de pouvoir 
soulager son c^ur. Je connois tous- Us ressorts qu'on a 
fait jouer roiir perpétuer cette désastreuse guerre de la 
Vendée. Qjiand j’étois à Rochefort avec Lequinio .. quel 
fut mon ctonnement et mon indignation d’apprendre 
qu’on vous disoit à cette tribune qu’il n’y avoit^plus 
de Vendée , que les rebelles n’existoieot plus qu’en très- 
pêtit nombre , et dans l’isle de Noirmoutier , tandis qu’ils ve- 
noient de passer la Loire au nombre de soixante mille, et que 
l’Anglais menaçoit d’une descente à Port-Malo. Je reviens à 
P^tis , je m’expliquai sur ce sujet au, comité'. Il m’envoya dans 
la Vèndee. On s occupoit alors du siège de Noirmoutiers. Car- 
rier étoit alors à Nantes. J arrivai à Fontenay-le-Peuple ; je 
- reconnus qu’une des causes qui avoit fait prendre subiremeat 
si activité à cette guerre , c'est que dans ies s«« 


i6o 

cleté^ populaire^; . ou aflfectott de dire qu on tran*:pîante roi t tous 
les citoyens de la Vemiee , qu’on appeileroit les patriotes des- 
autres (ieparteaiciis dans ces contrées, dont on leur partaqeroit 
les terres. 

(c Ce bon peuple 'fn’c'crivoit ; il se plaignolt de l’excessive 
rigueur de Carrier , il nie mandoit que des .commissaires en- 
voyés par lui , ^ai.soienr éprouver aux citoyens beaucoup de 
vexations ; ils fausoient brûler les-, grains, se fondant sur ce que 
Carrier avoit dit : ( Que là où il ne doit pas rester un iiorainc, 
il ne doit pas rester un grain de bled. } ainsi s'entretint et 
s’alimenta celte guerre. 

Je revins à Paris ; me ccnsulra sur les moyens 'dQ'reindre 
cette ^T'Uerre : envoyez , répondis-je , des représentans '-évères , 
mais justes et humains.- Carnet me dit : ( Ces principes sont 
dans mon cceur, mais je suis impuissant ) ; les, representans ^ 
Hentz et Francastel ont un système diîi’crent du tien , ihCvea- 
lent tout déiiuire ; le comité accorde plus de conhance àleur ? 
vuee , parce qti ih; sont sur les lieux. îls ne sont pas sur 'es lieux , 
lui tcpüquai- je , ils oont à Nantes et non pas dans la Vendée; 
c'en là le malheur dos Vendéens, jamais ils n’ont eu de rc- 
préscînans près d’eux. 

Ebranlé par ces reÜexions , le comité de salut public ctoit 
inceriain. Un ccurricr m’arrive, j’apprend qu’il a ère arreté de 
brûler rto communes; cétoient fci communes les pim: patrio- 
tes , celles qui s'étendent depuis Fontenay jusqu à ' F-abics. Je 
cours au comité de salut punlic , la consternation dans le cœur, 
i’y parle avec chaleur ; je reprerexte que ces infortunées com- 
•iTuuu.s lient jamais favorisé les brigands ; qu’elles se sont pro- 
noncccs coiitr’eux. Le cornue partage mes sentimen-?; il dépê- 
che un courrier extraordinaire pour empêcher l’exécution de 
l'arrcté ; il n’arriva pas assez tôt ; déjà deux communes et 
seix-ante tvmncaux de grains avoienf été brûlés ; des horreurs 
Avoient etc commises , on avoit assassiné et violé dus Femmes. 
Eh bien 1 ces malheureux habitans dkoient ; non ce n’e«t pas 
la convention qui l’ordonne, ^'avez-vous ce qu’ils hr-^nt ; ils ne 
î-éfugicrent dans les b®is , ils coupèrent des branches d’arbres 
et SC cor.struisülent des cabanes. 

Eaignclot est vivement applaudi. 

Carnot : Je ii’ai qu’un mot à ajouter , d'après ce qu’a dit 
Lai^nelot. Il y avoit en effet deux systèmes contradictoires > rc- 
larivemenrà la guerre de la Vendée, présentés au comité de 
salut public. L’un, ctoit de tout de'truire , l’autre d’employer lar- 
me de la persuasion et de ramener les esprits par la douceur. 
Ce dernier avis fut toujours le mien, et il m’étoit pénible de 
marcher suivant l’autre système; mais ropinion de la majorité 
m’en faisûit une loi. . ^ 

îci j’interpelle Carnot de nommer les membres qui com- 
posoient cette majorité qui voiiloient perpétuer la guerre de la 
■Ycnice par les crimes et la cruauté ; car si je compte bien ^ 
•li cemiié était composé de douze meijalires , les missiens sui». 




i6i 

vies de Hérault , son absccncc du comité \ son retour , sa mort 
enfin , le réduisit à onze : Prieur delà Marne , Jambon-St.-André 
étaient également en mission j il restoit donc neuf membres çlé- 
iibérans, dont la majorité est de cinq : et ici je suppose que 
St-Just qui étoit souvent aux armées , se trouva là à point nommé 
pour les délibérations sanguinaires , alors je dis , Robespierre , 
Couthon , St.-3ust , en voilà trois, il en faut encore deux pour 
que la majorité soit acquise , qui nomme ras-tu , Carnot ( tu as 
excepté Billaud ) ; choisis de Lindet , Prieur de la Côie-d’Or , 
Collot ou Barère : je t’embarasse Carnot, moi qui suis franc, 
moi qui t’ai excepté du nombre de ces chçrs coliè^ues dont tu 
ne veux point te séparer , parce que je t’ai cru , en gouverne- 
ment, incapable de faire le mal , très-foible pour opérer le bien (r) 
je n’aurois jamais deviné que tu osas mentir à ta conscience , 
à la canvention , au peuple entier ; pour prouver que tu n’as 
pas menti , il faut que tu nomme deux membres pour compo- 
ser cette majorité sanguinaire , toujours en exceptant Bil- 
laud que tu nous peins comme un modèle d’humanité rare ; 
nommeras - tu Lindet , Prieur j l’opinion feroit-eile meme 
justice sur toi de ton atroce mensonge , reste Collot ce 
Barère. Eh bien ! quelque vicieux que soit ce dernier , 
le public veut que la soif de faire verser le sang soir plutôt la 
passion de Billaud que celle de Barère ; aussi Billaud , dans la 
réponsfj^ qu’il fait à cette inculpation , laisse-t-il appercevoir le 
bout de l’oreille , quoiqu’il nie avoir eu parc à ces excès , donc 
il n’existe , dit-il aucun arrêté qui les autorise, 
a Billaud- Va rennes : Il est une vérité, c’est que le comité 


(i) La foiblesse de Carnot , pour opérer le bien, est si grande , et U 
jnaiorité de ce comité de salut public étoit si corrompue, que la 
convention ayant ordonné un rapport sur la pétition du général Sté- 
lénoffen ; Carnot , chargé de ce rapport, ne voulut pas le faire , parce 

S u’il désespéra de lui faire obtenir justice. Je donne ici copie de la lettre 
e Carnot j elle donne bien la mesure de son caractère. 


Paris , ce septembre t/gj., 

CARNOT A LECOINTRE. 

Le rapport que tu me demande , cher collègue , sur Stélénofen , ne 
peut se faire . et me paroît non seulement inutile, mais nuisible peur-êir® 
au /ravr général. Il ne peut se faire , pareequeie n’ai rien d’ofüciel sur sa 
conduite daiTS la Belgique; et c’est sur ce point qu’il est attaqué par ses 
ennemis. Il est inutile , parce que Stélénoffen ne demande point de ser-, 
vice , mais une pension de retraire : or le ministre convient qu’il a droit 
à cette pension; et il doit la proposer au premier jour. Enhu le rap- 
port peut Iqi nuire ; car il a des ennemis , m ne l’ignores pas , er la justice 
puet se trouver étbuÿée par la haine.. Comme il n’y a que moi qui puis$è 
rendre témoignage au civisme et aux qualités militaires de Stelénofvetj 
puisqu’il n’y a que moi qui ait été à même d’observer sa conduire^ 
il m’est impossible d'inspirer aux antres l’intérêt que la Instice et l’hu- 
manité me commandent à moi-même en sa faveur. Signe Carkoi. 

Nota. Faute de ce rapport , ce général cft jeàté jusqu’^u'i^ de c§ iumL$ 
MHS qu’il jiic éii «tariié «oa «occ. 

' ■ ‘ K 



1 52 

de saîiij; public a été contraire à toutes les f-.eîures de i-l2;ucuf. 
PoLir^ bien ju^er dé sa conduite , il faut se rappel! er ’ que là 
Veadee eioir composée de cent mille hommes , et qu’alors il 
failoit déployer de la lévériié. On parle ci é^^orf>-emens ; jamais 
on ne produira un arrêté qui les ait autorisés. Plusieurs délibéra- 
tions ont eie ptisès en presence des tieputes des departemens de 
la Vendée e-., etiv;ronnans ; il pourront dire si le comité n’a 
pas tou jour, s repousse des mesures sanguinaires. 

Ouelquço VOIX interrompent Billaud. 

et '^arnot : Je dois déclarer que Billaud s’est toujours décla* 
're ccniraire au système de Robespierre , c|ue dans une mission 
don: li a été charge, il a fait arrêter Rossignol , er que c’est 
lui cpai a dessillé les yeux du comité sur la guerre de .la 
.Vendée. 

« Billaud : La vériié est que le général Turrcati , n’a été em- 
ployé epue contre le vœu du comité , et je réclame son arres- 
tation. 

« Le C... Voici un fait sur Turreau : je le tiens d’un homme 
aux paroles duquel j’accorde la plus grande conliance ; c’esï 
Dodun , aujourd’hui commissaire aux côte-s de Brest ; il m’a 
du avoir lu un ordre de Turrean ainsi conçu : ( Le ycncral 
Moulins se portera sur Montaigu et égorgera toiu ce quhl ren- 
temrera sur sa route). 

c< On s’écrie de toute.s parts , aux voix l’arrestation. 

L’arrestation est décrétée. 

„ Mctrin ( de Thionville) : Les membres de la conventisn 
doivent cire i iistruits individuellement de tout ce qui a rap- 
port à cccte affaire. Je demande que toute la correspen- 
ùanec des généraux, avec le comité de salut public , ainsique 
les rappoits faits à cette tribune, soient enliassés , imprimés 
ciistribiiés à la convention. 

„ La proposition de Merlin est décrétée : un membre de- 
mande un décret contre Hue h et. 

„ GüuppiUcaii ( de Fontenay) Huchet est en ce moment au 
tribunal révolutionnaire. 

Quoi Billaud l c.'cît aujourd’hui seulem.ent que tu demandes 
rarrestatien de Thurcaii dont tu connoissois depuis long.tems 
les crimes et les fureurs, tu ne l’as pas fait arrêter lorsque tu 
croîs au comité , tu ne l’as pas fait lorcque l’abscencc de Ro- 
bespierre te permettoit d’agir librement pour le bien de la 
patrie. Quoi! il failoit que les dénonciations vinssent à pleu- 
voir sur CCS monstres a la tribune de la convention , pour que 
tu te joignit aux dénonciateurs , et dans huit jours , toi , tes 
iieuienans vanteront ton civisme. C’est Billaud qui a demandé 
que 'Ihiirreau soit arrête: déjà par ses ordres , Rossignol i’a- 
\oit etc; non Rossignol a été rappelle. Cette peine suffisoit-elle 
cn\crs ce genérad en dief qui dirrlgeoitla marche et les cruau- 
tés des généraux sons se, s ordres ; failoit-il pendant un an lui 
laisser commettre les ravages , les meurtres , les égorgemeiis 
les plue affreux : falicit-:i ïe laisser jouir dps Paris dmfruit de 







' 1 63 ' 

ses crimes car s’il est incarcéré, c’est parce que. de nos coî- 
lè.Tues indignés de le voir se promener au Jardin Egalité , l’ont 
dà'ioncé à ia convention , et le comité de sûreté générale en a 
fait justice. 

S’il falloir ajouter à tant de cruautés celles reprochées à nos 
collègues , Henez et Francastel, que toi et les autres n’ont pas 
plus réprimés ou dénoncés que celles de Carrier : les chau- 
mières incendiées, les habitans paisibles égorgés dans leur mai- 
son , sans distinction de sexe, ni d’àge , le voil , le pillage au- 
torisés, En vain ses collègues ont nié ces faits; en vain Henz a 
dit que ia lettre écrite à Thurreau ne portoit que de brûler 
ce qu’il croirott nécessaire pour exterminer les brigands. La 
nature entière dépose de ces forfaits que le comité était char- 
gé de réprimer , et que je dénonce ici pour ne l’avoirpas fait : 
j'ajouterois aux preuves données sur tant de crimes commis par 
CCS compagnies nationiticide , ces comités révolutionnaires , or- 
ganisés par Carrier , les noyades, les fusillades , les mariages répu- 
blicains (i) , les incendies , les meurtres , les pillages et ra- 
pines de toute espèce , commis sous ses yeux , par ses odres , 
et pour lesquels, déjà u,n de ces comités, en entier, ( celui de 
Nantes) est traduit au tribunal révolutionnaire de Paris, où il 
ya enftn subir la peine due à ses crimes. 

A tout ce que vous venez d’entendre, à ce suj^et, de la part 
de nos collègues Lof&cia!,M;tigaan et autres, j’ajanterai i’ex- 
trâit d’une lettre dejuliea, his de notre . collègue. , envoyé 
par le comité da salut public à Nantes ('2) , lettre adre.ssce 


(i) Le mariage républicain consistoit à attache 
seîlei , un jeune homme et une jeune feimne, 
dans les eaux. 


(2) Extrait d'une Lettre de Julien fils , à Eohespierre ^ datée de %pu.rs]i 
16 pluviôse , Van deux. . . . • , . 

n Une' armée est dans Nantes sans discipline. On envoie des corps 
épars à la bouclurie. Gn pille, on tue la Républiqi^. Üu peuple de 
généraux,- riches d’appomtemens qu’ils volent ; ton]o\xr s.‘auprè: des fém- 
mes ^ au spectacle, dans des fêtes et des repas somptueux, qui insultent 
à la misère publique. Carrier est invisible pour les c&rps .'constitués , les 
clubs et tous les patriotes. Il se fait dire malade et' à la campagne , 
afin de se soustraire aux occupations que réclament les circonstances 
èthîul n’eSt dupe de ce mensonge ; on le sait bien portant et'en ville. 
On sait qu’il est dans un séruil , enrotiré' d'insôlenus sultanes' et d’épau- 
letîiers , lui servant d’eunuques. , ' 

* « Ou' sait qu’il a ‘de' tou? côtés des espions qui lui rappor tenf çé' qu’on 
dit dans -les comités particuliers et dans les Dssembl.eS pubîiqife.s. ï.es 
discours’ ?ont écoulés, le? "cdirespondances 'interceptées: on n’ose plus 
ni parler ni même penser ' : l’esprit public és^t 'moVt j M, a liberté 
n’existe plus. ' , ^ 

; ^ L’énergie des Sans-culottes’ est étouffée,' et î'és^ vrais réj^ûBlicalns 
pleurent- de désésptfir. , dWoir-vu -le f déspoh'smc fén^îtrç ' , yet. fa, guerre 
dlvilô -semble' cGuVef ''au sein' do tant d’horreurs. ' ■ " : ' ' 

•i »* .Une qàsticé dois être renddç à Carrier : c’est' Vdlns Na’nfés*,' 

écrasé le uégociaijtigme j t<?)aaé avsc l’espejf, gi^rcantile 


. 1^4 

à Robespierre , et où Juliea annonce , de plus , qu’il ea 
adresse une pareille à Barcre. On y verra| la confirma- 
tion des excès reprochés à Carrier et aux états-major» 
de Tarmée , asec lesquels il vivoit. 

Je vais retracer , eufin , ce que m’a écrit de Chollet 
et de Saumur , un capitaine du premier bataillon de 
Seine et Oise , sur les horreurs qui se commeitoicnt en- 
vers les malheureux habiians de ces contrées (2) : hor- 


aristocratique et fédéraliste. Mais depuis, il a mis la terreur à Vordre 
du jour contre les patriotes eüx-mêmes , et dont il a paru prendre à 
tâche de se faire craindre. Il s’est très-mal entouré ; il a payé par des 
places , les bassesses de quelques courtisans : il a rebuté les républi- 
cains , comprimé les élans du patriotisme : il a , par un acte inoni, 
fermé , pendant trois jours , les séances d’une Société montagnarde. 
Il a chargé un secrétaire insolent de recevoir les députations de la 
Société populaire. Knfin , il a fait arrêter de nuit , comparoître devant 
lui , malt ru te' de coups , et menacé de la mort, ceux qui se plaignoient 
^u’il y eût un intermédiaire entre le représentant du peuple et le club 
Ojrgane du peuple. 

» J’ai été témoin moi-même de c:s faits. On lui en reproche d’au- 
tres. 0*1 assure qu’il a fait prendre indistinctement , puis conduire dans 
des bateaux, et submerger dans la Loire, ceux qui remplissoicnt les 
frisons de Nantes. 11 m’a dit à moi-mim? , qu’on ne révedutionnoit que 
par de semblables mesur s \ et il a traité d’îmbécille Prieur delà Marne , 
qui ne slavoit qu’enfermer les suspects. 

« C’est encore Carrier qui , par un acte public , défendoît de recon- 
noître un représentant du peuple , son collègue. Kt cet arrêté que jt 
•■’ai envoyé étoit , dans la lorce du terme , contie-révolutionnaire »». 

Signé Julien. 

{2) pxtrait des Lettres du citoyen T.oyvet , adressées au citêyen Lccouitre,^ 
Représentant du peuple du département de Seine et Oise* 

De Nantes , le 20 nivôse. 

11 m’écrivît : »> On continue ici de fusiller, guillotiner, et noytf^ 
hommes ei femmes àes rebelles, qu’on a ramassés depuis leur défaite >». 

Le 7 pluviôse, il me mande de ChoHet; 

»> De Nantes , nous n’avons eu de séjour qu’ici, (^o lieues). Depuis Doué, 
nous marchons la torche à la main, brûlant et inandiant bourgs et villages. 
Tout , depuis Doué , n’offre aux regards que dévastation et ruines, excepté 
èeux ou trois villages qui ont été conservés. Nous devons partir au^ 
joLird’iiui d’ici , pour continuer l’opératiôn que nous avons commencée. 
Chollet, où nous sommes, est à moitié détruit. Le feu a consumé une 
grande partie des maisons, et la ville n’offre plus que le spectacle de 
la misère et de l’infortune ». 

Le 8 ventôse, ce même cj^toyen me mandoit : »> Quant à nos opé- 
rations dans la Vendée, elle^ se réduisent à c«îci. Incendier, piller, 
vicier, massacrer : tout ce pays-ci n’offre que ruines ; et par-tout oik 
nous avons passé, nous avons brûlé tout ce qui ne Vétoit pas. Quant 
au viol, il n*a pas été ordonné; mais il a été toléié et souffert, et 
c’est à-p3u-prèy,^dp même. Le pillage n’a pas été ordonné non plus; 
mais .il a, été entièrement autorisé , et tout a été pillé. Quant au nias- 
tacre , ir's’èst étendu as.sez généralement sur tous les^ hommes qui s®, 
trouvés dans les villages «ù nous avons passés, sur-tout dans plv 



i6l 

reurs commandées ou tolérées par les généraiax , auto- 
risées par les commissaires envoyés par le comité de 
salut public , et qui'commandoicnt au nom de la nation. 
J’ai adressé , infructueusement , au comité de salut public , 
rextraii des lettres de cet officier, aux mêmes é]}oques. 

Si ce recueil de pleures accablantes ne suffisoit pas, 
je rappelierois un crime affreux , commis le ^ ventose 
dernier ; crime ordonné par Lefèvre , adjudant-général y 
au capitaine Macé , du bâdmcnt l’Estaing : l’ordre par 
écrit existe. Cet adjudant a ordonné que cinquante mal- 
heureuses victimes seroient embarquées à Bourg-neuf; 
que neuf seroient déchargées à la première plage ; que 
le reste seroit jeitî à la mer, lorsque le bâtiment seroit 
à la hauteur de Pierre Moine. De ce nombre étoieat 
quinze enfans , dont dix âges depuis six jusqu’à dix ans , 
ciîiq- à la mamelle , douze femmes let deux vieillards 
aveugles de 78 à 80 ans. Oui, cct ordre a été exécuté. 

Oiîi éîoit représentant du peuple dans ce tcmpjs ? Etoit- 
ce Carrier, Hsntz ou Francastel ? Le comité a t il pu 
ignorer ce trait de barbarie et d’horreur? Nou , cela est 
impossible. Eh bien, le 19 de ce mois , j’ai été présent 
au comité de salut public, où la dépêche qui conten©it 
ces horreurs a été lue. 

C'est sous le règne , ©u plutôt la tyrannie des hommes 
que je dévoile aujourd’hui , que ces horreurs se sont 
commises ; et ils trouvent des défenseurs , et moi je suis 
traité d’infâme calemniatcur ! 


Sieurs cantons t on n’a épargné ni femmes, ni filles, ni enfans. Il s’^ess 
passé des scènes assez difficiles .1 exprimer. 

» I,,a troupe ne manque point de fatifiues. Soit ignorance ou mal- 
veillance, l’armée du nord a fait , jusqu’à ce jour, bien des courses 
inutiles. Je crois que si, au-lieu de nous amuser à brfiler les villages , 
à piller, à tuer des gens sans armes, des fermes, &c. on nous et\t 
fait marcher contre les nojaux d’armées qui existoicnr encore, la 
guerre de la' 'Vendée seroit terminée. Au-lieu que voyant le traitement 
qu’éprouvoienr leurs semblables , tout ce qui étoient restés , «irrevenu 
dans leurs villages, sont allés, pour éviter la mort, ou plutôt pou» 
prolonger leur vie de quelques jours, se jerrer parmi les brigands. Il 
hae semble , enfin , qu’on s’j est pris comme si oit eût craint que ht, 
guerre ne se terminât trop -prompt er.icnt. 

Enfin, le 24. ventese , il tire fit part de Faffaire du 14 du même mois, 
et attribue l’échec que nos troupes «nt reçu i®. h f impéritie et à la 
tiffiidiré du commandant . dont |il ne dit pas le nom; a*', à ce que 1® 
pl»s grand nombre des cartouches n’étoit pas de calibre, la balle k 
uud ne pouvant entrer dans le canon du fusil. {IL dit qu^il garde qiintrê 
de ces balles p ur e'chantWion) . 

« 11 parle avec éloge de la bravoure et de la bonne conduite du. 
général Grignon, qui empêcha la défaite totale de ce corps avancé, 
an-devar.t duquel <1 vint ; ce qui n’empêcha pas que nos troupes furent 
tbligée» è’évacaer Chollet, ainsi mie les q»i. se retifsjrisat àf 


i66 

Ek bien , Barére , rapporteur hannni et mensonger d’ua • 
comité dont la majorité des membres conspiroit coniic 
la chose publique ,• d’un comité qui traitoii Ses collèi^ues 
à'impoUenr^ ^ lorsqu’ils lui diNoieni la véiité , as-tu avèrii 
la Gonvetuion nationale de tous ces malheurs? Ne ve- 
nois'iu pas . au contraire , la tromper en lui disant : la 
Convention nationale a voulu que la guerre de la Vendée 
fût terminée avant la fin d’octobre , et nous pouvons lui 
dire qu’d n’exiitc plus de Vendée? 

La Conveniion, inquiette , avoir , le premier jour du 
second mois . après avoir eut eu du une députation de la 
société populaire de Tours , qut denonçoit une partie de 
ces horreurs qui se sont multipliées depuis, décièté qu’il 
scroit créé une commission spéciale , pour examiner la 
conduite de Rensin , Rossignol, et les autres généraux; 
de l’armée de l’Ouest. Tu promettois , ce jour-là , un 
prompt rapport sur les auteurs de cette guerre éternelle. 
Le comité avoit des pièces originales très-importantes. 
Tu l’es plaint que ce décret ernporioit une sorte de prér 
vention contre le comité. Tu en as demandé le rapport ; 
la Convention y a acquiescé. Au nom de ce même 
comité, parjure en majorité ; tu promis ün prompt rap- 
port , et jamais il n’a été fait. Et vous n’etes pas cou- 
pables ! Et vous n'avez pas trahi la patrie ! Et les faits 
que j’articule dans l’art. ?o Sont faux et calomnieux!..., 

Il faut des pièces pour les justifier ; celles-ci suffisent- 
elles? Eh bien! moi je soutiens, je dis avec la tranrç , 
entière, que les crimes des Carrier, des Lebon, des Ros- 
signol, des Thuneau, des Huchet , de tous ces infâmes 
mi^nsties que l’enfer a vomi sur le territoire français , ^ 
sont vos crimes ; que vous en êtes personnellement et 
solidairement responsables avec eux ; que votre silence 
sur tant d’horreurs commises , vous rends doublement 
coupables envers la Convention , la nation , l’onivers 
entier , et la postérité. Mon derrsier cri , mon dernier 
soupir en expiiant s’élèvera contre vous. 

Et certainement si les comités chargés de surveiller les gé- 
néraux , les représentans du peuple dans les départemens , 
eussent (aprésavoir fait vérifier les faits) donné à la Conven- 
tion nationale le tableau fidèle des plaintes qu’ils recevoient, 
tant de crimes f>e seroitnt-ils commis ? Aurions-nous eu à 
retracer tout ce que la débauche a pu commettre d’ex- 
cès , la cruauté inventer des supplices ; l’avarice exercef 
des rapines, l’arrogance faire essuyer d’affrorits. Aurions- 
nous vu tan- de citoyens de tout sexe , de tout âge , 
tant d’autorités constituées humiliées par les propos les 
plus injurieux, les plus crapuleux, les plus immoraux f 



167 

tant de défenseurs de la patsie dégradés pat les voies 
de fait les ï)1us grossières, les plus avilissantes pour des 
îfpublîcains ? 

f)es plaintes de cesfaits détaillés dans des procès-verhaux, 
ont été envoyées sans succès au comité de Salut public, 
piar !ei citoyens de Metz contre Duquesnoy • par la covu- 
iTiUue de Versailles contre Loizeaux ; ( 1 ) par les citoyens 
de Gonc' se contre Levasseur de la Sarihe._ Ojioique les 
ègareniens cù sont tombés ces representans kc soient 
pas de î'aîurt: à les faire mettre au rang des grands cou- 
pables . ct'pendant si le comité eût fait un rapport à la 
Cor vention ud, rappel sévère, à Tordre , à leurs devons, 
à la dignité de la représentation nruionale , prononcé 
en pleine séance, les auroit garantis à jamais de sembla- 
bles fautes. 

La publicité d’une pnn’tion , quelque légère qu’elle 
soit , fait plus d’impression et de bien r.nr i’esyrit et le 
cœur de celui qui a commis una faute , elle rappelle 
plus Tamour des peuples à res,-’ecter l’an. c rue , tp.î une 
punition plus forte lorsqu’elle est ignorée , et que la 
terreur nbuspire de soumission aux loix. 


{i) Extrait du : c^jstre àcs délllér^uions du Conseil Muvi dp de laCam.-> 
mum de Versa,' Lies ^ du jy Fructidor de dan deuxième. 

Un citoyen se présente à Ta innnicipaliré , accompag;né du comman- 
dant du poste de l’avenue de Paris , et du factionnaire : il paroi'soir 
fort Cl ni me , et a crié eu entrant ; Eist-ce ici Ta municipalité I çi-’ü.î 
ouvre les portes. Le président lui a répondu , que Tes pertes éteienr ou- 
vertes : que les séances étoient publiques. îrapatient de ce que le second 
battant n’éroit pas ouyert , ledit cite yen 3 dit: je suis U maître ici; 
je veux qidon ouvre le. p'rtes ; je Vordonne, au nom ce la convention. 

Le second battant s’est ouvert ; il a dit que la municipalité étoit 
en contre-révolution , ainsi que la garde nationale. 

Le préfident lui a demandé quel étoit le motif qui raraenoit à la 
maison commune. Il a répondu qn’i^ avoit été arrêté au. poste de l’a- 
venue de Paris. Alors le commandant du poste a présenté le proces- 
verbal ainsi conçu : 

’» Le 27 Fructidor , à onze heures un quart du matin , Te factionnaire 
» du poste avoit arrêté une voiture publique , allant de Versailles à 
*> P-^ris, pour demander s’il j avoir des denrées de première néces- 
« siré : un citoyen, qui étoit dans cette voiture, a répondu, que ceux qui 
3> avoient donné cette consigne ét'^ienî de ;Outues hétes. Le c îovca Di— 
5> jon, qui étoit sur le siège de cette voiture , lui dit : cireyen ,;e îe rab- 
’» pelle à r ordre. Ce citoyen allongeant son bras par la porti a donné 

un coup de poing dans la figure de Dijon ; est ensuite .sorti de la voi— . 
»> tare-, a pris Dijon au collet , pour le Fapper, et a déchiré le C(>îé 
«droit de sa ve.ste. éTigTîeV Vauvillif.iis', commandant, AvissH,f^c- 
««tionnaire, et Dijon. 

A quoi le ciioyen Loiseau , représentant du pcup’e , a répondu que Tes 
« dires ne corjtenoient pas vérité; qu’efïectivcment la sentinelle a de^ 
«mandé s’il n’y avoit pas de denrées de première nécessité dans la 
•>» vnirvrre ; j’di répondu qréil n’y eu avoit pas , et que ceux qui avoieUi 
«donne ccrtc tonsigne étoienc Jouîuçs botes 


lOO 

Lecoîntre \\t Tart. 21. 

’î De a’avoir point prévenu la Convcntîen de Tab- 
sence de Robespierre , du comité , depuis quatre déca- , 


»* A cet instant , le ci ojen Loiseau ayant dit de nouveau qne le poste 

♦•/étoit rempli de scélérizs ^ bri^Ands tt covtre-tdvoluüonnires 

n nous, commandant et volontaires^ du poste, Favons invité de se rendre 
*ï à la mnnicipaUté ; après plusieurs refus , li s’j est rendu avec 
•* nous. Signe Vaüvilliers. « 

Le dit citeyeu , est conveno avoir dit au poste , que ceux qui avoient 
donné la consi^^ne , & ceux qui Favoient éxécutee eto-ient des Foutus 
hcîes. F.nsn!te,r!e voulant entendre aucunes représentations , et parlant 
toujours stiil , avec un ton qui anroit pu en imposer à tons autres qiFà 
r<-> ma.ji«tEats du peuple , qui ont la co nscicnee pure , il a dit : suis-je 
Lime ! 

11 !ni a été Irépondu qu’il n/avoir jamais cessé de Fêtre. En ce cas, 
a-t jî dit , je me retire; et je vais rendre compte à la Convention, à la- 
France enriere. 

Lorsqu’on a sçù qu’il efoit représentant du peuple, la municipalité, 
et entr'antres Fa; ert national , Fa invité , avec fonte Fhonnêreré dû© 

ntl représentant , de rester qnelqnes insrans , de se calmer , d’entrer en 
explication fraternelle; mais il n’a rien veulû entendre, et s*est retiré 
comme il etort entré . en donnant des signes d'ungrchatîon Si, d’empor- 
tement ; en disant : je n’ai rien à écouter , la municipalité viendra s’ex- 
pliquer à la Convention. 

Quand il a été sorti, la municipalité considérant qu’il est nécessaire 
et très instant de rendre compte à la Convention , de la maniéré dont 
s’est conduit & le citojen Loireau et la municipalité , en présence 
d’un public nombreux ; Arrête , oui l’agent national qu’expédirion du 
présent procès-verbal sera adressée dans le jour aux comités de salut 
pubic , de sûreté générale , et au président de la Convention* 

EKlrait du Procis verbal de la Société populaire, de MelZt concernant Us vexatkni 
enercéts dans cette Commune par le Keprésen-tant Duquesnop. 

Tl en résuTte que des patriotes purs et prononcés étant allés chez lui , pour 
aflaires publiques , il a dit à Fun : tu as des peux qui me'déplahenl ; à Fautre : 
in ni Pair d*un évêque , tu ne peux fm être patriote ; à un troisième : tu es 
an fripon ; et qu’il a ajouté qu’il étoxt venu à Metz avec des poi.voirs 
ülimitts , «lue l’esprit public n’y eioit pas bon, qu’il le nicttroit su pas t 
que fous quinze jours il feroit fnsiller cinq à fîx cens personnes, tant à 
Metz qu’à Nancy. 

Le ieu prend à la Munitio7tnû}7e de Mftz. Duquesnoy , dont l’arrivée , 
dans cette commune, n’étoit par encore connue , fait à la vérité son 
«Jevoiv , en s’y rendant, mais il néglige de se faire rcconntjtrc et de se 
revêtir du costume décrété pour les Rerrésentam du l’cupît en mission jiorrque 
c’etoit le cas d’ordonner à la muititude , et de se faire obéir piomptemcnt II 
ne se montre au Heu de l’inccndic , qu’en habit de voyageur ; mais ce 
n’e:-t encorc-l.à que sa moindre rouîpe; dans ce moment de danittr il ne 
fait .rutre choFc que maltraiter et envoyer en prison tous les citoyens qu’il 
trouve dans so^ chemin, et en s’amonçant a eüx , à coupr de pieds 
et à coups de poings , il est obligé, faute de costume, de décliner sa qualité de 
Rcpre'sentant du peuple , comme sidc ttiksyiolenccs étoit l’apanage ds ce litre 
augufte. Thévenin , ie premier rencontré, est assailli de coups et iradtnt en 
pri:.on. Le citr.yen Joîy , jiige-de-psÎK , revêtu de la nié»! lille caractéïiotiqtîe 
de scs fonctions, occupé a maintenir le bon ordre , étant , en un mot , à son 
poste , en est arraeiië pour être incarcéré. Un habitant *de la campagne 
«at pris au colIec et bourré de c^ups par Duquesnoy j un jeuuo homsae^ 



I 


- i6p 

^es*, d^avoir souffert que , Hurjobsîant son absence, iî ait 
continué de sîgncr des actes î g avoir caciié les luaucsu'’ 


de seiz'î ans, en ténioigm; «a sCTîibiiîté , Diiquesnoy lâche ‘ le paysan, 
tombe sLir l’eniant , lui donne un c mp de pom/ , k j* ttc à dix pas de 
lui et le ait enlever par la g'rde. lin autrre fitoyen nonuné Guniont est 
rencov-tré. Disqnesnoy Un dit tu m'as l'air d'un aristcaate... • «n prison.' Du- 
mont taj-!tatn.c au deuxième bataillon de Paus , Dumont nialaue , et aiiqucl 
ou avoit kve depuis deux jouis les vessîcatoives , n’est pas plus erargné 
que les autres. Dans cette distribution d’injures et de coups , Duquesnoy le 
prenr; p.-r derrière , lui délivré un coup de poing dans la dos , Dumont 
«e retourne pour lui faire de» obseï v^itions sur son eut , mais reçoit un 
BOuveaa_conp dans i’eslomach, et se voit traîné en prison , je ne fiairois 
pas si ’ vouîois enumerrr toutes les autres violences de ce Représentant, 
soit à Metz, soit .dans S-S autres u.d',sions. H est vrai que les témoins 
s’accorJtnt a dire qu’il étoit dyns un état à ne pas devoir paroître devant 
des ' Républicains. , 

Cependant l’incendie est éteint en quin2ie minute? , par le secours des 
ciîoj'ens cle tout âge et de tout sexe, tjui s’y portent avec une ardeur 
exemplaire. Alors Duquesnoy rentre xhez lui, mais pour prendre un 
arrêté , par lequel il impose une somme de quarante mille livres sur 
les habitans de la commune , pour être répartie aux sans-culottes qui 
ie sont trouvés à l’incendie , et il motive faussement son arrête, sur 
ce que les riches ne s’y sont pas montrés. 

L’arrêté est affiché; mais les sans-culottes le regardant comme ml 
outrage fait à leur civisme , rejettent avec indignation un salaire qu.t 
leur aaroit fait perdre le mérite cle leur action. , , . . , 

Les preuves les plus authentiques de ces faits ont été irapnmees et 
envoyées à l’ancien comité de .salut public, par une députation, b il 
en eut fait un rapport , la Convention n’auroit pas manque de rappèiler 
Duquesnoy avec tensurey et elle auroit prévenu d autres injustices et 
voies cle fait, que ce nouveau Verrès en brutalité, a commises:*, mais cey 
ancien comité piotégeoit ouvettement les missionnaires qui étoient le® 
plus capables de dégof.ter de la révolution. 

Anecdote concivnanî hevassiur de la ^Sarihe» 

-^a conduite de Levasseur dans le district de Gonesse n’a pas moins 
-indigné tous les citoyen’s de ce pays, en foulant aux pieds avec 1 im- 
pudence la plus cynique, tous les principes de la pudeur et -de la mo- 
ïalité. ^ - 

Ar^i^^é dans ce district , le Brumaire de l’an 2 à 4 heurs eu soir , ) 
pour épurer les autorités constituées qui l’avoient ’cte le matin memô 
par les P.rcprcsentans Lacroix & Musset, il se fait aussitôt reconnoitre , 
passe vers cinq heurs a la société populaire , prend la parole, établie 
pour base de son discours que L’homme vfest que le produit dun înstéLttt 
de besoin et pérore ensuite sur cette matière d’une façon si choquante 
pour les bonnes mœurs que chaqun déserte rassemblée. 

Le lendemain il part de Goneste , revient le 17 , convoque l’adnsinis- 
tration , s’v rend accomnagné de plusieurs gendarmes et particulière- 
ment de Clément, ce chef de division dans l’armée révolutionnaire > 
qui exersa tant de brigandages , St. dont les crimes font toute la renom- 
tnée. . , . , 

L’air furieux , la démarche brusque de Levasseur qui , à son arrivée , 
se précipte dans un fauteuil , intimide tous les .cpectateurs , la terreur 
s’empare de tous les esprits ; iî tir-e des papiers de sa poche, ordonne 
tt fait arrêter, avec le despotisme le plus tyrannique, trois adminis- 
trateurs ; il vocifère des tirades|virulentes , d’une voix aigre et forte 
qtfi comprime tous le«*ccéurs , tient teui les esprits^ dans lio éwt d« 





vres que ce conspirateur avoir employées dans îa vue de 
tout désorganiser , se faire des partisans , et ruiner ta 
cliose publique 

Plusieurs voix : Les pièces. 

Lecointre : Ge n’est qu’au moment où Robespierre a 
.été abattu , que nous avions su qu’il y avoit qu ure dé- 
cades qu’il ctoit absent du comité ; et dans la séance 
du 9 , Billaud-Vartnnes vous a dit que s’il avou uu re- 
proche à se Pure , c’etoit d’avoir gardé le silence sur le» 
crimes de Robespierre , et de ne i’avoir pas dénrasqué 
plutôt. 

Càir.bon ; Citoyens, ici nous voyons une combinaison 
de méchanceté plus ralhnée c|üe celle de Robespierre 
lui-méme. On fait un cnrae à nos collègues , tantôt de 
n’avou rien dit , tantôt d’avoir parlé. Je demande qu® 
le comité fixe un délai dans lequel , un membre d’un 
comité , sera tenu de dénoncer son collègue lorsqu’il s’en 
sera absenté. 

Bdlaud- Varennçs t L’absence de Robespierre du comité 
a été utile à la patrie; car il nous a laissé le lems de 
combiner nos moyens pour l’abattre. Vous sentez que 
s’il s’y ctoit rendu exactement , il nous auroit beau- 
coup gênes. Saint -Just et Couthon qui y étoieïït fort 
exacts, ont été pour nous des espions très-incommodes. 

Je demande si on fait un reproche à Brutus d’avoir , 
pendant six ans , contrefait rj^sensé , pour abattre la 
tyrannie de Tarquin? Et pouquoi Lecointre lui même , 
qui avoit un acte d’accusaiioo contre Robespierre , n’a- 
t-il pas parlé plurôi? 

Lecointre-Puyraveaux : U C’est pa,rce que Robespierre 
a été , pendant un mois , absent du comité de salut 
public ; qu’il a été abattu, il étoit beau de voir , pendant 
son absence, les hommes qu’il voiiloit perdre, travailler 
au succès de la République. C’est pendant son absence 
que nos armées ont remptorté de plus grati'^es victoires. 
Aussi Robespierre a senti lui-même qu’il falioît , pour 
attaquer les membres du comité , tourner contre eux ces 
succès ; et c’est ce qu’il a fait , en alléguant que nos 
armées étoient dans la même position que' du tems du 


tupeur , et termine par ces paroles ; souhaite aux feninus dt Gq~ 

usse ce que souhaitait ïsaie a Celles ne' Jérusalem 

ride la phra.se par trop nauséabonde m’oblige de la supprimer; Leva.s- 
seur lève la séance; deux cent ,ndi vidus des deux sexes , cronnr's dc' 
cette violation des mœurs , de cet aviîi.sseraent de la représentation 
naricnaîe , de cet outrage pour le peuple françois , se retirent en té- 
moignant leur indignation; le Vasseur s’en apperçoit, se reroorne & 
s’écrie ; )e ne vtriis en mas pas quitte , , je reviendrai sous j eu. 


traître Dumourîer, en voulant faire croire que nos gè- 
Déraux étoient des aristocrates, 

«Robespierre attaquoit Billaüd , Coilet d’Herbois , Ba- 
rére , parce qu’ds nuisoient à scs projets. Qui est -ce 
qu’en attaque aujourd’hui? Billaud, Collot-d’Kerbois , 
Barère. Ne suis-je pas en droit dé penser que ce sont 
les mêmes mo^tTs qui ont dirigé raccu'fation quia été faite 
contre les o,iêmes ieprésentaus « ? 

J’observe , à i’appui et en preuve de Tart. 21, qu tl 
sulfit. que je cite une douzaine d’arrêtés signes par Ro- 
bespierre pendant les quatre décades de sou absence du 
comité, pour être convaincu qu’il les signoit tous. La 
conduiie ciu comité est une prévarication de l’avoir per- 
mis , et de les lui avoir envoyés à signer, j’indiquerai 
donc les arrêtés suivans : 

Arrêté du 27 prairial , sur les comptes des taxes 
révoludonoaites , en i 5 articles. 

2^. Du 29 du même mois , sur les ouvric . 3 qui se ren- 
dent à Parus uonr fabriquer des îusils 

3 . Du 6 messidor, qui rappelle Dubois-Cranoé à la Con- 
vention. 

4. Du i 3 dudit mois , qui apelle les artistes a concourir , 
pour donrter aux hâtimens des barrières de Paris le carac- 
tère des inonumens, 

5 . Autre , pour rendre compte de la quantité de cordages 
provenant de la descente des cloches. 

6. Autre du 20 du même mois , sur les valeurs métal- 
liques. 

7. Du 22 idem , pour prévenir la déclaration des fabriques 
de toiles , en- 23 articles. 

84 Du 26 idem , au sujet des citoyens réfugiés , du dé- 
partement du Nord, en 7 articles, 

O. Autre du 26 , sur les ouvriers de clouterie, mis ea' 
réquisiiion , en 5 articles. 

10. Du 28 idem, sur l’exportation des soies non- oeiivrees | 
en 8 a ci ides. 

11. Du 27 idem, sur les citoyens mis en réquisition pour 
des chargemens. 

12. Enfla, cclyii du premier thermidor , qui envoya iSai 
citoyens au tribunal révolutionnaire , avec injonction à rac*- 
curateur public de les mettre à l’instant en jugement; 
arrêté, signé égalenlent de Billaud. Coîîot et Barère,^ qui 
ont délibéré hors la présence de Robespierre , qui ne 
venoit plus au comité ; mais auquel , comme 4 je viens de 
le dire , ( ce que je regarde comme un crime ) on avoit la 
bassesse d’envoyer à signer. 

Cambon , ne rougis tu pas pour m’injurier,^, de feinclr» 
d’ignorer la loi , qui veut que les membres d’un comité 
qui s’absentent trois ibis de suite ^ sans eg^use iégiûmo # 



e ptî gueu- 
le nom des 


. 172 

Soiçnt rnmplaG*'s : donnons la lui , cette piiee, elle est du 
■-> liriim^re de 1 an deuxième, et conçue en ces termes : 

« La Convenfion nationale décrète; que les î-nembres de 
ses coinitès , qin auront manqué d’y assister pendant trois 
^«nces comecuüves , sans cause légitime, seront rîTmplacés , 
cl apres la liste qui sera présentée par le comité de salut* 
puoijc : il sera tenu en conséquence un regîstr 
lier , pour y insenreet sans aacun blanc le 
i*bsens et des présens ». 

Air'si le coiru-é a donc non-spiiîement con.trev'cnu aux 
-oix , qui ne veulent pas que dçs» arrêtés soient signés par 
des meinbrf'S non présens aux délibérations , ce qui scroit 
«Il lanx, mais encore en ne tît'nonrani pas cette absence , 
et ne provoquant pas le remp]acf?ment de l’absent. 

Ln vain , pour couvrir cette iriute papitaie en gouverne- 
ment , Eiiiaud nous a-t’il dit (pie cette absence a été Mtile 
« la patrie , en leur donnant le t:?'mps de combiner les 
rc oyons d’abattre le tyran : envain Lecointre Pi-yravaux , 
qui n avoit point parlé depuis un an, vous disoil-il ,» qu’il 
éioit beau d» voir, pendant l’absence de Kobespierre , des 
nommas qu’il voiiloit perdre , » travailler aux succès de 
la Eépuldique , Puyraveau , Billaud, ne se souviennent do'nc 
qu d nous av'oient dit queî| l’intelligence des membres du 
, composant la majorité, étoit telle que d’un coup 
ur parti étoit pris, et la majorité acejuise. 

Pour justifier completiemcnt J’artiôle 21 , je n’ai besoin 
que de riipj>orter les propres paroles de Billaud , à la 
séance du g thermidor , où il s’exprimoit ainsi ; 

« Si les comités ent un reproche à se faire, c’est d’avoir 
gardé aussi long- temps dans leur conscience , les mille in- 
dices , les mille preuves de la contie-révolation qui se tra- 
in oit , sans m avoir fait part à la Convention. « Actuel- 
lement, je le demande aux Billaud, aux Collofc -, aux Ba- 
réré , pourquoi n avoir pas averti la Convention nationale 
eje cette absènee de Kobespierre , au moins après trois 
jours , aux termes de la l©i ? Pourquoi n’avoir pas averti 
la Convention de ses menées aux Jacobins dont vous étiez 
mcinbre#. , et dont toi, Bnière , tu étois le président? Pour- 
quoi n avoir pas averti de la gêne que vous éprouviez 
d.ans le travail , par les contradiêtions de Couthon et Saint- 
J-ust ? ï^ourquoi , loin de prévenir la Convention de la 
dissolution du comité , par l’éloignement ou l’absence d’une 
partie de S'/s membres, avez vous gardé un silence perfide? 
Pourquoi n’avoir point averti la Convention nationale , de 
ce genre de division qui règnoit entre les deux comités et 
Robespierre ? Division qui étoit poriée à an point qa® 
Billaud assure que pour éviter que ΀ public n’eiitendit les 
discussions scandaleuses qui avoient lieu entre i© comité 
et Robespierre; on avoit porté la salle d’assemblée en hatft? 
Pourquoi assuriez vous mensongèrement que la pi«s grandi© 
L#Ihg«»oe règïioit «ntre lei c^inkés y qu’en vain &st 


*73 

Tonloît les diviser ? Pourquoi , le 7 thermidor , Barère 4 
«U nom des deux comités de salut-pubiic et de sûreté géné* 
lalô , au lieu de nous dévoiler la conspirasion affreuse , 
qui depuis B mois se tramoit dans votre sein , et dont vous 
aviez rniile preuves ? Pourquoi Parère disoit-ii à celle tri- 
Lune , pour nous détourner de la véritable conspiî ation ; 

a Je viens au nom des comités de saiut-public et dd 
iûreté générale réunis , remplir un devoir pressant et pré- 
senter a la Conveinion nationale un inoj^en simple d’éclairer 
les bons citoyens daus les circonstances actuelles. 

« Hi bert nest plus , mais son esprit vit encore ; se« 
partisans se s<»ni cachés, mais leurs maximes circulent tou- 
jours. Il faut donc encore se détourner un instant de la 
joute de la liberté pour les combattre , et les deux comités 
$e sont réunis pour présenter art peuple fiançais un état 
comparatif de noue situation à l’époque du 5 i mai 1795, 
et dé notre simation le 7 thermidor de la deuxième annéo 
républicaine. “• 

« Si nous avions à répondra à des liberticides , a des 
complices des Danton et des Cliauîeette , nous n’aurions 
à prononcer qu’un simple renvoi au tribunal révolution- 
naire, la liberté répond aux contre' révolutionnaires et aux 
Iraitrcs par la mort , la Convention par les ioix. 

<c Mais nous devons éclairer les citoyens qisie nous pou- 
vons croire égarés par pn faux zèle , pu trompés par des 
propos insidieux. Nous devons venir au secours de ces 
patriotes qu’un amour ardent de la liberté peut quelque- 
fois porter trop loin , où c|u’unL oubli de la majesté du 
peuple et des égards dûs à ses représenians , pourroient 
conduire à des fautes funestes ou a des daiigers réels, 

« Hier , quelques citoyens disoient autour de la Conven- 
tion , et répétoient dans des groupes ; il faut faire un trente- un 
mai. On diroit , à la légèreté ou à la fureur avec laquelle 
ces mots sont to«r-à-tour prononcés et répétés , que le 
destinée d’un grand peuple ne tient à presque rien ^ ne 
dépend que de la volonté plus ou moins éclairée , plus 
911 moins pure , de quelques citoyens de la France ; et 
que la république doit sonlfrir du jeu de quelques intri- 
giians , des macinnations. de quelques contre-révolutionnai- 
res ^ souvent cachés derrière les meilleurs citoyens. Mais 
non , cette légèreté ou celte fureur ne rassemblent en rien 
au caractère républicain , et les suites n‘en sont pas dan* 
Ijereuses. 

Déjà un représentant du peuple, (1) qui jouit 
réputation patriotique , méritée par cinq années de travaux 


(i) Barère fait ici l’éloge de Bobespierre , quoique depuis lon^.-'•cras^ 
les deux comités eussent mille indices, mille preuves de la conjuratioij 
de ce traître , quelque depuis 6 moijf ilf le reg;ardQie,nt comme ua egns^ 
firarsur- 


I * 




. . . ’H . 

et par ses prmcipcs impertubables dincb^pentlfince et de 
îiberlé , a réfuté avec chaleur les propos contre-révolu lion- 
iiaires que je viens de vous dénoncer, il a prouvé, dans i-a so- 
ciété populaire , que c’étui i bien mériter de son. pays , d’afrêter 
ies citoyens qui se penncLtroint des propos aussi intompertifs 
et aussi contre-révolutionnaires ; il a senti liu- même le danger 
dont on entoure les inientious les plus civiques ; et li a dénonce 
l’auteur , aussi coupable qu’insensé , d’une i,ét!iion artificieuse 
présentée à la Convention , pour jet ter du ridicule sur une fête 
célèbre et politique ^ quia neutralLsé l’athebme ei rapptuJé à la 
morale. 

,, Déjà l’auteur de cette pétition a été arrêté et traduit 
devant les fribunau-x C’est ainsi que les comités rcuai.s , 
forts de votre confiance et de leurs iuientioui., vous déli- 
vreront, par la police gcnëraie , de cvUte tourbe d’inirigaîis 
adroits , de cofispirateurs banaux , qui tourmeuieni. et 
anéantissent l’esprit pul.dic , et sont les bas serviteurs dé 
l’aristocratie. 

«. Ne nous y méprenons pas , les aristocrritçs , et ceux 
qui d.ans le pài ti de l’otranger , soin olunqpbs de donner à 
Paris le mot d’ordre , composent si bien k ur petite arméé 
contre-révolutionnaire , et enrôient tant de soirlats divers ', 
que les premières lignes sont composées de citoyens de 
bonne foi , mais ibrOies , mais crédules ; vindicatifs où 
passionnés : la seconde ligne , de patriotes Jiypocrites , d’a- 
gioteur de révolution , d intrigrins impunis et de modérés : 
la troisième ligne est d’opinions masquées , dki ris t ocra tes 
déguisés; et vient ensuite la troupe des ennemis du peuple. 
C’est à cette armée qu’on donne le signai dans quelques 
moinens d’orage , lorsqu’avcc tles calomnies on a pu es'perer 
de diviser quelques répnplicains , eu réfioidir quelques 
représentais; mais il suffit de présenter au peuple le signa- 
leme;it , pour qu’il ne s’y méprenne plus. 

14 La tSonvcniion a beaom de mr^ nrenir ratti'udc 
imposante qu’elle a prise , et Ds deux comités de rem- 
plir les engagcrr.cns qu’ils ont contraciés devant elle. 

44 Sans douie les citoyens éclaires , les patriotes francs 
et l-S vrais amis de la ivêpublique , au. oient pu nous 
épargner le rapport que j e vais faite ; mais ce sont deux 
comités, vieux serviteurs de la liberté ^ qui viennent vous 
parler cri son nom; pressés par les évenemens , ils n’ont 
pas eu le teuis de méditer leur discours , et la voix de la 
patrie est toujours asicz éloquente, et je parle à une 
partie du peuple français. 

44 Ce sentiment cbaicurex de Vamour de la bsirit , le 
pretrner qu’on éprouve en commençant d’exister ; le 
tletnier qui nous abandonne , seutîruent énergique qu^ 
soutient les patriotes dans leurs espérances comme, dans- 
leurs traviux', a droit de réclamer aujourd’hui toute sa 


Numéro 674, page 127. 




puîssan<je. C’est pour les citoyens qui aiment la ^patrie , 
que les sacrifices de rop’nioii ou de l’orgueil , de l’amour' 
propre ou de l’erreur, n’ont pas de Itmireà , que le zèle- 
civique n’a poiiîi d’ccueils , que les succès de la Répu- 
blique n’ont aucun doute. 

n Ces rtfiexiüDS conviennent mieux à l’époque de matu- 
rité où se trouve la révoluiioa ^qu’à notre deitioér pcr- 
sonneile, Otiiconque regarde en arrière ou à côte dans le 
voyage politique qu’il a entrepris , n’ache.era pas sa 
course révolutionnaire , il faut passer courag^uscmcnt à 
travers la f'fJule des intri gans ; des qrisi<jcrale< ^ des calom^ 
niatéurs et des royalistes^, en attendant que le glaive de 
la loi les ait e^cterniinés.^On ne s’avance pas au travers 
des abus et des crimes sans exciter la plainte, le mur- 
mure et les trahisons ; mais le but est toujours devait 
les yeux du ic'gislatcur révolutionnaire ; il marche à 'ce 
but sans voir les obstacles, ou bien il y airive en Ica 
renversant. 

it Depuis que vous vous êtes élancés vers toutes les 
véfités démocratiques , d«puis que vous abattez l’aristo- 
cratie dans l’intérieur , et que vous exterminez les esclaves 
militaires au dehors, les crimes et les vices des rois, les 
habitudes viles des aristocrates et des coalitions , des 
coupables vous ont investis dans l’intérieur ; mais vous 
vous êtes déliviés de ces entraves et des crmes contre- 
révolutionnaires , sans songer même aux dangers attachés 
à Ic’ur poursuite. Tour à tour les Rolland çt les Brissot, 
les Hubert et les Danton , les Chaumette et les Ronsin , 
ont ourdi des trames contra la CorxVCDtion nationale, ont 
servis a vous faire mieux connoître vos forces ; et il sera 
facile aux deux comitcs , témoins coopérateuis de vos 
éno'niaes travaux , d’en retracer la marche et Us progrès;, 
e’est un détail important ' dans lequel les deux condiés 
croyent devoir entrer aujourd’hui ; elles s'effacent trop 
rapidement de la mémoire des citoyens , ces impre 
sioos des époques jv/nmaliéres et des bienfaits perma- 
nens des loix et des opérations du législateur. Il faut 
les leur rappçller îî. 

Barièxc rapporte ici, au long, les deux 
rcmasqualdcs qui partagent l’état politiquejde 
ventiou. La prctnière, depuis le 21 septembre 1 
jnsqu’au 3 i mai 1793. La deuxième, depuis le 3 
1793. jusqu’au moment où ti parle. Je crois inutile 
retracer ces détails ; j’observe seulement que Barrère 
qui; dans' ce rapport, vous parle de au nom 
des deux comités, ne vous dit 


pa^es 125 et 


I 




lyG 

Roh ti pierre ; tït vous avettii pas qu’il tyrannisott Us deutt 
Comités ; ne vous parle pas de son abseucc depuis 45 
jours , [ comme le deciet du 8 Brumaire l’y obiigeoii). 
de leur disputes scaudaleuscs. Puuïquoi ce sileiiee sur 
les ctinaes de Robtspieire ? Pourquoi ces louangeà 
artistement préparées, pour lui concilier la faveur de 
rassemblée ? Que de rciHcxiorrs naissent de cette cou»- 
duite. . , ! 

Barrèrc retrace ensuite l’historique des factions, des 
Roland, des Brissot, des H<betl, des Chaumeiie des 
Danton, des Ronsin; des irahisons des Dumoungr, des 
Lebrun , des Monicsquiou , des Bufeot, Petion, Guadei etc. 

Il vous parle des Departemens, Méridionaux en ces 
termes: 

î» Les villes psincîpales du midi s’envoyoient réci- 
proquement des ambassadeurs ; chaque grande com* 
üiune s'éioit co«stfiuéc en puissance : 

î» Toulon dispesoit son rnarch:- ,• Marseille préparoh sa 
désobéissance; Bordeaux, sa contre révolution ; et tant 
d’auties communes leur acte de fédéralisme et de ser- 
vitude. 

î»Les departemens se détachoient delà Convention, 
insultoicnt à son pouvoir , nioient son existence et 
désobeissoient à scs loix. 

î» Les Tribunaux avoient rendus la Justice muette ; les 
autorités constituées s’éioient déclarées indépendantes ; on 
UC savoit plus à qui obéir. 

5 > Le comité de Salut public ne faisoii que de naître ; 
à peine connois«oit-ii i’etat de la France , qu’il fût obligé 
de s'o.cuppcr de l’adrninistrer. Tous les besoins, tous les 
crimes, toutesles réclamations se présentèrent alui le même 
jour , etil dût conquérir à la fois la confiance et les succès. 

Barrère annonce aussi, que les deux comités, après 
avoir délibéré sur l’état actuel des altaires, voyent bien 
quelques nuages orageux ; mais que l’horison politique 
Il est pas assez ohscuysï pour que l’on n’apperçoive pas la 
nature des «rages \ et qu’ils peuvent être lactlemeiu con- 
jurés , par l'union qui existe entre les deux Comités ; par 
îa démarcation des hommes purs et dçs fripons calom- 
ÿiiateurs\ par une meilleure police à laquelle on travaille; 
par l’accélération des jugemens des détenus, (i) et la 


(i) En trois 300 rs , 480 Individus ont été jugés pour être traduite 
an ^ibunaî révolutionnaire, et mis à Tinstant en jugement ,et 60 ont 
été condamnés à la déporta ion. Sur ce nombre, déjà près de 500 ont 
obtenu leur liberté ; et voilà rouvrage de ces grands meneurs des 


X 


ptiniiion prompte d&s contâe'rcvôîuiiôniiaîres ; («) et 

enlîri, en éclairaat le peuple sur ses vrais défenseurs ^ 
commt sujf ses vrais itnérêis. 

11 ajoute, que c»s mesures sont déjà en activité’-, qu’il 
lui suitira dans ce moment , pour répondre aux vœux 
des deux Comités réunis., de présenter au peuple, ea 
opposition à l’état de malheur et de d«ckiremeni de la 
France à l’epoque du 3i mai, sou îtat de bonheur eè 
de consolation dans ce moment actuel, ‘ 

Le même Barèrc entre de suite dans le détail de nos 
victoires , de nos co iquèîcs , et tennine par demander 
que la Convention décrète rirapression du rapport fait 
au nom des deux comités , et renvoi à toutes les sec- 
tions du peuple français. — - Décrété. 

Si j’ai parlé de ce rapport , ça eiê pour faire connoîtro 
qu’en meme • tems qim Robespierre et scs complices ua- 
moient contre la liberté publique, que la plus grande 
defiancs, au mains en apparence, régulait entre lui et 
scs autres collègues; que depuis quararif'e-cinq jours , il 
n’a'/oit paru au comité. Ces mêmes hommes , qui con- 
noisssîent toutes ces trames qu’il ourdissoir contre la 
république, d’en prévenir la Convention, Tassa* 

Toieuî qu’il étoit fhomme virtueux par exce lence que leur 
intimité pour le bien public étoit sans hornts, 

Evi vous parlant ainsi , éîoient-ils csniplices de Rob«s- 
pierre ? Leur pdin élolt-ii de parrager /üf , eu lous 
s^s auspices , Tawtorité f Non. Hobespiarre lui même 
VGuloit il la partager avec eux?J\^^?7i , encore. Quels étoient 
doue , me ciitez vous, ces amphi.bies ? Ils étOi«r«t ce que 
sont tous les ambitieux en place i ils trouvaient bon 
d’augmenter puissance , Is crédit de Robespiarre ; parce 
que, par là , ils achevolrnt cranéanllr celui de la Cou- 
vjention Nationale; ensuit», ils se rsiiardoient certains, 
par b majorité qu’il avoiônt, ( et dont ils n’ont jamais 
usé pour faire rendre ds bonnes et sages lolx ) de ren- 
verser Robespierre à la première occi'sion favorable , de 
se substituer à sa place , ainsi qu’ils ont etsayé de Is 
fa ire lors de sa chûie , et de s’emparer de i’auroriîé 
qu’ils aaroi^rit p^saagcc . comme, à Rome., aorès la mort 
ë« César, ont fait les Triumvirs, ou du tems de la 


(z) Barère a Me'n raison de vanter ces punitions promptes \ car de- 
puis le dépare de Robespierre du comité, le a.- prainal jusqu’au 7, 
tl>ennidor„ où Parère parloir, il. a été guillotiné 03,0 personnes ; et 
dans le même espace de rems qui a précédé le départ de Robespierre , 
tenis où il exerça le plus forrement sa tyrannie, il n’a été guillotiné 
■que 560 individus. Aussi Barère meiidioit-il par ce rapport des éloges 
-pour Taccélcration de $s mayarss sageuienç r?voiutXoinnâir(is. 




ijS 

B 'pnbliqne les décemvirs ou enfin , comme à Athènes 
Îîs t^eruc tyrans ; pcrsî’ab’S que TetenJuc de ieun 
poMV'Ui;. leur procureroit facilement d'es créatures. 

Ainsi , quand je dis les complices , je ne veux pas dire 
qu iis travailloienc d’accord avec Robespierre , c’étoit seules 
ment suivant les mêmes principes, mais chacun pour soi. Aussi 
ctoienr-ils tous doubles conspirateurs. Robespierre et eux cons- 
piroient contre la patrie, et entr’eux , ils conspiroient les uns 
toiure les autres : c’e-t cetie nuance qu’il faut bien saisir et dont 
il ne faut puiiu se départir, si vous voulez bien conncître ces 
doubles conspirateurs , autrement ils vou-^ échappent. C’est d’a- 
près ces principes , qu en floréal , prairial et ipessidor , lorsque 
quclqu urï de mes amis me parlcient de Billaud , je leur di- 
cois : considérez bien cet homme , quand il en trouvera i’occa- 
.sion , U tuera Rcbecpicrrc , mats ce sera pour se mettre à sa 
place. Vous , nos colie;j,ucs , auxquels j’ai tenu ce lan;ïage , 
vous en êtes convenus; et vous qui me lisez, et qui avez en- 
t^Ttrlu Billaud , les 8 , 9 , jo, 11 , 12 et i 3 thermidor, 

us avez, sans doute, compris a son langage, la vérité 
de m<i prédiction. 

Si le 7 au nom des deux comités , Barère vous parloît 
aiiiNi (ie Boi'esnierre , et de leur union g/utéraîe , V acher 
vous disoil ie 8 , loisc[u"il eut obtenu la juemière fo'S la 
parolr' conti e RobeS|’ieri e , dont le discours incuipoit divers 
ineiîdjres des comités de salut- public et de sûreté g< né- 
rale , Vadier disoit : 

« J’ai encore quelque chose à dire sur le discours d« 
Pi. •bespt! rre : les opérations du comité de sù>eîé générale 
ont toujours été marquées au coin de la justice et de la 
.sésérité nécessaire pour iv^primer l’aristocratie; elles sont 
oomeuues dans les arrêtés qu’il a pris , et qu’on peut faut» 
.impriiuer juger e?>sniLe. Si nous avons eu des agens qui 
ayenr tnal\ eîs<* , cpii ayeiit porté reflVoi dans l’âine ues 
jaiiiütes , ic comité les a punis à ule^ure qu’il les a con- 
];U' , et les têtes de plusieurs ont tombé sous ie glaive d© 
la loi. 

« V oilâ quelle a été notre conduite , et en voici la preuve. 
L.’> conuinscioas populaires , établies de concert avec les 
deux comités , ont di ja jugé sept â huit cents a.laires ; 
to'nln'en croyez-vous qu’elles ayent ttouvé de jairiotes? 

‘ , SOUL dnns la proporiion d’un sur 80; voici bien la preuve 
«jue ce nest pas le patiiotisme qui a été opprimé , ma;S 
l’aiistocratie qui a été justement poursuivie. 

ce Voila ce <jue je devois dire pour la saiidaciion du et mité 
de sûreté générale , qui n’a jamais été divisé d’avec le co- 
mité de salat-pubiic. Il peut y avoir eu quelques explioa- 


R'uiîvrro 675 , pa^e isÿ et *59 du, journal des débat? er décrenu 


%îons , mais jamais elles n'ont xiea’ diminné d« Testimo et 
de la confjance innraelle que se portent les deux coinitt^s. » 
A-insi , ces deux comités assunnent la Convention liado- 
naîe de leur union avec Robespicvre , au m©ment de sa 
chute , qu’ils ne j)révo5^oient pas si prochaine : disons 
mieux , qu’iis ne vouloient pas encore ? 

Oit-mci , Va iicr , toi qui pieiendi q^ie , sur sept à huit 
cents affaiies ju|j,ces paries commishons popuUi res , éia- 
bî-cî par les deux comu’és , i! ne s'est trouve de patriotes 
qtiC (i-:ins ia pioporuoa ü'uii sur quatre ' ituq , c’cst-.i -duG, 
dix sur huit ce^ ts condamnes. Dis , .uir le nontbre des ci- 
tovens <p;e , p 'r tes arrêtes dci 2 et 3 tiiermidor , tu as 
coiidaïuncs ti la déportation ; dis, combien de pères 
familles, kionnêtes , probes , non contre - lévolutionuai- 
ics . ayant de^ méticis, des états miles. Ont été ingio- 
bés dans tes decisions, ; dis-nvoi le nombre de ces mêmes 
hommes condamriés , qu» ont été ruts en liberté depuis la 
mort du tyran; pvree que loin qu’ils rn'diiassenr d’être 
tra luiis au iribun'd révolutionnait e ,ou au supplice affieux 
de la dépottaiion . que tu as signée , les causes de leur 
cléieniioii nVioieat pas même expiimces dans la loi du 17 
septembre ijqS. ' 

Gonciiie. Barèie , ce que tu disols , les 2 et 7 thermi- 
dor , en hiveur de Robespierre et de la tyrannie , que 
tu paitageois avec lui , avec ce que tu disois , le 14 du 
même mois , trois jours après sroi désastre. Voici cora- 
meui ta dexiirimois a cette dernière époque : 

î» Cooyens , depuis trois jours tout est heureusement 
changé autour de rmus. Un orage terrible a subitement 
éclairci l’horison politique d- j?, France. Le tyran renversé 
nous a découvert tous les fils de cette conjuration infer- 
nale contre la représen tion nationale et les droits du 
peuple. Nous avons vu nau< les débris de cette contre-ré- 
volLtion, dès longtemps prémC(:luée , nous a\ons vu des 
auîodîés consiiîu es ivranniqtïe? ou ignorantes ; ia force 
de l’opinion pnbi que égarée unr les manœuvres des hyp®- 
criies en patriotisme , et de’; tyrans déshotués ; les intérêts 
d’une faction prévalant sur le bien général ; l’esprit-pubiic 
changé en esclavagti et en censure: le véritable patrio- 
tisme mis patriotiquement en servitude v i’éncrgi'e natio- 
nale comorimée avec une atroce violence. 

îï La terreur fmt toujours Larme du despotisme ; la jus- 
tice est l’arme de la lihené. La superstition fut l’instrument 
de t©ut ambitieux de régner ; la morale est le moyeu 
qu’employe le vrai républicain. La tyrannie de l’opinion , 

^ ^ — — . — . — ... — 

i)«urnal îles déliais et <.!«$ «.écretü; nuinér» Ciif 


( 


i 



1 8ô 

la censüï« des esprits, les r/p^iianorts usurpées et exécn* 
fîves, furent dans tous les t/mps IüS syiiiptomes qui annoxi'» 
ccrent la perte de la libextc ; ic droit indéfini de penser , 
d’écrire cl de chs rs ce qu’on veut ; la raociestie des lonc- 
tionnaircs publics , et la ciÿiifian'^c rnutuclie des, représeu- 
taias epdes citoyens , sont la sig-îres auxquel: on va recon- 
noître qu’il existe une rep. ésenuuion populaire . qui a hi 
deux fois abattre les lyrsTii, tt plusieurs fois d.’iruire tou- 
te s If* s lacti-^ns. 

« Ilobespierrn , eVaprès ses projets , avoit dû avoir sans 
cesse sows li'S yeux celui de fiiire abliorer i’autoriié fiouriée 
aux deux comités , et celui de rabaisser et (ral'fi.ibiir la 
Di»nvention nat'onale. Il nous f^isoit liaïr , en nous iitrçnnt 
à faire des choix qu’il faisoit lui même , (i) en partie, e6 
blâmant tons coux que nous portions, il nous faîsoit iiaïr , 
en réduisant les comités à un petit nombre , et en éloi. 
f;nnnt , de cette réunion de députés , d'autres trruuîiilcLirs 
connus, d’autres taleris réels , et d’autres [lat iotes mo- 
destes. 11 rabaissoit la Convention, en lui ôtant le pins né- 
cessaire de s('S droits , celui de ne laisser la couf» ciion des 
travaux législatifs r[u’a des citoyens qui j^osséuent sa con- 
Jiance j il aifoiblissoit la représenuuion en l’isoiant des comi- 
tés , en la rétiiiisant à une approbation simple , quand il 
lui appartient une discussion JumiKGuse. Combien de fois 
nous avons gémi de cette iliéoiiy, qui nous a servi beau- 
coup quand elle a été portée cà un certain excès ; car elle 
nous a snvi à reconnoltrc et à épier los vues secrètes et 
ambitieuses de ce tyran ; c’est ainsi qu'il a\ oit fait donner 
au coniitcs le droit de nftmnier les commissaires et les 
adjoints des conirnifsions exécutives, afin rie s'emparer des 
choix , do se saisir (bï tous les bras d..e l’empire j de tous 
les moyens cl’admdnistratiou ; de puiser à son gré dans les 
finances attribuées à chaque commission, et de nous cerner 
de ses propres commissaires , pour nous perdre d un seul 
coup. 

« la crnlrab'sntion est bien, un moyen de gouvernement; 
mais la centralisation totale est la monarebje ou le d«s- 
potisnio. Robespierre dess choit toutes les branches d’ad- 
auinistratioxi qu’ii ne pou voit plier ou couper; il détournoît 
dans un bassin comint*n toutes les sources du nouvoir , 
toutes les dérivations d’autorité publique , afin de s'en, 
saisir plus facilement. 

« Cangula, désirait que le genre humain n’eût qu*iin« 
têie , pour i’abxTttre d’un coup. Robespierre travailioit à 
ce que r’autoriié nationale n’eût qu un point piour le sai- 
sir , qu’un centre pour l’usurper. 

« .11 faut aujotird’iiui que les pouvoirs revienneat tous à leur 



(i) Barèrc. .. .'B'ürtre. ..'.''tit meiîs ; puisque vous ivieZ une majorité 
cinq, conta? j^c]j-“spierre et son parti. ' . 


/ 


lll 

lOMrcB î iUfaüt la Oôftvéniîoû fïitîonôîd m 

prènne tout- à-coup , c« que la c®ntre-rlvoIution lui avoifi 
ravi iuseuisiblement. Si nous avons eu la politique utile cio 
ne pas avertir plutôt l’assemblée , c’est pour n© pas amener 
des déchirement inévitables , «t qui aufoient été pénible- 
ment supportés , lorsque l’opinion publique étoit entière- 
ment égarée , ou plutôt accaparée exclusivement par Robes- 
pierre. 

« Il est au-dessus des forces humaines de douze membres 
du comité de salut-pubbe de suffire constamment à tant 
de travaux 'disparates et successifs ; il est contraire à lat 
saine poiiiicpie de donner tant dmfluence et de pouvoir à 
un seul comité : si , pendent quelque temps , les circons- 
tances l’ont fait tolérer , c’est que votre conliaiic® étoit 
tournée vers lui , et que vos regards favorables ont tou- 
jours encouragé , surveillé cft secondé ses travaux. 

« Par le décret que nous nioposons , la Convention va 
nommer tous les comités et roules les commissions exécu- 
tives. Vous reporterez 1« elioix où sont les lumières , le 
droit où le peupla a placé sa coidiance ; vous reporterez 
la respionsabiiité des . choix la où le peuple a voulu qu’elle 
. fut ; il vous a uominés pour fair« les ioix d’adiuinisi i cation 
par des comités et des commissions , et non pQur a! an- 
cioriner à d’autres inaias le droit de les éliic ; c’est bcivre 
voire mandat , que de vous rtsaisir de ces élections , pour 
ne jdns les déléguer. 

<c Qui peut répondr© qu’un nouvel ambitieux , qu’un 
autre tyraimeau ne renriitioit pas des memes abos^ et ne 
ressusciteroit jias des débris de tant de conspirations , si 
vous ne les poursuiviez aujourd’liU’ ? Le pouvoir est cor- 
rupteur ; il a uéliuit les meilleurs principes et ig vé les 
îiieiüeurs citoyens : vous devez donc à vas membres de leur 
©ter ce poison subtil. 

« Que de bien vous allez faire à la fois! Vous allez re- 
jetter l’odieux des nominations qui pesoit sur les comités; 

« Rendre à rassemblée la responsabilité de ses choix et; 
un devoir à remplir ; 

U Donner au peuple la garantie des choix par Tapipel 
nominal ; 

« Rloigner les idées d'usurpation que quelqu’un pourroit 
avoir , malgré tant d’exemples utiles ; , , 

« Aîsurer à chaque député l'exercice de ses fonctions et 
la cor science de sa mission ; 

« Employer les talens et les vertus diverses de tous les 
membres de la Convention ^ 

Répondre aux intentions du peuple , qui s’est choif i six 
cent leprésentans au lieu de vingt ou trente; 

« Conserver à la Convention nationale Stcs droits de nomi- 
aatien et d’inliuence directe sur tous les iiavaux; 



ISüaiéro iiSi , page dii JQurr,al des débats et des décrets. 


I 




l 


é Réduire le côftiîté d© saîut-puTdic à la peusce et atfx 
mesures du gouvernement , aux affaires politiques et à la 
direetioii des forcés de la République. ,, 

Dis , Barère ; dis , Goliot ; dis , Billaud , vous tous me- 
neurs du comité de salut-public; comH^ent concilier le laii- 
gage que parloit Barère en votre nom , le 7 (liermidor , 
avec celui qu’il tenoit , également en votre nom , sons vos 
yeux, en votre prcscnco , ie ] 4 sept jours après. Et vous 
voulilNK que je voye en vous d* s hommes probes, des'licui- 
nies vertueux ^ des républicains , ainunit sincèrement la 
ifrie ? Non ; je i’nvoucr.aî , je préférerois mille morts à 
a honte d’assurer que vous avez ces qualités. Si je me 
trompe , si mon opinion eo‘ erroniice je ra\'Oue , je ne puis îa 
changer , pas mémo au prix de mon existence 

Oui, je vous cronai toujonrs avoir été les complices, et 

en meme tems les rivaux de llobespîerro ! oui , tant 

que je vivrai , je penserai , i'écrirai , je dirai que vous n’-ivez 
jerté la pierre a ce conspirateur que lorsque vous avez craint 
qu’ii no vons entraînât dans sa cliûte. 

D’après des pièces aussi probantes , et des observations 
aussi victorieuses-., que celles que je viens de rapporter sur 
l’article 21 , jè ne'doule pas que i’iioninie le moins éclairé 
ne convienne qu’éi est ahsoinmont et pé*'emptoirement con- 
vaincu ; eli la (ion'.euiion nationale ne. rapporieroit pas son 
décret du ib Fructidor 1 elle conserveroit dans son sein des 
liomines que la France entière accuse l présenter cette ques- 
tion comme problématique ce seroit in.sulter à la justice de 
la Convention. Et quoi ! r-ar ceqiie l’ex-procureur Bourdon 
( do 10 ise)aura désigné Billaud pour riiomme vertueux par 
excellence, parc© que Caniot par .fotblosso aura vanté l’ImiTia- 
iiité de cet antropophago , on paroîtra craindre qu(2 la 
Convention épargne ces hcurimes , nés pour 1(3 !ria!}if3ur de 
l’humanité ?non ; la Convenilon avoit besoin d’ètre éclairée ; 
elle l’est aujourd’liui , elle chassera de son'seia des hommes 
qui ia déshonorent. 

Lecointrre lit l’art. 22 ainsi conçu : 

<c d’avoir permis que l'è*’ gén<’ral Lavalette, Dufraise et 
très traîtres et conspirateurs der.oncés dès long-tcms aux 
comités et frappés par des décrets de la Convention , soient 
restés à Paris, y aient obtenu de l’emploi; et do les avoir 
mis ainsi a pdrbée de commotre de nouveaux forfaits. 
Plusieurs voix: les pièces. 

Lecointre : les pièces sont la condamnation de Lavalett* 
et vos registres. 

Le C.. j’interpelle Duhem de déclarer , si , l’année 

derniere, ayant été nommé commissaire à Parmëe du Nori , 



î83 . 

«t étant à portée de jt?gpr de la conduite del.avalette , j’e 
ne sais pas venu le dénoncer à la Convention , et si ca n« 
fût pas Robespierre qui prit sa défense. 

Duliem : le but de notre accusation est, n’en doutez pas y' 
citoyens , de réhabiliter la mémoire de Danton. Danlou ne 
se disputoit avec Robcspifrrv que de tyrannie; je l’ai sur-- 
pris là aux genoux de ce traître , qui soilicitoit la faveur do 
Rire un rapport à l’avantage de LavaJette. 

Forestier ; j’atteste le fait. Danton dit à Robespierre : 
clans mon rapport , je prouve tjue Lavaletre est innonccnt : loi 
tu me soutiendras. Je leur dis : quoi ! vous vous entondea 
tous deux pour soutenir un ci-devant nobi e , justement sus- 
pect aux yeux ds plusieurs de nos collègues : je ne vous 
conçois pas , je eonunence à douter de votre pair otisnm* 
IjOLirdon (de iOise ) : dans la jouînée du 9 , Tfirie des 
inculpations que je fis a Robespierre , fnt d'avoir placé La- 
ratette dans la gai de nationale parisienne; il n'a pu niur 
ce fait. 11 r-st atroce aujoui d’iuii , lorsqu’un condamné a 
avoua un fait , d’en accuser d’autres citoyens , qui. Oüè 
C onduit ce même htirame à l’echafaiu!. La dénonoiaiioh fia 
1 ecointre n’est qu’une rapsodie : c’est la dup» des intrigans 
quid’ontmi.s en-avant ; s’il etit eu quelque bon sens i! eut suivi 
le conseil c{ue lui ont donné plusieurs do ses collègues, 
Lecointre Piiyraveau : L.ivaiptte etoit l'homme île Robes- 
pierre et l’adjudant d’Hanriot. Quels sont ceux que iio,- 
bespierre vouloit perdre? Biliaud, Coilot etc. Gomm eut pont- 
on accuser ces hommes de protéger celui qu’ils vouloieiit as-? 
sasditer. .-p-j 

n LJuhern : Une preuve que Lavaleitc étoît î’horrra'e de 
Robespierre , c’est tjue lorsque nous avons été au comité 
de salut public chc relier des ptères qui éfoieni ucceseai- 
rcs pour jug-r les complices de Lavaleite , ©n nous a dit. 
que Robc;sp:erre les avoit enievees. jî 

En ycriié , je suis honieux de me voir obf gé ds 
fournir des- preuves matérielLs , lors mcinc que ceux qiû 
me les dcm.iudent , annonceut que Lavaleite et aunes 
ont été dénoncés par eux-rnémes à la Convention . au 
comité de. salut public; que ce Lavalette a et.* udle' 
ment défendu par Robespic rç , que B -urdon de 1 Oise 
a dit à la séance du g .• n que Robespierre a empêché , 
depuis le 26 irimaiie , rexéc.atiot-î du décret d’accusa- 
tion contre Lavalettc , et qu’il a sacrifié six pa-rinies 
de Lille. 

Le CO ritre - Puyr ;;veau nous dit ; 5» î.,av*alerte étoiç 
l’honi-me de Robespierie , et l’a ijudant d'Iîaiir.'Ov. n Je la 


Ruméro 71 » , page 248 ëa «ême J.carnâl , 
lUem. pa^'e 

\ 




i84 

fais; mais , comme le dit Bourdon, LavaUtte étoit soui 
le paids du décret d’accusation, 

jf, Je le demande , comment les membres du comité 
de salut public, qui le savoient, qui savoîent les dé- 
nonciations , qui avoient une majorité décidée contre 
le tyran ; qui , Sans se coasuher d’un cHn-d’œil , déli-r 
béroieiit , et fosmoient cette majorité ; comment , dis-» 
je, ont-ih pu permettre que ce Lavalettc , ex.- noble , 
marquis , décrété , eût une place aussi importante que 
celle d’aljudant - commandant de la jarde nationale? 
Car Robespierre n’a pu seul le nommer à cette place , 
non plus que DulVaise. Il ne falloit de leur part qu’un 
simple acte de leur volonté , qu’un simple désir de 
templit leur devoir , et tous ces intrigans disparoissoient ,• 
Kcbciïpierre alors réduit à un état dé nullité , dont il 
n’eût jamais dû sortir , si, par foiblcsse ou par conni- 
vence , les meneurs du comité n’eussent pas favorisé 
scs desseins. Enfin , depuis que Robespierre avoit quitté 
le comité , ont-ils retire les places à ses créatures ? Non... 
Pourquoi?... |’en appelle à ccu.v qui me lisent..... 
la plume me tombe des mains. .. mon indignation est 
au comble , d'cnc cbligé de répéter la même chose î 
^lais €av«rs les grands coupables , cependant il est de 
ces faits qu’on ne peut se dispenser de dire , d'écrire , et 
de répéter jusqu’à la satiété. Et le décret qui déclare 
cet atliclc faux et calomnieux , peut subsister ! Non , 
aucun de mes collègues ne le pense ; aucun citoyen, 
dans la République ne le croit ; il n’a pa,s même existé 
dans l’opinion publique un seul insiant. 

Lecoiatre lit l’art. ü 3 , en ces termes : 

îî De n’avoir pris, dans la nuit du 8 , et dans la jour- 
née du g ihctniidor, aucune des mesures qui pouvoient 
assurer la tranquillité publique et la sûreté de la Conven- 
tion , évidemment corwproruise par le discours du tyran , 
prononcé le 8 à la tribune de la Convention et le soir à' 
celle des jacebias , qui lui avoient promis, secours , for- 
ces et protection. 

Cambon : La conduite des comités de sàlut public et 
de sûreté générale , dans les journées des 8, g et lo ther- 
midor , sera jugee par la postérité. En mon pattieuher ^ 
je déclare que ces deux comités ont sauvé la patrie. 

Meuesrier ;Je dois à la vérité de dire que , dans 1% 
nuit du 9 au lo thermidor, des membies des comités de 
salut public et de tûretc j^énéralc sont venus , de distança 


en distance, ndns donner réveil^ et nous faire adop et 
des mesures salutaires. ^ 

Plusieurs voix ; C’est la Convention nationale toute' 
entière. 

Moiicstier: |c suis très-éloign^ de vouloir ôter à la Con- 
vention naiiowalc la gloire qu’elie s'est accjyisc dans cetic 
jouvKce ; mais il est de l’exacte vérité de dire que Billaud- 
Varermes , Cellot - d’Hfcrbôis , Barèrc , Elie - Lacoste , 
Vadier et autres , sont venus rendre un compte particu- 
lier de ce qni se paîsoit'dans Paris et des mesures qu’ils 
avoicni prises pour assurer le triomphe de la liberté. 

Goupiilcau : I e membre qui a prononcé la mise hori, 
la loi des coupables , estVouland, orgaue des deux comi- 
tés de iitilut public et de lûrcic général^. 

L’art*cls 24 étant uDc suite du précédent , je me conten*. 
ferai des ebserv.4ions que me iournir ce nouvel article. 

Lecointre lit l’art, «4 , conçu ainsi : 

n De n’avoir pas fait arrêter, dans la nuit du S 9 , 
le général plaunot, le maire et l’ageut national de Paru^ 
Lavalaite et tant d’autres principaux complices de R«- 
btspierre , qui tous leur avoièut éic dénoncés par plu- 
sieurs collègues. 

PlusicuTS voix ; Les pièces. 

Lecointre : Dans i’impritiaé qui vous a été distribué , j’aî 
dit que , dans la nuit du 8 au 9 tàcrraidor , j’étoi# allé 
trouver Lavicpmierie , au comité de sûîité générale ; que 
je l’avois pressé de faire arrêter lîaniiot . le maire et l’agent 
naiioual. A une heure du matin je réitérai la mêane prière 
au comité; je lui appns que mon frère , notaire, capitaine 
dans la gatde «ationale , avoit reçu l’ordre de se tenir 
piêt et en armes avec sa conipaguic. A sept heures , jc 
demandai qu’on fît venir moe ftète , pour rendre compte 
du fait. Ls comité fit dioit à ma demande , et l’eiivoya 
chetchcr. On lui demanda si l’ordre qui lui avoit été 
donné éioit d'fîanriot. Il répondit que cet ordre étoit du 
coramandaui du quartier. Fréron peut attester ce fait. 

Fréron : }e me suis préscoté au comité de salut pu- 
blic à une heure et demie , dans la nuit du 8 au 9 , dan* 
l'intewtion de demander l’arresuiion d’Hvnriot et dm 
matre d'e Paris. Je ne pus , quoique je me fisse 
neîire pour représeniani du peuple , pénétrer jusqu’au 
bout où il étoit assemblé. En suiunt , je renconirai 
Cambra , à qui je fis part de mes alarmes. Il me dit i 


N 


?iuaiéro 711, jage 2^., 


. r 



i86 

sois tranquille, je trouverai le moyen de pénétrer, et ; 
de prcseniçr ta demande au comité. 

Cambon : Le tait est vrai ; mais quand je fus arrive 
à la première salle du comité , ©n me dit que les mem- | 
bres délibéioicnt. je fus témoui d’une r;xe assez fjrte i 
entre St. Just et Collot-d’Hcrbois. Je m’en allai , sans 
avoir pu m’acquitter de ma commission. y 

BdlauJ-Varcnnes : il n’y avoit pas de doute , après 
la séance qui avoit eu lieu aux jacobins , que la con- • 
trc-rév©îu;ion ne fût à rordre du jour. Il iaut vous • 
dire un fait qui est consigne dans ie discours de St. * 
Just , c’est que le ccmite délibéra s'il tercut artêter é 
l'agent natiG-nal , le maire , Kanriot et autres conjure-s 
La discussion fut très-chaude entre Coilot-d'Iic: bois et ' , 
Sa;nt-)ü3i. il eteit facile de voir que la commune , le ? 
commandant de la garde nationale, et les Jacobins eux- - 
inêcncs , ctoient pour les conjurés : leur p.ojet éioit 
d’empêcher que la Convention se rassemblât ie lende- 
main. 11 frtliüit donc piendre des mesures pour fiirc 
t chouer cette disposition liberticidc. Nous crûmes qu'il 
eroit sage d’appeller au comité de salut pubbe ie maire et 
l’ageru national,* nous pensâmes qu’en les icnant au mi- 
lieu de n©u5 , iU ne pourroient correspondre avec les 
autres conjurés; si c’est là un crime , nous avouons que • 
nous en sommes coupables. ( on applaudit ) Le comité 
de salut public sentit que la Convention nationale pou- 
Toit seule arrêter le mouvement qui se préparoii ; il se 
rendit dans son scia , et proposa l'arrestation du maire, 
de Dumas , et de plurdeurs autres conjurés. Couthon , 
qui «avoit que nous allions faire cette proposition , 
voulut nous arrêter par une discussion oiseuse , mais 
lions le laissâmes au comité. 

Barère : Ou nous accuse de n’avoir pris aucune me- 
sure dans la nuit du 9 au 10 , et cependant toute la 
France coanoît celles que nous avons proposées. 11 est 
bon de rendre compte ici de tout ce qui s’est passé au 
comité. 

St. just. qui avoit promis de nous dénoncer, nous 
observdit corjstamment ; il nous avoit annoncé qu’il dc- 
yoit faire un rapport à la Convention , dans lequel il 
nou? mculpoit. îl arrive au comité le 8 , au moment 
où Kobespierre irio.mphoit aux lacobins. Nous étions 
occupés à des objets, d’administration ; il s’aésu , et ne 


Ktunéro 711 , pag® 2^^, 
lêM , Page 




1 §7 

■prît ancûne part à la dclibération. A onze heures, nous 
lui dîmes : puisque Ju ne hns rien , iis-no.is ton rapport. 

, Ï1 nows répondit , qu’d avait envoyé les premières feuil- 
les à un eie ses anus. — Eu ce cas , iis n@as ta coriclu- 
si^o. Il ne le voulut pas. Coliot-dllerhois arriva dans 
ces eiurelaitcs ; en entrant ses regaids se portèrent 
sur Sr, Just , qu’il obseiva d’une maniéré tranquille. 

. 8r. juil lui den^wïrida ce qui se [^assoit aux Jacobins. 
Ouo', î lui du Cojic'.-d’Hei boi'j , tu nous detnarides ce 
. ijui se passe 'N’es tu pas le complice de Robespierre ? 
N’avez-vous pas combine vos projets? Je le vos , vous 
avez organise un infâme îriunavirat ; voue projet est de 
n®iis assassiner, et av-^c nrjus la République; mais je 
vous déclare , quand oun même vous parviendiiez à 
nous faire périr , vous ne jouirez pas long îcrnps de 
vos füifaits; et le pcnple , qui ne îardevoit pas à être 
éclairé , vous meureit en pièces, St. -J usl pâlit et se 
déconcerte. 

Tu as dans ta poche, reprit CoIîotd’Herboîs , des uoles- 
contre nous : i^onire- noLis-les. St. -.lust vuida ses p®c]ie5 , 
et nous assura qu’il n’en avoit aucunes. 

A cinq heures du matin, Saint Just sortit, et promit d@ 
revenir à onze , nous faire part du rapport qu’il devoit faire 
à )a Con\ enliùii , et nous nous rei iràni^^'S j.'our rédiger des 
mesurps que nous avions prises. A midi nous reçûmes une 
lettre ainsi conç ie: 

,, Vous avez fléüi mon coeur; je vais l’ouvrir à îa Con^ 
ven.’Ion nation.! !o. Signé Saint- Just 

(^outiion s’empara de cette feitre. Nous vîmes alors que 
nous étions trahis. Vous savez ce qui s'est ;)assé dans cette- 
séance mémorable, et les mesures que nous avons^ proposées 
contre les Liaîtres. 

Après la susjiension de la séance, à cinq lieures , on nous 
apporta au comité de saint public, un ordre s:gné Hanriot , 
qui enjoignoit aux sec.Liojis de se lendre en armes à la 
commune. Anssi-tot nous finies imprimer un arreté que 
nous envoyâmes aux 'seciions, portant uéToise , sous les 
peines les plus rigourf^^ses , d’obéir au traître Hanriot. Nous 
vînmes ensuite à la Convention , proposer d’accorder une 
couronne civique à crini (jui apjioi teioit la tête d’Hanriot , 
et la ndse ho s !a loi de Robespierre et ses comj>lic#s. V^oilà 
ce que noe.s avons Fait , c’est à vous de jugofr. (Vifs applaa- 
dissf^mens ). ,, 

J'aioute ici à ce que j’ai dit, et en adressant la parole à 
Bill aud: Quoi î Billaud, le comité savoir que, dans là soirée 


Klun ro yii, page 250 du Journal des dskfi». 
Hcfliér© 711 , page 




"7 



tSS 

"du 8 thermidof , «|>rès la séance des Jacobins , la contfe* 
rf^volution étoit à l’ordre du jour î „ Tu dis ; „ Ji éicit 
facile de voir que le comioandant, la commune -31 îcs Jaco- 
bins étoient d’accord avec les conjuras: qu« leur projet ëtoit î 
d empêcher que la Conveniion ne se rassemblât le lendemain. 

IV ous étiez assemblés , la conjuration , les noms des principaux 1 
conjurés, Hanriot, le maire , l’agent national de Paris , La- 
vaJette , etc. 3 tous vous étoient connus , et aucun n’a été 
arrête^ sur le champ : et tu cirois , Billaud , nous dire assez» 
«n alléguant aujourd’hui qu’en les appellaiit auprès de vous 
pour les empêcher de correspondre avec les autres conjurés ^ 
cette mesure siiffisoit. Crois- tu donc nous faire illusion? Non , 
Billaud; et je t interpelle de répondre. Cet arrêté a-t-il été 
véritablement piij>? S’il l’a été, a*t il été exécuté? A-t-il au 
moins été notiiié aux eonjuiés ? Quelle réponse , quelle suite 
cs-ta^ donné à leur refus? Mais si ton allégation est men- 
songère , pourquoi , ne le croirois-je pas? Collot , dans le 
récit qu’il a fait, le q tiieimidor, de la séance de la nuit" 
du 8 ttu q, ne dit pas iui mot de ce mandat de réunion du 
maire, etc. aux comités réunis. Collot parle bien des Jaco- 
bins, de Coutlion, de S.iint-Just , de son démêlé avec 0® 
dernier au sujet de Fouché de INantes, auquel il nioit , 
contrevérité, avoir parlé depuis plus do deux mois : démêlé 
si Vif, que Cambon la qualifie do rixe assez forte entre 
Collot et Saint-Just. Mais Collot ne parle d’aucunes mesures 
prises contre les conspirateurs; et s’d en eût t té prises quel- 
ques-unes , inênie celle de mander au comité les cliofs de 
la municipalité, Collot ne l’eût pas passé sous silence; et si 
vous eussiez pris des mesures de force, de prudence , pour 
garantir la Convention nationale, pour éclairer le peuple* 
pour arrêter les grands coupables , n’auricz-vons |)as , lo 
matin, à 1 entrée de la séance , rendu un compte détaillé do 
'VOS operations de la nuit? Avez-vous, cliles-le-moi , mis la 
même incuiie à vous assurer des Siraons, des Hérault , d,e» 
Deiaunay, et de tant d’autres conspirateurs , pour l’arrestation 
dcsrpiels la Convention vous a «lors témoigné sa jus e sa- 
lisfaction? Non. Pourquoi celte ditfércHce , puisque les dan- 
gers étoient plus imminens encore en ces derniers inomcns ? 
Pourquoi avez-vous trouve le icms, daus ccitc nuit, de 
vous occuper de démêlés personnels ? Pourquoi arcz-voaJ 
trouvé le tems d’envoyer chercher pouché.xde le faire 
interroger par Rhull , de vou.s répandre en invectives 
les un^ contre les autres , et n’avez-vous pas trouve celui 
lie faire arrêter les grands conspirateurs , et de placer 
des hommes sû:s auprès de ceux contre lesquels hi pru- 
dence n’exigeoit que delà surveillance.^ Pourquoi n’a- 
voir pris aucun arrêré pour remplacer sur le champ ceux 
‘ que vous aviez lait incarcérer.? Rien de tout cc'a n’a été 
fait , et vous nttes pas coupables ! Eli ! qu’on ne croie pas 
que je prête à Coiiot* »uiie chose que cc quM a dii , ie 


tS^ 

lif^ thermidor, à la Convention : Cest «n extrait fitièît 
j de son discours rapporte auxpagciijS, 179 et 180 du 
Jcn.'-nyl (i’es débuts , rt®. 677. 

51 , danb' ce même jour , des mesures ont été prises , c’est 
par la Convention elle-même ; informée des dan-^^ers de la pa- 
trie J elle vous s contié une parue de rexéciuiom Foiivoit-elie 
I faire autrement ? Ce défaut des précautions , que vous auriess 
dû prendre dès la nuit du 8 au 9 , a donné le lôisir à la Com- 
mune de Paris et aux Jacobins d’insurger. 

A la séance du soir , Bourdon ( de l’Oise ) et Brival vous 
l’ont dit * 

Ce défaut , de votre part, d’avoir pris des précautions à 
teanps , a été cause que Merlin ( de Thionville ) a été arrêté 
par Hanriot , qui, à la têt® de 4» forcenés, a fondu sur lui 
Je pistolet au poingt , et sa troupe Je sabre à Ja main ; et , 
après l’avoir déposé dans un corps de garde , ce même Han- 
riot a porté le trouble et la terreur dans les différens quar- 
tiers de Paris. Si Merlin a recouvré sa liberté, c’est aux dis- 
positions que vous aviez ordonnées pour assurer celle des ci- 
toyens ; c’est à som énergie , c’est en rappellant aux principes 
■et -au respect dû à la représentation nationale , Jes citoyens 
Armés , qu’il la doit. 

Si cinq braves gendarmes ont arrêté et conduit Hanriot aii 
comité de sûreté générale , c’est un élan de patriotisme qui 
leur a suggéré certe belle action , et non la suite des précau- 
tions prises ou ü!*donnée3 par vous. 

A huit heures du soir le maire de Paris n’étoit pas encore- 
' Arrêté : c’est toi Billaud qui nous annonce ce fait , auquel tu 
ajoutes : „ Au mépris des décrets, ou a mis en arrestation 
des hommes couverts du manteau de la loi : le conspirateur Sijas 
provoque le peuple aux Jacobins, des cac.onniers égarés par Han- 
riot ont été sur le point de diriger leurs canons contre Ja Conven- 
tion : il faut savoir prendre des mesures vigoureuses : il faut 
savoir mourir à son poste. „ 

Tu annonces , enfin , un rapport des deux comités réunis , 
avec des mesures capables de sauver la liberté ; elles sont ins- 
tantes , dis-tu , car ce hardi factieux , cet artificieux conspi- 
rateur ( Robespierre ) est maintenaat à la commune. ' 

Ces mesures vigoureuses n étoient pas prises , Billaud ; c’est 
ce dont je me plains; c’est ce que je dénonce. Si dans la nuit 
du 8 au 9 , au lieu de vous déchirer mutuellement , vous les 
eussiez prises , vous auriez bien mérité de la patrie. 

Quel étoit pendant ce temps l’état de la Convention? On 
lui annonçoit qu’une force armée marchoit contr’ells : cent 
hommes au plus composoient sa garde : iléroit neuf heures du soir. 

Diras-tu non , Billaud ? Demanderas-tu des pièces ? T'cii 
faut-il de matérielles ? Oui , car depuis long-temps ta coin- 
'cience t’a abandonné. Eh bien , je te renvoyé au journal des 
, débats et des décrets , No. 6/7 , pig. 1S4 et suivantes dont 
-je ici l’extrait. 



Coîlot prend le fauteuil; (cetoit le president’ de quinzaine) 
Coilot dit : 

„ Citoyens : voici l’instant de mourir à notre poste; des 
scélérats, des hommes armés ont investi le comité de sûreté 
générale et s’en sont èniparés. „ Les citoyens qui remplissent 
la salle et les tribunes , s’écrient tous , allons - y : ils sortent. 
On applaudit. 

Eh bien, Billaud,.... Qui a sauvé la républic|ue , la Con- 
vention , dans ce moment critique? S’ont-ce les mesures prises 
par les comités de gouvernement , de police générale , dans 
la nuit du 8 au 9 thermidor, dans la matinée même? Ou 
bien est-ce le zèle des citoyens , du peuple , et son amour 
bien prononcé pour la Convention ? . . . . 

Le département de Paris se présente à la barre , et dit * 

,, Le departemenr se rend ici pour recevoir vos ordres. „ 

Quoi! Billaud 5 c’est à 9 heures du soir, c’est seulement à 
, cette heure, que le dépanement, la première autorité cons- 
tituée de Paris , est avcttl des mesures à prendre pour la 
jsûreté publique ; et ce departement ctoir si peu averti de ce 
passoit , qu’il venoit d écrire à la commune pour savoir 
les mesures elle avoit prises pour la tranqiiih.té des ci* 
ns ! Quoi î Billaud , les comités s’étoieiit endormis sur 
cette autorité ; ils ne lui avoiciu donné ancuns ordres ; ils ne 
l’avoient pas même prévenue ! Que de réflexions ! 

Mais sont-cc les comités qui ont provoqué 1 appel à la barre, 
des membres du departement ?, Non. C’est Merlin de Thion- 
ville. Et les meneurs des aeux comités viennent au bout d’un 
mois nous dire qu’ils ont pris des précautions; et sans en jus- . 
tifîcr, iis mendient des apvlaudistemens que quelques hommes 
des tribunes , payes ou insoucians leur prodiguent l.i.... Je 
poursuis. 

La Convention nationale décrète : que le département sc 
retirera vers les comité, de salut-public et de sûreté générale, 
pour y recevoir leurs ordres 

Certaineincnt , Bill.iud , tu seras forcé d’en convenir : si les 
comités réunis, dans la nuit du 8 au 9 , avoient prescrit à 
ccrtc autorité constituée , à la commune meme la marclie qu’elles 
dévoient tenir , après s’etre assurés de ceux ciu’iis regardoient 
comme conspirateurs, que de sang eût été épargné! Que de 
citoyens n’ctissent jamais été coupables! car, tu le sçais , en 
gotivernt^ment , quand ceux qui viennent le timon des affaires 
r.c préviennent point les crimes, ils sont de droit plus crimi- 
ceux qui les ont commis de fait. 

abicb que j’indique, ne disent 
Bectation , que 
, la Révolution , 
nt permis 





4>u toléré excusé ou recelé, ordonné, peut-être 
crimes^ ces horrimcs pouvoient, parce qu’ils éîoient 
tis d’un grand pouvoir, sc, croire inviolables. Non 
le sont pas , non : et la Convention préviendra 
tera les calomnies des malvcillans , en rejettant 
peser îur leurs veriiables au'eius des crimes qui de 
reroient norj-seulenient la reprc-scniation nanonale , 
uooe rcvüluiion , si les principaux chefs des crtupables 
resîoient impunis: chefs d’autant plus criminels, qu’ill 
n’onî usé de leurs immenses pouvoirs que pour écraser 
le c toyen foihle. et paisible, opprimer C innocent et tindé- 
fan lu , protéger Je diln pi dateur et le conspirateur ^ et mettre 


qumd le •2!) pra ils ténoncoîent Legendre, Thnriot , Bentabole et moi- 
même au tyran , parce qu'alors je faisois voir à quelques amis le manus— 
4:rit que j'avois (ail contre lui , pour le dénoncer à la Convention , écrit que 
depuis i’ai fut tinpr'iner et distribuai. La lettre de Cailler, dont je donae 
ici copie , en fournit la preuve la plus complette. 

Copie de la Lettre de C ai. lier à Robespierre, 
dont l'ûrmnc.l existe dans les carions de Robespierre. 


l es ennertns de Robespierre sont nécessairement ceux de la République. 
Ro*^”spietre ne peut ignorer qu’il existe dans la Convention des hommes 
qui dcûfstent le comité de salut public. Robespierre doit au^si savoir qu’il 
en e t jî’.mtre.s qui ëtoient intimement liés avec les Danton , Lacro x , et qui 
fiis'iient leurs orgies avec eux chez rinlânie Guzman. De ce nombre .sont 
L 'g'ndrc, d'îunir>t , Kentabole , Lecointre. Quant à ce lVrni^‘r . j’ai 
diur qu'il doit, être porteur d’un manuscrit intitule': Robespierre opposé à Iv.i- 
même dans leiuiel ayant depece les discours de Robespierre LecciîUre 
cherche n prouver aux hommes qui ont la patience de l’entendre et la 
scélératesse de sc taire , que Robespierre n’a pas toujours été d’aece 
lui iiiéine. Les ennemis de Jean— Jacques avoiei t fait de meme, et 
pirvcnus calomnier le premier apôtre lies droits de 
eciits c-toient captieux. Il fairdroit voir celui de Lecointrt 
son audacieux menronge et de sa perfi lie ; mais s’il t ouvr , a,n.‘i que je 
oui dire , des auditeurs qui se taisent , cette diatribe est sans doute d 
leurs principe.s. Qiiant à moi qui , par un caractère révolutionnaire bien 
prononcé -, et qui, a ce titre précieux ai été persécute ; et que les aristoc ates , 
les modères fuient , je n’ôi pu parvenir à me procurer sur ce rnanu;crit 
au'une preuve mat'rielle. Cependant je me croiiois fort coupable de ne 
pas révtler même sans preuves ce qui a frappé mes oreilles. ( 1 ) 

Signe, C ALLIER, ancien commis des postes, 
de la comptabilité natioriale. 

Paris, le 2 5 prairial , l’an a de la République une et 

( I ) VU espion ! tes oreilles valent mieux que tes yeux , car il 
faux que fait Jamais connu ni vu Gurman', mu'S fl est très vrai que J’ai 
eomposé le manuscrit que tu as dénoncé à Robespierre. J* en avais fait 
lecture en présence d’un de tes collègues , che^ son beau-père , le jq. prA^ 
rial, c* est- à-dire , justement La veille de ta délation. 


Le corfiité de sûreté générale a fait 
ftii.saat mcarcérci le vendémiaire. 


K 



19s 

tnSn par-là la république à deux doigts de sa pc»’të.- 

Si r©n p©uvoit encore douter que c’est de l’insou- 
ciance tt de I incline des deux cornues que provient Tétât 
critique «ù la Franc» s'est trouvée x-lans la nuit du 9 au 
10 thermidor .je mettrais leur conduite en parallèle avec 
celle des ch^'fs de la cons«'ir:nîofv. 

Et afin , Billaud , que tu ne me prêtes rien , je rapporté 
ce que Thuriot disoit à cette même séance du 9 au soir, sur 
l’état des conjurés , et des précautions qu’ils avoient prises 
pour réussir : ( i ) il s’est ainsi exprimé : 

„ Pourroit-on douter cju’il y ait une conspiration , d’après 
ce qui se passe? Ce matin, avant neuf heures, rii|ipel étoit 
Fait , les ordres étoient donnés , la force armée étoit provo^ 
quée contre la Convention. Quel étoit donc cet accord , si 
ce n’étoit celui du crime? Si le crime triomphe, croyez-vous 
que dans 2.4 heures il puisse exister un hôiTim.e- vertueux dans 
les murs de Pans? Non. 11 faut que les hommes vertueux se 
poignardent?, ou conduisent les scélérats à Téchafaud. „ 

En bien , Bdi^ua 1 eh bien, Vaihei ! et vous tous qui 
■étiez investis depuis un an de tous les pouvoirs : vous , 
dis-je , qui connoissiez depuis plas de six mois le cons- 
pirateur et ses complices : vous qui saviez le S à 10 
heures du soir . ce cii! s’étoit passe aux Jacobins : vous 
qu'on av©ii sollicués ce soir - là même , de faire arrcîcr 
les principaux chels de la force civile et rnduaire , qu’aviez- 
vous fait le 9 à quatre hcuics après muii ? Bien encore. 
Eh bien! qu'avolent fait les ennemis de la chose publi- 
que? Tbutiot vous Ta dit .... mais poursuivons : 

Aimé Goupilleau : J’a^inoncc à la Convention que 
Elanriot vient de s’échapper , et qu’on TetBancac en 
triomphe. — L’assemblée frémit d’horreur. 

>» Elic-Lacoste : Plusieurs des conspirateurs viennent 
d’être mis en liberté. Rêbespitrre qui, contre U vcen 
du Comité de Sûreté générale , avoit été conduit au Lusem- 
bourgs a été refusé par l’Administrateur de police qui 
se treuveit dans cette maison , et qui Ta fait con- 
duire à la commune. Les officiers mun cipaux l’ont ei 
brasse , T®nt traité en frère , et lui ont dit qu’ils le pro- 
tégeraient. 

Je vous le demande , vous aviez pris des mesures , 
des précautions , dites vous , ei^ Hanriot est. arraché du 
milieu du Comité de Sûreté générale , où il etoit en- 
chaîne; et les Kobespierre , et leurs acolytes, au lieu 
d’êirc incarcérés , sent conduits en triomphe à la 

municipalité . 


Kumér» 677, page 384 Su Journal dejS 




miinîcîpalité , et ont le pouvoir de donner encore im- 
punément des ordres par la voix d’Hanriot, sur la place 
mênie du Palais nationali . 

Déjà la perfide commune avoit organisé un comité 
d’exécution qui écrîvojt une circulaire aux sections , le 
9 Thermidor , ainsi conçue ; 

î» Courage , Patriotes de la section des Piques , la 
Liberté triomphe. Déjà ceux que leur fermeté a ren- 
du formidables aux traîtres sont en liberté. Par-tout le 
Peuple SC montre digne de sou caractère. 

Le point de réunion est à la commune, dont le 
brave H?.oriot exécutera les ordres du comité d’exé- 
cuiion qui est créé pour sauver la Patrie. Signi Legrand 
Louvel , Payah. Le Rehauts. >» 

Soyez vrais une fois ! dites que vous n’aviez rien 
rien prévù 1 Voilà \otre meilleure défenie. 

Aussi, Amar , au lieu de vanter votre prévoyance, 
disoit à la Convent on Nationale , à cette même heure: 
éclairons le Peuple et nous bravirons tous les dangers. 

Vouland proposa de prendre dans le sein de la Con- 
vention un chef pour la garde nationale de Paris, et 
désigna Barras v qui , aura , dit-il , te courfge d'accepter ; 
mais si Vouland proposa cette mesure , étoit-ce bien 
par suite, de. la prévoyance du comité? Non 
celui qui fit la proposition que la Convention 
nale , livrée à elle même , prit des mesures 
défense, et la poursuite des ennemis de la chose pu- 
blique , fut Beaupré après que Gpüot eût annoncé 
à la Convention que c’étoit l'instant de mourir chacun 
à son Poste* 

Beaupré s’exprima ainsi: fi) 
î» Il ne suffit pas de. ne point craindre la mort poui 
nous; il faut craindre celle de la République^ et nous 
la tuons si nous n’agissons pas pour U défendre. 

Que la Convention s’empresse de nommer dans son sein 
une commission qui aille tout disposer , au nom de la 
Convention , pour sa défense et la poursuite de ses 
ennemis. ' 

Ccue proposition fut accueillie et renvoyée au Go- 
wdté detSalüt public , et de Sûreté générale, qui vinrent 
bientôt par l’organe de Vouland , désigner Barras 
Commandant. 

Il ne pouvoir être sans doute proposé un meilleu 
choix. L’intrépide Barras accep’a , dercanda et obtint 


Kuinéro 68) , pages 229 et ^24 du journal des 






«sept adjoints. Maïs , sî le, peupla , st les citoyens n’eussent 
pus œouîfé la plus grande éaergie et la plus grande 
•cûutiance , cernunement ce u-’etoit pas à dix heures du 
soir qu’il éioit teaas de laaccr des décrets de hors la 
loi , loriqu’ou n’et®li assuré d’aucune force armée pour 
l’exécution ? . 

Etoit-ce le moment de nommer des chefs du seia 
de la Convention , p®ur diriger la force armée , lors- 
qu’on n’étoit pas ie le répète , d’avoir un seul citoyen 
armé à coinmandt r ? Eloit-cc bien l’heure de présen- 
ter le faupQit annoncé par Billaud ^ sur les mesures 
capaJfUf de sauver la liberté? Non sans doute,* et je 
ne cesserai de le répéter : la nj^sse du peuple n’a. 
eu besoin que de &a seule, impulsion pour sauver la 
représentation nationale , et par elle , et , avec elle , 
la Patrie. 

Quoi ! votre ambition, vos haines particulières , votre 
soi! de la domination , auroient mis la République dans 
la crise la plus difficile où elle se soit jamais trouvée ^ 
et je me tairois , lorsque caes luarrières ^ ma conscience, 
tout ce que je vois, tout ce que. je sens , tout me dit 
que vous n’eiiez que deux factions qui se dispuloicnt 
la ty.aiaiâie ! et je me tanois , lorique je sais que 
peu de jours avant que rinJirne Robespierre montât 
à la tribune, les deux Comités f Robespierre présent) 
se sont réunis pour lairc une paix générale qui, si 
.elle eut réussi , ‘ perdoit à jamais la France! en effet 
Turi des points de la réco iciliation ( la poitérité en fré- 
mira d’iiorrcur ) fut que Barére presenlccoit le lende- 
main à la Convention , au nom des de «x Comiics , un 
décret pour créer quatre l'ribunaux Révolutionnaires 
ambnians , avec tout l’attirail exécutif, îifia d’accélçrcr 
la mort des conspirateurs, c’est-à-dire l’assassinat de 
tous les citoyens qui auroieat du caractère , de l’cnér- 
c , des lomièrej ., ie la probité et de ta fortune. 
Cette proposition qui avoit déjà été f..ite au Comité 
plusifiuts fois, tenouvelie ce jour là avec plus de force, 
et yivei»ent appuyée , fut forumeit combattue par. 
Liriviet qui . vs’il ne parvint pas à faire rougir son auteur 
et ses adhérent , la fit néanmoins retirer ei les mena- 
de s’élever à la tribune contre cette institution 
^uinaire, et d’éclairer la Convétuion sur l’atrocité 
des intewtions qui l’avoient fait concevoir. 

Sans doute quelques personnes confiantes se refuse- 
ront ù croire une scclérate.sse aussi fuouie ! moi- même 




*95 ' 

témoigné autant d’ctonneaent que d’indignation, mai» 
quand il m’eût dit quM fenoit ce fait de Lindct lui 
même, qui Tavnit rapporté eu présence de plusieurs 
membres du nouveau Comité de Salut public, après 
la retraite de, ceux que je dénoncé , j’ai dû le croire. 
jMaigrc cela ,dçux^ jours après, trouvant Lindct à la 
Convemion , je /lui en ai podé pour savoir s’il me la 
confirmeroit , et il Ta fait, Je croi» donc de mon devoir 
de le rappeiier ici , parce qu’il démontre trop, le ca- 
ïacièrc de ces hommes de t&rrmr ^et de sang pour 
oublié. J’ai su également que si Lindet eût été présent 
lorsque Carnot et Prieur de la Côte-d’or sont montés 
à la tribune pour défendre Billaud, il n’auroit pas 
manqué de donner grandes lumières sur les ques- 
tions qui venoient de s’agiter. 

Quel citoyen ne frémit pas au récit d'un projet 
horrible? ^ 

En dévoilant la turpitude de tous ces grands meneurs , 
qui ont , par leur conduite , endurci le cœur d’homme* 
foibles , devenus féroces par égarement , et par l’exemple 
de ces monstres en place sur lesquels la France entière 
appelle avec raison une justice prompte et éclatante , 
il laut , pour prévenir de semblables excès , prémunir 
les citoyens contre les discours perfides et cruellement as- 
tucieuK de ces financiers barbares , qui donnent à croire 
et à penser que pour enrichir le fisc tout est permis. 
Il faut, pour faire rougir, s’il est possible encore , ces 
amis de boue , marquer par une grande publicité au coinf 
d’une réprobation universelle , le langage atroce qu’ils 
tiennent hautement^, et dont les suites ont été si funestes 
dans la société. 

Gambon , ce chef directeur des finances de la répu^ 
bliquC', qui défend aujourd’hui aveé tant de zèle les 
grands coupables que je dénonce , il y a quelques mois 
au sortir d’une des séances de la Conventiorv, disoit 
haute voix , en présence du public et de notre collègue 
Garnier (de l’Aube), qui m’a autorisé de citer ce trait 
dont il a été le témoin : 

5» Voulez-vous faire face à vos affaires , i îsoît Gambonl* 
Guillotinez. 

,, Voulez -vous payer les dépenses in menses de voi 
quatorze armées ? Guillotînez, 

,, Voulez vous payer les estropiés;, les mutilés, tous 
ceux qui sont en droit de yous demander? Guillo- 
tinez. 

,, Voulez-vous amortir les dettes incalculables que vous 

avez ? GiiUIotiDaz . ruilIaLiafiz . «t cuis ruillotinez . 



196 

' Je veux blén ne caîactéiiscr ce langage immoral que 
d’impudence, quoiqu’il ait- fait sur l’esprit de tout être 
pensant, i’jmpresston la plus défavorable, et quM ait 
porté un coup mortel au crédit et à la confiance natio- 
nale. Car ne nous y trompons pas ; une indisciéiion de 
ce genre fait plus d’eitncmis à la révolution , que tous 
les rois coalisés , sur-tout loisqu’on alFecie par-la de faire 
croire que la ricnessç est le plus grand enme pour un 
citoyen , ou qu’on compte les services reodus à la Ré- 
publique, en proportion de ce qu’on contribue à livrer 
au giaive de la loi un plus grand nombre de citoyens 
riches ^ comme Vadicr le disoit de Hertm. 

Ces opinions propagées dans l’esprit U la partie la 
moins éclairée dei ciioyens . a lendu leurs ames insen- 
sibles à CCS exécutions sanglantes , et leur a fait croire 
que la guillotine , comme l’assuroit Lebon ; que les laxcs 
révolutionnîiires , comme le disoit ûubouchet dans le 
département de Seine et Marne, éioient les seuls moyens 
de leur donner ( sans bourse délice ) des propriétés. 

La Convention nationale a révoqué très-sagement l’usagé 
de ces taxes arbitraires, quand elle a su l’esprit d’injus- 
tice et de passion qui les avoit fait imposer , sans qu’au- 
cun décret l’eût précédemment ordonné. 

La foime un peu acerbe (1) que Dubouchet employoît 
pour obtenir le payement de ces taxes presq.ue toujours 
imposées sur des citoyens qui avoieul fait les plus grands 
sacrifices pour la révolution ; cette forme porte avec elle 
un caractère de tyrannie trop bien marqué, pour ne point 
trouver place ici. Dubouciiet , qui sait que tous les hom- 
mes ne sont pas également propres^ à ^exercer ces vexa- 
tions, a eu la prudence de ne déléguer seS pouv^oirs 
en celte partir çt celle des cnipriscnnemens , qu'à des 
prêires : trois daus la seule ville de Melun, ( Melier 


( 1 ) Miîraïf ce Brumaire de l'an second. 


» Tu CS av'^rti , Cîroyen, qri.r fu .’s été porté par le citoyen Dwbou- 
cliet, rtprcientant du peuple cliiislci éparteraent de Sein^ et Maru$, 
sur, le rôîe ^Ic-s jmpoïirion* ererraordinaires pour le soelaF^ement des dé- 
■fens nfs de la patrie, à la soninvi de cinquante niille livres. Je te 
requiers en son nom , de déposer cetre somme sons huit jours , pour 
,îûut dclaif chez, -ie citoyen îa^er , nommé receveur par le citoy(^ 
Pubouchet , sous peine de la cC7vfiiiUîion de tes biens^ <t en outrq, 
d’être regardé scspect , et traité comme tel «, 

Salut ét fraternité. 

Shnd L I G E R. 


modesrement tax? de cinq à six millions. ‘Sans 
ne rcoroit h nombré -ilè propriétaires, que la. 



Charpcmîer çt Ponsy ) exerçoîent cei pouvoirs sous 
son nom* Ils ont si bien réussi à faire détester dans 
ce départexnent , le régime de Dubouchet , que la Goti- 
vention nationale , indignée des réclamations qui ve- 
noient de toutes parts , a supprimé les taxes , et a décrété, 
le 19 frimaire dernier, quM seroit envoyé, sous vingt- 
quatre heures , deux représentaus dans ce département ♦ 
pour informer et examiner la conduite qu’ont tenue les 
délégués de Dubouchet. Cette mesure ayant déplu au 
comité de salut public , il a été deux mois à exééuter un 
décret qui devoit Tctre en 24 heures. Il ne Teût jamais 
été , sans l’affluence des nouvelles pétitions , qui ont 
nécessité l’obéissance du comité. 

Ces faits d’injustice et de cruautés , me conduisent 
naturellement à dire deux mots sur Collot en particu- 
lier. Il ne se plaindra pas de moi , car je cirerai les pro- 
propres termes de sa lettre , datée de Lyon de i 5 frimaire 
dernier , et adressée au citoyen Duplay , chez lequel lo- 
geoit Robespierre l’aîné ; je ne la ferai suivre d’aucune 
réflexion. Le public jugera les sentiméns et le cœur de 
Collot , d’après ce léger tableau. î»Nous avons ranimé 
î5 ici l’action d’une justice républicaine , c’est à-dire , 
prompte et tnrïhle , comme la volonté du Peuple \ 
îi clic doit frapper les traîtres comme la foudre , £t ne 
î» laiiser que. des andres. En détruisant une cité infâme et 
î» rebelle, on consohne toutes les autres...... Nous 

5» démolisiuns à coups de canon avec l'explosion de la mine, 
n autant qu’il est possible ; mais tu sens bien qu’au 
î» milieu d’une population de cent cinquante mille indi- 
îi vidus , ces moyens trouvent beaucoup d’obstacles ,* la 
îj hache populaire faisoit tomber vingt têtes de conspi- 
jï^rateurs par jour, et ils n’en étoieut pas effrayés. . . • 
9 î Nous avons créé une commiîsion aussi prompte que 
51 peut Pêtre la conscience des vrais républicains qui ju- 
>9 gent des traîtres. Soixante quatre de ces conspirateurs 
99 ont été fusillés hier. . . . 280 vont tomber aujourd'hui, 
99 . . . . Serres en mon nom la main de Robespierre, , * • 
fl La citoyenne Lebas doit être biert contante de ce 
59 qu’a fait son mari ..... . qu’il y a de satisfaction pour 

99 des Républicains , à bien remplir leurs devoirs... 

99 Salut , amitié et fraternité, Si^é Collot-d’Heiîbois. 

Pourrois-je , je lé demande aux Billaud, Collot, Ba- 
rèTe , Vadier et autres , pourrois-je receler la coilnois- 
sancc de tant de faits atroces , sans "être coupable ? 
Pourrois-je même, nonobstant les décrets des 12 et iS 
fructidor , taire ceS affreuses vérités *, lorsque j’ai acquis 
éç nouvelles preuves ? Pourrois les cuseveUr dans un 



îiontcux oublî , et refuser d’iclaîrer la CoBventîon par' 
un coupable silence , injurieux à la représentation liaiio- 
iiaie , par le doute où je paroîtrois être de sa justice ; 
lâche et flétrissant pour moi même , qui n’aurois pas le 
courage de remplir mon devoir? 

Pouirois-je enfin , lorsque la France entière accuse 
€C5 mêmes hommes , et que chaque citoyen se densande , 
'quelles preuves matérielles exig^-t-ott donc lie Lecointre 
-fur les faits articulés, puisque Texpériencc funeste que 
nous avons faite dans nbs personnes , dans celles de nos 
^mis , dans nos fortunes , nous attestent les vérités quM 
U mis au grand jour ; lorsque la mise en liberté de plus de 
•$o mille individus, effectuée depuis deux mois ; lorsque des 
‘Secours accordés à des milliers de familles ruinées par les 
Injustices , les cruautés commises sur chacune d’elies , dé- 
qposent en faveur de ce qu’il a avancé f Et je me taE 
rois , loTsqu'aucune farnille (celles des décemvirs cxcep- 
•tées} n’a été épargnée; lorsque les frères de nas collè^ 
Dumont, Lesage-Senault , les père et beau-père de 
Thibaudot (i) , ont été eux-mêmes vieiimcs de i’oppres- 
.»iün ; lorsqu’enfln les fouilles qui renferment plusieurs 
eentainçs de cadavres jugulés et entassés à la fois, sans 
distinction d’âges de sexes , d’iniiocens , de coupables ; 
i . . 


( 1 ) L’incàTceratiati et les vexations excrce'es sur le beau pèçe de Tbi-» 
liraudct , ont trop d’annlogie avec les malheurs arrivés à soif çamarado 
4'informne { Hodanger de Versaillea) , pour ir’étte pas cites.. m 

Ce citoyen âge de 53 ans, pere d’uoe nonibreuse farnille, quitte ses 
foyer», sc met à la tête de i6o braves comme fui , part à ses frais' , fait 
la guerre aux rebelles de la Vendée. Après plusieurs combats il est fait 

f riïonnier : c’esl là où il voit, où il connoît Hodanger. Un même stntiment^ 
l’amour de la république ) les unit j c’est le témoignage qu’il lui rend 
encore aujourfl’hui. Les moyens de crainte ou d’espérance sont en vain 
•mplpyés auprès d’eux pour les corrompre ; le jour dtsiiné pont les fusil- 
ler arrive , ils brisent leurs fers , en chargent leur escorte désarmée ; mais 
bientôt eux- mêmes lomî ent dans un gros de cinq cents rebelles qui l‘s 
laiUciu en pièces : 56 échappent, Hodanger et le beau pèrç de Thibaudot 
•or.t du noaibre. Rentrés dans leurs foyers, tous deux y tiouyent la per- 
■écutiou : le beau-père de Tbibiiudot y trouve une prison plus dure, plus 
•fficuse que celle des brigands - même , et pour perspective , celle d’être 
livré au tribunal de »ang , dévorateur des patriotes trop prononcés. Thi- _ 
Baudot réclame en vain justice auprès des Vadier , de,« Amar , des VouU 
land , des David ; ces collègues sont sourds , «t sans la révolution dea a 
«t ao thermidor, Thibaudot et sa femme n’a ur oient plus nf peres , ni 
teaux-pé?es : et Thibaudot qui lui- même m’a instruit de ces traits de 
i-aibarie , auroil voté le fructidor pour déclarer faux et calomnieux lei 

Îîiits que j’ai articulés contre- ses collègues inhuuiaias ? notï ï en vaip le ' 
Journal a dit que .le décret du i3 s ,été rendu à l'-pnanimité , je n’eir 
Krois rien 5 Thibaudot n’a pas fait cette injure à la vérité ^ ü l’a pa* 
i.iit à la piété Éiinle Si le silence 4e l’horrenr et de la 1 taciiuruité ont 6 #., 
Jnur-là saîài ses esprits i fcujouïd’hwî quç Jü Ytiité perce de iQlUeji 



î-orsque îa mer irritée rejette sur nos rivages infectés fes i 
corps de plusieurs m'iilieis d’homrces, de (envmes, d’en- 
fans jettes impitoyablement au milieu des {h ts ; îoisquc 
les rives de la Saône , du Rhône , de ^a Loire sont jon- 
ebées des membres mutilés de maîlieureuses v-ctimes , 
jett S à dessein dans ces fleuves, par ces monstits, afla 
de porter Sur leurs rives respeenves la terrerur ; lorsque, 
la cabane comme la maiîon pattieulicre , b chaumière 
comme le château, le canton corrime la plus grande com- 
mune , sont tous réduits ei-r cendres; lorsque dans la 
. nature tous, les corps^ animés et inanimés déposent par 
d’horriblcS vestf^es de réxistence de tant de forfairs , jsi 
me tairois , f t je n’appeüeîois pas avec eux- b vengeance 
nationale, celle des loix pnotcctrices de rhuraanité sur 
les critninèls auteurs de t^rnt d’an^rocités ; et je scrôis re- 
tenu par la demande de pièces qui Ie?r constatent autte- 
mentnqu'd s ie le sont ? Non , RMIaud, non, Collôt , et vous 
leurs compdices que j'ai der>0?.}cés je cesserai crexister 
avant que je cesse de vous demander compte de tant de 
sang aussi iniustement que cruciieraent versé ,, et des màl> . 
heurs de la France. 

. Lecointre lit l’article sS. 

»» De n’av^ir pris dans ia joiirnée du g , aucrunc itre- 
sure de rigueur, afin que les decrets dbirtesration lancé?, 
contre Robespierre et ses complices , fussent exécutés , 
et d’avoir exposé, pa-rc>ï!te négligence criminellb , la rc- 
présenbtion naiioflale à erre égorgée, puisque les saicUi- 
tes des conspirateurs ont pu, le même jour , arrache r 
sous les yeux de b Gonvention nationale e]la.-mêïue ei^^ 
de ses comité s, dans le local de celui «le sûreté générale, 
et sans aucune résistance , le traître Hanriot qui avoit été 
conduit dans ce comité... 

Voaland : On vient de dira que le comité de sûreté 
générale ri’avoit pris aucune mesure pour mettre à exé- 
cution le décret d’arresta i.on lancé contre Robespierre^,. 
Dumas et les autres. J’observe à b Gonventicn qu’il 
existe un procès-verbal à Sainte - Pélagie , portant quo 
Dumas est entré dar;s ce te maison d’arret à quatre heures 
après-midi;, mais qu’cnsiiite plusieurs individus sont 
nus l’en arracher, La foiblesse seule du. cancierge est cause 
qu’il en est sorti. Aussî-iôt ' que nous avons appris ce- 
lai t , nous avons fait arrêter le ‘coBcierge de Sainteté- 
lagîe. 

Amar : ,, Qn dit que nam 4'avoas pris aucune rntsure; 


Kttuaéro 71 J, pa^e ^ 




Idem, page 252. 


200 

pour in>^esnr le comité de sûreté générale d’une for^c 
sulhsante pour ie meure à i’abri de toute insulte. Aussi- 
tôt que liObcspierre nous fui amené , nous écrivîmes 
aux sections de nous envoyer six cents- hommes. Nous .. 
^yévoyiar;^ dtj^qvt’il y autoir un mouvement dans Paris, 
ti.c iraî e Hannoi exenoit les sections , afin de les tourner 
ton re ia Coi'.veoiion. iî éfnit impossible de gârder Ro- 
bespierre dans le corniié , sans un grand danger. Nous 
délibérâmes donc de Caivoi au fAixembour.g. Dans ces cn- 
trefaites , Hanriot nous fut amen^. Comrrse je donnois. 
des ordres pour le faire lier , je remarquai des hommes 
qui me lancèrent des regards furieux , et déjà quelques 
mouvemens se manifestoient dans la cour du comité, 
j'ordonnai aux gendarmes quej'ayois commis à la garde 
d’Hanriot et de Robespierre , de leur casser la tête , à la 
première crainte qu'ils auroient d’çtte forcés. Le rencjez- 
yous étoitau comité de salut public : jt sortis pour m’y 
rendre. Ce fut dans ce moment que le cornue de snreié 
générale fut enveloppé , et que la force délivra Rc>bes* 
pierre et Hanriot. CofBnhal , en parcourant le comité, 
crioit comme un furieux , qü’on lui livrât ces coquins 
d’Amar et de Vouland n. 

D’après ce qui s'est passé aux séances des 8 et 9 ther- 
midor , il m’éioit facile de porter au dernier degré d’évi- 
«Licace , le fondement et la vérité des faits allégués par 
les arriclcs 23 , 24 et « 5 ; mais la fatigue que j'éprou- 
vois , la prolongation de la séance, l'agitation où se 
trouvoit l’assemblée , la crainte que ma mémoire , dans 
le récit ou le choix des expressions , ne vînt à affoiblir des 
faits et des moyens que je me proposois de développer 
dans un autre moment ; ces raisons m’ont porté à ne 
point insister à répliquer sur tout ce qui venoit d’être 
objecté , avec d’autant plus de raisoç encore , que ce qüi 
xvoit été dit ne répondoit point aux chefs d’inculpation , 
s^on plus que sur le fait de l’avertissement que j’avb.Ls 
d’onué des le 8 à neuf heures du soir, et le 9 à une heure 
et demie du matin , par ma lettre , de la, nécessité d’ar- 
téter le maire , l’agent national, et le général de la force 
armée de Paris , et autres. 

Aujourd’hui qu’il m’est permis , dans le calme , d’ap- 
puyer de nouvelles preuves , ce qui n’étoit déjà que 
trop connu , pour quiconque a vu l’état de détresse où 
s’est trouvée , pendant plus de quatre heures , la Conven» 
tion nationale, dans la séance du 9 au 10 thermidor , et 




N 20 r . 

iur tou» lorsque Gofiinhal est venu retirer, sous 2cs yeux » 
ic général Haririot , du comité de sûreté générale. 

Je demande à tous ceux qui ont été léftooins de ce 
qui s’est passé en ce moment , même à ceux de mes* 
collègues qui étoientprésens , si Coffinhal, avec sa troupe, 
eût îabaitu sur la Convention , qui n’avoit pas alors 
cent hommes de garde à sa disposition, et eut fait 
main-basse sur elle ; je le demande , quel carnage ne 
fût' il pas arrivé ? 

Mais di^ons-Ie avec vérité; la bonne fortune de, la 
patrie a sauvé la Convention, et non pas les prétendues 
précautions prises par les comités , puisqu’il étoit alors 
huit heures du soir ^ et que rien rCétoit encore disposé* 

Mais je vais plus loin ; c’est par vos propres paroles , 
Billaud , Baière et Vadiér , que je vc/ux porter la con- 
victirn dans l’amé de quiconque raisonne. Si ce n’est 
pas par vice de cœur qu’aü'cunc précauiion n'a éié prise 
à terris, c’est au moins par i’effcî d’une impéritie qui 
porte tous les caractères de la mauvaise Volonté la moins 
excusable, 

C'est à toi, Billaud, que j’adresse plus particuliére- 
ment la parole , sans néanmoins te séparer de tes col- 
lègues. 

Comment , 'Billaud, toi qui disois , le 9 à iniclî et demi, 
à la Convention nationale : ,, Hier. 8 , la société des Jaco- 
bins ëtoit remplie d’hommes apostés ; presque aucuns n’a- 
voient de cartes :bier, on a développé dans cette société 
l’intention d’égorger la Convention nationale : hier, j’y^* 
vu des hommes qui yomissoient ouvertement les inhimirs 
les plus atroces contre ceux qui n’ont jamais dévié dans la 
révolution. Je vois sur la montagne un de ces^ hommes qui 
menaçoientles représentaus du peuple. Le voilà. Je m’étonrie 
de voir Saint Just à la tribune, après ce qui s’est passé « ! 

j^ooi , Bilïau'l ! tu sa vois lea crimes f{ui se préparoient 
contre la Convention ! Tu connoissois une partie des indi- 
vidus! Tu avois passé la nuit du 8 au 9 avec tes collègues 
des deux comités! Tu avois été averti par moi, le 8 
soir , et le 9 avant deiix heures du matin, qu’il étoit tems 
de t’assurer des trois principaux chefs civils et miiïtaire do 
Paris! Fréron t’avoit fait passer les memes avis, et non- 
seulement aucun n’éîoil arrêté , mais aucune force armée 
extraordinaire n’étoit disposée autour de la Convention! 
Personne n’étoit prévenu! Rien n’étoitprét! Tu avois tous 
les pouvoirs en main! Ttl n’as rien fait! Et tu nous 
ton civisme 1 et tu méxite des applaudissemens 1 
Mais , poursuivons. 


Isumérç 



^02 y 

A cétté séance du gau matin , tu dis : «Je demande J 

tous les hommes s’expliquent dans cotre assombiée. Ôa / I 
^«st bien fort quand on a pour soi la justice, la probité et ' | 
les droits du peujde. Vous frémirez d’horreûr quand vous, i 
«aurez la situation où vous êtes; quand vous saurez que la j 
force année est conRée à des imiins parricides ; quand vous | 
saurez que le commandant de la garde nationale a été dé- . i 
lîoiicé au comité de ialut public , par le tribunal révolu- ' 
tionnaire , comme un complice d'Hébert et un conspirateur ' 
iniànie. Vous frémirez d’iiorreur, quand vous saurez que j 
ceux qui accusent le gouvernement , de placer à la tête de | 
ia force armée des conspirateurs et des nobles, sont peux 
qni nous ont B3rcé la main pour y mettre les seuls' nobles 
qui existent ; etîiavalette , conspirateur de Lille , en est une 
preuve. Vous frémirez qu^and vous saurez qu’il ést un homme 
qui r quand il fut question d’envoyer des représentans du 
peuple dans Ls déparîemr.us , né trouvoit pas, sur la. liste 
qui lui fut présentée , vingt membres de la Convention qui 
fussent dignes de cetje mission ’>. 

Enfin, le voilà donc connu ce secret plein d’horr«ur ! 

C’üst W» g thermidor au matin , c’èsf ce jour-là seule- 
ment, sans même avoh* pris aucune mestire de prudenca 
^t de force, que toi , Billaud, membre' du comité de salut 
public , toi chargé de la grande police , Robespierre , de ton 
aveu, ayant qrdtté son poste depuis 4’ jours; Saint Just , 
étant, la plupart du Lems , aux armées , et Qou thon , absent 
souvent à cause de ses^ inlirmjtés ; tu viens, pour la pre- 
mière fois, nous dire,, qne la force armée est co>iRre à 
des mains pArricides ;■ que le commandant-général L^anriot 
est un complice d’Hubert et lin conspirateur infàmô^, dé- 
noncé comme tel au comité dé salut public U)is-moi , Bil- 
laud , qui a permis , qui a souffert que la force armée fut 
remise et restêt entre des mains parricides? Qur avoit le 
pouvoir de fen retirer N’«st-cc pas, toi, Billaud? N’est ce 
pas tes collègues du comité de salut public , que ce soin, 
que ce devoir regavdoit ? Tu n’as cebendant rien fait , et tu 
n’es point de complicité avec eux? Ils t’ont été dénoncés 
comme complices et conspirateurs par le tribunal révolu- 
tionnaire î Dis moi en quel tems et quelles mesures tu as 
prises contre’eux ? Aucune, Tu as gardé le silence le plus 
opiniâtre. Eh bien! ce silence même est criminel. 

Mais si, au contraire, la dénonciation de ces monstres, 
et la remise par écrit,, qui vous ont ('té faites parle tribu- 
nal rév<daîionuaire si des cinirges exisianies contre lian- ^ 
jiot et Mathieu , charges dont le résul at cerît vous a 
été apporté (d'après délibération du tribunal) , |/ar Dumas 
et Fouquier , au comité de salut public , tous les mem- 
bres présens : réî'ulîat laissé sur votre bureau; si, dis je. 




fo 5 

’ ce-t<îe dénonchtîon n’a eu d’autre effet f\nune dûiswn 
poitanî quil ne .falloit pas plus parler d’Hanrior et de 
■■ Ma ?hieu , que de Pache ; si , par su’te de cette décision^ 
Diirna^i a éca'/it tous Us /fwo/nj qu’il /savoir être dans- i(4 
cas de'parier d’Hanriot : si ces pièces exisrent dans les 
archives du cotuité de salur^ public,- si, à Tappui de 
cette df nonqiaiion faite ptar le tribunal au comité , ainsi 
que tu Jf’ reconnois , Billaud , les pièces du procès d’Hé- 
bert renferment les charges graves qui ont motivé U dé- 
nonciation ; <]is moi , enttf, Billaud; comment qualifie-^ 
rai ie ici ta conduire, et dans le lems que tu as eu con- 
noîssance de ces faits , et depuis tou silence jusqu’au 
-9 thermidor? 

Et qu’on ne dise pis ici que ce sont des indications 
que je tire de tpoi-n>cme ! Fouquier-Tinville . dans son 
mémo re imprimé, fol. 3 , parle de cette affaire dans 
les termes que j’ai exprimés. 

En ain voudroit^- tu affoibîii"* le té^moignage de Fevquier ; 
puisque ce.quM dit est d’accord avec la dénonciation 
que lu dis toi même émane e du tribunal , îl doit itrt. 
cru. 

Aq reste , dis nous , dis à la France , à l'Europe en- 
tière qui nous entend , de quelle dénonciation as ta 
entendu parler ? Et , sur-tout , produis-ndus copie uu* 
thr.ntiq.ue de la pièce ; car , à mon tour je te demande des 
pièces. 

Ce n’est pas tout; tu nous as dit : ,, Vous fémîreZ 
d’horreur, lorsque vous sauvez que ceux qui accusent le 
gouvernement de placer a la têic de la force armée des 
conspirateurs et des nobles, sont cens qui nous ont forcé 
la main , pour y mettre les seuls nobles qui existent, et 
Lavalettf conspirateur à Lille en est une preuve 

Ah! Billaud, que cet aveu est précieux! Quoi! tti 
prétends q^ue , parce que Kohespiefîe ,a voulu placer a 
la tête de la force armée un conspirateur un homme 
sous le poids d’un décée/ d’accusation , dénoncé par vingt 
de nos co!légne>; tu prétends, dis-je, que tu as dû 
V consentir? Tu ne te souviens donc pas , que toi et 
Barrère , vous nous avez dit , que vous aviez , au co- 
roké , une majori'é de'cm^ voix contre le conspiratev.r 
Kobespierre et ses complices'^: qu’entre vous . dé) 

l’intelligence étoîf si grande , que , sans dîscgsiion , d'^un 
-seul coup-d^œiL vous donniez vos suffrages ? 

C’est seulement encore le 9 tbcjniif.lor que tu nous 
dis qué îîobespîerre ne trouvoit, dans l’ensemblée de la 
Conve ntJon natronaîe , que mtmbres qu’ fnssent di- 
gnes d’eue envoyés en mission dans les départeme s^: 'u fî',î 



204 

nous le? nomme même pas ces membres. Je serois près-* 
que tenté de croire que ce sont ceux qui , dans la 
liste trouvée chez lui (i) , il appelle hommes de tête et 
de cœur , si je n'en disur.guois , dans le ^ombre des 29 
qu'elle < ontient , piusieürs dont les principes ont toujours 
été diamétralement opposés à ceux de Robespierre. 

Kt tu n’es pas , toi , Billauil , complice du s.ystême de 
Robespierre !.... La France eniièie ne vous regardera pas , 
vous , Collot , Barère , eic. comme tels !... En vérité, la 
plume tombe des mains. 

Eh bien ! moi , soit imbécillité , délire ^ folié ou raison ,.^ , 
choisissez vous me paroissez tels , quand il n’y au- 
roil contre vous que ces derniers traits. 

Q.ie m'importe d'êtrç traité d'imbecille , d’homme dé» 
liraiU , dtfon à conduire ^.w^petites maisons , épîtliètes dont 
j’ai été gratihé dans la discussion du i 3 fructidor ?Je suis 
le même , et je pense de même que ce jour là. Je ne 
puis tite guéri sur votre compte ; la mort seule , ou 
tout au moins le cachot, le collier et la chaîne des 
petites m lisons, peuvent seuls opérer ce miracle , ji ce 
miracle poiivo‘t jamais l'être» 

Et ^toi , Vadier, tu nous disois à la même séance du 
9 thermidor î 

n ]us(]ù’au 22 prairial, je n’avois pas ouvert les yeux 
sur ce personnage astucieux, qui a su prendre tous les 
m:nque.s , et qui, lorsqù’il n’a pu jflwiyéir ses créatures, 
les a envoyé lui- même a la guillotme» Personne n’ignore 
qu’il a dé.'eridu ouvertement Chabot , Bazire et Camille- 
Desmoulins , et reversé rigriominie sur le rapport du co- 
mité t!e sûreté générale. 

Le 22 prairial, le tyran (pour moi, c’est le nom 


(i) \L 1 5 T E des Hoîumes de tête et de cceur. 


I. Lebas. 

а. Henr^. 

P Du:{wesnoy. 

4. Robespierre ieune, 
Elie l.acotte. 

б. Peyssarr. 

7. Carrier. 

8 . Dumont. 

9. lapîanche. 

10. Isoré. 

II. Châ'es. 

' 12 . Fouch . 

I?,. Motitaur. 

14. Lejeune . 

15. Laignelot, 


16. Lacoste (bien accompagné). 
i7..Prost. 

18. Ricord. 

19. Rhull. 

20. I.érnan. 

•2 T. Moyse-Bayle. 

22. Granet (de Marseille). 

2^, Audouin, 

24. David. 

25. Coupé ( de l'Oise ). 

26. Fabre. 1 

27. Garnier (de l’Aube). 

28. Vadier. 

29. Dubarran. 




. 2Lo5 

que je lui donne ) a rendu lui-roême une loi qui ins- 
inue le uibunal revolanounaire. Il l’a coïupoaée de sa 
main ; il a chargé le vigilant Goùthon d’apporrer ce dé- 
cret à la Convention , et de le faiîe passer , même sans 
Tavoir lu îî. ' 

Dis, Vadier, toi qui connotssois depuis le iz prairial , Ro- 
bespierre pour un conspirateur , et ne crains pas qu’ici je te rap- 
pelle le jour du germinal, où tu faisois le serment de poi- 
gnarder, malgré les glaces de l àge, celui qui dans la conven- 
tion oseroit tenter de renverser la liberté ; l’inexécution de ce 
serment de parade ne te sera point reproché non plus que la 
fanfaronnade de ce pistolet sans charge et sans amorce , avec 
lequel le 1 3 fructidor tu disois que tu vdulois te tuer plutôt 
que de souffrir que tes 60 années de vertus fussent attaquées. 
Ces sacrifices , Vadier, sont au-dessus de tes forces , ils ne 
sont pas d’une étroite obligation j mais ce* que je te demande 
aujourd’hui , dis , qu’as tu fait contre le conspirateur , toi que 
la convention avoir investi , ainsi que tes collègues des deux 
comités , du pouvoir de faire arrêter , incarcérer , même pro- 
visoirement , sans rapport préalable, ceux de ses membres qui 
conspireroient ; as-tu rempli ce devoir imposant à l’égard de 
Robespierre ? as-tu, lors de la funeste loi du zz prairial , 
où je demandai rajouniement ou la mort , as-tu averti la con- 
vention que cette loi de sang étoit l’ouvrage du seul Robespierre ? 
Tes coHegues du comité de salut puMic ou de sûrete géné- 
rale ffont-ils fait? t’es-tu opposé à cette loi ? non. Au con- 
traire , par ta présence et ton silence , sur sa monstruosité , tu 
nous as fait croire qu’elle avait ton assentiment et celui du 
comité que tu présidois. As-tu , à la tribune de la convention , 
averti la patrie des dangers qu’elle courreit ? as-tu, dans la 
nuit du 8 au 9 , lorsque cette conspiration éclaroit aux Jaco- 
bins, as- tu fait arrêter les chefs ceux qui t’étoient dési- 
gnés ? 

Tu nous dis ensuite : Que Robespierre , à t’entendre , estle dé- 
fenseur unique de la liberté ; qu’il en désespéré ^ qu’il va tout quit- 
• ter J qu’il a pour refrain perpétuel ; je suis opprimé , un tel cons- 
pire contre moi qui suis l’ami par excellence de la Républi- 
que , donc il conspire contre la République : cette logique est 
mince. Tu nous dis enfin, que Robespierre avoit , encore un 
dernier moyen de vexer les patriotes : qu il donnoit à plusieurs 
députes un espion , que tu en avois un toi même ( Tache-' 
r eau ), qu’il te suivoit par-tout, même aux tables ou tu étois 
i invité ^ 

: ■' Ici , Vadier , tu montre le bout de l’oreille... Ce n’étoit pas 
un espion de Robespierre que tu avois auprès de toi , c’étoit 
i ton ami ( Tachereau- ) ; c’étoit aussi ton espion à toi auprès de 
; ‘ Robespierre. S’il en eût etc autrement^ comme tu voudrois l’in- 
i sinuer ici, ce mêm^ Tachereau auroit-il journellement mangé 
à ta table , chez tes amis , avec toi , et de suite chez Ro- 
bespierre ? aur©U-m aussi souvent dîné chez Tachereau ? 



Ahl Vadîer ! as-tu pu , le y thermidor, f exprimer , paf 

ruitc , en ces termes : ^ 

<c J’ai encore quelque cho^e à vous dire sur le discours de 
Robespierre. 

« Les opérations du comité de sûreté générale ont toujours 
été marquées au coin de la justice et de la sévérité néces-' 
saires pour réprimer l’aristotraiie ; elles sont contenues dans 
ies arrêtés quhl a pris, et qu’on peut faire imprimer et juger 
ensuite. 

Voilà ce que je devois vous dire, pour la satisfaction du 
comité de sûreté générale , qui n’a jamais été divisé du 
comité de salut public. Il peut y avoir eu quelques cxplica- 
iions , mais jamais elles n’ont rien diminué de dc/time et de la 
connance mutuelle que se portent ces deux comités. 

Toi, Vadier, qui à la séance du 14 prairial , où Talliense 
plaignant des espion^ de Robespierre, fut sur le point d’être sa- 
crifié à ce monstre et à Biilaud-Vareniies qui l’appiiyok , 
comment n’as-tu pas appuyé Tallicn qui dénonçoit les es- 
pions , puisque toi-mems tu en avois un à tes trousses. 

Dis-nous,toi , qui regardois Robespierre comme un traître, 
le Zi prairial, quelles mesures ton comité a-t-il prises contre^ 
lui ? en as-tu toi-même sollicité quelques-unes ? as-tu fait parc 
de tes craintes à la convention ? Loin de cela : Barèrc , au nom des 
deux comités, nous vantoit le 7 thermidor, les vertus de Ro- 
bespierre ; et toi, le S , au nom du comité de sûreté généra- 
le , tu vantois Tunion qui réi^noit entre tous les membres des deux 
comités, et vous ne rougissez pas de honte! Eh bien! je ré- 
torque contre vous et vos adnérens , ce que tu as dit de Ro- 
bespierre. Tant que Robespierre a eu du crédit , du poulvoir, 
vous l’avez adulé, encensé. même , et l’avez aidé à faire li? 
malheur de la patrie. Mais à l’instant où vous avez vu 
que la convention nationale ouvroit les yeux ; què Panis , Fré- 

ron , Tallien , ont les premiers rompu la glace , vite vous 

vous êtes empressés à ramasser des pierres et à le lapider, de 
peur qu’il ne vous entraînât dans sa chûte , comme je l’ai dit 
plus haut , et comme , vous le méritez. Déjà l’opi- 
nion publique vous avoir jugés ,... mais votre Jour n’est pas 
loin.... 

Lecointre lit l’article , ainsi motivé : 

“ D’avoir employé des hommes reconnus pour contre-réto- 
lutionnaires , perdus de réputation et de débauches carrées , et 
même dans les liens de décret d’accusation , tels que Beau- 
marchais , Espagnac , Haller et autres , et de leur avoir confié 
des trésors immenses , appartenans à^la République , trésors 
avec lesquels ils ont 'émigrés. 

Plusieurs membres : aux petites maisons. 

Cambon : Il seroit important que H convention rationale 





2 07 

cünnfit les pièces sur tesquelles Lecomtre a fonde' son accusa» 
lion , en^uice Je demanderai à répondre par des faits. 

Lécüimre annonce qu’il n’a point de pièces. 

Cambon ; Puisqu’il n’y a point de pièces ^ on poiirroit n’etre 
pas tenu ne répondre ^cependant , je dois dire à l’assemblée 
que des deux faits dont Lecoimre accuse nos collègues; ^si le 
premier est un crime, nous serons assez honnêtes , Robert- 
Lindct , Guitton - Morveaux , Delmas et moi , de déclarer qu'il 
nous est personnel. la République manquoit de fusils : nous 
crûmes devoir , pour nous en procurer , nous servir d’un homme 
que nous connoissioBS bien , mais que nous avions mis dans 
1 inipossibilicé de nuire , en mettant tous scs biens sous la 
main de la nation. Je veux parler de Beaumarchais. Quant à 
d Espagnac , c’est l’ancien ministre qui l’a employé , et non les 
membres qu’on inculpe. Je dois dirè , quant au troisième fait, 
relatif à Haller, que toutes les fois que le comité des finances 
la dénoncé, le comité de çalut-public a fait droit à ses récla- 
mations; t’est le représentant du Peuple près l’armée d’Italie 
qui I a soutenu , et vous savez tous que c’étoit Robespierre 
jeune. ^ ^ 

JMerlin ( de Douai j : Ma conscience m’oblifi^e d’ins- 
truire la Convention d’un fait relatif à Haller.^ Il y a 
deux ixi#is , fcn entrant au Çuipité de Législation , je 
fus rencontré par Vouland; il me pria dç passer à 
son bureau, pour tx^mincr une procedure dont il étoit 
rappe/teur : il s’agiisoii d’un ju (tmeni rendu par^uii 
tribunal , dans les forn)e5 rcvoiutionnaires , sans en. 
avoir le drou , et ^ui avoit mi'^ eu liberté un homme, 
convaincu d ovoir voulu livrer les Pyrénées ûrientaies- 
aux Espagnols. La correspondance de ect individu proii- 
voit qu’il agissait de concert avec Hallçr. Voulaud me 
demanda ce que je pensoisr de cette aflfîiie. Je lui 
répondis que l’iiomme dont li s’agissoit é^it un con- 
tre révolutioneairc , et quil falioit casser son juge!ag.ent. 
Je lui demand.u ce qu'étoit devenu Haller, il me lépoa- 
dit, qu’il occupou une place importante. Sur ce que. 
je tenaoignai de rétonuement , il ajoura : il est protégé 
par ua homme que je ne nomme pas. Il est clair main- 
tenant que c’éîpit Robespierre. 

Cranet de Marseille : Il y a plus de six mois que la 
deputatiori des Bouches du-Rhône se rendit au comité 
de salut public pour déotneer Haller : Robespierre seul 
le soutint ^ 

^ Barère : Si ce deriiîer chef d’accusation avoit été 
stccjigé à Londres; j’en recomoîtriiis facilement les auteurs; 



- ' ûo8 

car !eX Anglais sont Intéressés à connoître les opcratîbni 
du comité de saluî public avec Beaumarchais. Déjà plu- 
sieurs Anglais et étrangers sont venus souder le comité < 
à cet égard. 

Il y a quelques mois , le comité de salut public voulut 
prendre une mesure vigoureuse contre Haller , qui lai- 
soii passer les huiles de la ilepublique à Gênes. Uobes- 
pierre nous dit : je vois voire intention; vous voulez 
perdre Tarmée d’Italie , parce que j’y a^ mon iVère. Haller 
est un aristocrate ; mais il sert bien la Képublique. Robes- 
pierre jeune revint, et parla fortement en faveur d’Hal- 
ler. Cependant nous signâmesNfes arrêtés que Robert- 
Lindet nous présén.ia contre ce traître, et qui arrêtoient 
ses /projets. Oiiant à Beaumarchais , je ne m'étendrai 
pas sur ses operations , parce qu’elles sont relatives à 
des marchés avec les étrangers. Ce seroit servir M. Put, 
qui ne l’a déjà pas mal été dans cette séance,, si nous 
parlions long-iems de cet individu. 

Beffroy : Je suis étonné qu’on prolonge si long-temps 
la discussion sur cet article : on exige dans ce moment 
des représentans dti peuple charges du ^uvernement , 
un compte plus détaillé qu’on n’a jamais demandé aux 
anciens ministres. 

ï^lie Lacoste ; Il est bon que la Convention connoisse 
un fait, c’est que Beaumarchais fut décrété d’accusa- 
tion au mois de novembre 1792 , et qu’au -mois de jan- 
vier 1793 Lecointre fit rapporter ce décret. v 

Lccointre : C’est moi qui ai fait décréter d'accusation 
Beaumarchais ; il étoit alors absent de la République, ; 
lorsqu'il y rentra^ il fit imprimer sept à huit numéros 
en ^réponse aux inculpations que je lui avoîs faites. 

Je demandai alors que le décret d’accusation fût con- - 
verti en un simple mandat d’arrêt ch^z lui i cette pro- 
position fut a loptée. 

Goupilleau de Fontenaî : Citoyens , je n’ai jamais 
J demandé la parole dans cette enceinte , pour accuser i 

ni pour défendre aucun de mes collègues. Au moment ? 
où le peuple m’a appellé à remplir Isa fonctions augus- 
^ tes de législateur, je me suis dit ; ou! n’est exempt de' < 

passions. Je ne viens donc pas ici pour appuyer les 
passions de tel ou tel individu *, je viens pour conso- ' 
lider le gouvernement républicain. Pénétré de cette 
virité , je me suis toujours attaché à démêler ce qui 

pouvoit 




pouv’ôît servir îes passions a avec ce qui étoit utile à 
la chose: publique. 

Je me suis couvaiocu , d’après ce qui s’est passé dans 
la séance d’hier , que l’objet de la dénonciation qui 
vous a Clé présentée , étoit ea quelque sorte i-ioujr faire 
le procès à la majqâité de ^la nation , et je veux le 
prouvée. . 

JC ne parlerai pas des evénemens qui se font passés; 
car , comgûe on l’a observé aujourd’hui , en rèvolutioji 
îl ne faut regarder dcvrricce soi que pour acquérir des. 
lunneres sur l’avenir. Si je voulois vous citer un exem- 
ple , je vous réporterois à rassemblée constituinie ; je 
vous du ois quaîn a ausii cherché à laire le procès au , 
‘6 octobre , comme oa -veut le faife aujourd’hui au lo 
thermidor. 

La Convention nationale doit juger si la dénoncia- 
tion qui lui a été laite est utile ou non à la chose 
publique. Laissant de côté les individus , je prie mes 
collègues de se reporier avec moi à Tépoque où le co- 
mité de salut pubUc prit les rênes du gouvernement. 
Qiiatre priucipa'les places du , nord-é^to;eFit au pouvoir 
des ennemis ; Toylon livré -aux Anglais ; la Vendée la 
proie des brigands et des rebelles , causait les plus 
grandes craintes. Nous n’avions ni poudîes, ni muni- 
tions, et la faminfe étoit à nos portes. Qjai est - ce qui 
nous a délivrés de tous ces fléaux? Vos deux comités 
de salut public et de sûreté générale ; et quaiid il s’agit , 
■Citoyens , de juger la vie politique de^ individus , il 
ïaut aussi mettre' tn balance les services qu’ils ont ten-^ 
dus avec les fautes qu’ils ont pu commettre. 

«Plusieurs voix ; lU n’ont point comï:»s4 de fautes, . 

Goupilleau de Fontenai : je le répièie , tl faut mettre 
dans la même; balance les services et les fautes qu’uu^ 
individu a pu commettre : personne de nous n’en est 
exempt. Je poire oies ..regards sur le passé ,* je vois 
que des fautes et des injustices ont été commises. Je 
cherche à en découvrir l’origine ; je la trouve dans les 
cvénemcDï inséparables d’une grande révolution. 

Dans les vingt - six chefs d'&ccusaiion qm vous ont 
été présentés contre plusieurs: ,de nos collègues , j’ai 
cru appcrcevôir les fauses pirsonnelles de itobespierré. 
Tantôt on a reproché à ceV membres de n’avQÎr pas 
pris telle et telle mesure ; tai^iôt on les a blâmé* des 
'mesures quMs avoient piises. Qiiei étoit le devoir du 


Numéro 7;i , page 355 du jounul des débati. 


O 



^10 

«crtnîté cîc salut public? Son devoir étoit d’attaqutr îè 
tyran d’uue rîiauiéie utile à la chose publique. C’ctoit 
moins Kobespierré qu’ü lailôit abattre que la tyrannie 
qu’il ayoit fait peser sur le peuple Français , et qu’oa 
auroil pu continuer apres sa mort. Ou a dit avec em- 
phase à cette tribune , que neuf individus âvoient formé 
le projet hardi d’assassiner ie tyran. Citoyens , trois 
semaines apres la mort de César, dix milk Romains, 
pouvoient dire aussi qu’ils avoient formé le projet que 
Bru tus cxccum. (vifs applaudissemens. ) 

Ou a dit avec raison que Robespierre teodoit à lai 
dissolution de la 'Gonvention nationale ; qu’il deman- 
düit 3o têtes de représentans du p.mple;-que Couthon 
en demandoit six. Aujourd’hui üîi en demande sept. 
Je tire de là l’induction que les. têtes qu’on derriandoit 
alors sont les mêmes qu’on veut abattre aujourd’hui. 

( vif-s appbudissemens. y 

On est monté à cette tribune , il y a quelques jours , 
et on vous a parié avec indignation du système de 
terreur qu’on avoit répandu sur vous et sur le peuple 
î’Vançais; et cependant ou cherche aujourd’hui à l’éta'- 
blir de nouveau*, ou veut jetter la division parmi vous , 
en scrutanî la conduite d’hommes qui ont organisé les 
victoires dans les armées , et qui ont constamment servi 
la choie publique. 

Citoyens, après avoir examiné chaque chef d'accù- 
sation en particulier , vous devez vous être convaincus 
ue ce n’ét-oir pas le procès de sept membves , mais 
de la révolution , qu’on vouioit faire. Vous devez 
eue convaincus que cetre accusation avoit aussi 
motif de jetter la division parmi les membres de 
onveniion. |e demande donc , pour l’intérêt du 
uplc , et au, nom de runion qui doit régner parmi 
s Tcprësentans , que la Convention nationale main- 
tienne son décret qu’elle a rendu hier. 

Êlic Lacoste ï L’intention de Lecointre , en faisant cette ri- 
dicule' accusation , étoic , n’en doutez pas , citoyens , de faire 
floter le drapeau blanc sur le- pavillon de i’ unité. Je demande 
en conséquence le décret d’arrestation contre Lecointre. ( Vio- 
Icns murniLires.) 

Plusieurs membres : l’ordre du jour, 

Legendre : la Convention nationale a prouvé au^ peuple 
français , dans la séance d’iiier «t dans celle d’aujourd’hui y 
qu’elle sait respecter la liberté des opinions. Une accusation 
avoit été jetée dans la Convention, nationale ; il étoit de sa 



51 t 

justice d’cnténdre les accHses ; ïh ont fait cônnokre leur inno*' 
cencc , et sans doute les vrais républicains apprendront aveû 
satisfaction que les inculpations graves qui leur avaient été 
faites , écoient dénuées de preuves. 

Vous avez entendu Lecoinrre. Je déclare que j’avois té^ 
prouve son discours , avant meme qu’il l’eût prononcé ; mais 
je déclare en meme temps que je ne le regarde pas pour cela 
comme un contre-révolutionnaire , mais comme un membre? 
de l’assemblée qui se déhoit de quekpes-uns de ses collè- 
gues , ou qui avoir contr’eüx quelque haine particulière , ou 
•bien enhn qui avoir perdu la raison. . 

Citoyens , la preuve de ce que j’avance existe dans le fait 
que je vais vous citer. Il y a .quelques jours que j’allai trou- 
ver Lecointre , parce (jue je voulois Tempèchcr de prononcer 
ce. discours , et de jetter une pomme de discorde dans U 
Convention. Lecointre me demanda si. le coftiité de salut public 
éroit réuni : je lui répondis que oui. En ce cas , dit-il , viens 
avec moi , je 'vâis leur lire rriun travail , et les pièces sur le.s- 
quelies il est appuyé , ^et je les inviterai à préparer leur dé- 
fense. Nous allâmes eiicctivemeni au comité de salut public; 
mais les membres en étoienc sortis. Je l’engageai fortement à 
ne point prononcer ce discours. Il m’avoit dbnné sa parole 
d’honneur qu’il ne le iiroit pas. .l’ignore le motif qui depuis 
l’a fait changer de façon de penser. 

J’observe encore que Merlin (de Thionville , ) lui dit : „ Te 
déclare que je ne t’accorderai la parole que quand l’assemblée 
m’y forcel'a par un décret. „ 

' Citoyens , on demande un décret d’arrestation contre Lecointre. 
< Non , non , s’écrie-i’on de toutes parts.) 

Puisque l'on n’ insiste pas , je me borne à vous dire qu’il 
ne- faut jamais oublier cette séance , qui à si puissamment servi 
la république, et à demander le maintien du décret d’hier. 

* Plusieurs membres : aux voix , aux voix. 

Collot demande la parole. 

> Bourdon de i Oise ; Je demande que Collotd’Herbois soit 
entendu ; il n’y auroit point de justice à refuser la parole à 
un accusé; ‘ * 

Plusieurs voix : IL n’y a point ici d’accusé. 

CoUot-d’Herbois ; Citoyens , Il n’est personne qui ne soit 
; ..convaincu de la discussion qui a eu lieu. On disoit que le 
décret rendu hier avoit été rendu par sentiment, et c’esc pour 
cela même que la discussion étoit nécessaire , car elle a taie 
connokre que vos sentimens sont conformes à la justice, quels 

• *,' que soient la promptitude et l’élan avec lequel ils se ^ro*» 

, duisent. Vifs applaudissemens. 

Les citoyens demahdoient d’étre éclairés; des jonrnaux per- 
fidesj trop multipliés , portoient dans les départemens Tagir 

\ 


fdgm» Page 

î 





lia 


vô«r. 


taîloîi clans les esprits , en annonçant simplement que Vô 
aviez passé à Pordre du jour sur vingt-sept chefs d^accüs 
tion, portés contre sept membres de la Convention. Cette ma- 
nière de rendre "compte des faits pouvoit donner lieu à de 
fâcheuses réflexions.^ 

Vous venez de poser le fanal ; vous venez de planter la 


conviction c. 


ans toutes les consciences; pas un seul.aini de la 


patrie qui ne vous remercie d’avoir donné tant d’évidence et - 
de solemniié à cetteMiscussion ; il n’y a que les ennemis de la ré- 
volution qui SQ désespéreront, et qua'nd ils se désespèrent , la 
patrie se réjouit. La salle reteinit d’applaudissemens. 

Après cette discussion , je crois toute défense individuelle' 
inutile ; je ne crois, pas qu’il existe un seul fait qui ne soit- 
bien éclairci; mais cette séanée produira un grand bien, elie' 
empêchera les dénonciations de se renoüvellcr : ce sont les 
dénonciateurs qu’il faut mettre eu ct^t d’arrestation. On ap- 
plaudit. ' 

Vous les y avez mis aujourd’hui : désormais, toute dénon- 
ciation téméraire , fabriquée dans l’ombre , pour suivre des 
projets libertîcidcs , s’rrêtera au bord de cette tribune ; le re- 
présentant imprudent ou trompe , restera long-temps là , avant 
' rendre l’écho des ennemis de la république ; voilà , ci- 
, les heureux effets qui résulteront de cette journée, 
noi aussi, je suis persuadé que si l’accusation que vous 
avez entendue avoit réussi , elle auroit du comprendre plus 
d'individus qu’on n’cii comptoit. Voilà pourquoi tant, de nos 
généreux collègues réclamoient leur part dans ces prétendus 
délits , voilà pourquoi la Convention a pris tant d’intérêt à . 
cette discussion. Car , observez qu’elle eût été la transition 
donc se fiartoit l’aristocratie : si elle eût réussi dans, cette pre- 
mière démarche elle n’eût pas tardé de déverser bientôt sur 
la Convention entière les reproches qu’elle avoit d’abord ha- 
sardés contre quelques-uns ile ses membres. 

Cotte» î.«ctique cloit propre à égarer ceux qui n<» portent 
pas sur les objets ..une nfctentiou assez sérieuse, et n’ed pé- 
néireut pas les coHiiéquences ; bientôt nous eussions été ions 
en ac.CHsaiioii : jo le demanda quel membre dfs comités 
de ha Corivon tion eût dû rester tranquille, si on pouvoit venir 
lui demondyr un tel compto «le ses opérations? qui pourroit 
opérer le bien s’il étoit permis de rscherclier avec industrie 
les fai i s passés ? citoyens . vous avez f;çu peser dans votre 
s.îgciise les suites que pouvoit avoir cette accusation : veus 
l’avez éclairée, analysée ; vous l’avez regardée au microscope 
de la pïudcrce humaina. Il n’y a pas un citoyen cpii 
rte soit Gonvg nC‘.i wonimç vtms même. 11 est beau de procla- 
ivier cetie co'nvtctiôn ; déjà i’aristopratie se préparoit.un tr iom- 


phe; déjà elle avoit cru fin re une î. rouée clans le sein de la 
Conveniion, pour attaquer la Républic|ue; mais laRépnbl^pid 


i à 

sera en tière , ^r.indc èt siiblime an 

mojivejrtciîs snu(]oyés p^ir raristocràüe. Toiales [les tentatives 
dos satellites de Mobespierre » qtii tendent à rompre la con- 
fiance des citoyènS polir la Convention, seront sans «^fFetpet 
quand les citoyens Se reposeront sur vous, in salut répu- 
blique est cei tain, (vifs applaiidissemeris. ( 

Quand on vous a vu abattre de tyran , une afîillêïie de 
fourberie a iHe pfaœo dans tons les oouis ; -in.iis que nul 
ne se f.'atte d’avoir çoritri bue plus que vous à le renverser; 
c’est la masse de votre courage et de votre vertu , c’est la 
. Gon vciiîion . et lé peuple tout «nlier qui l’ont terrassé-, eë 
quiconque ^ vanteroit d’y avoir plus de part que vous , ■ 
quicon(|ue diroit que" vous l’avez 'pd fiiire plutôt, trou) pci oit 
r Histoire et la postérité. 

Ciîloyoïis , il y aiuolt dôplus graii ls développcinensà donner 
4 cette discussion ; il y a les espérftnce-s des royajî.suis à con- 
fàndre , le courage des patriotes à relever ; car il ne faut 
pa^ srt le divssimuier , depuis quelque tems tous ceux qui , 
avec ybits , à travers les orages, ont comhaiîu »oiir la liberté, 
sont près |ue abattus ; niais ce courage qui brûle dans leur ^ 
piotrine est prêt à renaître, votre décret sera l’étiriceile qui 
vn le rtmîaier. O ne sont pas seulement cjuelqnes membres 
de vos comités, c’est la révolution entière qui étoii en sonF- 
frfince. Mais vous venez <i’allunier le flambeau qui doit réclai- 
rer dans la route qn’il lui reste à parcourir , et bientôt elle 
va nileindre à son terme. Les politiques tlu jour gisent- que; 

■ la révoiuiîon a parcouru son cercle*. : eh b.^enl je vais pour 
' VI M monieni— . 1 — emprunter leur inufg?’. Le point d’où ella 

. esc partie est la royauté; si elle a parcouru le cercle, elle 

P èst parvenue' a l’extrémité contraire, et entre ces deux ex- 
ti énrtés , il faut élever un mur d’airain pour les séparer. 

( vifs appiaudissti^mens ) , et ce mur , c’est â vous de la 
c<mstruire ;( îçs applaiidissemsns fecommcnceitt ) ; je ne pro-»- 
\ longerai pas caîte discussion ; me donnons plus ii»?» à aucun 
J ressenlirm="n,t ; ouvrons nos âmes au sentiment de la .eoncorde 
'et do r union ; prouvons à noire coUégite qu’il V«&t trompé , 

en faisant le bien chaque jour davanUga , ( applaiidis- 

semens ) en nous appliquant uniquement à Faire le bien; ôt 
-) p.ir là augmenlopts à tous momens dans son. cœur , U regret 
J de nous avoir dénoncés. — -r~ les plus viF applaudissemens 
couvrent ce discours.. 

On membre: je n’ai que do très-cour tr s ob .nervations à 
P ajouter a celles que vient de dire Coliot- d’Hérbobs : il ésoit 
; ' aisé de prévoir que cette discussion tourrisroit au' pruüt d® 

: b; llôpubiiqa’e. Le piège qu’on avoit léiidu Cioit tiop gi'os- 
r sier. . 

Sp ■ V-m.s vous rappelez,., citoyens , que les Biis.'ctîiis Vv^idoient 
5 ‘ iiussi faire le procès à la jou né = du lo Août : la iném>' 
Riruc.he a élé suivi© dans raccuiatlon a élé Fite par 
ÇV' .-f é 


* 9 


2H 

iuccoîntre contre plusieurs de nps collègues. Jecrofs que celfn 
séance a suffi pour nous convaincre que Lecointre n’esf 
pas un contre-révolutionnaire , car un contre révolutionnfiire 
ïi’auroit pas été assez béte pour se charger d’une pareille 
dénonciation, (on rit) Tout le monde sait qu’il y a des hommes 
qui ont le talent de se cacher derrière le rideau , et de mettre 
en avant uAe tète exaltée. Cette discussion a duré assez long- 
tems; j’en demande la clôture et ie maintien du decret d’hier. 

Cambon: aucune des séances de |<i Convention Narionai© 
ne doit être inutile à la liberté. hiie<’, vous av*cz rejette avec 
indignation , et sans avoir entendu nos collègues , la dénon- 
ciation faite contre eux , et l’aristocratie qui se cachoit encor*' , 
vouloit soulever le peuple contre votre décret : aujounl’ind 
que tout est éclairci . qu’aucunes pièces digues de 'foi u» 
vous ont été présentées , et que veus êtes convaincus de la 
fausseté de l'accusation portée coutie pholeurs de vos 
membres , vous devez , par un décict solemncl , la déclarer 
calomnieuse. 

Avant de copier le décret , je dois discuter ici ce qui con- 
cerjfie les Espagnac , Haller et Beaumarchais : je coinmence 
jiar ce dernier , et je démontre avec la plus grande é\i- 
dence que non seulement il n’eùt jamais dû etre employé, 
p:ais que c’est un crime politique à mon avis, de lui ^\oir 
confié des fonds de la Bépubliquei et de l’avoir envoyé en 
pays étranger. 

Beaumarchais a été décrété d’accusation sur mon rapport , 
au nom du comité de la gnerre , le 28 JS' ovembre 1792 ( v. 5. } 
Il étoit alors absent de la Ilépublique et à Lomires. Il pr»’- 
âendoitêtre dans cette viiîe pour négocier h» sortie des soixante 
mille fusils détenus au» port de Terver en Zélande; en con-*' 
8 ,équence, sa femme , ic 10 février suivant, présenta une 
pétition à la CunventKui naîionaie , où elle exposa que son 
mari retenu dans une terre étrangère avoit besoin de rentreo 
en France , et fl’y jouir de to»ste sa liberté pour combatre le 
décret d’açcusation lancé contre lui. Ce décret et les consi- 
dérants sont cTuri trop grand intérêt et donnent trop de lu- 
mières pour ii’être pas cités ici, 

»» La Convention uaiionaie . après avoir ernendu son 
comité de la guerre , cônsideraut que is itané du d x 
juillet dernier est le fruit de la collusion ci de la fronde^ 
que ce traité, en anéantissant celui du 3 avril précé- 
dent , a çnlevé\ au gouvernement français toutes les siû, e- 
tés qui pouvoient répondre 'de l’achat et de rairiyée de 
ces armes ; qu’ji se manifeste bien ciaiiemcnt par ce traité 
Cintentïon de ne point procurer dw , tuais ' sealemenî: 

de seservir de ce prétexte pour laire des h^énéficcs illicites 
et considérables , avec, la certitude que ces armes »© 


rocès-verbal du iS nm 175», pages- et.-jyiré 


pn.T.v.içn<rro-ient pas ,* que les Wpidatwns ruineuses quv 
€t;nsnîuenî la totalité de l’acte du i8 juillet, doivent 
être répriinées avec sévétiié , décrète : 

M Art. L Le marché passé le 3 aviil dernier ,, à l^caii- 
marchais , par Pierre Grave . ex-ministre de la guerre , et 
la tiansaciiori faite Le i8 juillet scii^ant , entre Beau- 
marchais , Lajîurd et Ghambonas, sont annullés ,* en cotisé* 
quenec , les. sommes avancées par le gouvernement à 
Beaumarchais, ea cxcciulon desdiis. iraiiés , seront pac 
lui restituées. 

î» II. Attendu hfiaudc çt.h 'O^i^nhenct criminelle qui 
TCgnent , tant dans le marché du 3 avril , que dans la. 
traiîsac.iion du i8^ juillet dernier , entre Bsatiraarchais ^ 
Lajj-rd et Çhambonas ; Pierre Augustin Carqn , dit Beau- 
marchais , sera- mis en état d’accusation. 

îî III, Pierre-Auguste Lajard , exrmini^tre de la guerre, 
Élt Scipion.Cham.bonas , ex ministre des afFaiiCS étrangères 
sont ep demeurent-, avec Beaumarchais ^solidairement res* 
poTiSablcs-., et par c&rps ^ des dilapidations résultantes' des- 
dits traités, et ils. seront tenus de répondre sur ces arti- 
cles , ainsi que sur ceux po-ur lesquel^ ds ont été décré- 
tés d’accusation en conséquence , le pouvoir exécutif 
e.st et demeure chargé d’en faire lè renvoi devant les 
tribunaux, jv 

Sur U pétitiom de la citayenne femme Béaumarchaîs , 
tendante au rapport du’décret d’accusation porté contre 
son mari.. 

Un membre ( Lccointre de Versailles ) demande quM 
soit seulement, sursis à l-exécution-. de ce décret et- la 
Gonveruiom rend le décret ainsi qu’ft suit r 

î> La Goiivendon^ nationale décrète, qu’il sera sursis, 
pendant cUt^ mois h l’èxécunqn du décret d’accusationt 
lancé contre le citoyen Caron - Beaumarcriais , et qufi 
pendant ce tems il ft>urnira. des défenses, a£n que la 
Convention nationale prononce définiii vemeot . 

Décrète en. outre que les scellés apposés chei luî,. 
en vertu du. décret d’accusation , sur ses elFeis^ et pa- 
pier», seront levés purement- ©t siniplément par les 
mêmes- commissaires qui Le? ont apposés. ( Etocès-verbaL 
du lOu février pag/. iS3. ) 

Sur cette pétition de la femme' Beauma-rchais^ , qui 
avoit été imprimée et distribue?© , j-ai cru et je crois 
encore avoir bien servi k patrie , en demandant le 
swrid à Pexécuiion du décret d’àccus'ation -, afin d’avoir , 
parla rentrée de Beaumarehals sur le territoire français ,, 
un gage assuré dans sa'persérine , des sommes immenses 
qu’il devait à la République , et afin que par suite, 



Slf) 

mon caractère qrai détesté rô\ù’eenre d'oppretsi^n , Bean* 
marchais pîit , en réfJisant son marché , tel qn'il étoit 
le 3 avril , ‘être déchargé en dfjimtlf des liens dù décrep 
d’accnsâtîori. 

Beanrftarchais rentre en Fra^nce , donna ses déféftsçs en 
un long mémoire , divisé en six parties. Les premiets jours 
de mars ï793 ,Bêgôuin fut nonamè rjrpporteur : jamais 
cependant il n’a été fait de rapport , et je u’aî plus en- 
tendu padier de Beaumarchais , que lorsqu’il eût de nou- 
veau passé sur terre étrangère avec une commlfsion du 
gouvcrncmeni ct^ cent mille florins, valant âu cours 
du change plus de huit cent miilô livretï - assignats , 
indépèndammarit de plus fortes sommes qu’il devoft à la 
République, (^'opinion que j^ai de BeàuniârdVaîs , et que 
je partage ^vec le oublie , est fondée sur rinfarne cupi- 
dité de cet homme trop connu, qat a fait l’opprobre 
et la censure de l'ancien gOuvettiCtnent qui î’a etTiplOyc ; 
de cet homme vitieux^^par essençé , corrompu par incli- 
nation , qui a réduit rinimoralité en principes . la SOélé- 
rattsse çn îysicme , ét qui aujourd'hui vient d’ahandon- 
sa femnfte , qui a fait divorce avec lui , afin de n’êhe point 
entraînée dans sa chute , ei sa fille qui n’ônt eu de res- 
source que dans la jusiiçç de la Convention , et dans 
Festime de icurs conriîoytns , pour obicnir leur liberté 
compromis* -par Témigration de leurs marf et peréi 

Je crois avoir suffisamment démontre cé que Paris, la France, l’Eu- 
rope entière sa voient, que Beaumarchais étoit indigné de con^ 
fiance; rxiais il n’aUroit eu contre lui que son décret d’accusa- 
tion , dans les , liens duquel u étoit resté, et dont l’exécution 
après deux mois devoit avoir lieu,' sans la protection accordée à 
ce dilapidareur , que le comité ne pouvoit ni ne deyoit em- 
ployer , encore moins^ lui confie r<C de nouveaux fonds. En vain 
Cambon novis dit que les biens de Beaumarchais répondent ai- 
sément aux avances " faites ;• la réplique est faci,l,e ; les biens 
de Beaumarchais , par son décret d’accusation , étaient déjà frap- 
pés; et ne poüvoient être grevés d’une nouvelle charge; je le 
demande à Cambon , Beaumarchais deveit .livrer à la France , 
dès le 3 juin , ces 6 o mille fusils, à peine d’un dédit dé 
50 mille livres. Beaumarchais, sur cette belle ' promesse , avoit 
reçu J 00 mille livres en avance. Beaumarchais , aux termes de 
la transaction.d.vi..i 8 juillet , qui av®it anéanti lefi mârehés du 3 
avril 17^1 , recevoir de lanatitm deux cent soixante-'dix milleliv. 
de rente à cause, des ^o, mille fasils à 30 liv. , fermant un ca- 
pital de 1800 milieJiv. , que la nation étoit censée lui devoir 
par ^abandon qu’il lui avoir fait des ces soixante mille fusils, (exis- 
tans QU non)., au ,po,r.t ,de Ter ver.; abandon fait aux risques. 
périls et fortune , de U P..épütUque , . sous la simple prqra esse 
de Beaumarchais i.’eîp^loycr les 'boiis^ offices et t^lens p®ur par- 






» (MD 

^cnîr à- la livrais, on. fleaumarchals qui par cçtt# ftahsàctîoi^ ^ 
reçoit qumzt^poiir cent d’miérêt, tant' qu’il ne sera point paye 
fies tSoo mille liv. , a-t-il intérêt de livrer? non sans doute. Bcau-r- 
marchais a-t-il livré un seul fusil depuis, ce t<“mps ? non, Cam^ 
bon le sait Cambon avoue qu’il connoissoit Beaumarchais pour 
ee quil est Aiîjourd'’hui , Cambon prend la défense da cet être 
immoral et qu’ii connoîr. pour tcL Ali , Cambon 1 ou plutôt , comme 
j’appeloitton pcre,,Quand-B«3n? Q//«Wo 

En vain Barère nous dit, qiie si l’article z6 avoir été rédi-? 
gé à Londres, il en reconnOitroit faeilement les auteurs , Dieu 
veuille que je me trompe , Barère , mais je crains bien de dire 
aussi vrai que di} temps de Narbonne , ou j’étois repoussé 
comme apjoutd’hui , mon opinion sur toi, Barère . qui nous 
parle si souvent de Pitt , de Georges , de Londres , de Côr 
boîirg , c’est que Beaumarchais, aussi fourbe en dipiomatic , 
qu’habile escroc en financés, est ailé- préparer les logis pour sa 
.clique et pour toi ; et plus j’y réfiéchis., pms je me dis : com-r 
n;enc concilier ce que dît Barère de cet individu , -sur les 
opération: duquel il ne s'étendra pas davantage , parce qu’elles 
sont relatives, à des marchés avec les étrangers ; que ce seroit 
trop bien servir Pité d’en parler plus long -temps Com- 
ment, dis-je, concilier ce langage avec îa conduiicde la femme 
Beaurharchais , divorçant à Cause de rémigraticn de son mari, 
demandant sa liberté et ecllc de sa fille , en disant que le cri- 
me de leurs m-ari et père ne peut leur être impute , puis- 
qu’elles ont bien servi personne il ernenr la patrie. Il faut avoir 
toute i’effrontçrie de Barère pour croire cp’il peut sè jouer 
aussi impudemment crédulité de laconveniion nationale 

et du Peuple Français., Le temps de l’illusion -est passé, Barè- 
re, ton masque , celui de tes complice-s est tombé. On- ne 
verra , comme ' moi , dans le départ de Beaumarchais , qu’im 
.maréchal de logis , envoyé en avant pour négocier et trom- 
per sa patrie, peut-être à toi -même ta confiance / car Boau- 
marchais est de cette force. Si j’ai bien prou, vé que cet homme 
' n’èût jamais du. être employé'; si l’avoir fait , c’est avoir pro- 
voqué les plus yiolens et les plus juues souç'çons de perfidie , 
je serai bien moins embarassé à i’egard de d’bspagnac et d’Hal- 
ler ; certes , quand j’aurojs prié mes collcgties de défendre la 
partie du z6îûc article , qui regarde ces deux conspirateurs , 
iis ne r'auroient pas fait avec plus d’avantage 'pour moi. D’une 
part , Cambon croit avoir tout dit , en alléguant qu’Espagnac 
à été- employé par l’ancien ministre ( Bouchoite sans doute) , ec 
non par les membres qu’on incidpe , comme si luii de.5 prin- 
cipaux devoirs du coitiiré dc salut public, n’étoit pas de casser, 
annuler, révoquer, arrêter et faire punir tout ai^nt exécutif, thef 
oir subalterne, ^qui manque à ses devoirs. Cambon-, tu sais bien 
mieux que tu ne dis , tu sais bien c]ue celui, qui fait le mal,, 
et celui qui le tolère , quand il a le pouvoir de le répriniet , 
S 0 "t -coupables. Tu cenneis cc principe, et tu n’as pas 

d’exp-rimer -unedpinion conu-aire pour nous de:tner le ckan^c^ 



sfS: 

lî en est de même de ce que dit Cambon de Haller. Sois 
conséquent, Camboii , tu dis ; « Toutes les fois que le comité 
des niiancçs a dénoncé Haller, le comité de salut public a fait 
droit à ses réclamations ». Comment donc îiailer a-t-il pu con^* 
tinuer d’être employé? Et tu crois encore avoir tout. dît , eu 
observant qu’ii étoit soutenu par le représc-niant du peuple 
aux armées d’Itaiie , comme si le comité pouvoir cesser d’être 


l’assure Granqt. Comment nJme Vouiaiid,, mem- 
de sûreté générai e, et l’un pe ceux que je dé- 
lie de son comité , 


idanc^ d’un homme , 
Orientales aux.Espa- 
Haller; et ici , Vou* 


CQupaoïc d'employer un dilapidatcur , un contre-re'volution- 
naire , parce qu’ii est protégé par tel oii tel représentant ; 
et certes , il est bien coupable ,, puisque de toutes parts , et 
depuis plus de six mois, les plainies lui plcuvoient de toutes' 
parts, comme ' - 

bre du comité 

nonce, peut-il justifier’ sa conduite, ou ce 
lui , rapporteur d’une affaire , ou lacorrespo 
convaincu d’avoir, voulu iivrcrles Pyrénées 
gnols, pr-ouv, oit qu’il agissoit de concert avec!' 
land , ce n’est pas moi qui te dénonce sur ce/ fait , c’est Merlin de 
Douai , qui sur ta demande dexe qu’il pensoit de cette af- 
faire , te dit : c’est un ccntre-révolutioimairc. Qu’est devenu 
Haller? Tu dis qu’il occuppc une place importante. Merlin te 
témoigne son étonnement ; et tu ajoutes ’il est protégé par un 
liomine que je ne nomme pas. Et voilà WJusiice , Vouland , 
voilà celle des meneurs de ton conaiié ,,qui ne poiivcfient igno- 
rer le crime de Huilier l Eh quoi! vous qc emigne?' pas de lan- 
cer des mandats d’arrêts contre des citoyens paistibies , mais 
frappes d’un léger soupçon, et sur î a dénoaciation vague d’un 
individu , souvent son ennemi, un citoyen est incarcéré par 
vos ordres , scs biens sont provisoirement ccquesués , et l’hon- 
nete commission popiuaire que vous avez nommée , le condamne 
à la déportation ; votre approbation et celle des meneurs du co-' 
mité de sajuc public donnent la sanction à cette décision , et 
des milliers d’hommes honnêtes et vertueux , ont été ainsi 
sacrifiés, et le contre-révolutionnaire Haller, dont le crimeest 
bien avéré, trouve dans Vouland uii rapporteur indulgent , un 
protecteur subalterne ; mais peut-être Parère , fertile en expé- 
diens , dira-t-il : c’est piRr une politique, des plus raffinée que 
nous avons employé les Beaumarchais , les Haller , les Espagnac j 
c’est parce que l’Europe entière connoisso’it leur immoralité j que 
l’un çtoit dans les lièiis d’un décret d’accusation , que nous 
îillions faire guillottiner le- frère de. d’Espagnac j qu’Haller en- 
tretenoit correspondance avec un prétendu' traître, , mais- qui 
d’accord avec nous ^ trompoit TEspagne, en promettant de lui 
l-ivrer les Pyrénées Orientales. Cest par un raffine,ment de cette 
même politique que le département de Paris a saisi les biens 
de Beaumarchais , comme émigré , que sa femme a pro- 
voqué le divorce : c’est d’après, ces grandes mesures de gou- 
vernement , que le génie étroit de Locointre n’a pü, concevoir, 
que rxüus avons agi : quel ennemi peut sc douter en négocianSx 



21 ^ 

Eh bien 1 citoyens , ne soye?5 point étonnes , si le prothée, Pa- 
rère, iijçus.tenoit ce langage, après ce que vou'î avez entendu 
de lui : prenez garde qu’il n’en prenne encore queiques - iiiiS 
de vous dans ses filets. Il vous dira ; la politique est une ‘-i belle 
cJiose , qu’elle tourne en bien cfu en mal tout ce qu’elie veut 
selon ses intérêts. 

Si je vous parie ainsi , c’est qu’obligé de battre ces rusés 
ennemis à tomes fins , j'ai dû vous prémunir même contre ce 
qui paroit le plus hors de la vralsscmbianee. 

O ma patrie l voilà donc iés hoir.tncs dmrc r.ecointrc-Puyra- 
vcau a cru s’honorer, ( pour la première Fois quil reccuvroit 
depuis un an la paiole } , de prendre la uélcnr.c , en disant qu'il 
étoit beau de les vt/ir , en l’abscence de R.obespierre , tra- 
yailier au salut d^ la Pvcpubliquc. 

Que Cainbüii , défenseur officieux des hf»mmes que je 
dénonce, vole avec peine le compte que je, dionande à ces 
çorispirat(3urs , il n’y a rien qui m’étonne; Camben s’est 
prononcé pour eux. Mais que noire cf)! lègue Beffroy , que 
j’t-’fititne , me fasse ce reproche , e’est ce (tui me fdt peine. 
Beffroy, qui saie, soit c inm<^ membre du comiié des finan- 
ces , ou de celui de coinmefce, qu'ouire ies reproclres vrais 
que je leur fais , par l'aitlcio 26, ils ont mis un emb;.rgo 
sur les batiiuens maichaîj.-is de nos seuls et vrais amis (les 
Américains. Et dans quelle ci; con.-^iance L<»rsque ces bra- 
ves alliés veiioient ue nous apjmricr des marchandises quîî 
la prudence ne me perinel pas fie oéiiommer ici. Eli bien l 
ces citoyens , au lieu de trouver clu z nous , de la part de 
nos gouvernans, frattruité, accueil, ain.tié, iisjy ontéprout 
vé les plus affr< u''es vexaiioas. Leurs marchaiidises -aban- 
données , reléguées dans des magasins mai - sîiif/s , dans 
nos différens ports, ont été toutes avr'riée's , hors d’élat da 
pouvoir être employées. Et pouf quelles sommes se trouve- 
t-il de ces marclianaises dans nos ports? Le croirez- vous , 
citoyens mes collègues ? La EVance pourra-t-elie le croire ? 
1^1 bien! il y en a pour trente millions. C’est aujourd’hui 
à cette somme que s’élève la den.an(îe en répétition faite 
par l’envoyé des Etats Unis de l'Arriérique , au nom de 
ces braves négociaiîs. l/lMinneur Américain , la loyauté Fran-» 
aise, ne peuvent ni ne doiv.mt simffVir que des hommes 
chargés de tenir les rênes d’un gouvernement , se soient 
permis d’aussi violens écarts, sans êtie répaiés envers nos 
alliés , réprimes et punis , pour Biionnear de notre gouver- 
nement , sur-tout lorsque les marchandises que représentent 
ces trente millions, n’ont po;té/^iicun profit à la Répubii- 
qae ; que leur perte n’«i fait qu'augmenter la douleur des 
bons citoyens, témoins de ces dosastfes / en voyant qu’on tio 
làvaleur des capitaux a rembourser , il faut encore indem- 
niser les équipKges de près de six mois de séjour dans les 
ports de France ; encore si ce mal se bornoit aux trenie 
millions cités; niais non, if en est résulté que de nombreux 
envois qui se succédoient, rcpoiissés par ces nouvelles , ont 




leurs cargaisons chez nos enncrnîs. Il on est rtVsulté 
qu’aucune puissance ne veut'charger pour noS%)oris-, 
ri'ès avoir reçu en numéraire le double de Ja valeur det 
O ’estinés pour la France. Et Beffroy paroît Irouven 
é ' que je demande de's comptes à ces conspiratmra 
t >ïu!ues qu’ils ont confiées à d’aütrés conspirateurs- , 

qi. wi.-it déjà sous la* coupe des tribunaux et des loix. 

.. ’a irésoTerie nationale , dont Cambon est l’organo- 
éi • hi Convention , (si le fait de ces 3 o millions qn» 
j’' b; ici, etoit resté ignoré ) dans le compte des dépen- 

’s i'épublique , lorsqu'elle le présentera , écrive" 

t ■ i' t Prairial, à la page y. 

Dépense. Chapitre premier. 

•r ti.icat;on de l’emploi des fonds, 
ion de commerc et àpprovisionneraens. 

A: ixe 9o,5‘io,c>45 L. à quoi se rnontoit en cette par- 

tie a .r pense du mois , elle ajoute d’un trait de plume trente 
1?;’’ > i,,. Ue plus; en tout, 120,580,246 L. Nous confians , 
de troubler les opérations d© l’honnête Cambon^ 
q’ -biu'eriVayimie que nous paroisse cette dépense, nous 
gAidnrous le silence , persuadés que tout est bif m; ou , comme 
du.'î uniados qiii n’os^nt sonder la plaie , qui chaque jour se 
gangrené, quelques-uns de nous crieront à l’arituocràtie, si 
on veut éclairer la Convention. Que dis'-ie, j’en entends 
d ’jà derrière moi qui f'iSent , que je divulgue le secret dé 
l’Et.U ; Cjue je brise tous les ressorîs de la politique ; que 
pir-l i-.qe suis moi - même un traître ; cojnu>e si celui qui 
éclaire sa pouroit la trahir , et que celui qui veut 

qu’un liandeau soit perpétuellement sur les yeux de tous, 
^poLivoit bien la seivdr. 

5v)yor»5 |►e^suûd.s que j ".mais la politique n’a fait triom- 
phrr le, Reî.*iib!iques ; mais que c’est la justice et la bomie 
f >i. Abandonnons aux rois ^ aux ambitieux , aux esclaves , 
cet art doublement pcifide ; il est indigne d’un peu- 
pk'Jibre. ^ ' ' ' 

Ab ! Beffrop’: au Hfu de nou? étourdfîr sur le CQrnpf© 
de^ces gouvernans d loyaux , aujourd’iiui qu’il» son» hoift 
de place , et qu’ils doivent d':5 .'comptes , demandous- 
Uur ceux mêmes des mi»r»da(s d .bvréô k tant d’inii iga-'S,- 
peut-être. Pour moi, . je me ^contcnio rois du compte 
bien prouvé' qii’ils me frrôicni des 4 , Sii , l.vrcs 
q l’ds ont dépensé dan): les quatre detniers mois dç ièur, 
gestion , prairial , messidor , thermiJor et b/uriiJor, et qui 
îont portés en masse dans 1er' p^gfs 7 et 9 des comptes dü. 
ce mois , présentés par la trésorerie natiotiale. 

Sans, doute , comnae,. Bréard /nous l’a prom s k. bs éance 
du 12 veadémiaire , lor^q^ue le nonveau c :jj £.4 tk s>> 



cornue 


tut public nous rendra compte c^es opérations et de la» con- 
duite du comité sortant, il nous mciua à portée de 
vérilicr le bon emploi de tant de sommes dcbvrneêj :o.ir 
de simples mandats. Car il c.l bien permis d’avoir d^rs 
doutes contre des membres de ce comité . qui . aés 


sans toriune perionnelfc , ont pris 
Cltchy , des maisons de campagne^ où ciiaciu; d'eox , 
tantôt réunis, tantôt séparés , vivoient deux jours pardr- 
cade , avec les plus célébrés et les plus dévcrgondét's 
courtisannes de Paris telles que la Démahi , la Banni-' 
foi, etc, où ils renouvelloient avec elles les oroieî , les 
6'cènes scandaleuses et nqCturnes des jardit s Versad- 
Ks et de Triarum., pour se déi'asser avec les Vadiec, 
les Youland , du travail de« listes de pFoscriptioo qu’ils 
Y'jnoieiit de dresser, ou de celtii plus fatigatit ti invan- 
itr des conspirations que la guillonue devoit ancaïuir, 
afin d'etre assuré d’avoir taillé de Fourrage au idbunril , 
pour une décade, et' par lui, d’avoir ptociué au fisc 
de nouvelle^' richesses qu’ils avoientsoin de dessiper p^ar 
avance. Voilà les hommes auxquels s’io téres'^^c Befroy et 
dont il s’éroîiiie qu’on exige un compte plus détaillé qu’on n’a 
jamais demandé aux anciens ministres. O avciiglerneat du cœur 
fiUnïaiii 1 voilà les hommes auxquels oh veut que j’applaudisse , 
à peine d’être réputé de complloité avec Robespierre , St.- just, 
soupçonnéd- avoir agi, en les dénonçam^parles même- motifs, àpcîne 
d’être mis en état d’arrestation , comme ie vouîou Elie-Lacoste , 
à |3eine d’être traité d’homme à fureur délirante , -à rage 
diiVamante'j comme le veut très-sagement Bourdon ( de l’Oise') , 
enfm , d’homme à envoyer aux petites maisons , comme roiu* 
demmdé plusieurs. 

’ >vügré toutes ces menaces , mon devoir est d’éclairer la 
convention , le Peuple E’fançais , et de combattre le crime par- 
tout où je le trouve, sans acception des individus. 

La première fois que je suis monté à cette tribune , j’ai rem- 
pli ce devoir^, je le remplis encore aujourd’hui parce mémoi- 
re , et aSn que rien ne manque au lecteur empressé de con- 
nüitre comment la convention a prononcé au sortir des débats , 
je donne ici la copie de x.e décret et dei’extrad des séances 
l|ui l’ont précédé et suivi pour ce qui me concerne; 

■ La conventipiî nationale , après avoir entendu i es zé” chefs 
dÿccu’-’ation présentés par Lecoiiitre ( de Versailles") considérant 
qile les pièces qu’il avoit annoncées être à, l’appui n'existent pas, 
çt que des deux qu’il a produises , l’une eit d’un anonyme , 
■et l’antre d’un homme suspect, et toutes deux insignifiantes,- décla- 
re l’accusation fausse et. calomnieuse, et passe à l’ordre du Jour, 
(journal des débats et des décrets, numéro 71 5 , page zSn. ) 

Ravois lieu de croire d’après le déci^et , que je serols au moiu'î 
quelquçs jours tranquiie , ahn de me préparer à éclairer la reli^ 
iigioiî de U coiiYCütiou , surprise par uns, discussion, qu'on peu: 






sans crime , croire avoir été au moins précipitée , vu l’impof-^ 
tance de la maticrc. Mais les jours suivaiis , j’ai eu de noü-^ 
Veaux a«:sauts à souienir. Je crois ii?:cssaire de les retracer ici , 
que ceux qui ont pa^ contre moi dans cette aiiaire, 
hien connue-, ainsi que jcup; motifs, puissent, s’il leur reste 
encore quelq;:c pudeur , en lhanr ce qu’ils ont dit, et jetant i 
lui coup d’(.rii sur leur C(.>n(i,uite, rougir rie leurs excès. 

‘ Le 14, Bourdon de l'Oise- , avant que la discussion s’ouvre 
sur rinsi.t uol un pubiiqfie ♦ dit; il uujt éciai .cir un biuitqui se 
, et que je ne puis croire. On dit que Lecointreest 
de ré'iioci- le ptocès-verbal oe la séance a hier; cela 
'oil trop indéceiu pour y ajouter foi. 

Uriniemhre: >î La Cuiiveuiiori a déclar-- iuor que Lecointre 
Vtoir. un cnioinniaretij ; la Convrniion no doit pa^ souffrir 
Sim calomniai eu’jr é son bureau > il en. doit s.-rtir. 

Ooioiribede : La C. tivenlion , en déclarauii calomnieuses 
}es accusations de I.ecoinire, a remp>li son devoir «veedipnité; . 
3I me semble qu’elie doit s’en tenu là, ei laisser Lecointie 
ïUï bureau , .>11 bien il faiit qu’il sorte de la Coi'iverilion ; 
Üe réclamé l’ordre du jour. L’ordre tlu jour est adopté. 

A là séance du jô le suis atiaqm^ de nouveau. C'est ainsi 
«}iie le jouî îKil des fiébai;-, j agOsS :>(% , 287 et 288 rend 
compte de ce débat vicrdinent scct.-iualeux. 

Un îoe . c, . cj'i O;', d. . cv le dccici qui déclare 
usses cî çalom-'idisc s ic : imputations l.dit» par Lecoin-' 
c contre sept de ses c'dicg , ne sc troiue ni dans 
bulletin des loix . ni dans ccb.ii de ccuocspondanre. 
Bernard de Suintes: {das-emirlcv do't d’amant moins 
«"étonner de ceitc nrgb'geucc . tju’âu bureau se igouv» nt 
le (U.iiGVciütchr lui - même , et le collrt^ nt ntenr Gutfroy ; 
car (>M t\e doute pas,i>Mns doute,, que Guffroy n’ai- aidé 
Lcconitrc. N’a t-ii p-as aussi l,tit distribuer Un fihél^e dé~ 
goûtrnit à la porte de la Converdiou ? Pour moi je rougis 
de vint cc dernier au bureau . après le décret qui a 
Jéclarè rnlomniente.^ icf accu'sat ons qu’tCa présentées' ici. 
(ij. Otiand on a demandé hier que Lecoimre soit écarté 


(i) l’f'tois a'bsçnt de U séance, lorsque ‘Bernard m’a rraîré avec au- 
tant d’indigrniré que de bassesse, et m’a fait Tinjure gratuite de sup- 
poser que SÛ7 purveiwit au bureau des pirces à ma charge , )e nepdryinssg 
à ks soustraire. 

Ce soupçon atroce eût d’aiuant moins dû être dans la bouche de Bfcr- 
fiard , qu’il est plus q’oe véhémentemenr sbupçonné d’avoir, Jors de sa 
mission dans les départ'-mens qui <».voi-incnt Montbéliard, disposé avec 
Tant de légèreté des effets appartenans à la R publique ^ que là société 
populaire de cette commune i’inculpe d’en avoir distrait une partie 
pour ses protégés; de s’en être fait adjuger sous des noms supposés, 


ou de personnes absentes , différens lors i d’avoir destitué et fait m- 


^arci'rer des membres d’autorités constituées , qui auroient eu le courage 
cie s’élever contre ses dilapidations , et de lui refuser un certificat de 
bonii« coxmn$ ceU est arrivé au, citoyen Berger. Ces excès 




22!^' • 

du bureau, ron a observé que le reuouvelîement dvi 
bureau se feroit ce '^oir ,* mais ou iva pas fai^t attention 
que. Lecointre n’est pas du nombre^des trois secrétaires 


de Bernard dans sa mission, er paTticiiliérçment eette démarche de sa 
part , pour obtenir un certificat de bonne conduire , ont paru si graves 
a la société de Montbéliard, (car, comm: ni lésait, nimia pr^cau-^ 
tio doliis) qu’elle en a fait la dënoticiation au comité de salut piî»>- 
bllc , en ij/articles, qui, (s’ils sont vraisi) comme ils en portent le 
caractère, auroient me'rké ranimaclvetsi.on -de la ^Convention natio- 
nale, si l’ancien' comité de salut public , sourd aux dilapidations com- 
mises par ses protégés, comme il l’étoit aux noyades, fusillades et 
guillotinades des Carrier et autres en eût fait son rapport à la Con- 
vention. -V 

Au jeste , je donne ici copie de la dénondatien faite par la société 
de Montbéliard contre Bernard de Saimes.. 

Extrait des Pièces qui déposent contre U Représentant du peuple , Ber-' 
nard y et remises au Comité de salut public \ 

Art, I. Bernard a fait commencer l'invenraire des meubles du ci- 
devant château de Montbéliard , l’a fait suspendre , et a fait procéder 
à la Vente sans clôture d’inventaire. ( Séance de la Société populaire dc' 
-Montbéliard^ du J ventôse , picce cote 2). 

II. Bernard a fait c nfondre les eïFets des absens et des Allemands, 
sortis en suite des pasicports qu’il leur a donnés , avec ceux (Itt cljâ- 
teau, sans inventaire. {Cotes i et ) 

III. Bernard- a vendu , de son chef er sans criées, une machine élec- 
trique, pour --^xyo. livres, qu’on assure valoir 4000 liv. {Cote 2.) 

IV. Un jour, la venta- tt nt alose , Lemud , a. <.>■ .«'o.gné d?. Aanaei , qui se 
dit .commissaire du Couiité de saisit public, remit au citoycUy^ Macler , };re{— 
fier à la vente, une note d’afftt^ et nieublei , qu’il lui enjoignit d’enre.^is- 
trer comme adjugés au juif Tre^^eux, absent. L’cmcg'.' trernent ordonné a été 
fait sur le* clianip' , sous li dictée de B^;rnard ai et le prix de ces laeu** 
feles et effets a été payé par Bernaud ou pa- Naudet, 

Ces meubles consisti^nt en quatre articles : 

L’un de 18 lustres , . pour . . *j70O liv. 

Le second, de 12 fiautbe-aux- crÿs ^l , p our . . • 3oo 

Le troisième, de 4 pieds colonn?rj~^2îres , moulures, 100 

Le quatrième, de 3 figures plâtres , avec lustre crystal , joo 


Total . , . ... 3,200 

( Cates 2 et 3 . } . — . .. 


V* Une voiture a été adjugée potw 3oo liv., et il en restoit une autre 
que Bernard a dit vouloir g ud^r pour luî-iuênje , étant de même valeur que 
la première. En conséquence , il a erjoint au coniaii.S8;drc \ la_ vente , de 
porter cette vniture sur les cahifs de vente, quoiqu’eli:.- n’ .it été ni esti- 
mée , ni inventoriée , ni mise en criée : ce qui a en lieu. Cotte 2.) 

yi. Bernard et Naudet, fnsuitc «les v.ntcs prétcnùiies laites au juif 
Tréfoux, ont fait tharg r , pviur e C 0 '';pte de ce juif, onq voitures d’ef- ► 
fets qui ont été conduites à £.de , trois p.-r des chrv.iux d’artiUerii, et 
les deux autres par les chevaex du citoyen Ro.hct, maître de îorges à Au- 
daincourt. i es Eâlois n’ont point voulu souffiir k dépôt , ou lii v.mte de ccÿ 
meubles chez eux. En conséqueuve, ils ont été conduîls à Arlesein , où 
is sont encore, ^ 


■*' Une copie de sette dénqndatiç^ trouyée sous les scellés de 
l^spîene, ' 


<» 




JS^eta.. L^adminîstvation da district s’€st inutilc^nient opposée à i’cnieve-' 
ïucnt de cfs effets, ( CottiS 2 ,-'S , 6 7*| • * 

Vil. Bernard a vendu au dteyen Froîdot , cî^devant ga de du ftère cudet 
de Cape? , J >63 onces d’argenterie, au titre d’Allemagne, pf-vvenant des *. 
églises , pour 4 Hv l’once , taudliqile la valaur en est fixée , par décret de 
la ConvL-nlion, à 5 liv. ii s. 3 d. l’onre. Froiiot a transporté cette ar-» 
gentoie à Bâle, où elle a été vendue. {Cote 3 .) 

VIII. Bernard a fait euiba'ler , pour son propfe con-pte , une tab'e de 
marHre bleu, garnie en compariitnena ; le troisiè ue Voyage du cafjtainé 
Cück , avec estampes et figures ; et un g and atits. Ces objets n’ent été 
ni inventoriés , ni mis en vetite. {Cote ?.) • 

IX. Bernard a rends grr.taileinent ru citoyen Schiffer, concierge du châ- t 
test^ de Monüîélîard , et le cond"cteur des effets à B.tIc , une pendule* uai 
atlas rt plu leurs üvrîs. [Cote 3 .) 

X. Tous U-s livres all-.m 'n .s ont été vendus au juif Tréfoux , îàbsént^ 
pour 700 liv. , sans av.-ir été nds en vente. Cote 3 .) 

XT Bernard, cr'ignant, sans doute , les reproches qde la société de Mont- ’ 
béiiavd lui aiiroît adressés , sur sa cuad iite et sur celle de ses ag-.ns, n’a 
point osé paroitre dffts cette société. CoîC& i et 2.) 

.XI*. Cbü;e étrange! Ecrirri, dont les pouvoirs exoiroient* sollicite 
radjuini.’.tva'ion du district dé lui délivrer un certificat dr bonn^ conduite. 
L’agent national, son protégé, en fait la motion. A la séance du pieniier 
pluviôse, nn membre coOrageux de radiuinisiration , le citoyen Berger, 
s’oppose à la délivAncrc du zcrtificat, sous prétexte qu‘i) a connoissance de 
faits qui rendent Beniarc^uspect , et deroandv qua 1rs personnes étrangères 
qui en sont instruites , soient appellées pour les révéler ; ce qui est ex«cüté ; 

& après les uéclarations des citoyens appelles, le certifi-.at n’a point été 
délivre. 

Mais, le crcir2-t-on î Bernard, instruit de l’oppôsitidn du ténubHcaîM ; 
Bex*;er, k destitue le ruem® jour, p<ernictr pluviôse, et le, fait incarcérer. 

Enfin, après avoir écarté, pir un abus de pouvoir, le seul obstacle qu’fl 
avoit rencontve dnns l’obterition du certificat , il i’a obtenu le lendema;n, 

2 pluviôse. Cottes 3 , et 5 .) . 

Xnï. l,’agr:nt national, no nrné Bury , est un banqueroutier, poursuivi, 
dénoncé d;;ns outes les s-o. iétes popiilaires les dépa; lïmens du Doubs , de 
la Haute- Saône et du Mont- Terr.ble. Son vrai nom est Petit-Co’a,. Il a 
cbanct *!<-: nom pour teb pper aux poursuites 

. Eld v-jità ce Garnier de ‘-aintes qui s’est permis de jetter les soupçons les 
plu.s injurieux .sur un coiiègue irrtprochauk ; sur un co. légué qui, dans s > vie 
pub'iqar ou pu'vée, n’a ja ;îa'S donné prise contrelui.; sur un coilèg,ue qui adu 
moins fait respecter ia •Conveniion nationale dans l.e<i cinq departe.uens qu’il 
a viiitéo , en ne ivipportaut rien ;i lui, »<ais tout à Tiaterit public î Re is 
d uic , Bernard , la cénouciatlon; de la société populaire de- Montbéliard.» 
xdis aussi (e que tu a.s eu la mal-adroite audace d’afticulcr coritre moi; et’ 
c >nf;’sscs enfin que Hi p’avois pas le droit de ror^^ir , en me voyant' âu bureau 
dr*. la Coijvtulion ! 


qui doivent êtrir Ténouvellcs . non- plus que Guffroy, Jé- 
demande qu’on les icnouveile ions deuv ce soir. D’ail- 
leurs , s'il arriypit au buifeau des pièces à Ist charge de 
J^ecoinire , ne seroiril pas U craindic q^’d ne parvînt à 
Iss 50US traire 

Un meaibrc s’écrie que c'est semer de nouvelles di- 
visions. 

Fayau ; »» Non , ce n’e.n pas semer ici des divisions ; 
c'est s'élever, au contraire, contre ceux qui veulent 


2â| 

TOUS <îi vise Je TbetQnne 4U un membre qui «i pout 
<ieclarer calomnieuses les accusations de, Lccomtre * 
Veuille qu’il res{e au bureau. Qu’on ne dise pas que 
c’est por er atteinte aux droits du peuple*. Durant i as- 
semblée legislative , Lalont-Laüebat , président, dëlen' 
dou la cour, et l’énergie des patriotes le fit deBcendift 
du fauteuil Ce qu’on fit alors , nous pouvons le faire 
aujourd’hui , lorsque le peuple lui-même s’étorroe da 
voir encore au bureau, Lecoiutre , qu’un décret déciaro 
calomniateur, 

Golombeile dit qu’il ne faut imputer qu’à lui la né- 
gligence dont on se plaieit ; que sa santé ne lui a pas 
permis de se rendre à la séance d’hter. 

. Ce n’est pas toi qu’on accuse ^ s’écrient plusieurs 
membres. 

Oudot dit que, sans doute, personne n’a intcntiorir 
de défendre Lccointre ; mais il pense que les priucipeü 
-s’opposent à ce qu’il soit exclus du bureau. Ce seroit 
«slon lui , donner à la place de secrétaire une impoj- 
laiice qu’elle ne don pas avoir, et blesser I ogahte nui 
doit régner entre tous les membres, quelles que soient 
lés fo«ctions que l’assemblée leur confie. 

Bernard de Saintes observe de nouveau que la deman^'e 
qu’il a faite ne blesse en rien les droits du peuple ; 
que si un député tient du peuple sa mission de repré- 
sentant , il ne tient ses fonctions de secrétnue que ds 
la confiance de rassemblée , qui peut , quand cefte 
confiance cesse , lui i.eiirer ses fonctions , comme elfe 
a pu li^s lui conférer. 

Un membre ; J’attache peu d’importance à ce que tef 
ou tel membre soit au bureau iwais je ne crois pas 
qu’il faille qu’on puisse exclure tel ou tel représentant 
d’une fonction que l’assemblée lui a confiée ,• ce seiou: 
donner trop aux individus , aux pa.ssious ; ce seroit 
blesser les droits du peuple. Je demande l’ordre du 
jour. X,. 

Dubem : Après une discussion solemnelle de neuf 
heures , l’assemblée a déclaré Lecointfe infâme calom^ 
nialeur. (il se fait du bruit.) L’on ne peut séparer 
l’auteur de l’ouvrage ,* la qualification donnée à Tou- 
vrage retombe nécessairement sur son auteur ; la pro- 
position ne blesse en rien les principes. Si l’assemblée 
ne pouvoir éloigner un membre du bureau^, die ne 
pourroiî donc pas non plus Iç) faire sonir d’un comité • 
c’est ici une affaire de pure police întér;{'ure , par bêilse 
ou méchanceté, Moi je crois p^r l’une et i’aurre, Lecomrre 
a colomnié sept membres de cette assemblée i son acc«- 


226 

sati«n étoit éyidcmmcnt contre révolationnaife. Qjtclie 
confiance peut • il donc mérittr ? Je demande qu’il soit 
renoaveiré. 

üa membre : Lors de la loi du s?. Prairial , Lecointre 
a eu le courage de demander rajournement ou la mort. 

Plusieurs membres invoquent de nouveau les principes 
et l’ordre du jour. 

Duhem inien ompt plusieurs fois les orateurs. Le pre- 
sident le rappelle à l’ordre. 

Que m’importe ? répond Dcihem ; je parle pour la. 
chose publique. 

On demande l’ordre du jour. 

On réclame ensuite la division ; elle est décrétée. 

Le president met aux voix l’ordre du jour sur ce quL 
concerne Lecointre. 

L’ordre du jour est adopté. 

On réclame l’appel nominal , et plusieurs membres des* 
Ctndent au bureau pour s’inscrire, 

Goupiileau de Fonteuai : Je ne rappellerai pas les prin- 
cipes ; ils ont été développés dans cette discussion ; 
et si elle eût été prolongée , nous serions peut - erre 
d'accord. Je ne feiai qu’une observation , c’est que si 
Lecointre a’a été qu’égaré , il devroit donner sa dé- 
mission. 

Bourdon de l’Oise : je serai court, (^uand le Peuple 
investit un citoyen du droit de le ' représenter , sans 
doute il ne peut être dépouillé de cette mission , ex- 
clus du sein de la Convention , 'que pour un crime , 
et d’apiès un jugement solcrnnel : ce principe est in- 
cnntestnble. Mais ce n’est pas la confiance de la nation , 
c’est ceile de la Convention qui place tel ou tel mem» 
bre au bureau ; et certes, elle peut lui retirer cette 
place comme sa confiance. Je le demande , pouvons- 
nous avec pudeur y laisser un homme dont vous avez 
dcclavc raccusat‘ 0 n calomnieuse ? Je prie mes collègue! 
de peser ces observations , et le p»résident de metirt 
de nouveau la question aux voix , avant de faire l’appel 
nqminal. 

Lecointre : “J’ai souvent prouve que j’éiols capable 
de donner ma tête pour la révolution ; à plus forte rai- 
son suis je capable de quitter la place de secrétaire. 
On p..roîc désirer ma démission : je la donne de boa 
cœur. î> La démission est acceptée. 

îï Le président met aux vaix la demande faite rcla-^ 
tivement à GofFroy. 

5j L'assemblce passe à l’ordre du jour.»* 

Les cfFons icuuis de^Beinaid de Saintes , de« Fayae , 



Bourdôn âe rOîse ^ t)t»hem , qui ay^ienl cboîsî îe ftié» 
ir.eni uù je u’éiois pôiai à rAsseu=bîée^ ^ «ccupé aio:l 
de r^'xamcii des papiers de Robespierre j pour faire adop. 
ter ccuc pr©posiii«(j scaod^ieu e ^ oui eu ic stoii qu'ils 
méntoieni. Une indigwaiiorî générale a couvert icttrs 
clameurs, et la Coiîvendon naiionale.) déjà mieux éclai- 
rée ce jour là que le i3 fructidor, a censuré Duhem 
et passé à Tordre du jour. Ainsi le déshonneur et i’iii- 
famie que la faction vooloit verser sur mon front, sont 
retombes sur elle , et ceux qui me prodiguaient si ef- 
froniémcnt le titre de calomniateur , onc été connus 
pour en mériter un bien plus odieux» 8ans doute on 
a voulu dans cette occasion adoucir Tamertume que 1« 
decret du i3 fructidor avoir pu réparfidre dans mon 
ame ; mais depuis long-tcraps inaccessible à tout autre 
Sentiment que l’amour de ma patrie, je compte pout 
bien les injustices qui wc blessent que moi ; elles ne 
m’ont jamais empêché de remplir mon devoir:; elles ne 
m’ont jamais dégoûté de serVu mon pays ; et à qtreiqüe 
point qu’elles puissent être portées , elles ne m’en de-» 
tourneront jamais. 

InstTuii par Ciaiizcl , mon CGllégOc , du désordre oii 
la lacti»n Cisayoit de jetter l’Assemblée , je me rendis 
aussi tôt à, la seance ; et sans vouloir profiter du décret 
d’ordre du jour, qui m’aUloriüoit à rester au bureau, je 
donnai ma démission , pensant que la petite satisfaction 
de conserver une place que tout autre pouvoir remplir , 
raême mieux que moi , ne devoii pas coûter à la Coa- 
vcQtiori une heure de ce temps précieux , qui doit être 
tout consacré à l’édifice du bonheur public. 

Eh ! que m’importe à moi d’être assis au bureau, ou, 
dans le coin le plus obscur de la salle , ii je puis en- 
core y tenir le flambeau de la vérisé . y remplir me» 
devoirs, y servir la cause du Peuple *, si je puis encore 
de là m’élancer contre ses ennemis , et les lui dénoncer ? 
oui les dénoncer. Je ne suis point de ceux que le titre 
de dénonciateur effraye , et je m’explique. 

Le dénonciateur qui n’est dirigé que par un senti- 
irtent de haine ou de vçn;i»,eance , qui ne voit dans S3l 
dénonciation que le mal qu’il va faire , sans aurun^ 
considération du bien public , est un monstre , digne 
de Texécration générale. Ce n’est point de cette espece 
que je conçois ma dénonciation. 

J’en distingue deux seulement , qui sont également 
saturées. 

La première est celle qu’exerce le sin^ple citoyen « 
par un pur îeniiment de justice , par un beau 
•^aent de cet amour sacré dt la pairie. 

/ 


Lorsqu'elle est dirigée contre un fonctionnaire public , 
fût-elle dernontrée mal fondée ^ eilc ne doit exposer son 
auteur à aucun recouri , à aucun reproche , parce que 
tout citoyen , en acceptant une foncdon publique ^ se 
soumet k rendre co^mpre de sa conduite , et par con- 
sëquc-rt à rép-ondre calQ.ïp.nie» 

Si elle s’adresse à un simple citoyen , son auteur devient 
passibic à la ve'rijcé d’une punition, lorsqu’il ne la prouve pas; 
mais dans ce cas là meme , le sentiment qui la produite lui 
conserve l’estime géne'rale. 

La dénonciation qu’e.xerce un fonctionnaire public, est un 
devoir que l’intérêt du peuple commande spécialement à ceux 
qu’il a inve'-tis de ses pouvoirs , et à la surveillance desquels il 
a ’coniic l’ordre public. ' 

Un représentant du peuple n’est pas inestimable en dénonçant 
un fonctionnaire prévaricateur , parce qu’il seroit vraiment mé- 
prisable er. traître, s’il ne iefaisoit pas. En dénonçant, en pour- 
suivant les prévaricateurs , il ne fait que remplir son devoir , 
et le premier de tous ses devoirs. 

Qu’elle étoit belle et digne d’un peuple libre , cette loi des 
romains qui vient à l’appui de ce que j'avancê! elle appeloit 
les dénonciations sur les grands fonctionnaires publics; lors- 
qu’un prêteur , un pro-cousul sortoient de place , les peuples 
confiés à leur administration , étoient de nouveau invités , au 
nom de la loi, à dénoncer les abus des pouvoirs, les con- 
cussions , les vols , les rapines , les séductions , les viols , les 
meurtres , les assassinats ejue ces gouvernails , revêtus aussi 
de pouvoirs illimités , avoient exercés dans leurs fonctions. Il 
talloit le certificat de dix villes en faveur d’un gouverneur 
de province , accusé de malversation: un moindre nombre étoif 
compté pour rien en justice. 

Je demande à tous nos collègues qui. ont été en mission, 
qu’ils se soumettent à fournir cette attestation. J’ai été moi- 
même deux fois en mission : la première fois , le xp aoûç 
I79X, avec Albitte , jusqu’au 30 septembre; et la seconde 
fois, le 9. mai 1793 jusqu’au to juillet de la même année, 
avec Prieur de la Mittne. Je me soumets volontiers à cette 
épreuve. 

L’accusateur avoit droit par la loi , d’être soutenu par des 
souscripteurs expérimentés et diserts : la loi vouloic même 
qu’il eût des inspecteurs , afin qu’il ne pût laisser échapper 
aucun des moyens capables de faire valoir son accusation , ou 
qu’il ne pût se laisser ensuite corrompre par l’accusé , sa 
famille ou ses amis. 

Lorsqu’il s’agissbit d’une accusation dirigée contre des gou- 
verneurs , en faveqr des peuples ou des alliés chez lesquels 
çes otheiers avoient résidé^, avec l’exercice de pouvoirs an 
nom de la République , 1 er plus illustres orateurs du sénat dft. 
£«rfie se disputaient l’kônueur de sc porter pour accusateurs 


9 ^^ 

malgré le danger et le risque ■ qu’il y a\^oit pour eux à se 
déclarer' contre les hommes puissans qu’ils- attaquoienc. 

• Un jugement préalable décidoit auquel cet honneur seroit 
déléré , et c’éîoit une réputation soutenue de probité et de 
vertu qui motivoit la décision. 

Cicéron contre Verrès ; F ison contre Gabinius^; Lentulus , 
prince du séaat^, contre Aquilitis , Scipion l’Africam contre 
Cotra , sont des exemples mémorables de la vérité des cita-» 
tions que je fais ici. 

Ils écoient bien éloignés ces prêteurs, cespro-consulsyde de- 
mander des garanties contre le peuple, la peine de mort con- 
tre le dénonciateur ^ et la confiscation de ses biens,, s’il n’avoit 
pas des pièces matérielles, des preuves complétés,, que tek ou 
teb, éroient les auteurs de crimes commis réellement, comme 
ont osé le faire lesr Bourdon de l’Oise y les Ihihem ,, les Fa- 
yaii , les Beniard de Saintes. 

La loi iiivito.k aux dénonciations , et les plus célèbres- ora- 
teurs de Rome , les Cicéron , les xlntoine , les Hortensius , 
leur servoient d’organe sans craindre pour eux mêmes la dé- 
ni, miination de calotaniateiirs infimes , ou la mort comme cons- 
pirateurs , pour avoir osé attaquer des coilèÿucs qui avoient 
abusé de leurs pouvoirs^ 

Certes , une pareille loi ne 'seroit pas votée aujourd’hui par, 
les Carrier , les Lebon , les Goulin Scc. Scc. 6cc. ; mais Is 
bonheur du peuple français la sollicite , et j’ose espérer aveo- 
.ses amis de la voir bientôt en vigueur parmi nous. 

Que de nouveaux Verrés ( i ) ( FàS.'e le cire! que je m& 
trompe ) auroient alors à rendre compte de leur conduite L 


(i) Quel terrible compte Craîs^^'ar îOniiroit il pas a rendre , si la 
romaine que j<? viens dè citer, ctoit ' doptéc parmi nous! CrŸ:'.sou.s , qui 4 
.fait le malheur r'.u I>epnrteinent de Seine et Ose, h co-rttfiuu'^ de Ver- 
faiî!es-î de celte comaur«e s! ctïcbre , £t S; reco.umandabJe par scs sacrili- 

• s uiidtip'its pour la r* *voiu'.ion ! C Nirous , qui a porté le trouble et li 
désolation parmi se» habitans , ers <^e? ir ;ant d'^ *- fonctionnairea vtrtwtnx , plj^- 
cés par I acfoix . et une socitte , poiu leur substituer des l^ouunes vtidus a-u 
crime, à la débauché: d»£ dilapi^ateurs de *a iortnnc pubique, dont qusl- 
«jues-uns sont déjA tombés sous le î.aifc delà loi ! Cra-sous, qui a exé- 
cute si ponctucUe;ncnt le plan de tenrur, reconnu cnTu pour la pius va-«te « 
la pbis perfide, la plus sanguinaire des conspirations! Cra'>sous , l’humble 
serviteur de Robespierre, l’anù et le souienetit dr-'s l4r'ron , des N ou ton , «■ies 
Friand ) et dtt toute la hordt: inferna'e qui a ravagé ie departement de Seinfr 
et Oi pen'iaof tout ift tems d*> ra mis-ion * 

Crassoa.» ' ,n*e^-tu pas èvl-^emment 1 - coîiir 'ice de'Hcrori dans i’at^assinat 
d’Hncbngerl Tu ? avais que Héron ctoit venu à Versailles avec des or urcî 
en blanc, du Comi é de smet» gér.-'ra'e , pour y ex»rc'r des rrnageanc s pcic* 
son; elles. Tu connoissois Hodanger , lu savois qu’il etoit un des patriote» 
le })ii<B pur, ie plus prononcé, un viai sams- û'stte , un fiis de I boureur ; 
i|u’il avoit rendu d«^. îervices csse’^tie's A la Revo ution , dans i?.s .uinsesi 
179 ? et i7,4nî , tant coîRütie juge dij pC.ix et coaunîssalre aux subsi^-utuces » 
que comme procureur-général du dépsTtement eu ii avoit formé tri/’.s batail- 
lons*, qu’il a con luit» Uii-mérnt; contre les rehellf s dfr la Vendée. Laccos # 
instruit de ’a bravoure avec liquebe il avoit combattu ers rebei.ss, et no- 
tainr.ient l(,rsqii’ctant tonjbé leur piisonnicr , il s’insutgc.; au .îuUeu d’eu:c , 
us fit jour n iuvtK itfti» Iwh^deï / ir h Wtt ve sdj ck si» ofcja.peskfl’a^ 


Mais l’objet de cet dcrit, n’est point de dénoncer de noüK 
veaux crimes ; jé n’ai voulu que porter au plus haut degré 
d’évidence la preuve des x6 chefs de dénonciation que -j’a- 


d’infoïtune, dont lio y perdirent la vie. Comment donc, Crassons . poiir- 
yois-nt justifier ta conduite à son égard , quand à peine revenu à Vf-rsail- 
l^s , tu as souffert qu’Hcron tentât de l’enlever a main armée ; quand s’*.t;.nt 
*auvé chez toi, à cause de la pourauite de la cohorte heiornenne ^ mais 
at’teir.î d’une balk u’espingoll'e > tirée par Nmn hi- même ^ tjui s’'cn est vanté » 
aU-licu de le preni're sous ta protection , et d’informer contre Vanai'.in , tu 
lui as intime l’ordre de se ren ne à Paris an Comité de sûreté gén rale , 
que tu savois bi.n etn dirige par Héron. Qitand enfin , comme si tu te 
icpcntv.is de cet acte de coi: fiance , d’envoyer seul Iloclanger à Ifini.^, tu i s 
p.rtir à l’instant même des gendarmes , pour le prendre eliez le chirurgien 
îileiiri^se i où il sc falsoit panser de sa bl.ssure. 

Feut-on j mais t’absoudre, Ciasîous, de cette complicrtc avec Hc'ron , 
sur le couij'le duquel tu écrivois , contre la vérité, contre le cri de ta 
conscience, que dans les diverses missions ^ue cet agent rempiissoit an' <'.«•* 
partemcnl de Seine et Oise , il se conduisoit avec VinUgrïtê d^un vrai réfu- 
tllcr.in , rf qu'ii acq:Uro't chiifj'ie jihtr de n'tnveaux droits à la reconnoissance publique ? 
J'arler, ccriie ainsi de l’ass isi in d’fïodangir , qui , pour éviter les sntebi’es 
^ui le ponrSTJivoient , se vend à Paris auprès du comité de s'âretc gént rai? ; 
del.i volontair^nienr, dans la prison du buxemboin g , qui lui est indiquée 
par ce coenite peinJe , en attendant l’c>;amen de son affaire, qui ne peut 
»:fre long , et qui , su-iieu de k renvover à ses fonctions, (r.c trouvant 
contre hii aucun grief , ) i’iniplii-ue (^ans l’une de ces conspirations qu’et» 
supposoit sans «esse parmi les prisonniers, et. pour laquelle il a c-té guil- 
îotiné , ainsi que Jaquet , autre patriote de Versailles, et nouvelle victime 
de Hâiion, et la tienne , Crassoiis î toi qui eonnoissois également le civisme 
de ce fonctionnaire public. 

îc t’epaigne , Classons , les détails dei vexations exercées par tes ordres 
dam le desirict de Montforl-Ie-Brutus. Combien (fe pères de famille en- 
voyés par toi à ce tribunal sanguinaire! Combien de femmes, combien 
d’enfants te redemandent, les unes, leurs maris, les autres leur* pères ! La 
Convention nationale n’en ronnnit qu’une ^'laitie. 

Crassaus ! Ctassons! Pourquoi t; iit d’acbarncnient contre les républicains, 
contre des patriotes :i pronenecs? Pourquoi tes perpc-tuelles motions poui 
faire rét b';r le sjst-'me qui les exterminoitî Pourquoi tes motion* aux |a- 
colir.sî N’-cinucncent-clles pas un liomme qui veut amener cette Societt i 
s’élever «ontre la Convention nationale l Pourquoi tous tes efforts pour 
sauver les Carrier f cct. Eh bien! il f.aut que je te dise ici ce que le public 
croit voit da is ta conduite. 11 croit teconuoîire un frère qui veut venger lît 
mort de son frère aîné, d<- ce frère traître, parjure, tomb^ sous le glaive 
de ia loi à Rofhefort , en Frimaire {ierrder , pour avoir livré un de no* vais- 
seaux «le ] gre aux Anglot» , arboré la tocarde et le pavillon blanc dans la 
rade de Tov.lcn ; prêté le serment de fidélité à « oukXVJI; donné et signé 
des ordres en son nom ; avoir pous'-é la trahison jusqu’à accepter des An- 
glois la TrJsfion infâme de se rendre à Rochefort avec s«,n va sse;.u désemparé 
d’.-.niikr'e , por.r y corrompre nos braves marins. Tu ne ditas pas , Crassous , 
que ce langage est relui de la calomnie. Ce sont les aveux t'e ton frère et 
de ses txrn plicrs , au tribunal, avant de passer au supplice. Accuseras- tu le 
fnî'unal qui l’a con ’amré , d’êirc un tribunal de sang ! Interroge La’gnelot ! Ton 

frère lui parut repenlaut- Laiguelot te l’a dit Je veux croire à ce 

Tcpentir. 

Oui , Crassous , ce toupçon , devenu général pour tou» ceux qui te con- 
Boissent, est naturel et révoluliouïqaire.. Car enfin , la loi qui a déclaré 
suspects les paren» des émigres, pese, .à plias forte raison, sur ta per- 
sonne , jmisqne ten frère nous a fait incomparablement plus de mal que 
tous iescmigr-s cnsenrble , en restant parmi nous, pour livrer nos forte? 
Ktses navales et no» pcîts au plus cruel ennemi de» francsig. 


/ 



vois articulés le il fructidor , et je crois} avoir rempli mâ* 
tâche. 

Sans doute, je ne scrois point entré alors dans un si long 
de'tâil de faits ; je ne me serois point autant attaché à les pré- 
siscr , si javois eu les principes des Robespierre , des Barère , 
des Billaud. r ( 

J’âiirois dit avec ce ton emphatique qui leur est propre: 

Un plan vaste de conspiration , qui embrasse évidemment 
toute la république s’est deVèloppé depuis un an ; il s’est 
cxe'cuté avec une rapidité effrayante, sur-tout depuis le mois de 
prairial où Robespierre a levé masque , et a découvert ses 
projets atroces et ceux de scs complices. 

A la séance du 8 thermidor , la Convention nationale o 


Si cette loi etoit en vigueur, on verroit peut-être encore des citoyens, 
quoiqu’invifts à p.>rlev , se taire sur des objets qui ne seroicnc pus de la 
pius b. lire conséquence; tei , par exc.î'.ple , que mille bouteillrs de vin de 
Bourgogne , sortant dés i-aves d’tmigrts , que s’est approprié le représentant 
Dubem , ;aiis prycuitnt. Beaucoup croirolent encore Lien faire en faveur du 
civ snie bien p’ononcé de ce cl- pute* , qdo’qu’en pareille circonstance et pour 
quarante, bouteilleSTle vin seule^i'ent, distraites et bues par quatr# lonc- 
tionîiaires publics ne la couimune de Sèves près Paris , lors n’une vente 
consi ir.ra le qu’ils faisoieut pour le compte de ia République, notre au're 
colRgiie Ba-te!ii“r ait cru devoir dénoncer ce fait , et en poursuivre le ju- 
geiv.cnt contre les pre venus , Turver, Fauché et l'arat , qui ont etc condani- 
n's (con onnément à l’art. 6 du titre 6 du Code pénal,) à quatre années de 
fer , par le tribunal de Vers biles ,, le 24 ventese dernier. Ces citoyens subis- 
sent aujourd’hui à Brest li peine due à leur in'ractîon à la loi , et laissent 
quinze en'ans udneurs, en bas âge et à la nnauelle , à la charge, en plu* 
forte partie , à la R'pabl que , e«- Duhein siège à la Conveniioaî 

Conjbien d’autres seroient oubliés , parce qu’en général le peuple ne *• 
pla nt que lorsque le mai ect devenu extrême ! 

Combien le peuple auroit-il à nommer de «.es hommes qui ont disposé , 
tr hqtié ou vendu des places ou des grades à leurs amis , lorsqu’ils n’avoient 
au un talent, aiicùn mérite pour les r-^mp ir fcombien d’autres encore 
qui , profitant du- crédit , dupouvo'iqiie leur donnoitleur place , quclquci- un» 
lent dig ité de Représentant , se sont fait nommer à des grades uiiliiaires , 
auxquels iis n’avoient pas droit de prétendre, (aux termes d. s loix, ) qui 
en ont touché les appointem- ns , lorsqu’ils savoient que c’étoil un abus, 
(leur nûmination ét-ni vicieuse ) ! bi’y en eut-il qu’un seul d ns la Con- 
vention natioî'.ale , il faut cependant , pour l’exemple de tous , pour refor- 
tn.r d’une main hardie autant que jus e , les ab«is qui se sont nmltiplits , 
que les titres usurpf's , même pour un Représentant, soient soleoinelleraent 
retirés ; tjue les appointemens qu’il a reçus en conséquence , soientpar lui res- 
titues bi c’est par erreur que ce Représentant s’est fait rev-tir de ces litres , de 
ces grades, il sera le premier à en demander ia r..dirition. Cerres , nsol 
qui connois Aibitle , qui m’a été désigné pour avoir reçu , pendant dix- 
huît mois qu’il a été en misdon , des avancemens et grades iriilitaîres con- 
traires aux loix ; Albitte m’est assez connu pour croire de lui qu’il me 
«aura gr ' de le nommer ici , parce que . le pveaiie» , il se démettra des 
grades qu’il a cru que les circonstances difficiles où se tronvoit la Repu- 
bliqiie. , nécessitoient qu’il les prit. Albitte , rentre au sein de la Convention 
n tonale, ne regardera point comme un sacrifice l’abdicatiGn qu’il fera de 
«es titres et grades , mais comme la preuve la plus compkète de la pvircté 
de ses intentions, et de son brûlant amour pour la patrie. 

Que tous ceux qui se disent vtais républicain» , iæiteat so-a exemple , e**- 
tfeut rentrera dans Bordre. 


.ituvcrt le? yeux ; à celle} du ^ au matiii , le tyran et quelqiKHi». 
uns tic ses complices se sont de'masqués. Les éve'nemens du 
jour c'K découvert quêlqu^s ramifications .de cet horrible com- 
plot. peuple lui-même V eVeillé , à la séance du soir,, a re- 
connu le raître , il a secondé la Convention nationale. 

Âlore les ] ri îcipaux chefs vraiment attachés à Robespierj'.e 
pour îui-mème , (Ortt subi la peine due - à leurs crimes , mais 
•d’autres con'!»} Irateurs attachés en apparence à la fortune et; au 
ciiar du tyran , tant, qu’il a. été en faveur, mais travaillant dans 
.1 ombre peur eux -mêmes, ont été les premiers à se séparer' de 
1 ii ,au moment de sa chiite , et ont éch-appés par-là aux regards 
'de l’observareur ^ et du peuple , qui ont craint de ne ' pas 
réussir , en attaquant trop de coupaoles à la fois. Mais le 
-chef <l<îs conspirateurs abbatu , il s’a-'^^it aujourd’hui' de décou- 
^;ir , de faire connoître tous ses complices' cachésf, et sur-tout 
hommes -qui s’etant couverts de son égide , pour répandre î’ef- 
foi, la coiTstema£H>n et la mort, ne l’avoient laissé usurpet 
mn' si ymom^trueux pouvoir , que dans riiitentîon de le lui ravir 
Xt de lui succéder. 

Oui , 5ans doute, pour atteindre ces doubles conspirateurs, 
il faut des moyens, de grands moyens, quand on ne veut pa,s, 
a leur cJtcmplti , envelopper l’innocent avec le coupable î quand 
en veut que la justice succède à la terreur; quand on préfe'- 
reroiî au danger de perdre un innocent , voir même échapper 
au glaive de la loi dix conspirateurs aon convaincus, La 
force de la république peut lui permerrre ces grandes précau- 
lioFiS , parce qu’elles ramènent avec la Justice, tous le» cite y c ns 
eu centre commun. 

S’il Ti’cûi fallu agir que d’après les principes destructeurs , 
mis en usage trop souvent depuis quinze mois par ces mémea 
hommes , après la lecture des x 6 artlciea que je vous avois. 
faite aux séances des 1 1 cî ^3 fructidor , je vous aurois dit ; 

II n’e*t pas de forfaits plus difficiles- à prouver que ceux des 
conspirateurs travaillant dans l’ombre et méditant leurs crimes 
à loifir; le» tracer matériel Icf? manquent presque toujours , 
et à moins que la tra-me conduite à ra fin , n’ait permis -aux 
conjurés de se dédtrcr ouvertement, il faut s’en tenir forcc- 
ment à leur égard, à îs simple conviction morale. Cesc donc 
leur marche déviatoire , entravante et ïïberticide , c’est cette 
çonPormité de leur xys'tême et de leur plan avec les principes- 
çi !a conduite des autres contre-révolutionnaires , et de tous 
cci'X qui ’sc sont déclarés chelfe de quelques conspirations, ce 
so!U- leurs liaisons et leurs intelligencess notoires avec ces 
derniers , qui doivent servir de base au jugement des hommes 
sur la tète de qui les plus fortes suspidous s’accumulent de- 
ruis long-tçmp^ , et qui sont à la fin appelé» en justice par 
'les ac.u'iaiions les plus graves et les plus précises. 

f au' ois ajouté qu’ils sont évidemment les imitateurs du 
t'^durç R(ibcspiciTC , ceux là qu’on peut réfuter aujourd’hui vie-- 
fii>riga.:;e;uçnc J en l,'ur lears pcQp'rcs dixmin -, sa 


itoontrant, comme fait à. chaque page de cet ouvrage, 
■qu'ils se sont eux'r^mênies décéiés par la Lontradictioii frappant^ 
de leur conduire' .et de leurs, opinions ultérieures , avec leur 
conduite passée,., et fes opinions qu’ils avqient maMifeste'es pré- 
cédemmeiu. 

Qu’on lise les journaux qui rendent compte des se'ances 
de la Convemion ; qu’on veuille prendre la peine de mettre 
en paraleîle , Bàrère, Billaud, Col lot , Vadier Sec., parlant % 
la tribune de la Convention , avant, ia chiite de Robespierre, 
et ces memes pensonnag^es , parlant à cette même tribune 
moment de sa chûte et depuis , l’on remarquera sensiblement, 
une dii parité bien étrange des principes , des opinions de cesi 
memes hcnimes , dans des temps diderens , et cette disparité 
devient la preuve de leur duplicité et de leur trahison. 

Quelques frappantes que m’ayent paru ces preuves morales , 
quelqu’avantage que j’eusse trouvé à les administrer, j’ai cru 
.qu’elles ne dévoient pas sulilrc pour attaquer des rep'résentans 
dn peuple ; j’ai pensé qui] falloit qu’il existât une longue, 
série de flûts qui portassent avec eux les caractères les plus 
iu'aves , ayjc -quels se reconnoissent les ennemis de la répu- 
blique : J’ai estimé que l’opinion publique devoir avoir commencé 
^Li moins à se prononcer contr’eux , qu’il falloit que leurs 
crimes , que ceux de leurs agens , de leurs créatures fussent 
portés à ün tel degré d’évidence , que déjà le glaive de la loi 
lût suspendu sur la tète de quelques-uns de ces mômes agens 
avant d’attaquer ouvertement et sans ménagement des hommes 
que la Convention nationale avoit investi d’une aussi grande 
puissance et d’une confiance presque sans bornes. 

C’est lorsque j’ai cru toutes ces cendiriona remplies ; c’est 
le II fructidor, que j’ai, à la tribie'-e de la Convention natio- 
nale, demandé et obtenu la parole pour la séance du lendemain, 
et ce jour j’ai lu les articles de ma dénonciation; le 13, 
je les ai discutés inopinément , et cependant, avec quelle séré- 
nité d’ame , avec quelle loyauté, au milieu même des clameurs; 
de mes adversaires acharnés contre moi. 

lu oiündcutcnt coiivauico de ia vérité des faits quîè 
j’avt is ariiculcs , de la bonté de la cause que je 
dois sans orgueil comme sans enthou'iasme , quoiqu’elle 
lût la causé du peuple , dont le bonheu; sera toujours 
l’unique objet de mes plus douces pensées , ét 1® bat 
consiaru de mes foibies efForis. ]e rav«»UE , et cei aveu 
est consolant pour mon tœur toujouts dîol? et sincere 
je jone flaftois de poner dans icuies les amea la con- 
viction dont la rr*ienne étou lonemcnt péncitée, La, 
Convention a décidé contre mon arrente *, cependiju-f 
elle a décrété rimpression dt- mes a6 articles de dé- 
nonciation , de la déRrise -'es drnonc és et de tombes Us 
pièces. Je remplis aujourd’hui cette iâch« : r/imour de 
»d pUKiis; , trop long - temps opprimée., dé^ia4Mi, 



f54 


«voit provoqué mes efforts , les a soatentis* Un heureux 
pressentiment m’a fait concevoir dès le principe, de dou* 
CCS espérances ; elles Sc sont réalisées. Les pièces , les 
preuves que j’avois àîois, celles qui me sont parvenues 
depuis , l'opinion publique enfin , absolument et à jusiô 
titre prononcée dans tonte l’éiendue de la K r publique 
contre les dénoncés , m ont pleinement convairicu que 
îr. France , que l’Europe attend avec impatience une 
décision soicmncllc tt refiéebie , qui manifeste enfin de 
ta manière la plus claire , l’esprit de justice , de vérité 

de venu, qui anime la Convention nationale depuis 
[a-. chute du tyran. 

C'est s vous , Citoyens mes collègues , qu’il apparr 
lieui d'azrcter par votre énergie , aujourd’iiui et pour 
jtiiiiais , ce torrent dévastateur de crimes et de forfaits 
h'.ouï:: , et à lui opposer enfin une digue insurmontable. 
Terrassez, il en est temps encore , ces colosses super- 
bes , ijui , ecf se targuant d’une (y.-anuie qui ne fut ja- 
rv^ais celle de la Convention naiionale . cherchent à l’a- 
vihr , çi voudroiciU nous entraîner tous dans leur chute ; 
rejettez-Us de votre sein, con-.-me des cadavres qui ré- 
pandent pat -tout lodeur de la mon et le cri du dé- 
sespoir. 

C'est maintenant que vous devez vous prononcer les 
d fenscüîs intrépides des droits du peuple , vous mon- 
trer les sauveurs de la patrie. Boint de grâce , point 
d'indulgence ! là où vous découvrez ses ennemis , là il 
laut les saioir et les frapper. 

Déjà la malveillance voudroit persuader que les for- 
mes len'es , mais sageb , que vous avez adoptées , ont 
éré suscitées par la perfidie et ses noirceurs . ou dictées 
par une crainte pusdlanime. Ah î que vous paroîrricz 
coupables à ses yeux , si la vengeance nationale tardoit 
plus long temps à éclater ! Qjiels maux ne lui prépare- 
riez-vous ;>as î quel fibynic ne creuseriez- vous pas <ous 
vos pieds ! Des regrets vous en feroient , m.iis rrop tard 
sonder la pr^iondeui , sans autre ressource que c-el!e du 
dcsefpoir. Des remords déchirans . des plaintes inutiles 
seiviroient à vous confondre , et à vous couvrir du 
même manteau d’-gnori>inie dont ds se sont revêtus ^ 
et qui dev’endroient irifailhbh ment votre partage. C’est 
notre foiblesse qui a fait leur force , c’est elle qui les 
rend encore aujourd’hui aussi înipudens , aussi osés. 

Pourriez-vous balancer enCoïc , vous qui luttez de- 
puis si long - temps contre toutes les passiorrs ? Vous arrê- 
terez vous PU milieu de voire course ? Foibies , timides- 
çt ckanceiaHS , 1«5 laisserez brous avec iuéMéitnce pla* 



tttr ciîcoré «ur vos têtes , flétrir et infecter des lauriers 
qui n’étoient promis et ne sont dûs qu’à voir® persé- 
vérance . et qui seroient sans finit , s’ils n’étoient de 
plus en plus vivifiés par vos vertus f Point de tiêve , point 
de quartier. Pins ils sont asmeituK. er rusés . plus il fuit 
les surveiller, les déjoner . les surp eticPe ^lus iis mon- 
trent d’niulace , plus il Faut les attaquer de front , les com- 
battre et les terrasser, ces monstres ! Ils natrenderu qi;e 
le moment d-e vo’re somnmjî , après lequel iis soupirenc 
autant que nous devons réviter, p^Our nous riicr de nou- 
velles chaînes, et nous en accabler. Quelle pensée-! elle 
glace tous mes sens, et me saisit u’eftroi. De ia ^ quels .dé- 
clîiremcns I que de maux pour ma patrie l ils seroient peut- 
être sans remède. 

La France, Tunlvers entier vous contemple, et atlenrl 
avec impatience le moment décisif, mais terrible, des veU'^ 
geances nationales. Faites donc briller la fond"''' , faircs 
rouler vos tonnerres ; qu’ils éclatent enfin sur ir-urs têtes 
criminvslles. Ouvrez, ouvrez le livre de leurs forr.îîl.s , trofÿ 
long - temps fermé. Que chacun y lise, sans voile et. 
emblème les traits qii;? je me fais gloire d’y avoir tracés , 
et l’anatljome rormidable que vous prononc'T^ conlr’cus. ^ 
en proscrivant les üiorreurs multipliées dont ils se son,?. 
; 80 uillés. Qu’ils sachent enfui rougir d’eux-mènics , et qu’ils 
soient à jamais confondus. 

Depuis trop long- temps le couî»ronx et i’indignaîioH des 
tous les bons citayens pèsent sur leurs têtes alnères et cou- 
pables. Par-tout on crie vengeance, et il -seudila que vous 
n’osiez prononcer , comme si votre bras nétoit pas assez 
puissant , ou qu’ils n’eussent que des fs aies légères rà ex^ 
pier. Quoi ! voulôz 0119 donc les soustraire, ou préférez- 
YOus qu'ils vous perdent avec eux Plus leurs forfaits sont 
atroces , plus ils sont irrémissifides, Déjà le peuple , ce jn^e 
impartial autant qii’infîesible . a fait entendre sa voix de toutes 
parts;' il a prononcé contr’eux , et vous méditez encore, et 
vous penseriez.... Non, mon cœur en Frisfionne, et i'ppousse 
avec horrtur certe idée .... Vous penseriez à les absoudre , ou 
à laisser leurs crimes impunis , au enseveli.? dans l’oubli! Non, 
vous ne le pouvez , ou vous seriez coupable • avec aux et comme 
eux, Ah ! si, par impossible, il en écoit ainsi ; si rastuce et la 
perfidie pouvoient aveugler ainsi vos cceurs ; si ramour de la 
patrie ccssoir un seul instant d’y brûler , et que le peuple s’eu 
apperçût , ce peuple viendroit lui- même, oui , lui - même , 
vous demander vengeance , vous demander justice , vous de- 
mander de proscrire, d’écraser ces mandataires infidelcî et par- 
jures. Il attend de vous ce grand acte de justice. N’est-ce pas 
à vous et à vous seuls qu’il doit recourir ? N’ètes - vous pas , 
«e sommes-nous pas tous les dépositaires de scs droits, de-ses 
plus chers intérêts ? Fut-il jamais dépôt plus sacré, et uu »i- 
fistère plus redoutable'? 



Si lés âroifi du peuple ont lés(^s , méconnus , Içs Tort 
5doJ<'e« , rhumanité indignement oui frigée , n’est-cepflfS'à nous 
et à nous seuls qu’il on ddit demander vengé^rnce ? Eten- 
dex-voiis comme tous les bons droyens rt^^clarment votre 
«ençibilité , votre appui , votre justice contre ces fléaux des- 
tructeurs , qui les ont trop long-temps rendus victimes do- leurs 
atrocités constantes et muitipliées 1 Entendez- vous leurs soupirs 
pour le jugement <^ue vous devez prorroncer 1 

Ah s’ils étoient, ces infortunés trompés dans leur juste 
Attente, si 1(^ monstres qui lis on T dévorés pouvoient échap- 
per au juste châtiment qu’ils mérirent y la justice, d’une sj 
belle cause me ferqit tout sacrifler et consacrer tous les. ins- 
lans de mon existence , à porter au fond de vos coeurs le flam- 
beau de l’évidence sur les trames iniques de ces audacieux 
coupables , et mon dernier soupir seroic un cri de vengeance 
M un appel à vous-même de U jusrtce nationale. 

N’en doutez pas , citoyens collègues , non - seulement les 
yeux de tous les français , mais du monde entier ^ de la pos- 
térité même sont attentifs et Axés sur chacun de nous déjà 
.•n trace d’avance en caractères ineffaçables^ , tout ce qui se 
passe au milieu de nous ; chaque moment , chacune cle nos 
actions est consignée dans les annales immortelles ; nous se- 
rons donc tous ju^és au tribunal de l’imivcrs entier : voilà ce 
qui rend notre mission si redoutable , et notre caractère de 
représentant, si auguste et si imposant. 

Déjà la question présente occupe toutes les têtes , et l’oa 


attend à l’envi votre 
cause ; il sera le fruit 


;ement 


éflnitif dans cette grande 


des réflexions sérieuses que vous aurez 
faites dans l’examen approfondi des différens chefs de la dé- 
nonciation que je vous expose de nouveau , et des pièces pro- 
bantes , ainsi que des ténioivgnagcs. 

Je me flatte , citoyens collègues , d’avoir fait connoîrre à 
mes ennemis les plus déclarés , k' ceux-là môme que je tra- 
duis devant vous , l’intégrité et rexiccitude avec ieu]iielles 
je remplis le plus sacré de mes devoirs ; ce sentiment si pré- 
cieux à Éhommede bien , me dédoniniage amplement des àmer- 
furaes qui peuvent l’accompagner. .Elles se sont changées en 
délices pour moi , par la satisfaction que j’éprouve à faire le 
bien , à remplir mon devoir , en suivant mon lucHnatioii et la 
rectitude de mes principes, fjcs passions , les cabales , les com- 
plots , rien n’a pu me déconcerter; les objection'? n ont point 
ralenti mon zèle : je dis les objections ; car je l’avoue avec- 
ma franchise ordinaire , beaucoup efentre vous m’ont dit et 
me répètent i » Nous savons que ce c^ue tu dis est vrai ; les faits 
que tu cites nous sont connus f ils îe sont de la E'rance en- 
tière ; nos parens , nos amis, quelquea-uns raèiue d’entre nous 
en ont été les tristes victimes; ” mais est-ce bien le momenc 
aîtres ; Legendre ne les a-t-il pas accuiës. le. 
N’a-t-il pas cité les mêmes fa''ts: que ru léur^ 
Ts ÀrU!Cîl(kyf Il a été appuyé çH'. Çla.asd ' 


tependant un ordre du jour a paraîise s.on attaque. ( i ) ; îî est 
vrai que la Convention n’a point déclarée fausse et calomnieuse 
Faccusatioii qu’il a porté contr’eux , la qualification qu’il leur a 


{ 1 ' L« 'îis'-ours énergique de Legendre , dans ceUe occasîon , peint trop hî^a 
le<! niouvenscns sublimes de son auie ennemie du criipe ; U séance de < e jour 
donne trop bien la mesure de la hauteur à laquelle étovent arrivés ie< 
e^-prits , pour que me dispense d’en donner ici un extrait. Je le prens dan* 
le N"^’ ' ho du répuî.dicaiji François. 

Legcucirc : bi France verra avec plaisir que la Convention veut décou- 
vrir le». complices -de Robespierre j et qu’elle distinguera ics tiupes et ie* 

e-omplices les teins de la vérité sont arrivés ; je la dirai toute 

entitrc , et je présente une tête pour la garantie. Les complices de Robes- 
pierre ne sont pas tous hors de b Convention , les plus puiasans sont au miitf.a 
de NOUS : ce sont ceux qui trois jours avant sa moi t lui prodiguoient un eruens 
iacrilége , ce sont teux qui ont eu riuiolence de vous dira : il y a six 
,, mois que nous connoissions la conspiration , luws nous n’avons pas voulu 
la déclarer Eh auoiî vous voyez qu’un honrnie conspire , et vous vous 
taisez , sous prétexté, dites-vous, d’empêcher des dickhemem comme fi 
rien eût pu égaler les maux que le tyran nau» faisoit éprouver. Je ne suis 
point haineux par caractère j mais j’ai jure au peuple , quand il ni*.i nommé 
Representaut , que je supplécrois , au deiaut de talent, par l’energie que 
lu’a donné la nature. xOn applaudit.) Je lui ai juré de m’armer d’une 
€e}nture^ de probité ; je tiendrai mon serment; il est dans l’ordre des choses 
que b vertu doit faire pâlir le crirue. (Viis applaudlssearcns. ) Qtie vous a 
dit BilliUü-Vareunes ? C’est à la face de la nation entiers qu’il a proféré 
ses paroles : Il y a six mois qu* la conspiration de Robespierre no.us 

,, étoii connue ;.inaîs nous voulions l’amener à «« déclarer lui-ii.émc. ,, Date» 
plus vrai ; vous avez gardé le silence , tant que vous avez cru que le scé- 
lérat psrtageroit avec vous le pouvoir ; et si vow avez enfin par.é , ce 
n’est que lorsque vous eûtes reconnu qu’il nbdmettoit point de rivaux , et 
que vos prétention» lui faisoieot ombrage. Alors seulement vous concertâtes 

le dessein d« l’abattre, pour n’en être pas abattus 

Je l’annonce à la Convention, à liPFrance entière; je regarde Billaud, 
CoHot et Barère comme des (onspirateurs^ Que la Convention soit assez haute , 
assez ferme , assez confiante dans lé peuple ; quVUe ne se laisse point éioùr- 
air par quelques députations mendiées, concertées et préparées par l’in- ^ 
trigue , qui vous présentent des délibérations qui ne sont prises que lors- 
que les bons citoyens , les peres de fumillc sont retirés. Ces arretés ne sont 
pas le vœu des seetions , le vœu de Paris. Le vœu de la France entière , 
c’est de mjurir pour ia Conventinn. ( Les appkudi'semens éclatent et se re- 
uouvcllect dans toutes les parties de ia salle, ) J’ai dû à mon devoir la 
déclaration que vous venez d’entendre. Car enfin, si le peuple m’a choisi , 
il savoit bien que Je n’ttois ni homme de lettres ^ ni homme dUsprit, ni avocat- ; 
mais il savoit aussi que j’tiois de la caste de la probité. (On applaudit. j J’at 
fait mon uevoir ; c’est à vous de bire le VQttq : l’iiistoirc «t la postérité 
nous jugeront. 

Claiizel ; N’a-t-on pas vu "^Hlaud et Barère , lors de la demande du rap 
port du decret qui dônnoit au Comité le droit de nous tirér d’ici, comme 
un troupeau du behail, pour nous iiiem-r à la boucherie ? Ne les a-t-on pa« 
vu s’écrier ; Quelle est cette arhlocratie d’un sénat qui voudroit ^assimi'.tT 
à celui de Venise ? 

Bilbud : Non. 

Plusieurs voix : Si , si. 

Cl'uzel continue ; N’e.-t-çe pas eux qui se sont opposés à rajourHement 
du 92 prairial 1 On y ou; dit f;uî Robespierre s’éroit éloigné du comité- qua^ 
(r« décades av.ui »a u.r.rt , et cependant c'est pendant ces décades qut: ce-, 
im/it commis Ic'» a^saisiuats juTidig.-.es d’un tribunal révolutionBa re. l ùi^qu’o» 
jpaïlé du renourc^leiaeai du comité , n’cst-ce pas BislUud et ÜaTsic *'jr, 


I 



^onn^ô de coôspifateürs , de coripllces de Robespierre , 
«tonné personne , chacune a reconnu la vériié, mais la majorité 
a pensé qu’il n’étoit pas encore temps de frapper. 


opposé: ? N’est-cc pas Billaud qui a demandé l'appel^ nominal f afiiï 
de connoître ceux qui oscroient vouloir le renouvellement ? 

Qu’ont-ils fait après la mort du tyran? Iis ont proposé trois membres 
de leur choix. On accuse Fouquier à cette tribtine , et le lendemain Barète 
le propose pour ac4.u,aieür public du trihunal rtvolir.iohnaire, 

Barère i . . . . ,, Robe:>pierre rnnspiroit depuis six mois; mais quel fait 
matériel avions nous à prononcer contre un homme investi d’une popularité 
énorme et monstrueiue ! Ce que nous sav ons , Carnot et Prieur le savoient 
aussi-bien que nous. 

A l’égard d^ la loi du aa prairial, j’ai été maltraité par Robespierre, 
parce que j’^n ai demande rajournenient à trois jours. 

Quant à Fouquier , on m’a remis , au moment où je me rendois à la 
Be'ance , la liste des juges »t des jurés, et je n’en suis que le lecteur. 

Les assass nats cmnii.is par le tribunal reVolutionnaive dans les dernières 
époques , ne peuvent nous être impulis , puisque le Bureau de police gene- 
rale étoii tenu par Couthon , en 1 absence de Robespierre. 

Cbllot pose en principes , qu’en ne peut pas les s parer de leurs collè- 
gues , Prieur, Carnot et Lin ict II dit que les rïgistre' et le vœu des cœurs 
de ses autres collègues , et que le.; d- libérations , sont l’ouvrage de six personnes 
liées pour s’opposer aux con.pirateur» , et (.oinbatîre la tyrannie; quM estime 
trop ses coiiégues pour croire qu’ils veuillent se sépare d’eux. . . . 

Il dit qu’ils n’avoient pas plus de puissance qu’aucuu autre Repié.5entant J 
qu’ils lutteient pour épargner de» décliir''mcns .i la patrie; que le tyran chcr- 
choit à les provoquer , dans l’esperan e de saisir ce moment pour se debar- 
rasser d’eux. .... 

Qu’ils se 5 ont reunis pour ne rien signer qu’après un rapport, de ce qui 
Bortoit du bureau de police générale; que souvent ils se sont empressés de 
faire mettre en liberté de.s patriotes injustement incar. ércs ; qu'ils ne pouvoient 
rien de plus , lorsque la polic.e generale se surch.argeoit de crimes. Tl .-issure 
que pendant les quatre oécades de l’nbsccce de Kobe.spierre d,u comité , 
Coutiion et Saint Just suivoicni seuls le travail de l.i police generale, et Cor- 
respcncloitnt seuls avec le tribunal révolutionnaire. 

Billaud dit que la plupart des faits qu’on leur impute , sont relatifs à 
la poiiee générale ; que Saint Just, Couthon , Robespierre (toient stull 
chargés de cette partie ; qu’on ne peut les accuser d’ètre les complices de 
Rnbt.spierre , parce qu’ils n’ont eu î.ucune familiarité avec lui, et qu'ilB 
n’ont eu d’autres relauoHS avec Robespierre , qu’au comité , et en présence 
de leurs collègues. 

Merlfn de 7'hionville ; Trois détins collègues sont , pour la seconde fois , 
dans le sein de la Convi-niion. Collot a dcuiandc qu’on portât im 

oeil »évère sur sa contluue je deman-îe , pour mettre fin aux débats, 

qu’une com iiission de douze membres soit no muée. Le rapport qui sera, 
lait, fera connoître s’il y a des coupables, Ramènera leur punition, ou 
fera iriompher l’innocence. 

La demande mise aux voix , est décrétée. 

Une partie d; l’assemblce déclare n’avoir pas entendu ce que le président 
a mis aux voix , et réclame i’.ippcl iiominal. Le plus grand tuniulle règne 
dans l’aBsemoiée. 

Duhem demande l’exportation du petit Caprt. 

Camboa parle dans le bruit. Le tumulte redouble) , le président «e 
eouvrt. 

‘Bentabole ; Qjie vient de décréter la Convention? 

Merlin de ThionviUe : L’ordre du jour motivé sur la prudence. 

Cainot et Prieur de la Côte d’or déda ent qu’il est faux qu’ils «yent 
été micgu's üétna leurs bureaux ; qu’ils oni assiste a tgutes >c» dgiibssaùvAf 



iSg 

Quel langage ! ou plutôt ( pardonnez-moî ce terme ) quelle 
faiblesse 1 ccmme si les scélérats , dans l’excès de leur fureur, 
pouvoient attendre paisiblement le jour des veageances , eux 
qui, chaque jour, au milieu de cette enceinte, vous livrent 
de nouveaux assauts , eux qui élevant aux Jacobins , sous vos 
yeux, en votre présence , une puissance rivale de la vôtre, une 
puissance qui voua bravp , qui vous menace impudemment , et 
qui prend sous sa protection les plus grands coupables. 

Renoncez , Citoyens mes collègues , à me dire : Pourquoi 
t’étre chargé d’une si périlleuse entreprise , et t’exposer aii 
ressentiment de tant de personnes puissantes encore , et par 
elles-mêmes, et par ceux qu’un même crime unit à leur sort? 


du Comité; qu’au comité de salut public, liurs collègufs se sont toujours 
déclares contre Robespierre seulement; que lorsqu’on l s prepso^ de l’a»;- 
cuser , en avouant qu’il étoit coupable, ils ne croyoient pas qu’il fût en- 
core tenis de le dénoncer. 

Prieur ternuiie par un lait qu’il exprime ainsi : , C’est que toutes leg 
deliberations du comité , autres que celles qui «voient rapport à la police 
generale, étoient piises à l’unanimité, et que les arréifs de la police gv- 
«érale n’etoient signés que de Robespierre, S aînt-Just et Coutlion. £n der- 
nier lieu , Saiat-Just vouloit nous les faire approuver , mais nous refusâmee 
de le laire 

Je n’ai pas besoin de rappeller à ceux qui me liront, combien est fausse 
et mensongère cette derniere assertion de Prieur , qui affirme , comme 
Bartre , Coilot ei Billaud , qu’ils n’ont rien signé des arrêtés de la police 
gén raie ; que les seuls Couthon , Saînt-Just et Robespierre coirespondoient 
avec le tribunal révolutionnaire , lorsqu’au contraire, on voit leurs signatures au 
pieddes an étés qui o’irt traduit au tribunal révolutionnaire les i 5 g prétendus 
conspiiateurs du Luxembourg, qui tous ont été guillotinés ; lorsqu’on voit 
la signature de Prieur lui-même, dans les arrêtés des r , 2 , S et 7 thei- 
midor ; ( voir les pag. r3r , i32 et i33 de ce Mémoire,.) arretés par les- 
quels le comité envoyoit au tribunal révolutionnaire jusqu’à 3 ao citoyen» 
à la fois , pour être jugés à l’instant ; arrêtés dont aucun n’est signé par 
Saint -Just, un seul par Robespierre , deux par Couthon ; et lorsqu’au- 
contraiie, ils sont revêtus des signatures de Coilot, Billaud et Barère , 
il n’échappera à personne que tous ces hommes conviennent ici que les 
jugemens rendus par le tribunal révolutionnaire, dans les dernières époques, 
ont été de véritables assassinats juridiques ; que le bureau de police gé- 
nérale se surchargeoit chaque jour de nouveaux crimes. Ils avoient tous les 
pouvoirs possibles pour les réprimer Eh bien î non-seulement ils ne l’ont 
pas tait, mais iis n’oni pas même voulu les dénoncer à la Convention. £t 
ils seroient innocens , et ils ne seroient pas complices et fauteurs de toutes 
ces horreurî ! 

Bréard demande la parole pour terminer çette séance orageuse , et dit : 
Je ne viens point plaider Ja cause des individus ; je viens plaider la cause 
de la patrie Bientôt le Comité de salut public vous fera un rap- 

port sur scs opérations , et sur la conduite des membres qui nous ont 
précédés. 

En attendant ce rapport, je demande que la Convention nationale, 
guidée par l’esprit de juttice qui l’aniuie, pissc à l’ordre du jour sur cette 
dénonciatioB. 

La Convention passe à l’ordre du jour. 

Aujouid’huî 20 Brumaire que je nis fimon travail, ce rapport r 
)proiai.s qt attendu depuis cinq décade», n’a paS encore été fait,. 


e 4n 

Je dois lî dire ici , Je ne prends jamais conseil que de mon 
devoir. 

• Moi, garder le silence, me taire l et dans quel tems , dans 
quelles circonstances? Est-ce dans le, mo.ment du calme, lors- 
que le vaisseau est lancé ,. et coule paisiblement sur l’onde, 
que le nautonnier doit être vigilant et craintif? n’est-ce pas. 
au contraire à l’instant de la tempête, lorsque les vents fré- 
missent sur les eaux, soulèvent son vaisseau, le couvrent de 
vagues furieuses , qui sont prêtes à le submerger , n est-ce pas 
alors qu’il ranime toutes ses forces, qu'il redouble ses edortr, 
qu’il excite le courage de ses camarades par la vue du danger 
et des p'récipices qui s’ouvrent sous leurs pas ? que penseriez- 
vous d’un nautonnier qui, dans un péril si imminent , s’endor- 
miroit tranquillement , ou s’amnseroit avec les iiots irrites 
qui entrcroient dans son vaisseau? Sans doute vous le regar- 
deriez comme le plus insensé des hommes. En bien ! voilà le 
reproche que j’ai voulu et que je prétends éviter. 

Garder le silence ! me taire 1 dissimuler î piiuoc mille fois 
cesser d’exister. Quoi l lorsque la République a reçu de routes 
parts tant Ik de si profondes blessures , lorsque chaque famille 
désolée a partagé ses désastres , lorsque les départeinens tyran- 
nisés par ceux-là même qui dévoient les protéger , sont en 
proie au pillage , aux vols, aux concussion > , aux meurtres, 
aux viols , aux vexations , aux séductions de tout genre; lorsque 
des milliers de citoyens de tout àgc , de tout sexe ont été 
mis à môrt de la manière la plus barbare et la plus injuste, 
'sans formes, sans exitmen, sans preuves , sans jugemens ; que 
des femmes foi blés , des enfans innocens au berceau , arra- 
chés du sein de leurs mères , ou ont été inhumainement et 
par un excès de rage et dé barbarie sans exemple , massa- 
crés , lors même qu’ils éioient sans armes , sans défense , et 
rentrés dans leurs chaumières, d’après des proclamations qui 
les y avoient invités , et auxquelles ils avoieiit aveuglément obéi. 

Garder le silence l me taire l dissimuler î N avons-nous pas 
déjà trop et trop long-temps dissimulé ? Qui suis-je ? L’un des 
premiers fonctionnaires d'un grand peuple , l’un de ses repré- 
sentans immédiats, i’un de ceux qu’il a clioisi pour reconqué- 
rir ses droits , les soutenir envers et contre tous. Qui suis-je ? 
L’organe fideie de la volonté du peuple Français , sà première 
sentinelle , son premier agent , celui qu’il salarie , qu’il indem- 
nise depuis trois ans ; celui dont tous les instans et les veilles 
doivent lui être contât rés , et lui appartiennent. Et de sang 
'froid , sans le se">i:imerit ciu plus léger intérêt , j’abando.nnerois 
ce même peuple qui m’a confié ses intérêts les plus chers i 
Dans un représentant, une telle indifférence seroit une moii':- 
tniosité , le comble de l’ingratitude , un excès de perfidie , le 
cenversement de toutes les loix , la subversion de tous les prin- 
cipes moraux , un crime de lèze - nation au premier chef. La 
pensée d’un tel attentat etlraye presqu’autant que l’attentat liti-d 
' ittüH ^œur »e peut s’y arrêcec . , # • ^ 



J*aVois oublié .de çiter |a loi qui. défend aux représcntans.dù Péuplé 
çn-niîssîon de dclé^tttf leurs 'jp'ônvoirs ,;et q^ui' charge le coinire de sa- 
lu^ public de veiller à l’exécurion de certè loi , et le de^’cret qui or^ 
dohne aux repJés^fnt'ar^s du peiiple, eu' iiiission, de sa conformer exacte- 
ment' aux arretés du coihité de salut public , amsl que les généraux 
«r 'àtitres a'gens" du pouvoir exqcürif. 

Du' 8 fri fna ire ^ Fan , deuxième : « La conventiqri nationale., décret® 
quô le xaitfiré dé sdlUfpubUc'lurréndf» de l’i^écutioiia 4» ié ^ 


^ . 

Mais SI là cràW^ dès’ dîëuÿ , celî^e du énepris mùs 
citoyens, ne ;ïuffisoient pas pour me porter à .m’opposer coûs- 
timment au mallieur de ma patrie , n’aurois^je pas à redouter 
îi’ai-je pas à craindre l’instant terrible , mais juste , du courroux: 
tfniversel , du ressentiment de tour un peuple cruellement per*^ 
àécuté, et lâchement abandonné par ceux-là même qui lui 
^voient promis son bonheur 

Notre mission s’avance , citoyens mes collègues ; elle aùfà 
son terme ; d’autres nous succéderont. Pourriez-vous croire que 
te même peuple Français veuille choisir aucun des' membres 
de cette Convention , pour siéger au corps législatif, si ces mem^ 
bres n’ont point la fermeté nétessaire , je dirois presqu’ indis- 
pensable, de se séparer du petit nombre de leiirs collègues qui 
ont abusé de sa confiance , et causé ses plus, grands malheurs. 

Tout nous impose donc en ce moment , la loi de tirer une 
ligne précise de démarcation entre les membres pervers et 
gangrenés , et les membres justes et prolies ; et en rapportant 
votre décret précédent dans cette affaire , de prononcer sur 
le. sort de ces hommes ingrats et perfides, que depuis long- 
temps le peuple ne compte plus du nombre de ses amis. 

. Si l’impiété , l’orgueil , l’audace , la perfidie , i’avaricc , 
la cruauté ; si tous les crimes dont se sont rendus coupables 
les hommes que je vous ai dénoncés , ainsi que ceux de lea 
agens , sont sans exemple, condamnez-les à une peine digne 
4e . leurs forfaits. C’est ainsi, citoyens , qu’après avoir rempli 
un devoir pénible, rigoureux', mars indispensable, par ceite 
4^'nonciation que je voüs ai faite de mon propre mouvement, 
et après nè m'être arrêté jqu’à ce que me dictent mes devoirs, 
la. Convention ayant .confondu , .séparé de vous et puni les 
pables ; ia république, le monde entier, applaudissant à voiv^ 
jilgement solemnel , nous n’aurons plu.s de méchans à répri- 
iffëf , de traîtres à démasquer , de coupables à punir ; nous 
n^auroiis plus que des éloges à faire , que des vertus à 
rer, des récompenses à décerner; 
nous , et dans toute l’étendue de la 

d’amis et de frères , qui tous employant les memes moyen.s , 
suivant la voix de l’honneur et de la justice , . concourant au 
n^me.but, s'empresseront d’affermir à jamais Tédificc de ia 
félicité publique. 


* 4 ® 

r«pT^seiîtans do, peuple , dç dÜlKun leurs, poii-i». 

Du 8 frimaire ; de ?an. deuxi.ènie sur le ra pport de Barète , au noact 
du comité de salut public, a . > 

La convention nationale décrète ? 

•» Les représentans du peuple envoyés en commission sont tenus de tÇ; 
conformer exactement aux arretés du çomité de salut -public. Les çéné-ï 
rânx et antres àgens du pouvoir e.xécutif ne pourront s’^autorisér d*dü~ 
cun ordre particulier , pour se refuser à rexécution desdits arrêtés nt 

Ges deux de'crets sont trop intéressans pour n’étre pas rappelés i 
<iir ils font peser la responsabilité de tous les crimes et malverça.- 
lions commises par les représenta ns, les gféiiéraux &ç. sur le comité de, 
salut public qui avoir tous les moyens de répression et d’exécution î 
et iustfrie ce que j’ai, die çoatro ces gpuvernans page i66 de ce,' 
mémoire. 

Cette véï-i té de tons les temps, de tous les gouvernemens , étoiç 
•ingnlièrement pratiquée à Rome. 

Gcérsn plaidant contre Cécilius , questeur de Ver-rès , disoit : lea 
crimes que tu. as commis, Cecilius , dans ta questure, je ne te les. 
imputerai point , mais bien à Verrès qui a voit le pouvoir de les ré- 
primer dans Torigine, «t qui ne l’a pas fait; et sans que tu échappes 
au supplice , Verrès sera puni pont nç t-’avoir pas Eépnjmé , dénoncé' 
«c livré aux tribunaux de Rome. 

J’entends Billaud qui s’écrie îe« crimes de Carrier et de Lebon sont, 
donc les miens i Oui , Billaud , de toi sur-tout qui nous dîsois à là-^ 
tribune de la convention , Ii2 huitième jour du premier mois ; « Ci-» 
tojens , à Lyon, à Marseille, les rebelles mettoient.- ils .beaucoup de^ 
façon dans leurs jugemens î non ; ils fusîll&itnt les patriotes sans autrt.^ 
forme de procès y et vous craindries^ de les imiter \ "Li- convention na- 
tionale s’est bien donné de g«rde-d*adopter- tes principes elle a vonîu; 
que les tribunaux révolutionnaires ne puissent prononcée sans avoir 
Jn.^frnit ; et tu n’es pas le promoteue des crimes de Carr.ier , de Le— 
Lon ? oni , Carrier, Lebo» ne sont que tes «éydes et ceux des Çolîo^ 
et cîesBajère, sansque, pour cela ,,ils soient exempts de crimes et dê^ 
la )uste punition due à leurs forfaits. 

La plume me toipbe :. poursuivons cependant car il faut vous con*^ 
f(>ndro» 

Les Billaud, les Collot , les Barère®, ayant toujours soutenu qu’il*, 
ne sign^*ienr aucun, arrêté concernant la police générale ou la corrès-.' 
pondance avec le tribunal révolutionnaire , « que les assassinats^ 
COÏT. mis par ce tribunal dans les dernières époques ne peuvent ki>r être 
imputés , parce que le bnreati de police générale étoit tenu par Cou*<‘ 
t’ïoa en l’ab.sence de Robespierre;^ »• paroles de Batère à la, séance d» 
12 vendémiairev 

A la même séance , ( Frîenr de la Côte-d’Or ) ajouta « qu^ ces arrê- 
tés n*:tH)ient signés que de Robespierre , Saint- Just et Couthon. Qii’éîi. 
d»»rnier lieu , Saint- Just avok voulu les leur faire approuver ^ mais qu’iî»^ 
®nr refusé de le faire 

Quoique j’aie prouvé aux pages t^2 et 13^ de ce mémoire, par 
quatre arrêtés citéy, la fausseté de ces allégations, puisque ees arre* - 
tes sont tous signés de ceux que je dénonce ; que Pfienr lui-même,, 
a signé celui du ^ thermidor, qui envoie en . une §euîp;fois plus de 
^00 citoyens à ce tribùnaî de sang, pour être mis % l*insîant en ju- 
gement. ^ ,6». 

Les preuves matérielles , quand eîîos sopt émanées du fait 
des prévenus , l’abondance amené «ne plus profonde conviction ; je, 
iofine ici Roxrraît deSs actes d^aecusation et jugemens rendus an sujet de* , 
cofispirations des prison», contre; des individus, tous réduits au tri'^ . 
lîuttal, en vertu d^nréiés' dxi comité de ‘ salut pu^i.e , pr|^, depui.'.-qt^ ^ 
’Hobespierre eût quitté le. coiniçé ,.et je leur denf^aaiie s’ils or ept^mé; 
connoître avoir signé ces. arretés, , e.q.T«;tn.desqad[s'j, ,( çjpnr,;U^e.5eryif;_,p 
'#e t^ir* ex^rêssî.ujrs ) ce tribàMaî" * c»D8mis‘Tcs*a55a.5's-iKirTs. de ces der- 


1 

[ 




nîefes époques , c’est-l-dîre, des.45 derniers ioqrs de sen existence-, pen* 
danr lesquels laS*? individus ont été guillotinés. 

L’acte d’accusation contre les conspirateurs du Luxembourg , ^tx* 
prime ainsi; 

Antoine - Quentin Fouquier “ Tînville , accusateur public, Sac. 

£<pose que , par arrêté du comité de, salut publie de la Cenvention natrOH; 
naïf- . en date du 17 messidor présent mois, ont été traduits au tribunal 
révolutionnaire, 1®. Latour . enfin les noms de. iSç i^dividui , 

parmi lesquels on compte nombre de vieillards de 80 ans. et pins , % 
des enfans de 14, 17 Sç 18 ans. ( Saintf-'Mayie , 14 ans: fille Sainte- 
Marie, 17 ans: Lamarelle , 18 ans.) II. faut rendre justice , à ce tribunal 
«t aux comités qui le dirigeoient : l*enfant de 1 4 ans n’a été con- 
damné ( attendu sert âge j ) qu’à la peine de vingt années de. détention & 
à dix beurrs d’exposition , et en cela Us oiu été beaucoup . plus humaiiuh 
que Carrier ; quelle bumanîté ! 

L’accusateur public déclare qu’exame» fait des pièces qui lui on;t,ét 4 ir 
teaiisç^ , il en résulte , kc, &c. 

" il’après l’exposé ci-dessûs , l’accusateur public a dressé, la. présento 
accii.-ation contre l^s 1 S9 dénommés, 8cc. 

Fait au cabinet de l’accusateur public, ce 18 messidor de i* deu- 
xième Signé FonquiER» 

Le Tribunal faisant droit , &:c. 

Fait et jqgé au Tribunal le rS messidor de l’-an deuxième.» par leà 
citoyen» Jugfs ioussigsnés , 

Signé Deliege , bravet , Coffinhal, P, H, lARBrER. 

Les ig , 2 T et 22 mtssiüor , cei lôg inHividus out été jugés., c^est^W^ 
dire , condamnés à mort , excepté deux ou trois ; et le jugerqent porte qu’iU: 
ont ete traduits au tribunal , en vertu dic Varrêié du comité de saktt pubHt; ^ 
en date du 17 incs.'sitlor. 

Le 5 therra'dqr , 46 individus détenus aux Carmes , ont, été, coJviamnésA 
« la mort, soiis le prét-xtî d’une coqspîration dans cette prison ; aprç%, 
avoir été, traduits au trinunal révolutionnaire par arrêté du conûté de , sab^f 
public , du i ther>iiidoT. 

Les 7 et 8 thermidor , 4^1 ,indiyidns détenus à Lazare ont été coii-f^ 
damnés h la mort , sous prétexte d’une conspiration dans cette, prison , 
«près. avoir, été tradnirs au tribunal révolutionnaire , par arreté du mémtt 
•à mité de saint public. 

Les actes d’accirsatiori ont été éeralement fabriqués: sur les pièceseuT- 
voyées à Fouquier par le comité de salut public. 

îiîs-rioETs , Billaud, à présent, et ta horde mensongère qne..}’inCer- 
pçlie ici, , dites ,à la France entière , qui vous voit , qui vous écoute, 
v.ous entend , dites les noms de ceux qqi ont signé ces lis:tes aiFreuses de 

Î iroscription ; f car c’est bien e'i l’absence de B obespierre, du comité,. qa’el-- 
es ont été fabriqjaécs. ) Osez méconnoître que vos noms n’en font pa%,. 
partie.,, A Qs^i. lâches que cruels , ne croyez plus faire illusion : votre règne 
esV passé. 

Toi, Billaud, .sur- ton t , lâche et vil adorateur de îa fortune on d« 
l’homme en place; roi qui , au Juillet 179^ , écrivois que Je traître 
PiTmoarie^ s’étoit déi|L .ddmasqqe pendant qu’il éfoit ministre ( en mtai 
i'7fi2 ) ; que , de conceét alors avec ces homrnès , maîtres absolus de l’ac- 
tion du gouvernement, il avoir entraîné la France dans une . guerre qui 
devoir .nppÿ ..replonger dans la servitude. 

Ç-coiî tu^ connoisscHs, des mai «792 ., cet hommç pour un traître , et tu 
tiû le démasqudis pas ; ku contraire , tu 1 ni écrivois le 2^ septcmhifeysqijp 


vant ; 

« -AcrjvLé d''“ppkfï:5iis,joofs, , cher général , à chaque instant, à 
chaque minute j’ai eu l’intention de vous écrire , sans pouvoir trouver 
n cette satisfaction .... Je voulois d’ailleuçs vou,s donner des nouvelles 
» de la situation dans laquelle j’ai trouvé Faris , tant pour des ::cà^s 
» que pour les personnes. 

n C’est hier seulement , mon cher général , que j'ai pu avoir la pav 



•44 

s» Tolt'V U convention , pour hii faire îe fapport de ma conduite à l*af^ 
ji me'e, et des faits dont j’ai été le témoin ..'. 

Le por.-eur de cette lettre , est le citoyen Laribeau , mon ami intimé t 
..... de sera pour vous iin homme de confiance .... . c’est mon ami 
que je donne à mon ami , Si cela seul allégé le sacrifice qùé je fais dé 
l’-un à l’autre 

Je vous demande «ne grâce y celle de m'écrire aussi dans les c/rcons— 
tances décisives , pour me mettre en mesure d'agir ..... Bon jour , mon tliet 
général , ctoyee-moi votre ami Pour la vie. 

Signé Billaud-VarenNe. 

L'original de cette lettre est déposé an comité de sûreté générale. 

Concilies I si tu le peux , Billaud , ta conduite avec ce généial que lu 
fOnnoisiois pour traître à la patrie dés son ministère, c’est-à-dire, en 
Otai 1792 , et l’intimité qui regnolt entre vous deux , lors de son gtné- 
rélat , en septembre suivant , et que"* tu ne dénonces que lorsqu’il est à 
bas et démasqué par ses trahisons multipliées. 

PÔur moi , j’y reconnois Billaud , connoissant les trahisons de Robes- 
pierre , aux pieds duquel il s’est toujours prosterné , tant qu’il l’a tru 
paissant: taisant ses trahisons à la Convention; les servant au (Otitiuire, 
en attendant qu’il pût sûrement partager l’empire , ou que par la chute 
de son rival , il put se l’approprier , eomme il a tenté de le faire. 

Lît‘^France entière vous reproch avec moi l’assassinat juridique de 
20 citoyens, administrateurs , municipaux et notables de Sedan, qui, 
par jugement des 1 5 et 1 9 prairial , sont tombés sous le glaive de la loi , pouf 
avoir , d’après les ordres de la Fayette , retenu comme étages trois re- 
présentans du peuple. Le tribunal , en les jugeant , s’il ignoroit le dé- 
cret d’amnistie en faveurdeces citoyens, n’a point blessé sa conscience enle* 
condamnant ; mais vous, comités , chargés par la Convention nationale de sur- 
veiller ce tribunal, qui chaque jour y envoyiez au moins deux membres 
du comité de sureté générale . dis-moi, Vadier , dis - moi , Vouland , 
comment avez-vous pu souffrir la condamnation de citoyens absous 
par décret \ Et le sang de ces 59 citoyens ne crie pas vengeance contre 
vous ! 

Héiâs ! si l’un de vous seulement fût monté à la tribune de la Con- 
veYiriOn , et qu’il eût exposé que des hommes , coupables sans doute , niais 
dont le crime avoir été remis par déc; et , ëtoient mis en jugement , la" 
Convention nationale auroit décrété leur mise en liberté ,• et au plus , 
qu’ils ne peuvent être fonctionnaires publics pendant la guerre. 

Aujourd’hui la Convention a plus de travail pour réparer vos crime# 
qti2 vous n’en avez mis à les commettre. 

Heureuses les femmes qui , après ces jugemens de sang , se sont trou- 
vées enceintes ; au moins avec la vie elles recouvrent aujourd’hui la 
liberté. 

Les citoyennes dont suivent les noms sont de ce nombre : 

Chamhoran , femme Blamont , âgée de 18 ans, jugée le 28 ventôse;’ 

Thomas, veuve Serilly , le 21 floréal; 

La citoyenne More , îe 14 prairial ; 

La citoyenne Labalye , le 18 prairial; 

Là citoyenne Saint-Ferne , premier thermidor ; 

La citoyenne Malicornet, 5 idem, 

Bérenger, femme Saint-Aignan , 6 idem. t 

Cés trois dernieres ont -elles été condamnées sous la tyfanme de 
Hobospierre y ou sous la vôtre T Et vous n’êtes pas des monstres T 

I E wfT X ECO ÎN T R E,